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Clémence
La mobilisation
A Lille, le décret de mobilisation est lu le 1 août 1914, à 16 h. 30, par le Maire, devant une foule silencieuse. Les affiches, annonçant la mobilisation
pour le 2 août à 0 h., sont ensuite apposées en différents points de la ville. Dans chaque bourg ou village, le tocsin retentit. La population accueille la nouvelle avec un élan patriotique
certain tandis que des incidents éclatent. La crainte des espions, attisée par la presse d’extrême droite, est responsable d’arrestations arbitraires tandis que des magasins, dont les
propriétaires ont des noms à consonance germanique ou supposée telle, sont mis à sac. A Lille, des vandales déferlent dans la rue de Paris et pillent les succursales de la société Maggi. Ceux dont le nom ou le
physique passe pour étranger sont menacés ; La foule saccage également le Téléphone privé, rue Nationale ainsi que le fourreur Reinsberg et Frank, rue du Curé St-Etienne et la bijouterie Mielle,
Grand-Place.
L’exode des populations
Au mois d’août 1914, un vent de panique souffle sur la région. Les réfugiés belges affluent dans le Nord. Leur récit des atrocités commises par les Allemands
(destructions massives, exécutions de civils, viols ...), jette à son tour la population sur les routes de l’exode. Les paysans poussant devant eux bêtes et chariots, les citadins surchargés de
bagages hétéroclites sous une chaleur torride obstruent les voies. Le désordre est général et l’armée est incapable de contenir la foule misérable. On voit des espions partout et certains Belges
se font arrêter et fusiller, du moins le bruit en court-il, avec insistance.
Le siège de Lille
Lille dont les fortifications obsolètes et noyées dans un tissu urbain très dense ont été déclassées depuis 1910, est déclarée " ville ouverte " le 1 août 1914; ce qui signifie qu’elle
ne sera pas défendue. Elle possède néanmoins un matériel de guerre considérable : plus de 400 canons, de la poudre, plus de 3 millions de cartouches et 45 sections de mitrailleuses ... qui est en
partie évacué vers Vincennes ou Dunkerque. Le 24 août, l’état-major de la première région et les administrations civiles et militaires quittent la place dans la panique totale. Du 24 août au
début octobre, Lille vit une période curieuse : elle n’est tenue ni par les troupes françaises, ni par les troupes allemandes. Les patrouilles de l’une ou l’autre armée circulent à proximité et y
pénètrent de temps en temps. Une première incursion allemande a lieu le 2 septembre : un détachement allemand occupe l’hôtel de ville puis se retire. Le 11, un groupe de uhlans revient puis s’en
va après avoir demandé sa route... Avec le développement de la " course à la mer ", Lille redevient un enjeu militaire, malgré les efforts du maire, Charles Delesalle, qui veut
maintenir sa ville hors du conflit. Sur ordre de Joffre, le général Castelnau est chargé de tenir Lille à tout prix. Le 3 octobre, elle est réoccupée par un détachement de territoriaux et un
régiment de cavalerie, chargés de sa défense. Des combats ont lieu à Fives. Dès le 4 octobre, les allemands attaquent par le sud et sont plusieurs fois repoussés mais Lille finit par capituler le
13 octobre après un intense bombardement : 882 immeubles ont été détruits ainsi que 1500 maisons, notamment dans le quartier de la gare et le centre-ville. Les rues St-Genois, des
Ponts-de-Comines, de Paris ont été très éprouvées.
Les rues Faidherbe, du Molinel (ou du Vieux-Marché aux Chevaux), les rues de Béthune ou la place Richebé ne sont plus qu’un amas de ruines. La toiture de l’église Saint-Maurice a pris feu mais
l’édifice est toujours debout. La préfecture et le Musé ont également souffert.
Pillages et réquisitions
Au tout début de la guerre, on pense encore qu’elle sera de courte durée. Aussi assiste-t-on à des réquisitions sauvages, les soldats réquisitionnent tout ce qui leur est plus ou moins nécessaire
au hasard de leurs déplacements. Dès la fin de 1914, le système de réquisitions est organisé. Les Allemands, recensent toutes les matières premières et les produits manufacturés existant dans les
territoires occupés. En 1916, paraît à Munich le rapport sur l’industrie en France occupée publié par le Grand Quartier Général qui dresse un état de toutes les branches industrielles : mines,
métallurgie, textile, chimie , les stocks et le matériel des usines..., le bilan de l’activité, des destructions. Y sont analysées les possibilités de pénétration de l’industrie allemande. Cet
état a un double but : éliminer les entreprises concurrentes et punir les usines qui refusent de travailler pour les Allemands. En zones rurales, on recense tout le bétail, le grain, les pommes
de terre, la paille ou le foin les surfaces cultivées ou emblavées ... Auprès de chaque inspection d’étape, se trouve un comité économique, chargé de l’exploitation du pays, qui transmet aux
différentes kommandantur les réquisitions et impositions. Elles se font contre un bon de réquisition, remboursable après la fin de la guerre ou par bons régionaux ayant valeur de papier
monnaie.
A partir de 1916, chaque maison doit dresser une liste de tout ce qu’elle contient comme bien matériel et l’afficher bien visiblement. Pour les récoltes, le chef de culture estime à
l’avance les quantités devant être produites. Les terres sont cultivées par leurs propriétaires et l’essentiel de la récolte est confisqué ou par des colonnes agricoles de travailleurs forcés.
Tout est bon à être réquisitionné : linge, meubles, matelas, bouchons de liège, vin, outils, métaux, bois, ustensiles de cuisine, cuir, caoutchouc ... Pour récupérer les métaux, les tuyauteries
en cuivre des usines sont démontées, les statues et les cloches sont fondues, le zinc des gouttières est récupéré ainsi que le fil de fer barbelé des pâtures. On récupère la laine des matelas
pour confectionner des uniformes; les forêts sont dévastées, comme la forêt de Mormal ou celle de Raismes, pour boiser les tranchées.
La malnutrition
Créée d’abord pour venir en aide aux Américains surpris par la guerre en Europe, la Commission for Relief in Belgium est fondée à Bruxelles, le 22 octobre 1914, par l’américain Brand Whitlock, le
marquis de Villalobar, ambassadeur d’Espagne et l’ingénieur britannique Herbert Hoover. Les fonds sont fournis par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Le Comité d’alimentation du Nord de la
France n’est créé qu’en avril 1915. C’est dans les premiers mois de cette année que l’industriel lillois, Louis Guérin entre en contact avec le Comité National Belge et l’American Comitee for
Relief in Belgium. En avril 1915, il obtient l’accord des Allemands qui trouvent là un moyen de se débarrasser du ravitaillement des civils français et s’engagent à ne pas réquisitionner les
denrées fournies. La C.R.B. joue le rôle d’un commissionnaire en marchandises qui expédie les denrées qui lui ont été commandées. Le Comité National Belge est le réceptionnaire et le transporteur
et le Comité d’alimentation du Nord est le distributeur qui répartit les denrées entre les comités de districts établis dans les principales villes et les comités locaux installés dans chacune
des communes envahies. Les marchandises sont payées par le Comité Belge (le CANF ne peut faire sortir des devises du Nord). Mais il s’agit en fait d’une institution philanthropique. Dans son
premier rapport annuel, Hoover compare le Nord " à un vaste camp de concentration dans lequel toute espèce de vie économique est totalement suspendue " et où il faut secourir 2 125 000
personnes. Les Etats-Unis envoient des navires chargés de vivres à Rotterdam, au dépôt principal, puis ces vivres sont répartis au niveau local. Ils y arrivent généralement par eau, les voies
ferrées étant réservées à l’Armée. Ces magasins d’approvisionnement sont indépendants des autorités allemandes qui se sont engagées à ne pas réquisitionner les denrées et à les consacrer
exclusivement à la population française. Les Allemands ont également apporté leur aide au transport. Dans le Nord, il y a 3 districts : Lille, Douai et Fourmies (Maubeuge est d’abord ravitaillé
par la Belgique). Chaque district est divisé en régions avec un comité régional. Près de la moitié des vivres fournis (42 %) viennent des Etats-Unis, 25 % des colonies britanniques, 24 % de
Grande-Bretagne et 9 % des neutres (notamment les Pays-Bas). Il s’agit surtout de farine, de froment, maïs, riz, pâtes, haricots, lard, graisse et huile, sel, sucre, café ou savon. Par la suite,
on y ajoutera des pommes de terre venues de Hollande, des plantes potagères, des semences, des produits spéciaux pour les enfants ou des médicaments. En moyenne en 1916, chaque habitant touche
par jour : 240 g de farine, 14 g de maïs, 60 g de riz, 48 g de lard ou de viande en conserve, 15 g de sucre, 19 g de café, 19 g de lait et 16 g de savon. On estime à 1100-1300, les calories/jour
fournies à chaque habitant par le Comité. La répartition entre les habitants est faite sur un strict pied d’égalité; ceux qui peuvent payer achètent ces produits, les indigents sont nourris
gratuitement. Après l’entrée en guerre des Etats-Unis, le comité hispano-néerlandais prend la relève. Le développement de la guerre sous-marine met en danger le ravitaillement, les arrivées à
Rotterdam chutent de 55 %. On intensifie alors les fournitures par la Hollande et on distribue surtout des semences pour mettre en culture les jardins, les Allemands s’engageant à ne pas
réquisitionner graines ou récolte. Le Comité participe également, à la fin de la guerre au rapatriement de 40 000 personnes, via les Pays-Bas et s’efforce de ravitailler les autres évacuées par
les Allemands. Le C.R.B. est dissout à la fin du mois de décembre 1918, il a sauvé de la famine la population du Nord. L’état sanitaire de la population laisse cependant fort à désirer. Selon
Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, la mortalité est passée de 19-21 ‰ avant la guerre à 41-55 ‰ en 1918 et la tuberculose a fait des progrès
foudroyants.
Beurre de Guerre
Préparation : 1 oeuf, 50 g de bon beurre, 25 g de fécule, 25 g de farine, ½ l. de lait. Délayez parfaitement la fécule, la farine et le jaune d’oeuf avec le lait préalablement bouilli mais
refroidi. Passez le tout au travers d’une fine passoire dans une casserole, ajoutez le blanc d’oeuf battu en neige et le beurre préparé. Mettez au feu sans cesser de tourner le mélange, faites
bouillir quelques minutes jusqu’à consistance d’un beurre ordinaire. Bien saler. Le beurre de guerre doit être consommé dans les 4 jours.
Epinards économiques
Avec les feuilles de rhubarbe dépouillées de leurs côtes, procédez exactement comme pour les épinards, c’est à dire : les laver soigneusement, les cuire à l’eau bouillante salée, les bien
rafraîchir et les presser ; ensuite les hacher et les assaisonner de beurre, sel, poivre et d’un peu d’ail ; ajoutez une branche de thym. On peut se dispenser d’y mettre de l’oseille. Délicieux
aussi un mélange de moitié d’épinards économiques et moitié purée de pomme de terre.
Otages et déportations
Les otages doivent répondre de la tranquillité de la population. Ils sont choisis la plupart du temps parmi les notables et les élus. A Lille, au début de l’occupation, 60 otages sont désignés
par le Maire et le Préfet. Répartis en 6 séries, ils vont coucher à tour de rôle à la Citadelle. En cas d’infraction, toute une gamme de représailles s’abat sur la population des pays occupés,
dont la déportation de civils dans des camps allemands où ils reçoivent une alimentation des plus sommaires (café d’orge, riz, macaroni ou rutabagas, parfois choucroute ou pommes de terre
agrémentées d’un morceau de fromage ou d’un hareng) Ils y sont astreints au travail des champs ou de l’industrie tandis que les femmes s’occupent de l’intendance.
Lorsque les troupes françaises ont pénétré en Alsace en 1914, elles ont emmené et interné en France les fonctionnaires impériaux en poste dans les villes sous contrôle de l’Armée française ainsi
que leur famille. Les Allemands d’origine -fonctionnaires, cadres industriels et commerciaux, étudiants ou membres des professions libérales - ont été emprisonnés dans différents camps de
concentration français. Pendant toute la durée de la guerre, des tractations ont lieu entre les deux gouvernements pour tenter de régler le sort des Allemands internés. Afin de faire pression sur
le gouvernement français, des déportations d’otages civils des régions occupées ont lieu en novembre 1916 et en janvier 1918. Les otages sont choisis parmi les notables (le député Gustave Delory
ou Mme Calmette, des industriels comme les Wallaert, Leblan, Thiriez, Pollet, ou des magistrats, des avocats ou des professeurs de médecine ...). Les déportés de novembre 1916 -300 pour le Nord-
ont tous -hommes et femmes - été internés au camp d’Holzminden, petite ville de 10 000 habitants située dans le duché de Brunswick. C’est un camp de prisonniers de guerre civils, installé
à la périphérie de la ville édifié pour pouvoir héberger 10 000 personnes. Dès 1914, y ont été internés tous les ressortissants des pays belligérants ainsi que les Allemands indésirables. Le camp
comporte une centaine de baraquements et est entouré par une enceinte de 2 mètres de haut dominée par des miradors. Les conditions de vie n’y sont pas effroyables même si les déportés souffrent
de leur isolement, de privation et de brimades légères. La discipline y est très stricte et la punition courante est le " poteau " : l’homme attaché par le cou, pieds et mains liés
derrière le pieu, est privé de nourriture et reste ainsi lié pendant deux heures. Ces premiers otages sont rapatriés en avril 1917, après 6 mois de détention. Toute autre semble avoir été la
deuxième déportation de 1000 prisonniers civils (600 hommes et 400 femmes) de janvier à juillet 1918. Si les femmes ont de nouveau été internées à Holzminden, les conditions de détention semblent
s’être détériorées. Les déportées témoignent du manque d’hygiène, de revues d’appel interminables sous la pluie, du manque de nourriture. Les hommes quant à eux sont internés en Lithuanie dans
les camps de Milejgany, Jewie et Roon où ils souffrent du froid intense, du manque de nourriture et d’eau potable, des conditions précaires d’hébergement, de la vermine et des humiliations. 26
otages trouvent la mort en Lithuanie, morts de froid, de faim, par manque de soins ou dévorés par les rats.
L’explosion des Dix-huit Ponts
Le 11 janvier 1916, pendant la nuit à 3 h. 30, Lille est secoué par une violente explosion tandis qu’une grande lueur jaune illumine le ciel. Le bastion des " 18 Ponts " vient de
sauter. Situé en bordure du Bd de Belfort, ce bastion était composé d’un ensemble de casemates voûtées servant de poudrière. Il était fait de 18 arches (d’où son nom) en plein cintre sur 2 étages
et de profonds souterrains protégés par de solides voûtes recouvertes d’un épais remblai. Les Allemands y avaient entreposé des munitions et des explosifs. L’explosion a laissé un immense cratère
de 150 m. de diamètre et d’une trentaine de mètres de profondeur; il ne reste plus rien de la poudrière. Tout le quartier de Moulins-Lille est détruit. Les rues de Ronchin (aujourd’hui Jaurès),
Desaix, Kellermann, de Trévise ou le Bd de Belfort ont particulièrement souffert. 21 usines, 738 maisons ont été soufflées. Les usines textile Wallaert et Le Blan en béton armé ont servi d’écran
protecteur à la ville. On constate néanmoins des dégâts Place de la République, rue de Béthune, Bd de la Liberté et des Ecoles et jusqu’à Ascq, Hellemmes, Mons-en-Baroeul et Roubaix. Le bruit de
la déflagration a été entendu jusqu’à Ostende, Bruxelles et Breda, à plus de 150 km. On relève 104 victimes civiles (des familles entières ont été anéanties), de 300 à 400 blessés, dont 116
grièvement. Les Allemands ont 30 morts, officiellement. Les causes de cette catastrophe ne sont pas connues précisément. On a parlé d’un attentat, sans preuve; d’une bombe lancée par un avion
anglais, mais personne n’a entendu le bruit d’un moteur. Plus vraisemblablement, il doit s’agir d’une détonation spontanée d’explosifs de mauvaise qualité et instables (il y a eu des précédents
en Allemagne).
Le cantonnement allemand
Les officiers et la troupe sont le plus souvent logés chez l’habitant, ils doivent présenter un billet de logement. Les officiers habitent les belles demeures, les simples soldats, les autres.
Les meilleures chambres leur sont réservées, la cuisine est commune. Au début de la guerre, les habitants sont tenus de nourrir les occupants; on y renonce assez vite devant la pénurie
croissante. Les bureaux ou les grands personnages sont installés dans des bâtiments dont on a expulsé les propriétaires. Ainsi le Kronprinz Rupprecht de Bavière s’installe dans la superbe
propriété du Dr Dubar, avenue Salomon. Au début de 1918, le G.Q.G. est transféré de Spa à Avesnes lors de l’offensive allemande de printemps. L’Empereur s’installe au château de Mérode à Trélon,
le général Hindenbourg à la sous-préfecture d’Avesnes et Ludendorf et sa suite à Dourlers, Dompierre et Saint-Hilaire. A la belle saison, Guillaume II prend ses quartiers d’été au château Dubois,
route de Landrecies à Avesnes. Les lycées, collèges ou écoles primaires sont souvent réquisitionnés ce qui désorganise la vie scolaire (alors que les enseignants sont soit mobilisés, soit requis
pour des corvées).
Vivre à l’allemande, les loisirs
Dans les villes de l’arrière, il faut donner aux combattants un cadre de vie aussi familier que possible. Les Allemands établissent des théâtres et des cinémas destinés à la troupe ou organisent
des concours d’athlétisme. Des Soldatenheim (foyer du soldat) sont ouverts avec jeux, buvettes, salons de détente et fumoirs. Certains cafés sont fermés et sont réservés aux Allemands, les
Français n’ayant plus le droit d’y pénétrer. Le restaurant du Bellevue à Lille est réservé aux officiers. Des journaux en langue allemande sont édités comme le Lillerkriegszeitung, die
Westfront ou die Armeezeitung. Des casinos sont installés dans les plus belles demeures dont les propriétaires ont été expulsés. La Rue Nationale à Lille devient un lieu de
rendez-vous et de promenade pour les soldats tandis que les boutiques tenues par des civils allemands fleurissent et que les pâtisseries Yanka ou Meerts ne désemplissent pas. Le kiosque à
journaux de la Grand-Place devient une Trinkhalle (buvette), la Maison du soldat est installée au Cercle militaire; une cantine, au Temple maçonnique et un Lazaret à l’hôpital St-Sauveur. A
Douai, des spectacles nombreux et de qualité sont donnés au Théâtre ou à l’Hippodrome : concerts, pièces de théâtre ou symphoniques, spectacles de cirque ou visites du musée. Rue St-Jacques, des
séances de cinéma sont offertes au public. Les visites des hauts dignitaires allemands sont l’occasion de banquets sous les voûtes médiévales de l’hôtel de ville. On vit à l’heure allemande, à
l’heure de l’Europe centrale.
Exhibition de prisonniers de guerre
Les exhibitions de prisonniers alliés sont quasi-quotidiennes dans les grandes villes du Nord occupé. Ceci afin de montrer la puissance militaire allemande, les victoires remportées sur l’ennemi
et démoraliser les habitants pour leur enlever toute velléité de résistance. A Lille les prisonniers, encadrés par la Landsturm, défilent à travers les rues, de la Gare à la Citadelle et de la
Citadelle à la Gare. Il est strictement interdit de leur parler ou de leur manifester de la sympathie. Toute infraction entraîne des graves sanctions : forte amende, prise d’otages et avance de
l’heure du couvre-feu.
Parades Militaires
Toujours afin d’étaler la puissance militaire allemande, des parades sont organisées dans les villes. A Lille, tous les jours à 11 heures, a lieu la relève de la garde. Le bataillon bavarois
descend la rue Nationale, précédé de fifres et de tambours et arrive sur la Grand-Place où il exécute des mouvements au pied de la Déesse. Cette démonstration quotidienne excite la verve des
Lillois. Les visites officielles sont également l’occasion de grandes parades militaires, comme pour la venue du Kronprinz Rupprecht de Bavière en juillet 1916 ou de l’ Empereur Guillaume II au
printemps 1918.
Les bombardements
L’importance stratégique de Dunkerque explique l’ampleur des bombardements qu’elle doit subir. Un avion bombarde Dunkerque pour la première fois le 28 octobre 1914; suite à cet événement, des
sirènes d’alarme sont installées, le couvre-feu instauré et, le 1 janvier 1915, la D.C.A. se met en place. Malgré cela, les bombardements continuent, plus violents, avec notamment l’emploi des
premières bombes incendiaires. A partir d’avril 1915, viennent s’ajouter les bombardements par canons, ce qui précipite l’exode de nombreux habitants vers les villages des environs. Les Allemands
utilisent des canons de Predikboom puis les modèles de Leugenboom. Les attaques les plus marquantes frappent l’église Saint-Eloi et la maternité, en juin et septembre 1915. Les habitants restés
sur place trouvent refuge dans les caves, signalées par de petits drapeaux rouges, et dans des galeries blindées construites à leur intention dès le mois de mai 1915. En mars 1917, Dunkerque
subit de nouveaux assauts, venus cette fois de la mer. Attaquée de toutes parts, la ville ruse avec les inondations et l’emploi d’appareils fumigènes qui masquent la visibilité aux ennemis et
empêchent les tirs. Des ballons captifs entravent également l’approche des avions et des zeppelins.
Réfugiés
Au moment de l’invasion de l’été 1914, les habitants du Nord ont fui l’avance allemande. D’autres ont été évacués de force par l’armée française en retraite. A ces réfugiés de la première heure,
il faut ajouter les rapatriés des territoires envahis rentrés en France via la Suisse ou la Hollande.
Certains des évacués des communes de la ligne de front -les femmes âgées et les jeunes enfants- sont rapatriés en France, via la Suisse ou la Hollande. Les premiers rapatriements sont forcés, ils
concernent les indigents, les indésirables, les bouches inutiles ou les malades. Ils deviennent ensuite volontaires : les autorités allemandes annoncent la formation d’un convoi de rapatriement,
les volontaires se font alors inscrire sur une liste d’attente et un choix est opéré parmi les postulants qui doivent payer leur voyage. Ils n’ont droit qu’à 30 kg de bagages (leurs maisons sont
alors réquisitionnées), toute correspondance est interdite. Après une période de " quarantaine " en Belgique, les rapatriés sont amenés en train jusqu’à Schaffhausen où ils sont remis
aux Helvétiques, ils entrent en France par Annemasse et Evian. De 1915 à 1918, environ 30 000 Lillois peuvent ainsi rentrer en France. Ils sont généralement envoyés dans les départements du Tarn
et de la Garonne et reçoivent une carte spéciale leur donnant
droit à une allocation journalière. Ils perçoivent également des sauf-conduits et doivent avertir les autorités françaises de tout changement de domicile. Les rapatriés sont majoritairement des
femmes, des enfants ou des vieillards. Leur accueil en France n’est pas sans poser de problèmes. Ils sont tout d’abord hébergés, logés, vêtus et nourris par des organisations charitables et chez
l’habitant. Le gouvernement leur accorde ensuite la même indemnité que celle qui est octroyée aux familles des mobilisés, tandis que les maires sont tenus de veiller à leur logement, leur
nourriture ou leur chauffage, par réquisition de l’autorité militaire. Le 28 octobre 1914, est créé un office central de placement des chômeurs et réfugiés. Ces réfugiés se concentrent à
l’arrière du front et en région parisienne. 30,1 % d’entre eux viennent du Pas-de-Calais, 33 % du Nord et de la Somme. Leur séjour n’est pas apprécié de tous, on les surnomme les " boches du
Nord ". Aux différences de langage et de coutumes vient s’ajouter la hausse des prix ou le chômage que leur présence occasionne. Leur retour dans le Nord est organisé dès le 5 décembre
1918.
Evacuation forcée et terre brulée
Pendant la guerre, les habitants des communes de la ligne de front ont été évacués vers l’arrière; ils ont généralement été incorporés dans des colonnes agricoles ou ouvrières. Au moment de la
retraite, sur ordre du Grand Quartier Général, les allemands emmènent avec eux tous les habitants. Ainsi, à Douai, la populationest évacuée du 2 au 4 septembre 1918, vers Mons puis Bruxelles. Le
9 octobre 1918, Mons héberge environ 5000 réfugiés du Nord dans des locaux réquisitionnés ou chez l’habitant. Ils ont fait le voyage à pied pour la plupart, par étapes de 20 km par jour. Les
malades deshôpitaux sont, eux, évacués par bateaux. L’évacuation de Cambrai vers Valenciennes puis Liège ou Malines, commence le 8 septembre 1918 et dure 3 jours, le centre-ville étant ensuite
incendié volontairement. En octobre 1918, Haubourdin est évacué et un quartier brûlé; les habitants d’Aniche sont, également dirigés vers la Belgique ou les Pays-Bas, comme ceux de Condé,
Valenciennes, Fresnes, Denain, Bruay ou Anzin. Tous ces évacués propagent la grippe espagnole qui trouve un terrain favorable parmi une population fragilisée par la
malnutrition.
Tout ce qui reste comme bâtiments ou matériel industriel est incendié ou dynamité. Dans les mines, les installations de surface (station de pompage, générateur, machine d’extraction) sont, soit
démontées, soit détruites à l’explosif. Les galeries sont noyées et les puits dynamités. L’armée allemande fait également sauter les ponts, les voix ferrées afin de gêner la progression des
Anglais. Dans le Valenciennois, les Allemands inondent les marais de l’Escaut à Trith-Saint-Léger ou à Maing et la basse ville de Valenciennes est envahie par les eaux, tandis que l’incendie
ravage le quartier du faubourg de Paris. Cambrai est libéré le 9 octobre par les Canadiens, Douai le 17 et Valenciennes le 2 novembre. Les Anglais reprennent Lille, le 17 octobre et atteignent
Avesnes et Maubeuge le 10 novembre. Le 7 novembre, les plénipotentiaires allemands franchissent les lignes françaises pour demander l’armistice qui est signé le 11 novembre.
Libres
Fin septembre 1918, l’Etat-major de la VIème armée évacue Lille, après avoir fait sauter différents ponts (le
Pont-Neuf est épargné) mais les Allemands abandonnent la ville sans esquisser la moindre résistance. C’est l’armée anglaise du général Birdwood qui libère Lille; le 17 octobre 1918. Toute la
presse ressuscitée fête la délivrance (l’Echo du Nord, le Progrès du Nord ...). Le premier uniforme français est celui du fils du maire, Carl Delesalle. La musique militaire
anglaise remonte la rue Nationale vers la Grand-Place où elle est accueillie par la foule en liesse chantant la Marseillaise. Ensuite, les visites officielles se succèdent. Le 19 octobre, le
président du Conseil, Georges Clémenceau est reçu à la mairie et à la préfecture par le nouveau préfet. Le 20, le maire, Charles Delesalle, est ovationné à Paris, place de la Concorde, devant la
statue de Lille couverte de fleurs. Le 21, Poincaré, président de la République, est salué, Grand-Place, par une foule délirante d’enthousiasme, tandis que les troupes anglaises paradent. Le 28,
le général Birdwood est fait citoyen d’honneur de la ville. Foch, Pétain,
Le roi George V viennent également à Lille. Les mêmes scènes de liesse ont lieu dans les villes du département, les mêmes visites officielles se répètent. Le président Poincaré rend visite le 10
novembre à Douai, à Valenciennes, le 29 janvier suivant à Avesnes. Le 7 novembre, le prince de Galles passe en revue les troupes à Valenciennes lors des Fêtes de la Délivrance. Le 1 décembre,
c’est le roi Georges V qui est accueilli à Avesnes. Après plus de 4 ans d’isolement, il s’agit de faire rentrer les populations du Nord dans le giron de la " Mère
Patrie "
L’enfer du Nord
Le 11 novembre 1918, le Nord offre un spectacle de désolation et le tableau final des destructions dépasse toutes les prévisions. En décembre, l’envoyé spécial du Morning Post décrit
ainsi Lille : " une ville morte, à l’extrémité d’un désert " et les journalistes suivant la première course cycliste Paris-Roubaix d’après-guerre parlent " d’enfer du Nord ".
Des villes, des villages entiers ont été anéantis et ne sont plus que des tas de gravats. Pendant plus de 4 ans, le Nord a connu l’exploitation méthodique de toutes ses ressources tant
économiques qu’humaines. Aux destructions dues aux combats et aux bombardements, s’ajoute la mise à sac des bâtiments, des entreprises et des moyens de transport. L’occupant a procédé à une
éradication de la base industrielle de la région. 53 107 immeubles ont été détruits et 210 000 endommagés ; 7384 usines ont été saccagées et laissées à l’état de squelettes métalliques ; 8849 km
de routes et 1459 km de voies ferrées sont à refaire ; 1249 ponts ont sauté. Il n’y a plus que 4 chevalets de mines debout sur 107 avant-guerre. Le Nord a perdu 9 % de sa population. Plus de 400
000 ha de terres sont à nettoyer : il faut y retirer 4700 km de fil de fer barbelé, combler 7850 km de tranchées. En " zone rouge ", une balafre d’une trentaine de km de large qui
marque la ligne de front, la terre est polluée par les gaz, constellée de trous de bombes, d’obus éclatés ou non, de sapes, de mines, de cadavres et plus de 6000 blockhaus en béton armé parsèment
la campagne. Les eaux ont envahi les parties basses et les ont transformées en marécages. Ailleurs, chardons et herbes sauvages donnent à la région un aspect de steppe. Le matériel agricole et le
cheptel ont été perdus, envolés ou détruits. Les forêts ont été rasées, soit par l’artillerie soit par abattage systématique du bois destiné à étayer les tranchées. La forêt de Nieppe est aux ¾
détruite, la forêt de Fourmies a été saignée à blanc, celle de Saint-Amand a été rasée sur 3000 ha et le bois de Phalempin coupé aux 2/3. La forêt de Marchiennes n’existe plus et est envahie par
les eaux. La retraite allemande a consommé la perte de ce qui restait de la forêt de Mormal. Malgré la paix revenue, la population du Nord va rester encore pendant de longs mois isolée du reste
de la France : voies de communication rompues, ponts et écluses détruits, chemin de fer -voies et matériel- détruits.
Remise en état du sol
Le ravitaillement de la population reste problématique. En 1919, chaque personne ne dispose que de 500 g de pommes de terre et de 100 g de viande par jour et les prix s’envolent. Il importe de
remettre vite le sol en culture. Dans un premier temps, des Chinois et des prisonniers de guerre allemands sont employés au déminage puis ils sont remplacés par des artificiers civils au fur et à
mesure de la démobilisation. Le service de l’équipement et des entrepreneurs privés sont chargés de l’enlèvement des fils de fer barbelé et des munitions ; les fermiers propriétaires comblent
tranchées et sapes. Les blockhaus situés en plein champ sont maintenus en l’état et les propriétaires indemnisés pour la perte de terrain. Dès le printemps 1920, on procède aux premières
semailles. Des animaux sont cédés par l’office de la reconstitution agricole aux paysans pour recréer leur cheptel ainsi que divers engins agricoles. En 1923, on estime que le bétail a retrouvé
80 % de son niveau de 1912 et que les principales cultures sont revenues à leur superficie d’avant-guerre. A la fin des années 20, l’agriculture atteint des records de rendements. Les anciennes
limites foncières ayant été bouleversées par la guerre, il est nécessaire de les rétablir mais à cause des réticences des paysans, on ne sait pas profiter de l’occasion pour procéder à un profond
remembrement.
Les voies de communication
Pour sortir la population du Nord de son isolement, pour pouvoir assurer la reprise économique et l’acheminement des matériaux de la reconstruction, il faut impérativement remettre en état au
plus vite les moyens de communication. La priorité est donnée aux grands axes : routes nationales et départementales, grandes lignes ferroviaires et canaux. Des ponts provisoires puis définitifs
sontédifiés. En 1923, 7578 km de routes sont réparées au moins provisoirement et 920 km de chemin de fer rendus au trafic. La navigation sur les canaux est rétablie dès l’été 1919. Les derniers
(canal de Roubaix, de Lens et Escaut) sont rouverts en 1920. Les canaux ont été approfondis mais laissés au même gabarit. Les gares ferroviaires sont rebâties tardivement, des baraquements
provisoires en tenant lieu pendant plusieurs années. La reconstruction est parfois l’occasion d’une modernisation du réseau. Avant la guerre, le trafic marchandises et voyageurs passait par la
gare de Fives. La Compagnie du Nord décide de reporter vers l’ouest de Lille tout le trafic marchandises et aménage une nouvelle - "gare Lille-Délivrance "- dans la zone du Marais de
Lomme. Elle est dotée d’un foyer-hôtel pour les agents en transit, d’un réfectoire et d’une cité des cheminots de 825 logements avec jardin, eau courante, tout-à-l’égout, électricité, écoles,
cinéma, terrain de sport, bains-douches et dispensaire. A Valenciennes en 1921, la Compagnie construit également une nouvelle cité dotée d’un stade, sur le modèle de Raoul Dautry; chaque maison
est entourée d’un jardin de 400 à 500 m². On commence également à remplacer les passages à niveau par des ponts ou des souterrains.
Reconstitution industrielle
Dans un premier temps, la priorité est donnée au redémarrage des entreprises les moins touchées. L’Etat leur fournit du matériel récupéré en Allemagne afin de reprendre au plus vite la
production. La reconstitution industrielle est laissée à l’initiative privée avec le concours le plus large de l’Etat (qui avance immédiatement 30% des estimations des dommages de guerre) et des
Chambres de commerce. Les banques anticipent l’indemnisation et prêtent généreusement aux entreprises dont le crédit est indiscuté. A Tourcoing, la filature de coton Motte-Frères rouvre ses
portes en juin 1919 et les usines textile Tiberghien-Frères fonctionnent dès juillet de la même année. Dans les mines, les puits les moins touchés reprennent leur exploitation dès l’automne 1919.
Ailleurs, il faut stopper l’inondation et pomper l’eau, reconstruire les voies ferrées et les installations de surface et relever les chevalements à l’aide de mâts et de treuils ou, si
impossible, les refaire alors que l’on manque cruellement de poutrelles métalliques (on a recours au béton armé mais ces chevalements sont alors très lourds). La fosse Gayant des mines d’Aniche
n’est remise en activité qu’en 1925. A Douai, a été créé en 1920, le " groupement des houillères du Nord-Pas-de-Calais " qui centralise et gère les acomptes de l’Etat pour les dommages
de guerre afin d’accélérer la reconstruction et de limiter la concurrence étrangère, britannique notamment. Les mines du Nord retrouvent dès 1924-1925 leurs résultats de 1912-1913, souvent avec
des rendements supérieurs. De nouveaux puits d’extraction sont même ouverts comme à Lallaing (en 1923-1925), Pecquencourt (1921) ou Lewarde (1927). Parallèlement, on construit de nouvelles usines
de transformation de la houille comme la cokerie d’Auby ou les usines chimiques de Waziers. Un intérêt particulier est porté aux centrales thermiques car la demande en énergie électrique ne cesse
de croître. A Valenciennes, la centrale totalement détruite est reconstruite en 1920. " L’énergie électrique du Nord de la France " remet en route en 1919 sa centrale thermique de
Wasquehal qui a beaucoup souffert de l’occupation et décide la même année la construction d’une nouvelle unité à Comines, au bord de la Lys, d’une puissance de 150 000 KW qui est achevée en 1921.
La société Kühlman, après avoir remis en état ses installations les moins atteintes, profite de la reconstruction pour adopter de nouveaux procédés de fabrication, une nouvelle répartition
géographique de ses usines françaises et pour produire de nouvelles fabrications. Les meuniers sinistrés se regroupent en 1920 au sein de " la Meunerie lilloise " et construisent une
minoterie ultramoderne à Marquette, sur les bords de la Deûle qui est mise en activité en juin 1923. Certaines industries comme la brasserie et la distillerie ne se relèvent pas de la guerre ; la
verrerie a du mal à redémarrer.
Ces quelques exemples de reconstitution réussie ne doivent pas cacher que le profil industriel de la région a été restauré tel qu’avant la guerre. Les innovations sont rarissimes. L’industrie est
aussi peu diversifiée qu’en 1914. On remet en marche, tout en augmentant la capacité de production, les industries traditionnelles qui ont fait la richesse du Nord au XIXème siècle : le charbon,
la métallurgie et le textile.
Le problème du logement
Avec plus de 50 000 logements détruits et 210 000 endommagés, la préoccupation n° 1 est de trouver un toit pour les sinistrés. Le service technique des travaux urgents, aidé par des chômeurs et
la troupe, procède au déblaiement des rues, à l’abattage des pans de murs menaçants. En 1921, ces travaux de première urgence sont achevés et les matériaux récupérés sont réutilisés pour la
construction de maisons provisoires. Des baraquements en bois, en carton bitumé ou en tôle sont mis à la disposition des habitants mais ils sont en nombre insuffisant et protègent mal des
intempéries. On reloge alors les sinistrés dans des camps militaires puis, à partir de 1920, on bâtit des habitations semi-provisoires en dur. La société Eternit dans le Valenciennois met au
point le procédé amiante-ciment pour remplacer le carton bitumé des premières baraques. En 1921, on commence les travaux d’édilité : trottoirs, écoulement des eaux ... Les écoles et les églises,
les bâtiments publics comme la poste ou la mairie, sont également installés dans des baraquements. En 1923, on compte encore 208 écoles provisoires.
Source : Lille.fr Patrimoine
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Réponse à certaines interrogations…
Permettez-moi de préciser que ce blog est la réalisation d’un travail d’archives personnelles ou provenant d’articles publiés dans la presse (La Voix du Nord, Nord Eclair, La Vie Chez Nous etc...), revues et livres divers.
Créé à mon initiative, il était normal que ce blog contienne principalement les archives familiales, mais de suite, ne voulant pas me cantonner à cela, j’ai décidé de l’ouvrir à tous les thèmes qui étaient rattachés au passé halluinois et à son histoire.
Au fur et à mesure de son installation, j’ai intégré également des informations présentes, liées à la vie halluinoise en priorité ou d'ordre général, susceptibles d’intéresser le plus grand nombre de lecteurs ; en essayant d’être au plus près des évènements et en effectuant, si nécessaire, des mises à jour sur des documents déjà publiés.
En ce qui concerne l’Histoire d’Halluin, chacun comprendra que la parution d'un article n'est faisable uniquement pour des documents en ma possession… Mon seul but est d’informer le mieux possible en abordant tous les sujets sans aucune restriction !
Ce blog n’ayant aucun caractère officiel, j’invite simplement les personnes qui possèdent des documents sur l’histoire locale, d’ouvrir leur propre blog ou site… Et je serais ravi bien entendu de le consulter.
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