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  • : Histoire de la ville d'Halluin (Nord). Regard sur le passé et le présent.
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(1957 à 1992) brandodean.over-blog.org/article-5718593.html

 

(1992 à 2007) brandodean.over-blog.org/article-5718818.html 

 

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 08:27

 

 

 

Le jeudi 2 Février 1989, Halluin a perdu l’un de ses serviteurs les plus dévoués, les plus sympathiques, les plus généreux. Alors que tout laissait prévoir un rétablissement, la santé de Maurice Ducastel, ce « gaillard de 87 ans, a subitement décliné alors qu’une place lui était réservée, à lui et à son épouse Alice également hospitalisée, dans une paisible maison de retraite. 


Quelques alertes les derniers mois nous avaient obligés à imaginer le pire, mais à chaque fois, il revenait, appuyé sur sa canne certes mais l’œil toujours aussi vif, le verbe toujours aussi chaleureux. Et voilà qu’il est parvenu au bout de la route ; c’était à l’institution Saint Joseph de Roubaix où il avait été transporté, quelques jours auparavant, épuisé par la maladie.

 

Quel homme ! Quel personnage ! Quel tempérament ! Quand il fêta ses 80 berges, en compagnie de ses nombreux amis, c’était le plus jeune des Halluinois qui enfourchait le vélo d’appartement, offert pour démontrer qu’il avait gardé cette vitalité espiègle de gamin qu’il fut au début du siècle.

 

« Maurice » comme de très nombreux halluinois l’appelaient affectueusement mais tout aussi respectueusement, avait alors réuni dans la salle qui portait son nom : « Ducastel », près de l’abattoir, une foule de jeunes et de moins jeunes qui enviaient cette personnalité attachante d’homme de cœur, profondément humaniste et à l’écoute de tous.

 

Qui dans la commune ne connaissait pas Maurice Ducastel ?

 

Rien de ce qui se passait à Halluin ne lui échappait, et il était le premier à encourager les initiatives associatives. Celles-ci savaient combien elles lui devaient. Sa présence, ses encouragements (moraux et matériels) leur permettaient régulièrement de repartir de l’avant avec un moral tout neuf, un moral qu’à lui seul Maurice Ducastel symbolisait à merveille.

 

Et ce n’est pas un hasard s’il cumula des présidences et présidences d’honneur à l’unanime satisfaction. Effectivement, Maurice Ducastel était un grand bonhomme, une « figure » comme on dit à Halluin.

 

Aussi, il était de toutes les fêtes et de tous les enterrements aussi. ; et s’il avait pu encore le dire, il aurait conseillé à chacun d’entre nous de prendre la vie à bras le corps, de lutter pour qu’elle soit meilleure encore et d’en faire partager les joies.

 

Des peines, son universalité en fera l’arrière-plan d’un tableau de Bruegel avec son paysage et ses bêtes. Car « Maurice » était aussi un homme de campagne qui lui valut en matière professionnelle de se voir décerner la rosette d’Officier du mérite agricole.

 

Plus qu’efficace, dans le domaine de la viande, à la tête de sa société de la rue Gabriel Péri, c’était une sommité dans ce domaine. Ce qui lui valait d’être connu et apprécié en Flandre, en Artois, en Hainaut, et en Picardie. Les trophées et distinctions qui tapissaient son petit pavillon près de l’abattoir en attestaient.

 

Hélas, cet abattoir fut condamné ; ce fut l’un des drames de sa vie.

 

Avec la disparition de Maurice Ducastel, ce grand monsieur, c’était une page de l’histoire d’Halluin qui était tournée, et un deuil aussi pour beaucoup d’associations.

Sa carte de visite était impressionnante, révélatrice de son influence, distinctions multiples qui lui furent décernées, encore que modeste, il ne courrait pas après.

 

 Nous rappellerons simplement qu’il succéda à son grand ami Hildevert Wancquet à la présidence de l’U.H. Football. Président actif durant de longues années de l’Amicale des sous-officiers, brigadiers et caporaux, « sa société », il en était devenu président d’honneur en 1986. Vice-président des J3-48 et président d’honneur des mutilés de guerre, du Coin de terre, de la gymnastique, et depuis vingt ans du comité des allumoirs.

 

Sans oublier vétéran de la Lyre et du syndicat agricole, Maurice Ducastel avait les pieds partout, et le bon pied de celui qui l’amenait à travers noces et banquets, bals et soirées, à dispenser sa verve, son humour, sa générosité.

 

Notre halluinois avait vu ses qualités humaines récompensées à maintes reprise : chevalier du Mérite social, grande médaille d’honneur de la ville d’Halluin, Commandeur du Mérite humanitaire et du dévouement, médaillé des Amitiés Franco-Belges. 

 

Toutes ces récompenses et distinctions résumaient parfaitement cette vie bien remplie.

 

Maurice Ducastel repose au cimetière d’Halluin (allée centrale entrée route de Neuville).

 

 

 (Archives  D.D., Presse).

LIENL'Industrie et l'Abattoir d'Halluin en 1970... 
 

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 07:18

 

 

Le mois de juin est la période traditionnelle, où les parents accompagnent leurs enfants pour assister aux fêtes de fin d’année scolaire. Pour la famille, c’est l’occasion de revenir sur les souvenirs d’enfance, et particulièrement ceux rattachés aux premières années de classe maternelle et primaire.

 

L’occasion m’est donnée de revenir sur le parcours d’une institutrice « modèle », Mademoiselle Vanhoutte,  qui laissera longtemps son empreinte dans la mémoire de l’enseignement halluinois, et dans les cœurs de sa population.

 

En effet, Yvette Vanhoutte c’était l’image du dévouement et de l’abnégation, de la modestie et de la gentillesse aussi.

 

Tous les halluinois ont le souvenir de cette demoiselle, descendant de sa vieille lada, une toque sur la tête, et son bonjour révérencieux pour ceux qui la croisaient à ce moment.

 

En 1948, entrée en qualité d’enseignante en CE 1 à l’école Sainte-Marie, alors qu’elle n’avait que 16 ans, mademoiselle Vanhoutte s’était alors consacrée entièrement à dispenser l’enseignement catholique, une passion qu’elle partagea plus tard pour la maison des aveugles.


En effet, pendant de très longues années, véritable cheville ouvrière de la section halluinoise de la Maison des Aveugles, elle a animé cet établissement avec constance, discrétion et un véritable don de soi.

 

Les mérites de Mlle Vanhoutte n’ont cessé d’être relevés durant toute sa carrière. Déjà en 1968, le maire d’alors M. Charles Vanoverschelde lui avait remis la médaille de l’encouragement et du dévouement pour «La croisade des aveugles ».

 

En 1975, c’est Monseigneur Gand, évêque de Lille, qui lui décernait la Croix de l’enseignement chrétien.

 

En 1976, le maire Albert Houte lui remettait la médaille de la ville à l’occasion du repas de Noël des aveugles.

 

Et en juin 1989, le maire Alexandre Faidherbe, qui accomplissait l’un de ses premiers gestes honorifiques, remettait à nouveau la médaille de la ville, lors de la fête de l’école.

 

Lors de cette dernière cérémonie, Yvette Vanhoutte, déjà très affaiblie par un mal implacable, avait décidé de prendre une retraite bien méritée après tant d’années d’enseignement. Elle quittait avec bien des regrets cet établissement de l’école Saint-Marie.

 

Les éloges si sensibles, d’Alain Maitrepierre, président du comité urbain, et du maire et conseiller général Alexandre Faidherbe, avaient noué la gorge de toute l’assistance.

 

 «40 années d’exercice qui vous valent le respect de tous » avait dit notamment  le maire de la ville.

Avec de l’émotion plein la voix,  Yvette Vanhoutte lui répondit ceci : « Je termine un peu ma carrière en queue de poisson. J’aurais voulu encore cette année, malgré le travail que cela représente, organiser une petite danse mais cela n’a pas été possible… J’ai essayé de faire de mon mieux, pendant un an mes élèves étaient mes enfants. Si je n’ai pas d’enfant personnellement, j’ai néanmoins élevé une grande famille de près de 1200 élèves, au cours de ma carrière, que j’ai essayé d’instruire, d’éduquer, de faire connaître Dieu ».

 

Etre et se mettre au service des autres amena également notre dévouée halluinoise à répondre à la sollicitation de M. Albert Desmedt et entrer dans la liste « Sécurité-Gestion ». Après le décès de celui-ci en 1987, elle siègea en qualité de conseillère municipale jusqu’aux municipales de 1989.

 

A son départ à la retraite, Yvette Vanhoutte avait conscience de sa maladie, mais sa foi inébranlable lui permettait d’espérer encore se dévouer à une noble cause : sa maison des aveugles.


Hélas le mal faisait son chemin et a réussi à la vaincre le dimanche 14 janvier 1990, au Centre Gustave Dron de Tourcoing, où elle était hospitalisée. En novembre 89, elle avait fêté ses 57 ans.

 

Au moment de sa disparition, un groupe de parents d’anciens élèves lui ont rendu le dernier hommage suivant : « Elle était l’institutrice de nos enfants, et nous avons gardé d’elle un souvenir tel que nous tenons à apporter le témoignage de notre reconnaissance et de toute notre amitié, aujourd’hui qu’elle est retournée à Dieu.

 

Mlle Vanhoutte a quitté l’école Sainte-Marie, l’année passée, presque sur la pointe des pieds. Certes, elle était la discrétion même, ne cherchant pas à paraître. Sa gentillesse, sa patience, nous en avons usé comme beaucoup de ceux qu’elle a connus dans ces murs d’école.

 

Elle en a fait profiter d’autres, que la vie avait tendance à laisser sur le bord du chemin. Les aveugles étaient ses compagnons. Elle était d’une grande tendresse à leur égard. Elle leur apportait cette clarté qui était la sienne, ce rayonnement dont on sentait bien qu’il était une force.

 

Elle a connu aussi la dure réalité de la maladie. Elle a connu aussi la solitude. Gardons d’elle le souvenir et le message qu’elle nous a transmis ».

 

 Les obsèques de Yvette Vanhoutte se sont déroulées en l’église Saint-Hilaire le samedi 20 janvier 1990. Elle repose désormais avec ses parents au cimetière d’Halluin, allée centrale par l’entrée rue des Frères Martel.

 

Yvette Vanhoutte nous laissera le souvenir d’une femme engagée, dévouée, et d’un extrême courage.  Oui, Mademoiselle tout le monde vous aimait bien ! 

(Archives et Synthèse D.D., Presse) . 

Voici le poème qu’elle a écrit après sa première opération en 1989.

 

L’humour est parfois la plus belle forme du courage !



« Cyrano de Bergerac parle de son nez, moi je parle de ma Colostomie :

 

Si j’étais prosaïque, je dirais : c’est un trou.

 

Si j’étais pratique, je dirais : c’est une issue de secours.

 

Si j’étais romantique, je dirais : Quel est ce bouton de rose à ma ceinture ?

 

Si j’étais paysan, je dirais : C’est une fosse à purin.

 

Si j’étais dramatique, je dirais : c’est une souffrance.

 

Si j’étais chrétien, je dirais : c’est une croix.

 

Si j’étais officier de la légion d’honneur, je dirais :Que fait ma rosace si bas ?

 

Si j’étais musicien, ce serait une ouverture.

 

Et si j’étais couturière, ce serait une boutonnière ».

 

…………………………………..

 

Merci pour la compétence du chirurgien et de son équipe alliée aux progrès de la science qui nous permettent de vivre en attendant peut-être une remise en état du circuit normal.

 

                                                  Yvette Vanhoutte

 

(Archives, D.D., La vie chez Nous).

   

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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 21:48

 


Le presbytère ou maison paroissiale d’Halluin, près de l’église Saint-Hilaire, ne relève pas d’un romand de Bernanos. Il recèle d’une vie insoupçonnée, abrite les archives et on vient y demander l’aumône ou l’hébergement. Mais allons à la découverte de cette belle demeure flamande avec l’abbé Yves Billaut.

 

Ses murs à pas de moineaux, tels qu’on les croise dans les villes des Flandres, contrastent avec le dépouillement intérieur. Tout commence avec une 1ère anecdote de l’abbé-doyen Billaut  : « Paul Parent, prêtre aujourd’hui âgé de 89 ans, avait quitté Halluin pour combattre lors de la dernière guerre mondiale. Quand il est revenu, quatre ans plus tard, l’ancien presbytère avait été démoli et celui d’aujourd’hui construit ! ».

 

Voilà donc une maison paroissiale édifiée au coeur d’une période de destruction massive.

Qu’y trouve-t-on, de la cave au grenier ? Finalement, tout ce qui compose la vie d’une demeure habituelle. « La cave est le royaume de la chaudière et du vin de messe ! »  poursuit l’abbé Yves Billaut qui y a déposé ses propres bouteilles de vin.

 

Au rez-de-chaussée, deux pièces sont réservées au secrétariat de la paroisse pour y tenir permanences (mariages, baptêmes, enterrements mais aussi catéchèse, vie pastorale, on y fait même la queue le samedi matin !) et accueils divers, assurés par deux bénévoles, Denise et Annie qui enregistrent de nombreux mariages et baptêmes.

 

On y trouve également le bureau de l’abbé Billaut. Mais saviez-vous qu’une salle-à-manger dotée d’une cuisine équipe le rez-de-chaussée ? « Des repas sont servis à destination des prêtres du doyenné, cela fait partie de la convivialité que je me charge d’assurer entre les prêtres. Les abbés Jean Deflandre et Paul Parent, les plus âgés, viennent plus souvent que les autres », répond l'abbé Yves Billaut. D'ailleurs, tous les vendredis, les cinq prêtres du doyenné qui comprend les communes d’Halluin, Roncq, Neuville, Linselles et Bousbecque se retrouvent au chalet de la Pépinière à Roncq, en présence de l’équipe pastorale.

 

Les deux seules personnes rémunérées par la paroisse ne sont autres que la cuisinière et la femme d’entretien du presbytère et du centre pastoral. De même une personne se charge de l’essentiel de l’entretien du jardin de cette belle demeure flamande « Le jardin sert à fleurir l’église », précise le maître des lieux.

 

A l’étage outre les trois pièces réservées au logement du curé-doyen, le couloir s’ouvre sur une chambre d’amis ou encore deux pièces destinées à l’accueil d’un séminariste en insertion, dans le cadre de sa formation au grand séminaire.

 

Au grenier, c’est le royaume de l’archiviste bénévole de la paroisse, Willy Desprez. Il y consacre 2 heures chaque semaine et on peut y puiser de véritables trésors historiques, à savoir les registres de baptêmes, mariages et enterrements des trois églises halluinoises, du début du 19ème siècle à nos jours. Actuellement, on revisite l’histoire qui lie Halluin au cardinal Achille Liénart durant les grèves très dures de 1929.

 

« La maison est ouverte tous les jours », reconnaît l’abbé Yves Billaut. Le plus surprenant sans doute, loin des clichés tenaces, ce sont les demandes d’aumône et d’hébergement. « Je travaille en lien avec le secours catholique, les associations et les centres sociaux », raconte le curé-doyen, des Roumains m’ont demandé de l’argent pour se rendre à Lille, je les ai mis en contact avec le secours catholique et la banque alimentaire, une famille est venue me voir pour être secourue moralement, exposée aux affres du chômage. Ou encore, deux cyclistes que j’ai hébergés une nuit dans le cadre d’une randonnée, à la rencontre de lieux religieux ! ».

 

Et puis, un mystère plane. Selon Roland Verkindère, on aurait déposé la 1ère pierre de l’ancienne église, celle qui a précédé Saint-Hilaire, dans le jardin du presbytère. Reste à savoir où ? L’abbé Billaut ne le sait pas.

 

 (Archives D.D., Presse). 

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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 20:23

 

Il fut, assurément, l’une des grandes figures de la vie halluinoise du vingtième siècle, qui ont marqué la mémoire de plusieurs générations.

 

Lors du décès d’Henri-France Delafosse, survenu le 16 septembre 1966, le journaliste Albert Desmedt (ancien Maire) écrivait ceci :

 « C’était une personnalité très importante d’Halluin, on peut même dire un personnage. S’il a consacré le meilleur de lui-même aux anciens combattants d’Halluin, il n’a été étranger à rien de ce qui était utile et profitable à sa ville. Organisateur, meneur d’homme, il avait su conquérir l’estime et la confiance de ses concitoyens qui admiraient son enthousiasme, sa compétence et sa droiture. C’était un homme de devoir dans toute l’acceptation du terme, dont on écoutait les conseils et les suggestions et dont on se disputait le concours ».

 

Henri-France Delafosse est né le 1er Octobre 1894 à Saint-Florent (Cher). Il est le benjamin d’une famille de treize enfants, fils d’un receveur buraliste qui se fixera à Halluin en 1900.


Le 27 août 1914, le jeune appelé halluinois de 19 ans, sous la pression de l’ennemi, quitte son domicile. Il est incorporé, à sa demande, au 1er régiment de zouaves à Alger le 10 septembre, affecté à la 67ème compagnie.


Volontaire pour rejoindre le front français, il quitte l’Algérie le 15 janvier 1915 et reçoit le baptême du feu à Nieuport (Belgique) dans les rangs du 1er régiment de marche des zouaves.


Dès lors et sans interruption, il participe à toutes les opérations où se trouve engagé son régiment de la mer du Nord aux Vosges.


Notamment dès le 22 février 1916 lors de l’héroïque bataille de Verdun, dans les sanglants combats de Cumières, dans la défense mémorable du Mont-Homme, dans les corps à corps de la côte 304. Il restera l’un des huit survivants de la 4ème section de la 16ème compagnie, où il fut gravement blessé, une première fois, par éclats d’obus à la tête.

 

Il est cité à l’ordre du Régiment pour avoir entraîné crânement ses Hommes à l’attaque du 21 octobre 1916, puis une seconde fois par le Lieutenant-Colonel Poirel :

 « Delafosse caporal de la 15ème compagnie lors de l’attaque du 20 mai 1917 et les jours suivants, étant agent de liaison, a assuré la transmission des ordres sous des tirs de barrage d’une violence peu commune ; gradé courageux, faisant preuve du plus grand mépris du danger et de beaucoup d’initiative ».

 

 Un an plus tard, en 1918, il participe à l’arrêt de l’offensive allemande sous Compiègne de mai à juin.Cette fois, il est cité à l’ordre de l’Armée, en compagnie de son Régiment, par le Général Mangin :

« Après une série de dures actions de détail exécutées avec succès du 11 au 18 juillet 1918, et dont la réussite a eu une importance de premier ordre pour les opérations ultérieures, ce régiment a participé à l’offensive générale avec une bravoure et un allant admirable, brisant, après des combats acharnés, toutes les résistances ennemies. Au cours de neuf jours de combats, ce régiment a capturé 350 prisonniers, 13 canons et 130 mitrailleuses ».

 

Après avoir pris part à plusieurs attaques en forêt de Villers-Cotterêts, et tant de fois vu rôder la mort, c’est le 17 juillet 1918, que le caporal Delafosse est atrocement blessé et intoxiqué par l’ypérite. Il restera parmi les morts dans un état comateux, pour n’être ramassé que 24 H après par des ambulanciers américains. Sorti du coma huit jours après, aveugle durant trois semaines, brûlé sur toutes les parties du corps, les poumons attaqués, il a enduré les pires souffrances, pendant plusieurs mois, lors de ses hospitalisations à Tours, Paris et Tarascon.

 

Invalide temporaire à 100 % des suites d’intoxication par gaz, il est reconnu inapte à tout service armé. Il est alors détaché à la 20ème section des secrétaires d’Etat-major à Paris, où il occupe successivement différents emplois y compris celui de secrétaire à l’Etat-major du Maréchal Foch.

 

Effectivement, de l’enfer des tranchées de 14/18 au secrétariat du Commandement en chef des armées alliées du Maréchal Foch, Henri-France Delafosse aura tout connu !

 

Mobilisé depuis cinq ans, dont 42 mois de guerre, la démobilisation l’atteint le 15 août 1919, où il retrouve à Halluin ses vieux parents, pour la première fois, depuis son incorporation !

 

Ses hauts faits lui valurent de recevoir à titre militaire les plus prestigieuses récompenses : la médaille de Verdun, la Croix de guerre avec palmes, mais aussi la plus belle récompense pour un soldat, la médaille militaire le 16 juin 1920, avec l’appréciation du Colonel Canavy :

« La conduite pendant la guerre du Caporal Delafosse, représente à mes yeux, un des plus nobles exemples de l’accomplissement du devoir militaire ».

 

En 1920, Henri-France Delafosse était l’un des fondateurs de la section halluinoise de l’Union nationale des Combattants, avant de devenir président actif en 1937, puis président d’honneur.

 

Le 2 septembre 1939, la seconde guerre mondiale est déclarée ; le soir même, Henri-France Delafosse président de l’U.N.C. d’Halluin propose à la commission de constituer un comité d’entraide aux combattants halluinois. Le bureau présidé par lui-même et, composé de MM. Victor Hottelart, Pierre Defretin, Maurice Toulemonde, Julien Verhulst, crée le 12 septembre 1939 la première œuvre de ce type en France.

 

Au 17 mai 1940, date de l’arrêt forcé de l’activité du Comité, par suite de l’imminence de l’arrivée des troupes allemandes, ce sont 1600 colis qui ont ainsi pris la direction du front, tandis que 450 mandats étaient adressés aux combattants. Ce mouvement sera élargi, par la suite aux prisonniers ; à la date du 31 mars 1942, 3573 colis ont été fournis aux familles de prisonniers et 4012 colis ont été expédiés directement par les soins du Comité d’Entraide.

 

Durant cette période douloureuse, le rescapé de Verdun milita aussi comme membre du Rassemblement démocratique des résistants d’inspiration chrétienne.

   

Après la guerre, en 1948, il proposa avec M. Maurice Toulemonde d’ériger un mémorial aux enfants d’Halluin de 39-45 ; ce projet trouva son accomplissement grâce à une souscription publique. Membre fondateur, également, du groupe des mutilés de guerre, c’est sous sa présidence que cette association fit don de la magnifique grille qui entoure le monument aux morts, rue de Lille, arborant les inscriptions : Bravoure, Patrie, Endurance, Sacrifice, Honneur, Vaillance, Courage, Héroïsme.

 

Outre les nombreuses distinctions qu’il avait reçues, Henri-France Delafosse se voyait remettre la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, à titre militaire, le 14 juillet 1954, des mains de son ami de toujours le Docteur Albert Louf, qui concluait son hommage ainsi :


« Le petit caporal du 1er zouaves de Marche, peut comme Napoléon, le petit caporal de la grande Armée, redire après lui : C’est la Volonté, le Caractère, l’Application et l’ Audace qui m’ont fait ce que je suis ».


 

 

Si l’activité militaire d’Henri-France Delafosse fut exemplaire, sa vie professionnelle, familiale et sociale le furent tout autant.


Après sa démobilisation, il put reprendre son emploi à Halluin et, fut nommé fondé de pouvoirs du Crédit du Nord. En 1924, son excellente réputation, ses capacités professionnelles et l’estime générale dont il jouissait à Halluin, le firent choisir par le conseil d’administration de la Banque Scalbert à Lille, qui lui confia le soin de diriger l’agence qu’elle fondait à Halluin, et cela jusqu’au  31 décembre 1954 date de sa mise à la retraite.

 

De son union avec Rose Marie Canar, naquit douze enfants ; l’exemple de cette famille était si éloquent, que l’Académie française en 1936 attribue aux époux Delafosse-Canar le premier prix de la Fondation Cognac-Jay.

Evènement exceptionnel, la visite à Halluin du Cardinal Liénart, en octobre 1937, pour la célébration du baptême du douzième enfant, de Rose Canar et Henri-France Delafosse, prénommé Pierre Achille.
 
Malheureusement,après une pénible maladie, son épouse devait disparaître le 13 janvier 1942, dans sa 46ème année.   

Cinq ans plus tard en 1947, il épousait en secondes noces Marie-Antoinette Danset qui lui donna huit autres enfants. Avec vingt enfants, Henri-France Delafosse possédait une des plus belles familles de la région.

 

A Halluin, malgré ses occupations professionnelles très abondantes et les charges d’une grande famille, tout ce qui touchait à la vie halluinoise l’intéressait. 
 

Occupant le poste de trésorier, il fut l’un des principaux artisans de la création du premier Syndicat d’initiative baptisé « Les Amis d’Halluin »  le 12 juin 1929.  


Aussi, travaillant en étroite collaboration avec Messieurs Victor et Raymond Hottelart, Alfred Maret autres personnalités halluinoises, il occupa les fonctions de trésorier et administrateur de la Mutelle  des anciens sous-officiers et caporaux français, durant quarante ans ! C’est à ce titre, pour son rôle au sein du groupement, qu’Henri-France Delafosse reçut la Médaille d’Honneur de la Mutualité et, surtout, les insignes d’Officier du Mérite Social (décoration assez rare à l’époque pour être mentionnée).

 

Il se dévoua également, durant plusieurs années, comme secrétaire du groupe des Familles nombreuses.

 

A la Libération, il participe en sa qualité de conseiller municipal aux affaires de la ville. Considérant que de graves dissensions au sein du conseil municipal d’Halluin entravent l’administration de la commune, le Conseil des Ministres, présidé par M. Guy Mollet, décrète le 15 mars 1957, la dissolution du conseil municipal d’Halluin, et institue une délégation spéciale composée de trois membres : MM. Gustave Decamp, Henri-France Delafosse et Hildevert Wancquet le président.

 

 

Les séquelles de la guerre et la maladie l’emporteront à l’âge de 72 ans. Devant sa tombe, c’est Antoine Demeestere président en exercice de l’UNC qui fit l’éloge du disparu :

 

« Notre camarade Henri-France Delafosse a représenté, aux yeux de tous, le dévouement au Pays, et cela, parce qu’il avait répondu à l’appel qu’il avait reçu, parce qu’il avait combattu courageusement et parce qu’en faisant son devoir, il avait été gravement frappé dans sa santé.


Notre ami avait son franc-parler avec chacun et il ne transigeait jamais avec ses principes.

Au cours d’entretiens que nous avions avec lui, il disait souvent : « Nous agaçons parfois avec nos revendications, avec nos défilés, avec nos décorations mais nous devons continuer à être les témoins du devoir accompli, nous devons continuer à élever une protestation contre le péché du monde que sont les guerres, nous devons continuer à être un reproche contre l’oubli et l’ingratitude ».


Et, c’est pourquoi, pendant près de 50 années, Henri-France Delafosse a lutté pour que ne soient pas oubliés ceux qui ne sont pas rentrés des champs de bataille et des camps de prisonniers, pour que soient soutenues les familles des disparus, pour que soient défendus ceux qui ont combattu, pour que soient aidés ceux qui avaient été frappés dans leurs corps et dans leurs santés, ces mutilés de guerre qu’il affectionnait particulièrement.


Il n’est pas besoin d’en dire davantage car toute une vie de dévouement est contenue dans ces quelques phrases… »

 

 Le 1er octobre 1994, lors de l’hommage rendu par sa famille à l’occasion du centenaire de sa naissance, son grand ami Maurice Schumann,  ancien ministre, académicien et sénateur du Nord écrivait ces mots :

 

 « Vingt-huit ans après son rappel à Dieu, tous les Halluinois, tous les enfants du Nord qui ont eu le privilège de connaître Monsieur Delafosse continuent à se dire : Cet homme de bien a passé sa vie à mériter d’avoir eu deux prénoms et de s’être appelé France. En fondant la famille la plus nombreuse de la région, il a montré l’exemple de la vertu la plus rare : le courage quotidien devant la vie.


En gagnant la médaille militaire, il a légué à sa descendance le privilège de draper son cercueil avec le drapeau national. Les conseils judicieux qu’il m’a prodigués comme directeur de l’importante succursale d’une banque régionale m’ont prouvé qu’une parfaite connaissance des contraintes économiques n’avait pas émoussé son sens du devoir social. Oui Henri-France Delafosse était un cœur vaillant ».

 

Voilà résumé la trace indélébile laissée dans la cité par cet halluinois d’adoption, dont la descendance compte à ce jour plus de cent soixante dix enfants et petits-enfants.

 

   

A mon père, Henri-France Delafosse.  

 

                                                                                      Daniel DELAFOSSE


LIENS
: Le premier comité d'entraide aux combattants français était créé par les Halluinois, une première française !

La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (19) Les résistants halluinois de l'ombre...

Le Syndicat d'Initiative "Les Amis d'Halluin" fut créé en 1929.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (22) Henri-France Delafosse, Zouave Halluinois de la Grande Guerre... pendant 42 mois.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (40) La Création de l'U.N.C. d'Halluin en 1920.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (43) Le Groupe Halluinois des Mutilés de la Première Guerre Mondiale.

En 1936, la Famille Delafosse-Canar reçoit le 1er Prix Cognac-Jay, attribué par l'Institut de France.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (55) En 1937, l'Amicale Halluinoise des Anciens Combattants élit son nouveau Président Henri-France Delafosse.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (56) L'Halluinois Henri-France Delafosse fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre Militaire.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (60) Les Funérailles de l'ancien Poilu Halluinois Henri-France Delafosse.

Marie-Antoinette Delafosse Danset nous a quittés.

Funérailles de "La Madelon Halluinoise" Marie-Antoinette Delafosse Danset - Hommage Familial.


 

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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 11:43

 

A la fin du siècle dernier, l’examen de la couche géologique de notre sous-sol révéla, au Colbras, la présence de terres glaises bleues et vertes à une faible profondeur.

 

La réputation de ces terres argileuse (klutes) de très bonne qualité nous valut l’installation des 1900 de la Compagnie des Tuileries Mécaniques qui allait trouver là, une matière première parfaite pour la fabrication de millions de tuiles. 


La fabrique de tuiles mécaniques fut fondée en 1860 par monsieur Debayser. Le bâtiment mesurait 200 mètres de long sur 20 mètres de large et servait au séchage naturel des tuiles grâce à 2526 fenêtres ! 

 

L’extraction de la glaise laissait évidemment une excavation de plus en plus importante, qui fonctionnait tous les jours.

 

On appela ce trou le Klute-Put du nom flamand de trou d’argile.

 

Les Halluinois ont appris à nager, sans surveillance mais sans incidents, dans cette eau profonde qui possédait des propriétés bienfaisantes.

 

Aujourd’hui, le Klute-Put est devenu le lieu de détente du haut du Colbras, et ce sont les canards qui nagent dans le petit étang, au grand bonheur des enfants et des promeneurs.

 

Au début des années 90, lors d’une séance du conseil municipal, on assista à un amusant échange entre le maire de l’époque Alexandre Faidherbe, et le regretté Jean-Pierre Verschave conseiller municipal, au sujet de l’aménagement en espace vert de l’ancienne décharge de la Tuilerie, route de Linselles. Au lieu-dit « Clut-put ». Et c’est là que le bât chatouilla…

 

Le maire s’était fait « assister » de Mme Verkindère pour justifier l’appellation de « Kluit-put ». M. Verschave est revenu avec humour sur le sujet pour défendre sa thèse orthographique du « Clut » (ou « klut »).

 

« Il me suffira peut-être, pour justifier mon opinion, de vous poser une question : celle de savoir pourquoi votre nom, monsieur le maire, s’écrit « Fée-dherbe » ? De la même façon que Mme Verkindère m’a expliqué que le mot « kluit » existe en néerlandais et en flamand, ce qui est exact, vous pourrez me répondre que le mot « fée », sinon la chose existe également.


On lit, par exemple, dans le « Robert » : « Fée : être imaginaire (de forme féminine) auquel la légende attribue un pouvoir surnaturel et une influence sur la destinée des humains ».


« Mais vous pourrez aussi, et je ne doute pas que c’est là ce que, en réalité, vous ferez, me demander si je suis sûr de l’orthographe que j’attribue à votre nom ».


« Adoptant cette deuxième démarche, la première chose qu’il faut nous demander est : de quels éléments disposons-nous pour établir le nom exact de cet endroit ? La seule source d’information disponible, me semble-t-il, est la tradition orale. Or, j’ai l’impression que celle-ci parle du « clutput et non du « cluiput », signifiant par là qu’elle voit dans cet endroit une argilière et non pas une sorte de pluvier… ou un « gros morceau », disons une motte pouvant servir à « doodkluiten » (lapider, approximativement) ».

 

M. Verschave campa donc sur ses positions, et M. Faidherbe également. Ce dernier qui ne manquait pas plus d’humour non plus, en a profité pour évoquer l’étymologie de son nom « fai » étant à prendre au sens de « faix », « fardeau ». « Un de mes ancêtres, devait être porteur, j’ai donc des origines roturières, mais ne le répétez-pas ! »


Suite à ce « débat » bien sympathique concernant l’orthographe du lieu-dit « klut-put ou kluit-put », l’ancien résistant déporté Pierre Desmedt, néerlandophone distingué, faisait part, à cette époque, de ses réflexions sur le sujet.

 

Rappelant que le véritable nom de Philippe de Commynes, à savoir Philippe Van  Kleite, Pierre Desmedt souligne que « kleite », en ancien flamand, signifiait « glaise », mot devenu, depuis la réglementation de 1954, « klei » en néerlandais moderne.


Une altération du terme, sans doute en patois, aurait localement, comme dans le cas qui nous intéresse, donné « klut », ce qui renforcerait la thèse soutenue par M. Jean-Pierre Verschave.

 

D’autant le signalait Pierre Desmedt, que « kluite » défendu par Alexandre Faidherbe signifie « motte », ce qui va à l’encontre de la définition du lieu, puisqu’on y creusait pour en extraire de l’argile. « On est donc loin de la motte », explique-t-il encore. En ajoutant, pour notre information, qu’on a cassé l’exploitation de la briqueterie, car il y avait trop de coquillages marins dans l’argile, ce qui fragilisait les briques. Halluin-sur-mer, c’était il y a plusieurs dizaines de millions d’années.

 

Mais comme le précisait modestement Pierre Desmedt : « Il ne s’agit que d’une supposition, d’une interprétation qui ne s’appuie pas sur des éléments indiscutables ».

 

« Wait and see », comme ne disent pas les Flamands…

 

 

(Archives et Synthèse D.D., Presse).

Un arbre pour une naissance


Bouleau, poirier, chêne, charme ou aubépine : les essences sont nombreuses pour cette exceptionnelle plantation de 298 arbres aux abords du Kluit Put. ...


« C'est un engagement de campagne de planter un arbre pour une naissance à Halluin,
explique Jean-Luc Deroo, le maire d'Halluin. Et comme il y a de nombreuses naissances dans notre ville, nous mettons beaucoup d'arbres », se réjouit-il.



Jean-Luc Deroo a donné un coup de main symbolique, cette semaine, pour la plantation des peupliers d'Italie, mais ce sont les services municipaux qui se sont attelés à la tâche, qui doit être terminée en milieu de semaine prochaine. Quelque deux cent dix arbustes vont rejoindre leurs aînés, donnant ainsi un ensemble consistant et varié.


« Laisser un monde viable »


« Nous avons voulu mettre plusieurs essences d'arbres car une seule aurait rapidement épuisé le sol,
précise le jardinier. En cas de maladie, nous n'aurons pas de réaction en chaîne et puis les oiseaux seront différents, avec mêmes des papillons ou des lapins qui aiment certains arbustes ».


Pour l'aspect plus politique, ce geste est une façon de montrer l'engagement de la ville pour la préservation de l'environnement.


« Les défis majeurs du vingt et unième siècle, avec la modification du climat et la disparition d'espèces, doivent guider nos actions pour laisser un monde viable »,
écrit Alain Cappe, en charge de l'Agenda 21 halluinois avec Hamza El Kostiti. Un agenda qui n'est toujours pas connu à ce jour.


L'opération a coûté 3 284 euros pour les 298 arbres, auxquels il faut ajouter vingt-neuf arbres achetés grâce à la dotation annuelle de Lille Métropole Communauté urbaine.


(Archives, VdN, 13/3/2010).

 

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 06:51

 


Pendant 34 ans, « Les Aiglons » ont écrit quelques-unes des plus belles pages artistiques et sportives de l’histoire locale.

 

André Deblauw, fondateur de l’association « Les Aiglons » avec ses amis Walter Debusscher, Robert Lepoutre et Paul Houte, a publié en février 1995, aux Editions de la Lys à Lille (Nord), un livre de souvenirs racontant l’histoire de cette société.

 

A l’époque, en 1937, il n’existait que deux équipes de football et deux sociétés de gymnastique.


Décidés à agir seuls, en toute indépendance, les quatre hommes eurent quelques difficultés à faire démarrer une association sportive basée sur l’épanouissement des jeunes athlètes et non sur la recherche des performances. Même si les Aiglons remportèrent souvent de belles victoires dans des disciplines telles que la gymnastique, le tir, l’escrime… Après un bel envol, un coup d’arrêt pendant la guerre 39-45, puis le développement de numéros aux anneaux, les Aiglons connurent une certaine gloire et le succès, surtout grâce à leur section « artistique ».

 

Pendant trente-quatre ans, André Deblauw anima la société qu’il avait portée sur les fonds baptismaux, mais dût finalement interrompre ses activités suite à des problèmes de santé. Aucun de ses amis ne voulut continuer sans lui et les Aiglons arrêtèrent donc volontairement leur envol.

 

C’est cette histoire que l’on peut revivre dans les feuilles d’un livre, que je vous invite à feuilleter…

 

La société « Les Aiglons » comportait plusieurs sections : artistique, escrime, sports de combat et de défense, tir, culturisme et musculation. « Le foyer », où se réunissaient des sportifs de tous âges et conditions, fut aussi un des hauts lieux de l’histoire de l’association, et tout particulièrement pour sa section culturelle.

 

Malgré une terrible infirmité, conséquence de la poliomyélite qu’il contracta très jeune, André Deblauw son fondateur, apporta au sein du groupe un dynamisme extraordinaire. Avec la jambe gauche paralysée, il arriva à force d’énergie et de courage, à devenir un acrobate de grande classe, réalisant des numéros exceptionnels de force, celui par exemple, au cours duquel il supporta plus de 300 kilos


Les membre de la société Les Aiglons lui vouaient d’ailleurs une confiance et une affection unanimes, et ce malgré l’esprit de stricte discipline qu’il n’a cessé d’exiger de tous.

 

Les premiers entraînements de la société se déroulèrent dans des conditions qui furent tout sauf faciles : chaque samedi après-midi, les adhérents s’entraînaient sur le terrain de sports de l’Olympique rue de Lille. En cas d’intempéries, il était prévu qu’ils rejoignent des vestiaires désaffectés. Malgré leur manque de moyens, les Aiglons se distinguèrent rapidement par leur bonne humeur et leur organisation. Les adhésions se multiplièrent et la société devint vite célèbre… notamment pour ses cours d’éducation physique corrective, qui permirent de corriger maintes scolioses.

 

La société n’avait pas encore deux années d’existence quand une première réunion artistique fut organisée le 23 avril 1939 dans la salle paroissiale du Mont d’Halluin. Ce fut un important succès, auquel allait toutefois bientôt succéder la tristesse apportée par la seconde guerre mondiale. Certains Aiglons furent tués au combat (Walter Debusscher, Michel Danset), d’autres durent fuir pour échapper au travail obligatoire, ou furent envoyés en Allemagne.

 

Le jeune Walter Debusscher, Maréchal des Logis au 21ème Régiment d’Artillerie Coloniale fut tué le 9 juin 1940 ; Il allait avoir 20 ans le 18 juillet de cette même année. Membre fondateur, il était toujours resté fidèle à sa société, et à chaque permission, il venait passer de longues heures chez son ami André. Quant à Michel Danset tué dans les combats de la Libération en septembre 1944, il était le meilleur espoir de la section d’escrime catégorie jeunes, cadets, membre également des sections culturisme et musculation ; c’était aussi un étudiant brillant, et à 16 ans il était déjà développé comme un athlète adulte, mais surtout il était très dévoué et disponible pour sa société Les Aiglons.

 

Le soir du 22 juin 1941, André Deblauw était victime d’un grave accident au cours de l’essai d’un nouveau numéro très difficile et dangereux. Ce dernier fut projeté tête en avant d’une grande hauteur, et ne fut sauvé que grâce à une constitution robuste. Il n’eut aucune fracture, mais subit un traumatisme crânien. Cet accident était entièrement de sa faute, car il n’avait pris aucune précaution, et avait eu la stupidité de chahuter pendant ce nouveau numéro très dangereux.

 

Malgré toutes ces difficultés, l’association poursuivit toutefois ses activités durant ces « années noires » : Dès 1941, il y eut des séances pour les prisonniers et leurs enfants, puis pour les familles nombreuses, organisées par Gérard et André Verkindère.


Le 22 novembre 1942, un grand gala artistique fut agencé dans la salle de spectacles du cercle catholique, rue de la Gare, qui était pleine à craquer, où Les Aiglons ont obtenu un succès triomphal ; cette salle était assez haute pour produire le numéro aux anneaux, au-dessus des spectateurs.


Par la suite,Les Aiglons furent notamment sollicités par la section d’athlétisme de l’Union Halluinoise pour fournir un numéro de music-hall. Ils durent ainsi jouer trente-deux fois à Halluin, depuis 1939, sans jamais lasser le public galvanisé par de telles performances physiques. Aussi il fallait compter sur les innombrables séances produites dans toutes les villes de la région.


 
Des démonstrations d’escrime et de sports de combat étaient également organisées à cette époque.

 

A la fin de la guerre, le nombre d’adhérents rendait un déménagement indispensable. L’association loua donc une usine désaffectée qui avait précédemment été utilisée comme entrepôt de lin. Nettoyé et transformé en une superbe salle équipée de différents agrès, sans oublier un bar, une bibliothèque et des tables de ping-pong, un baby-foot pour la détente, l’endroit fut réclamé par le propriétaire un an plus tard.

 

Face à une augmentation de loyer beaucoup trop lourde pour leur budget, LesAiglons se retrouvèrent dans une situation précaire, dont les tirèrent les présidents actif et d’honneur des anciens combattants de l’UNC : Maurice Toulemonde et Henri-France Delafosse. Ces derniers leur offrirent en effet d’utiliser gracieusement la vaste et belle salle des fêtes et de réunions du « Foyer de la Paix » rue Emile Zola.

 

Cette heureuse solution présentait toutefois un sérieux inconvénient : le plafond était trop bas pour exécuter les exercices d’acrobatie et de gymnastique. Les autres sections purent néanmoins s’y entraîner pendant plusieurs années, jusqu’au moment où Les Aiglons purent louer l’ancien piqûrage des Etablissements Paul et Jean Tiberghien, à côté de l’église du Mont.


Ils utilisèrent ce bâtiment pendant sept ans, qui leur permit d’organiser de nombreuses activités – entraînement mais aussi bibliothèque, galas, bals, cinéma amateur – avant sa mise en vente et sa transformation par la suite en une école, celle de Saint-Alphonse.

 

Les adhérents de l’association durent à nouveau « travailler dur pour construire un autre local, encore dans une usine désaffectée en mauvais état » est-il rappelé dans le livre qui lui est consacré. 


Ces perpétuels déménagements n’ont cependant pas empêché Les Aiglons de former des athlètes souvent célèbres dans toute la région. La section sports de défense et de combat était particulièrement  connue, notamment pour la sévère discipline qui y régnait.

Pas question, en effet, de chercher la bagarre : le sport y était conçu comme une école de vie et non comme un moyen d’écraser les plus faibles. Une ambiance identique régnait au foyer, où les vols et les disputes étaient inconnus.

 

Quelques personnalités truculentes comme Joseph Demeyer dont le sens de l’humour était légendaire, sont venues égayer les rangs des Aiglons. La société comptait aussi un « miraculé », Joseph Cappelier qui, engagé dans l’Armée belge en 1940, avait eu le cou  traversé de part en part par une balle. Il fut recueilli par des soldats allemands et survécut, sans qu’aucun organe vital n’ait été endommagé.

 

La section « phare » des « Aiglons » fut certainement celle consacrée à l’acrobatie et aux numéros artistiques. On peut même dire que certains de ses adhérents, et adhérentes ! connurent une belle gloire.


Les représentations ou Les Aiglons effectuaient des exercices aériens à l’aide de cerceaux, échelles et cordes (numéros détaillés plus loin) ont attiré les foules pendant des années. Ainsi, pour les fêtes du centenaire de l’église Saint-Hilaire d’Halluin, en 1956, le programme dont ils étaient les vedettes a attiré un public record sur la place, devant l’édifice religieux. 

La section escrime des Aiglons en 1956 était notamment composée de : Marcel Trachet, Jacques Mahieu, Jean-Pierre Vermeersch, Jean-Pierre Meunier, Lucien Callewaert, Willy Deprez, Jacky Lossery, Adrien Vandewattine, Alain Lameire, Marcel Vancoillie.
 

Germaine Tacquet, épouse d’André Deblauw, décédée en octobre 91, fut une des grandes figures féminines de l’association. Tout comme Jacqueline Tacquet et Ginette Van Hecke, particulièrement douées pour les numéros acrobatiques les plus difficiles. Quant aux spécialistes de plongeons, c’étaient Paul Houte et Arthur Tant, qui passaient notamment à travers un cercle de feux.

 

Un petit groupe appelé « Les trois Aiglons » se distingua aussi par des numéros extrêmement dangereux. Ils furent à juste titre surnommés « Les acrobates de la mort ». Yvonne De Ridder fut la première élève de la section féminine et la première partenaire des « trois Aiglons » ; trapéziste, équilibriste et contorsionniste, elle fut rattrapée en pleine gloire par la mort, suite à une grave maladie.

 

Yoland Van Baelen lui succéda aux côtés de Paul Houte et André Deblauw, dont le nom d’artiste était André d’Avelys.

 

Les Aiglons purent, grâce à leur flatteuse réputation, participer aux tournées des Roubaisiens Gaby Verlor et Jean Davril. Ils côtoyèrent aussi Georges Milton, célèbre vedette de cinéma des années 30 à 38.

 

Disposant aussi d’un important répertoire de sketches et pièces uniques, ainsi que de plusieurs comédiens de talent, tels Joseph Demeyer, Nicadore, Jean-Pierre Quartier, Robert Lepoutre ou Joseph Losfeldt, les Aiglons étaient capables de présenter plusieurs heures de spectacle varié. Des spectacles, il est vrai, à faire frémir le public, surtout quand on sait qu’à l’époque, les files et les câbles de sécurité n’existaient pas.

 

Une simple défaillance pouvait alors se payer très cher : « Il fallait réussir ou périr » était-il rappelé dans le livre. Aujourd’hui encore, la description de certains numéros fait froid dans le dos : équilibres tête à l’envers et à grande hauteur, sur un échafaudage construit à l’aide de tables, chaises, bouteilles et échelles… Ou encore sur la rambarde du phare de Dunkerque !

 

En effet, l’halluinois André Deblauw fut le seul qui se soit risqué à faire un équilibre impeccable sur la rambarde, au,sommet du phare de Dunkerque, ceci devant de nombreux témoins, qui plus est, dans le mauvais sens en plus, comme le répétait souvent Paul Houte ; exploit très difficile à réaliser, à cause du vent du large qui souffle toujours très fort à cet endroit.

 

Si Les Aiglons arrivèrent même à créer des numéros fantastiques, art périlleux et toujours inédit ; le numéro d’équilibriste au-dessus des baïonnettes était le plus dangereux et le plus difficile à réaliser.


Ce numéro consistait à tenir en équilibre sur des échafaudages fragiles, instables, composés de tables, de quatre bouteilles, de chaises et d’échelles, en évitant la moindre secousse, et situés au-dessus d’une baïonnette, il fallait descendre en fléchissant sur les bras pour mettre la pointe de cette dernière sur la gorge ; ensuite remonter le poids d’un corps de 80 kilos, redescendre à la force des bras pour faire pénétrer l’arme profondément dans la bouche, remonter, puis redescendre une troisième fois pour placer cette pointe entre les deux yeux.


Tous les équilibristes et anciens gymnastes savent à quel point il est difficile et dur de faire l’équilibre en force, mais en plus descendre et remonter trois fois le poids du corps, c’est quelque chose ; surtout quand il y a la mort au bout, une défaillance ou une glissade et l’      arme aurait été enfoncée jusqu’à la garde, à cause du poids du corps.

 

Il fallait une foi absolue en la solidité de ses muscles pour prendre de tels risques mais parole « d’Aiglon », le public adorait cela.

 

Un autre numéro difficile et dangereux provoquait l’enthousiasme du public : Deux chaises étaient placées debout sur une table de café, siège contre siège, entre les deux, une baïonnette était solidement fixée. André Deblauw faisait l’équilibre sur les deux dossiers des chaises, ainsi écartées au-dessus de la baïonnette, tandis que son partenaire Paul Houte se lançait dans un plongeon formidable, pour passer au-dessus de la baïonnette et sous son partenaire en équilibre. Il ne pouvait toucher ni son partenaire ni la baïonnette.


Ce beau numéro obtenait toujours une ovation frénétique et prolongée. Tenir en équilibre sur deux chaises posées sur une table, avec en plus une baïonnette au milieu, était déjà d’un haut niveau, mais y exécuter un plongeon d’une extrême précision, cela devenait spectaculaire.

Il y avait ainsi une dizaine de numéros combinés d’équilibres et de plongeons, tous plus difficiles les uns que les autres.

 

De même le numéro aux anneaux avait la faveur du public, surtout s’il pouvait être exécuté à grande hauteur et au-dessus du public, dans les grandes salles ou en plein air.


C’était un travail très dur et épuisant. Il fallait grimper plusieurs mètres de corde pour atteindre ces anneaux. Au trapèze, on peut récupérer et se reposer un instant en se mettant debout ou assis sur le trapèze, mais aux anneaux il n’y a pas de répit, et il faut disposer davantage de force, d’énergie et d’agilité, surtout à cette hauteur.


André Deblauw avait réussi à créer un numéro sensationnel, unique au monde et qu’aucun champion olympique, selon lui, n’a été capable de réaliser, même à hauteur normale.

 

Après les plus beaux numéros classiques, croix de fer en équilibre, planche libre, casse-cou, etc. L’halluinois remontait les bras tendus sur les anneaux par renversement, les jambes pointées vers le haut, puis debout sur les bras tendus, il se lançait tête en avant dans le vide, pour tourner en dislocations avant, à une vitesse fantastique, pour effectuer ensuite une série de dislocations arrière.


L’effort et l’énergie, que ce numéro exige, sont indescriptibles ; il faut bloquer la respiration pour tourner le plus vite possible. La réaction du public était à chaque fois formidable, mais l’artiste, lui, est complètement ivre d’avoir tourné à cette vitesse record ; heureusement que le temps de ces longues ovations lui permettait de récupérer et de reprendre le contrôle de lui-même.

 

Le troisième numéro était un numéro aérien de toute beauté, produit par sept femmes et un homme. Les exercices de voltige étaient audacieux et spectaculaires mais trop difficiles à décrier. Dans un des derniers numéros, le partenaire tient horizontalement une lourde échelle par les dents, et deux partenaires produisent leur numéro à chaque extrémité. Lorsqu’il faisait ce numéro avec deux partenaires hommes, il soutenait un poids de 150 kilos par les dents, et pendu par les genoux qui devaient être d’un solidité à toute épreuve ; surtout dans le dernier numéro dans lequel il portait ainsi ses sept partenaires, dont le poids impressionnant était de 380 kilos, dans une telle position, suspendu par les genoux, c’était incroyable !

 

Il est dit que les meilleures choses doivent avoir une fin. Ce mot mit un terme à l’histoire des Aiglons au début des années 70, quand les adhérents décidèrent de ne pas poursuivre l’œuvre d’André Deblauw en l’absence de ce dernier. Ultime fidélité au fondateur de cette société.

 

  

Ce récit est tiré du livre « Histoire de la société artistique sportive et culturelle « Les Aiglons » (160 pages et documents) par l’halluinois André Deblauw.

 

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:52

 

 

 

Lucien Poncet (1899-1965) fut le fondateur et directeur de l’usine dite du caoutchouc, chemin de Neuville.

 

Dans les années 20 et 30, étaient fabriqués, à cet endroit, des pneus de tous calibres même des pneus d’avions. Il était ce qu’il est convenu d’appeler un patron d’avant-garde.

 

En même temps que l’usine, il fit construire une longue rangée de maisons pour les ouvriers et trois villas, pour les directeurs, qui existent encore en face du moulin d’Halluin.

 

Une distribution gratuite de lait était attribuée aux ouvriers pour neutraliser les poussières nocives du caoutchouc, ce qui était rare dans la période 1920-1930.

 

Les salaires étaient les meilleurs de la région, mais les conflits sociaux et les difficultés l’ont obligé à transférer toutes les activités de l’usine à Thionville en Moselle.

 

Lucien Poncet était aussi Président du Rotary Club, Conseiller de la Banque de France et Chevalier de la Légion d’Honneur

 

Il repose avec sa mère au cimetière d’Halluin (Entrée principale route de Neuville allée BD) 

 

 

Récit de l'Halluinois André Deblauw .

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:21

 

 

Il y a peu, le 30 avril 2007, Mathilde Brispot fêtait ses cent ans à la maison de retraite d’Halluin. Mariée deux fois, elle a eu deux filles, treize petits-enfants et dix-huit arrière-petits-enfants. Première femme de chambre chez différents industriels, notre centenaire actuelle a eu l’honneur de dresser la table et de servir le Cardinal Liénart évêque de Lille.

 

Cet anniversaire récent est un évènement important, qui nous renvoie à un autre moment de l’histoire locale que relate M. Vanoverschelde, l’anniversaire de la première centenaire halluinoise à l’automne 1939, en l’occurrence son arrière grand-mère.

 

C’était à l’automne 1939. Delphine Duvoskeld-Destailleur et tous ses proches n’ont pas laissé passer l’évènement.


La vieille dame était entourée pour la circonstance de toute sa famille, des cousins, des cousines… Bref d’une centaine de personnes.


Autant de personnes qui ont posé pour la photo officielle devant la première mairie située alors rue abbé Bonpain, en présence du maire de l’époque M. Petit.

 

A ce moment, même si la guerre était encore qualifiée de « drôle », les déplacements n’étaient pas toujours faciles et c’est un véritable cortège qui a quitté l’église Saint-Alphonse du Mont pour rejoindre la mairie.

 

La centenaire était encore très vaillante et c’est elle qui a lancé au maire, durant la réception officielle, un retentissant « y’en a plus » en regardant son verre.Elle parlait du champagne bien entendu.

 

Mme Duvoskeld a eu une longue descendance parmi laquelle figure notamment Charles Vanoverschelde qui a été élu conseiller municipal en 1946, avant de devenir maire en 1957.


Fonction qu’il occupera jusqu’en 1971, époque à laquelle il décida, en fonction de son âge, de ne plus se représenter. Il devait disparaître en septembre 1978 à l’âge de 84 ans.

 

Mme Duvoskeld devait quitter cette terre à l’âge de 102 ans.

 

Mais la municipalité voulait, à l’occasion de la cérémonie du centenaire faire un important cadeau à la dame. Ils eurent pour la circonstance une idée que l’on pourra qualifier sans crainte de se tromper de « bizarre ». Ils ont en effet envisagé un moment de lui payer un caveau et un monument funéraire.

 

Avec beaucoup de fierté, en apprenant cette idée d’un goût douteux, l’un des fils a répondu par la négative à cette proposition : « On est des ouvriers mais on a besoin de personne » a-t-il ajouté.

 

La cérémonie officielle en mairie a été suivie d’un grand banquet bien entendu. Mais un banquet où chaque famille a payé son écot. Les bons comptes font les bons amis… 


En cette année 2007, Halluin compte une seconde centenaire, il s'agit de Marie-Louise Bisbrouck, que sa communauté nomme aujourd'hui soeur Marie-Odile, née à Halluin le 5 avril 1907. Cette fête se déroula à Saint-Quentin où elle réside. Elle a reçu un cadeau de la Ville d'Halluin.

(Archives et Synthèse D.D.).
 

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:12



Le plus grand nombre de jeunes Halluinois, sont nés ou naissent à Menin (Belgique).


La quasi-totalité en tout cas naissent en clinique. C’est tellement évident qu’un accouchement à domicile constitue un véritable évènement.

 

Ce qui est vrai aujourd’hui ne l’était pas, beaucoup moins en tout cas, avant la dernière guerre.


C’était alors le temps de la gloire pour les sages-femmes. C’est tellement vrai que dans presque chaque commune une ou plusieurs d’entre elles sont devenues de véritables personnages…

 

Qui, par exemple, n’a pas connu avant la dernière guerre à Halluin, « Sidonie », même si le plus souvent on ignorait que son nom de famille était Valcke... Née à Halluin, le 20 Mai 1858, fille de Pierre Valcke et de Constance Vanwalleghem.

 

Ils sont des centaines et des centaines pour ne pas dire plus à avoir été mis au monde par Sidonie. On parlait avec admiration et affection de cette femme courageuse, dévouée et aimable qui remplissait son rôle à la perfection.

 

Le docteur Louf qui l’avait très bien connue, disait qu’elle était admirable et qu’elle a rendu des services inappréciables, jour et nuit, tant aux accouchements que pour les soins aux enfants. 

C’était la première !

 

Veuve de Evariste Pattyn, Sidonie est décédée à Halluin, le 22 Août 1942, mais les plus anciens parlent souvent d’elle encore à Halluin.

 

Lors des baptêmes, Sidonie était en tenue d’apparat… portant le bébé comme c’était la coutume. Une sorte d’heure de gloire pour la sage-femme qui était aussi et dans toute l’acceptation du terme une femme sage !

(Archives D.D).

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 19:55

 


Les légendes et superstitions avaient jadis une grande importance à Halluin ; André Deblauw nous les raconte à sa manière :

 

Nombreux étaient ceux qui, la nuit venue, évitaient de passer chemin de la Grande ville, actuellement rue Dennetière, parce qu’il longeait les ruines du château du Molinel, et que la nuit venue, le fantôme d’une femme planait au-dessus de l’étang ; à cette époque, il n’y avait pas de maisons à proximité.

 

D’autres n’osaient pas passer à côté du cimetière, qui avait alors une haie comme clôture à cause des fantômes et des petites lumières. Sans doute s’agissaient-ils de feux follets à cause du phosphore des os, bien que ce phénomène soit très rare.

 

Un homme qui était pourtant très intelligent, racontait l’histoire de ces gens qui se rendaient au Mont chez des amis, ou dans la famille et qui, arrivés près du pont de la Becque, chemin de Neuville, aperçurent, au-delà du pont,  (près de ce grand arbre, un halo qui fut présent très longtemps jusqu’à ce que le marbrier Vervaecke y construisit son atelier, il n’y avait alors pas de maisons dans ce secteur) trois sœurs sans tête… bigre ! Il y a de quoi perdre la sienne.

 

Plus près de nous en 1938, des gens prétendirent avoir vu l’abbé Coulon dans le ciel, sur le côté du clocher de l’église du Mont, qu’il avait fait construire. Certains restèrent longtemps à scruter certains soirs le retour de l’abbé, alors qu’il reposait tranquillement dans le caveau des curés.

 

A cette époque, Clémence était une vieille cartomancienne, de la rue de l’abattoir, qui avait fait ce métier toute sa vie, en gagnant beaucoup d’argent. Elle avait surtout une importante clientèle belge, à qui elle prédisait l’avenir. Pourtant un jour sa maison fut cambriolée, mais elle ne l’avait pas vue dans les cartes !

 

Aussi, les gens se réunissaient souvent jadis pour passer d’agréables soirées. La télé et la radio n’existaient pas encore, mais une ambiance formidable régnait ; parfois des soirées crêpes s’organisaient, et les histoires fantastiques y avaient leurs places. Ceux qui les inventaient, y croyaient presque ;


Pourtant ces superstitions étaient parfois malfaisantes. Un vieillard nommé Charles Louis, intelligent et d’une grande bonté, qui était bossu et qui avait toujours gagné sa vie en travaillant dans le textile, offrit un jour un pain gâteau au petit garçon de ses voisins ; Dès qu’il fut parti, la mère arracha vite ce petit pain des mains de son fils, en disant que c’était peut-être un sorcier qui lui jetait un sort !! Comme quoi, à toute époque, la stupidité humaine n’a pas de limite… 



(Archives D.D.).

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Ce blog n’ayant aucun caractère officiel, j’invite simplement les personnes qui possèdent des documents sur l’histoire locale, d’ouvrir leur propre blog ou site… Et je serais ravi bien entendu de le consulter.

 

 Aussi, le mien est rédigé dans la mesure de mes possibilités de temps mais aussi d’envie…, et l’espoir, pour ma part, que ce véritable travail reste uniquement le plaisir de faire partager une passion !

 

Merci à vous.  (2008)   

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