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  • : Histoire de la ville d'Halluin (Nord). Regard sur le passé et le présent.
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3 volets concernant les évènements

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et Halluin

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2 volets concernant les évènements

de la Guerre 1870 - 1871

et Halluin


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Les Maires d’Halluin… en chiffres depuis la Révolution.

 

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(1957 à 1992) brandodean.over-blog.org/article-5718593.html

 

(1992 à 2007) brandodean.over-blog.org/article-5718818.html 

 

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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 12:51


 Je vous ai relaté les actes de bravoure de Yolande Vanackere (La Libération d’Halluin 7), une résistante inébranlable, pendant la guerre 39-45, qui lui ont valu en 1946 une médaille de la part des Américains, puis en 1986, la médaille de la Résistance et la Croix du Combattant volontaire.

 

C’est elle également qui a rédigé le récit qui suit, d’après les mémoires de son défunt mari, Julien Vandekerckhove, membre du mouvement de résistance des F.T.P.F. d’Halluin, qui vécut de très, très près les évènements qui précédèrent la Libération d’Halluin, le 6 septembre1944.

 

Récit :

 

« En mars 1944, j’étais agent de renseignements des F..T.P.F. de Roncq et Halluin…

 

Le 31 août 1943, Charles Jacquier, Roger Gallez et moi-même nous avons incendié les stocks de lin destinés aux Allemands, appartenant à MM. Auguste et Léon Vervisch, chemin de Neuville.

Un deuxième incendie fut organisé le 30 octobre, et un troisième vers le 14 avril 1944.

 

En 1944, j’entrai en contact avec un graveur de Tourcoing, M. Gunther, à qui je demandais de rejoindre la Résistance. Il accepta et me fournit les griffes dont nous aurions besoin pour la libération.

 

Les 28 juillet 44 et 4 août 1944, à la suite de deux rafles dans les groupes des F.T.P.F. d’Halluin, où dix patriotes furent arrêtés à la suite d’une dénonciation, tout fut désorganisé.


Les quelques responsables restants étaient en fuite. A la suite d’une réunion à Tourcoing entre Marcel Devriese (alias colonel Robert) et d’une dame assurant la liaison, je m’offris pour regrouper les quelques membres encore effectifs. En 15 jours, avec anciens et nouvelles recrues, je rassemblais 25 résistants et récupérais quelques armes.

 

Par la suite en juin 44, je demandai aux docteurs Henri Bolvin et  Alphonse Geerlandt  de nous rejoindre. Ils acceptèrent.

 

Par un renseignement de Mme Desreveaux, je découvris un dépôt de munitions et d’armes chez Cyrille Lagae, au Colbras. Ce dernier avait été arrêté par la Gestapo. Le matériel fut entreposé au bois de Bousbecque puis chez moi, transporté à bord d’une baladeuse avec l’aide des douaniers Janot et Le Dily.

 

Le 24 juillet 1944 à 8 h du matin eut lieu une perquisition de tickets de ravitaillement à la mairie d’Halluin, sous mon commandement. Une réussite parfaite sans incident.

 

Pendant toute l’occupation, en contact avec Cyrille et Louis Vaes, tous deux dans la police locale, je pus très souvent avertir des rafles à venir. La nuit, dans les rues d’Halluin, je distribuais des tracts, souvent en bicyclette, pour la résistance et malgré les troupes d’occupation.

 

En 44, d’accord avec divers douaniers, j’organisai des collectes d’argent qui nous ont rapporté des milliers de francs, pour la résistance. Nous les remettions chaque mois à Mme Bléhaut.

 

En 43 et 44, nombreux sont les réfractaires qui obtinrent des tickets de ravitaillement ainsi.

 

« Dans la nuit du 26 au 27 août 44, je rassemblai tous mes hommes et les mis à l’épreuve. Deux à Neuville pour couper les fils téléphoniques de l’état-major allemand. Deux à Roncq chargés du même travail. Le reste des hommes au Mont d’Halluin ou j’étais présent.

 

Nous coupâmes les câbles téléphoniques souterrains et les fils aériens. A 150 mètres d’un poste de surveillance, face au café « Halte-là ». Tout a réussi, sauf à Roncq où ils avaient dû fuir devant une patrouille allemande avant d’avoir accompli leur mission.

 

La nuit du 31 août au 1er septembre 1944, je rassemblai à nouveau des hommes sur la route nationale de Lille à Halluin. Nous jetâmes des crampons sous les pneus des voitures allemandes. La nuit suivante, même opération, avec succès à nouveau : au matin, quatre voitures en panne et d’autres à plat, causant ainsi un retard important dans leur retraite. La même nuit, nous avions déposé des mines en forme de crottin de cheval, mais celles-ci n’explosèrent pas, soit par suite d’humidité, soit d’ancienneté.

 

Nous entendions à grande distance, dans la nuit calme, les cris furieux des Allemands en panne sur la route entre Roncq et Halluin. Nous avions choisi cet endroit désert afin que les Allemands ne puissent se venger sur les habitants des maisons voisines.

 

 

L’assaut final par le Lieutenant Julien Vandekerckhove,

lors des combats de la Libération d’Halluin,   

raconté, par son épouse d’alors Yolande Vanackere, en 1994,


récit écrit à la première personne
 :

 

Le matin du 2 septembre 1944, un billet du colonel arriva chez moi,me donnant l’ordre d’attaquer les Allemands et de me rendre maître de la ville. Nommé lieutenant commandant, dès 12 h 40, nous attaquions avec un fusil antitank, un fusil mitrailleur, une mitraillette, dix revolvers et quelques grenades.

 

Nous avons commencé par le commissariat avec six hommes (Vandekerckhove, Vaes, Zinzen, Le Dily, Derick et Delannoy). Nous nous emparâmes de neuf revolvers et j’installai là, provisoirement, mon poste de commandement.

 

Pendant que les camarades rassemblaient tous les hommes disponibles, je retournai à la maison pour reprendre quelques armes.


C’était dangereux, car les Allemands étaient encore là. Je chargeai les munitions dans une voiture d’enfant et donnai l’ordre à ma voisine Mme Le Dily de me rejoindre.

 

A Halluin, avec mes hommes et d’autres n’appartenant à aucun groupement, nous allâmes vers la gendarmerie, devant la banque Scalbert, j’étais en tête avec Le Dily, les autres à 50 m. Un auto allemande déboucha à 200 m. Je commandai le feu. Le Dily plongea par terre, tira avec le F.M. Objectif atteint. Butin : une voiture, deux  fusils, du matériel sanitaire et deux prisonniers.

 

Nous continuâmes vers la gendarmerie. Sans coup de feu, les gendarmes ouvrirent la porte. Après sommation, ils nous remirent les armes. L’adjudant refusa de se joindre à nous et préféra attendre la fin de l’insurrection.

 

Au retour dans la rue de la Gare, j’aperçus une auto en stationnement devant la gare, les Allemands à côté de la voiture. Je donne l’ordre de faire feu, mais ils partent aux premiers coups.

 

Des observateurs postés à chaque coin de la rue Verte, signalent que les Allemands cherchent à encercler le quartier où nous nous trouvions. Un seul moyen : escalader les murs des jardins pour rejoindre le PC. Rues désertes, patrouilles omniprésentes.

 

Nous arrivons quand même, les uns dans la maison, les autres sur le toit du PC, tirant de tous côtés. Sans résultat. Je donne l’ordre de cesser pour ne pas gaspiller les munitions. Une heure passa. Pas de morts, ni de blessés. Mais les sœurs du couvent et un frère commettaient une faute en allant voir, toutes les cinq minutes à la porte. Les Allemands l’avaient remarqué. Ils pénétrèrent dans le bâtiment en croyant y trouver des résistants. Une partie des nôtres se trouvaient dans la cour.

 

Interrogée par les Allemands sur les raisons pour lesquelles elle venait toujours à la porte, la sœur répondit qu’elle guettait un moment d’accalmie pour fermer ses volets. Comme elle ne paraissait pas troublée, l’officier s’éloigna. Ainsi la soeur sauva la vie des patriotes présents.

 

Nous installâmes notre PC au café du Lion d’Or, lieu facile à quitter en cas de retraite.

 

Regroupés, nous décidâmes de former trois groupes avec chacun un chef responsable des actes de ses hommes. Je donne des grades aux plus méritants d’entre eux et aux plus capables, pour les encourager.


J’avertis ceux désignés pour le comité de Libération afin qu’ils forment leur comité administratif.

 

Les trois chefs avec leur groupe sont alors à l’emplacement désigné, là où l’ennemi doit passer. Chacun tire, fait des prisonniers, récupère des armes, autos et matériel de guerre. Jour et nuit un observateur est placé sur l’église vers le bureau de poste et la mairie, déjà occupés par nos hommes

 

De nombreux morts dans nos rangs, beaucoup chez l’ennemi. La Croix Rouge était fournie par MM. Bolvin et Louf, docteurs, et l’infirmière Mme Elisabeth Grimonprez. Cette dernière accompagna la voiture qui circulait dans toute la ville sans craindre le danger.

 

Des chars « Tigre » signalés


Le dimanche soir, une colonne allemande avec chars Tigre est signalée venant de Wervicq vers Halluin-Menin, et longeant la Lys.

 

L’Etat-major décida de la laisser passer et de se mettre sur la défensive ou en retraite si nécessaire. C’était toujours mon seul principe : ne pas attaquer des blindés lourds puisque nous n’avions pas d’armes adaptées.

 

Pendant ce temps, la ville se préparait, les prisonniers regroupés à proximité du P.C.. Les volontaires affluaient, les corps francs étaient rassemblés, pendant que je cherchais du renfort à Roncq, Tourcoing, Roubaix, Lille par téléphone ou en y allant moi-même.

 

J’obtins avec quelques difficultés deux canons anti-chars à Tourcoing, et d’autres groupements des villes voisines arrivaient avec mortiers, mitraillettes lourdes, grenades antitank…

 

Le lundi 4 septembre 1944, la colonne allemande prenait position de combat aidée par les Chemises Noires de Menin. Un char Tigre était placé sur le pont, et les mitrailleurs ennemis derrière la Lys, qui tiraient sans discontinuer sur nous, ainsi que les mortiers en action.

 

Nos observateurs sur l’église étaient visés. L’Etat-major, descendu sur place, venait constater les deux positions et coordonnait le coup le plus dur ? Vers le soir, tout était prêt. Toute la nuit, le feu crachait des deux côtés. Les principaux points : le pont du chemin de fer, le bois Gratry, le pont de la rue de Lille sur la Lys.

   

Le pont sur la Lys saute


Le lieutenant Pénasse et les sous-lieutenants Bosteels et Alfred Simono prenaient chacun la tête de leur groupe pour l’attaque. Moi, le commandant, avec sang-froid mais la rage au cœur, assurais le ravitaillement en vivres et en munitions et vérifiais le bon fonctionnement des lignes de combat. Je n’avais confiance qu’en moi-même et contrôlais l’exécution de mes ordres.

 

Mardi au petit jour, nous les F.F.P., nous attaquons partout à la fois. Vers 5 h. du matin, les Allemands qui avaient eux aussi travaillé toute la nuit, voyant qu’ils ne pouvaient plus tenir, faisaient sauter le pont et battaient en retraite.

 

Nos hommes traversaient la Lys au pont du chemin de fer resté intact, nettoyaient le bois Gratry, passaient les écluses et les débris du pont brisé. La lutte s’acharnait au centre de Menin, et même au-delà de la ville.

 

Souvent les F.F.I. voulant avancer trop vite en dépit du commandement, se faisaient ramasser par les dernières patrouilles motorisées allemandes, et étaient massacrés par des coups de crosse, achevés par une balle au cœur. Ce fut le sort de Delaere Polydore et Vanlaere Georges.

 

Les clochent sonnent enfin


Le mercredi 6 septembre à 11 h. 30, les cloches de notre ville sonnaient enfin la Libération, et dans l’après-midi les armées anglaises rejoignaient les F.F.I. qui continuaient à poursuivre l’ennemi en Belgique.

Le même jour je décidais avec le bureau militaire F.F.I. et la majeure partie de la douane de fermer les frontières pour éviter l’espionnage par les collaborateurs et aussi empêcher la présence d’allemands isolés, déguisés

 

A Halluin, des patrouilles F.F.I. circulaient et contrôlaient les papiers des voyageurs étrangers et les voitures, en attendant que la douane et la police aient reçu des instructions de leur direction de Lille. Une tâche difficile à cause des ouvriers belges et autres sans papiers ou avec papiers périmés, et à cause des individus qui se disaient déportés politiques ou otages.

 

 Tout le monde voulait passer la frontière. Le contrôle nous permit de mettre la main au collet de plusieurs Chemises Noires que nous avons remis aux autorités de Menin.

   

60 morts côté occupants

 

Nous avons fait une vingtaine de prisonniers. La Croix Rouge a ramassé les blessés allemands et les a conduits vers Tourcoing. Il y avait aussi des Russes et les Polonais que les Allemands avaient enrôlés de force dans l’armée.

Huit jours après la libération, les Anglais sont venus recenser et enlever les prisonniers avec un ordre.

 

D’après mes calculs, nous aurions fait dans les rangs ennemis une soixantaine de morts. Les autos blindés ramassaient leurs morts au fur et à mesure, en actionnant leurs canons et mitrailleuses.

 

Sous mon commandement, la ville s’est libérée par elle-même, et mes hommes ont donné un grand coup de main pour libérer la ville voisine de Menin.

 

Tous les brassards des F.F.I. ont été réalisés par mes parents…

 

Comme lieutenant F.T.P.F. et homologué, j’ai reçu les félicitations du général Oelig.

 

Le patron de chez Glorieux m’a envoyé mon bulletin de sortie pour la bonne marche de son usine… ».

 

 M. Julien Vandekerckhove a passé les dernières années de sa vie à Seclin, où il est décédé en 1991 .

 

    Honorons nos Morts

 

En 1947, les sections locales des Francs-Tireurs et Partisans Français et de l’Association Républicaine des Anciens Combattants ont demandé à l’Administration Municipale que les noms des soldats morts pour la France de 1939 – 1945, des victimes des combats de la Libération et des Victimes Civiles de la Guerre, soient gravés sur le monument aux Morts de la rue de Lille.

 

Monsieur le Maire, persuadé d’interpréter les sentiments profonds de la population a répondu au nom de l’Administration, qu’il serait fait droit à cette demande dans un proche avenir.

 

 

 (Archives  et Synthèse D.D., Presse).

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 19:41



Madame Yolande Vanackere, Veuve Graye, a hébergé des résistants durant la guerre. A plusieurs reprises, elle l’a « échappé belle ». Sans jamais éprouvé la moindre peur… Elle raconte quelques-uns des épisodes les plus marquants de cette époque.

  

En septembre 1994, dans son petit appartement de la résidence Jean Jaurès, Yolande effeuille les souvenirs. A 85 ans, celle qui pendant la période d’occupation, au côté de son mari d’alors et au sein du réseau « Bordeaux –Loupiac », Julien Vandekerckhove, multiplia les actes d’héroïsme sans que jamais la peur ne l’effleure, est toujours aussi vaillante.

 

Bien sûr, la vue a baissé, mais Yolande sait comme personne retrouver une coupure de presse, une photo, simplement parce qu’elle sait bien où elle range les choses… Pour l’exposition du cinquantenaire de la Libération d’Halluin, qui se prépare dans les coulisses de la mairie, elle a écrit noir sur blanc les souvenirs des années noires.

 

Récit :

 

« Sans être en contact avec une organisation de la Résistance, j’hébergeais en mars 43 M. Louis Belpaire, patriote belge recherché par la gestapo. Il était venu se réfugier chez sa tante Mme Vaes, chemin de Neuville, où une perquisition effectuée dans la maison voisine où habitaient mes parents. C’est alors que je l’ai logé chez moi. ..

 

Une lettre anonyme envoyée début octobre 41 à la kommandantur de Tourcoing m’accusait d’être membre d’une organisation d’intelligence avec les Anglais, dont le siège se trouvait au café Vauban, à Tourcoing.

 

La lettre fut interceptée par le regretté Lucien Lamouche facteur, et remise à une organisation clandestine dont Fernand Cuvelier était membre. Ce dernier nous a prévenu de la dénonciation, et c’est ainsi que je suis rentrée en contact avec lui. Le 3 juin 1943, le 6 mars 44 et le 11 mai 1944, il s’est dit inquiété par la gestapo. Je l’ai hébergé trois fois ».

 

Les interventions ne s’arrêtent pas là… « En septembre 43,  j’hébergeais Wladimir Demeestere pendant quinze jours. Il était réfractaire. C’est Marcel Devriese (alias Robert) chef régional des F.T.P.F., qui l’amena chez moi.

 

A partir de ce jour, je restais en contact avec ce mouvement de résistance. En septembre 43, les F.T.P.F. d’Halluin m’ont remis un patriote de Lille. Charles Jacquier (alias Charlot Lepers), qui y est resté cinq mois.

 

Pendant son séjour, il amena à son tour Roger Gallez. Ce dernier fut abattu dan le combat par un gendarme français.


Dans le courant du mois de Février 44, deux patriotes d’Hirson, Noël et Roger, ont aussi été hébergés chez moi, par le biais de Marcel Devriese.

 

Puis, à la suite d’u ne arrestation d’un chef de section patriote, un responsable de la résistance, Georges Dhalluin, durant huit jours. En mars, ce fut pendant quatre jours un chef régional politique échappé du camp de Doullens. Je ne puis dévoiler son nom… ».

 

« Le 9 mai 1944, on m’apprit qu’un aviateur était parachuté dans un champ de colza. Dès que possible, muni d’habits civils et d’outils de jardinier, je m’y rendais et trouvais le sergent canadien du nom de Dicky d’Andréa.


Ayant l’oreille gauche arrachée, je le fis panser chez des gens sûrs. Puis, déguisé en jardinier, je le fis traverser les barrages allemands. Il resta chez moi trois mois, jusqu’au 27 juillet.

 

Le docteur Henri Bolvin vint le soigner gratuitement (…). C’est de ce fait que je fus en liaison avec une organisation  halluinoise qui cherchait refuge pour les aviateurs alliés, les faire passer la frontière et les diriger vers l’Angleterre.

 

Cyrille Vaes et moi étions les deux principaux « agents » chargés de trouver ces refuges. Des patriotes assuraient le franchissement de la frontière avec l’aide de la douane française et de M. Paul Pille de Menin.

 

Beaucoup ont accepté de les loger et de les nourrir, comme Mme Emma Saver-Knockaert, rue de la Gare, M. Leprête, rue de Lille, M. Alexandre Veyrié, rue Haute, Jules Debock, rue Traversière, Cyprien Nollet, rue de Lille, Julien Vandekerckhove… ». 

 

D’autres étaient chargés d’accueillir les aviateurs alliés à la frontière (suit une liste de noms), ainsi que les patronymes d’aviateurs canadiens, australiens, américains. Au total, onze militaires ont été sauvés pendant les premiers mois de 43 et le début de 44.

 

« Le 30 juillet 44 », poursuit-elle « Cyrille Vaes m’amena un soir les deux aviateurs Roger Makeen, lieutenant canadien et Willard Horman,  américain. La même nuit, je les conduisais chez Mme Vansteenkiste, chemin du Billemont à Roncq ».

 

Commence alors une nouvelle phase de la participation de Yolande à la résistance…

 

« En août 43, par l’intermédiaire de M. Oscar Joos, je découvris une imprimerie qui se mettait entièrement à la disposition de la Résistance d’Halluin. M. Léon Hermerel, rue de la Gare, imprima des tracts, affiches, circulaires, certificats et journaux pour le Nord et le Pas-de-Calais ».

 

Le haut commandement défendit d’imprimer localement, afin d’éviter que la police française ou les Allemands ne découvrent cette arme clandestine.

 

 Des centaines de milliers d’imprimés furent envoyés par mes soins avec la messagerie Mestdag, à Halluin, qui n’était pas mise au courant, et à qui on laissait croire qu’il s’agissait d’un trafic de papiers entre Hermerel et moi. Je remettais un pourboire au convoyeur pour qu’il dissimule les colis au fond de la voiture.

 

Charles Jacquier était chargé de prendre livraison des colis au dépôt de Lille, à l’Auberge de l’Avenir, et les faire parvenir à leur véritable destination. Les colis portaient évidemment une fausse adresse. Pour éviter le va et vient de Lille à Halluin, et pour éviter les rafles, j’envoyais des télégrammes de connivence.

 

Par exemple « je désire mon linge » ou le contraire : « je désire du papier. Ou « ma tante malade, téléphonez lui au 22.86 (contraire : envoie-moi 2.286 F pour les frais d’imprimerie… ».

 

En 43 et 44, les certificats de travail et carte d’identité délivrés aux réfractaires et patriotes furent munis du cachet au Bureau du commissariat par Louis Vaes, qui me les remettait. Le commissaire n’était pas au courant de ce manège.

 

En 43, jusqu’à la Libération, j’ai pu obtenir par centaines les mêmes cartes d’identité du commissariat, grâce à Cyrille Vaes, agent de police qui pouvait se les procurer directement à l’imprimerie Dumortier où le commissaire les faisait imprimer.

 

« Pendant l’illégalité, j’ai aussi fabriqué une griffe de l’établissement Glorieux à Roubaix. Elle me servait à valider les certificats de travail. En plus, Oscar Joos et moi entrâmes dans le bureau des établissements Cibier à Petit Ronchin.

 

Nous attendions le moment choisi pour y pénétrer lorsque s’y trouvait un seul employé. Nous demandions à voir le directeur qui se trouvait sur le chantier. Durant l’absence de l’employé, je cachetais une cinquantaine de certificats de travail pendant que Joss guettait. Nous l’avons fait deux fois avec succès. Par ce moyen, patriotes et réfractaires circulaient plus librement ».

 

Le 13 décembre 1946, à Tourcoing, Yolande Vanackere est décorée par un officier Américain. Sa seule médaille, pendant 40 ans.

 

   

Une vie pas rose, rose…

 

Yolande au eu le caractère forgé par une vie qui ne lui a épargné aucune difficulté. Et pourtant, ou peut-être en est-ce la conséquence, Yolande garde le sourire, et le souvenir très présent des années les plus dures.

 

Ainsi va la vie. Certains naissent dans des berceaux dorés, d’autres pas. Yolande appartient à la seconde catégorie. A l’âge de dix ans, la fillette perd ses parents, et est placée en orphelinat près d’Yseghem. Un de ses jeunes frères (elle en a quatre) y mourra.

 

Elle se souvient aussi de sa fierté quand elle est allée chercher son certificat d’étude, première de toutes les candidates du canton. Elle ne l’aura d’ailleurs jamais en sa possession, puisqu’il demeurera dan le bureau de la directrice, dans un sous-verre. Seule la fierté demeure.

 

Elle raconte aussi comment à 17 ans, elle s’est enfuie du couvent, puis a été employée dans une famille d’industriels tourquennois. Les enfants suivent les cours d’une préceptrice, « et je leur faisais répéter leur leçon. Comme cela, j’apprenais aussi ! Se réjouit-elle comme une enfant heureuse d’un bon tour…

 

Un peu plus tard, elle rencontre son premier mari, Julien Vandekerckhove, et dans leur maison de la rue de l’Abbé Coulon, à côté de l’hospice du Mont, accueille des résistants et aviateurs alliés en fuite. « Dans un réduit caché sous l’escalier. Quand je voyais des Allemands arriver, je me grattais la tête. Cela voulait dire qu’il fallait vite courir s’y nicher »se souvient-elle.

 

Futée Yolande. Elle conseille à son mari de partir trois mois travailler en Allemagne, « pour être tranquille, faire semblant d’être bien avec les occupants et faire tout ce qu’on voulait derrière leur dos ensuite ».

 

Il n’y a pas que des résistants qui ont coupé la fameuse cachette : Yolande y a aussi caché des stocks de l’ « Enchaîné », le journal clandestin du Parti communiste et des faux tampons qu’elle allait chercher à Tourcoing.

 

Il y a aussi cette histoire que Yolande n’oubliera jamais : cette lettre de dénonciation qu’elle a longtemps cachée chez elle, derrière un compteur, pour échapper aux perquisitions avant de la confier à la Libération au comité d’épuration :

 

« C’est un postier de Tourcoing M. Lucien Lamouche, qui l’a interceptée. Elle était adressé à la Kommandatur et cela lui apparu suspect. Il l’a ouverte. On m’y accusait de cacher des résistants. Je sais bien qui est à l’origine de cette lettre. A la Libération, le comité n’a rien pu faire, la personne avait pris soin de ne pas l’écrire à la main »… confiait-elle le 8 mai 1986, alors qu’elle recevait, en mairie d’Halluin :

 

 La Médaille de la Résistance et la Croix du Combattant volontaire…  Un grand moment d’émotion !

 

 

Mme Yolande Vanackere  veuve Graye résistante halluinoise au courage exemplaire, membre de l’ARACT, en 1994, cinquante ans après, presque non-voyante, évoque encore cette affaire, et si elle ne peut plus mettre des fleurs sur la tombe du postier, y pense toujours avec reconnaissance… 


Elle décède six ans plus tard, en 2000, et repose au cimetière d'Halluin.

 

 

(Archives  et Synthèse D.D., Presse).

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22 septembre 2007 6 22 /09 /septembre /2007 20:11


Ils avaient tous à peu près vingt ans lorsqu’ils sont devenus les témoins et les acteurs, les artisans même parfois de la Libération d’Halluin.

 

Pendant quatre ans, ils ont connu leur ville prise dans les chaînes de l’occupation  ennemie. Il s’agissait donc pour eux de relever un défi juste et suprême : rétablir la situation d’avant la guerre, et redonner la liberté à leurs concitoyens ;

 

Pour ce faire évidemment, la population ne pouvait compter que sur sa jeunesse encore présente en ville. Celle-ci était en effet souvent clandestine et engagée dans les Forces Française d’Intervention.

 

En 1994, cinquante ans plus tard, les jeunes de ce temps ont maintenant l’âge de se remémorer cet épisode particulièrement marquant  de leur vie. Chacun enrichit la mémoire collective d’un détail qu’on croit insignifiant. C’est pourtant grâce à eux que l’on peut reconstituer les faits et l’ambiance qui régnaient alors.

 

Alfred Simono avait tout juste 21 ans à l’heure où de terribles responsabilités pesaient comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de jeunes garçons et filles sortis de l’adolescence pour entrer dans la Résistance ou simplement « entrer en patriotisme » par conviction mais aussi presque par instinct de survie.

 

  Pas de « collabos »


« On peut dire qu’à Halluin, il n’y avait pas de collaborateurs pendant la guerre »,

 

souligne cet ancien engagé F.F.I., ce qui évidemment à faciliter la tâche de tous ceux qui sont venus se joindre au petit groupe de Résistants de la première heure, pour libérer définitivement leur ville et leur pays en précipitant la fuite des Allemands.


" Le samedi 2 septembre, un mouvement spontané s’est produit parmi les jeunes d’Halluin, et pendant deux jours nous n’avons pas dormi ".

 

Le but étant de maintenir la pression sur les convois allemands en direction de la Belgique, pour les faire fuir plus vite en tirant depuis les maisons.

 

En tout, ils sont plus d’une centaine à avoir eu le courage d’agir pour faire triompher le patriotisme, que ce soit en tirant sur les colonnes blindées avec des pistolets impuissants face à l’artillerie allemande, ou en cachant chez soi des Résistants clandestins.

 

                                                                Acte de Résistance 

Alfred Simono est entré dans son réseau de Résistance en 1941. Le plus souvent,les actions émanaient d’un chef qu’il ne connaissait pas, tant il fallait prendre de précautions, et étaient menées à l’extérieur d’Halluin. Il se souvient que :

 

« Le cloisonnement des réseaux était total. Rien ne filtrait : la plupart du temps nous ne savions pas de qui émanait l’ordre et encore moins d’où il venait. On ne savait donc pas comment tout cela était organisé.

 

De notre côté, il fallait parler le moins possible pour éviter les représailles. Par exemple, même mes parents chez qui j’habitais pourtant, ignoraient que j’étais Résistant : c’était bien plus sûr et pour eux et pour moi ».

 

  Clandestin

 

Pourtant un soir de 1944, quelques jours avant les évènements qui aboutirent à la Libération, la Gestapo a débarqué au domicile de ses parents alors que toute la maisonnée était encore endormie, avec la ferme intention de l’arrêter. Heureusement, il avait été prévenu par le bouche-à-oreille de l’imminence de cette rafle.

 

« En apprenant cela, je suis allé me réfugier chez le père d’un de mes amis d’enfance qui était médecin à Halluin à l’époque.  


On peut dire que ces gens qui m’ont caché ont réalisé un acte de Résistance parce que leur famille risquait gros. Bien entendu comme j’étais clandestin, je n’avais pas de tickets de rationnement, et pour décharger les gens chez qui j’étais caché, le réseau me faisait parvenir des tickets.
  


Mais à cette époque, je ne savais pas qui venait les mettre dans la boîte aux lettres. D’ailleurs je ne l’ai appris qu’il y a trois ans : c’était Mme Vanackère qui était la seule à savoir où j’étais ».

 

Par la suite, Alfred Simono a quitté Halluin pour rejoindre Lille où la Libération se préparait activement. Il n’est d’ailleurs revenu que le 2 septembre au matin à l’heure H déterminée par les F.F.I.

   

Une armée sans armes


« Il fallait l’inconscience de la jeunesse pour marcher presque sans armes contre des blindés et des soldats munis de mitraillette ! C’est d’ailleurs parce que nous étions inconscients et pleins d’espoir que la Libération s’est faite si vite ».

 

La troupe des F.F.I. était donc sous-armée. Pourtant, pour l’occasion finale que fut la Libération, une réunion avait été organisée afin de faire fusionner les différents groupes (parmi lesquels le W.O. et les Francs-Tireurs).

 

A partir de ce moment-là, l’histoire était en marche.

 

« Les premiers tirs éclatèrent au carrefour de la banque Scalbert rue de Lille. Je me souviens avoir marché contre un char avec un camarade, armé seulement d’un petit pistolet. Je n’ai dû mon salut qu’à la présence de nombreux Allemands qui auraient pu être tués si le char avait tiré.

 

Les troupes de l’armée allemande se repliaient, c’était une vraie débandade. Il y avait même un tireur isolé allemand posté en haut d’une cheminée d’usine qui tirait sur tout ce qui bougeait.

 

Pendant deux nuits, je n’ai pas pu dormir. Après la prise facile de la gendarmerie et du commissariat, nous avions été repérés, et il fallait que nous nous cachions. Nous avons été cachés par « les sœurs de la sagesses » dont le couvent se trouvait rue de Lille : quand les Allemands ont tapé à leur porte et ont demandé si des Résistants étaient là, elles ont répondu non. Un pieux mensonge en somme ».

 

  Liberté


A l’arrivée des Anglais, les F.F.I. ont bien sûr participé à l’explosion de joie dans la ville.

 

La population s’est rattrapée des quatre ans de privation de bals et de dancings. Les F.F.I. eux ont été incorporés dans le 43e R.I. dès le 16 septembre. Mais ils n’ont rien regretté :

 

«La liberté était tellement bonne à vivre ».

 

 

 En septembre 2004, lors du soixantième anniversaire de la Libération d’Halluin, Alfred Simono estime qu’il est un survivant depuis soixante ans :

 

« J’ai été résistant dans les FTP. Je n’ai pas été pris, je n’ai pas été blessé. Alors je me considère en sursis depuis 1944. Tout ce que la vie m’apporte, je le prends ».

 

Il est l’un des derniers acteurs de la libération d’Halluin. Un des survivants, quand d’autres ont laissé leur vie pour la liberté. Ils se nomment :

 

Arthur Dennetière, Maurice Simono, Marthe Nollet, Charles Windels, Henri Deceuninck, Michel Danset qui allait avoir 16 ans…

  

Alfred Simono se souvient des combats rue de la Lys : « Je suis resté trois jours sans dormir ; Après je me suis écroulé dans une réserve de l’usine Desmettre où il y a le Val de Lys actuellement et j’ai dormi...  


Les Allemands, eux, continuent leur fuite vers la Belgique.  Ce n’était plus une armée, c’était un troupeau ».

 

La Libération d’Halluin allia joie et tristesse

 

«  Le 6 septembre, certains faisaient la fête d’autres pleuraient leurs morts… C’était une drôle d’ambiance ».

 

Au matin de ce 6 septembre, le pont de Menin est dynamité et les troupes anglaises, qui arrivent de Bousbecque et Roncq entrent dans la ville.

 

  La joie et le deuil

John Webster, un agent de transmission écossais est le premier à pénétrer dans la ville.

 

Lors du cinquantième anniversaire de la Libération d’Halluin, il était présent à Halluin pour évoquer ses souvenirs :

 

« Nous devions rejoindre Courtrai et avons passé Lille par l’ouest. A u moment, j’ai vu une barrière, j’ai pensé que c’était le chemin de fer. En fait nous étions à la frontière d’Halluin.

 

C’était le 6 septembre à 3 heures du matin, et en trois minutes la rue était remplie de monde.


Je me suis retrouvé comme un joueur de rugby dans la mêlée. La brigade devait arriver et le pont de la Lys était détruit. Nous avons rejoint Courtrai par une petite route à droite de la rivière ».

 

Les libérateurs qui apportent aussi du savon, du chocolat, des cigarettes, sont accueillis par une foule en liesse.

 

« La population n’avait pas fait la fête pendant quatre ans. Aussitôt, elle organisa des bals mais il y avait aussi pal mal de familles en deuil. Il y a eu aussi quelques débordements… ».

 

Alfred Simono est passé à Menin et continue les combats. « Il fallait leur donner un coup de main ».

 

 Il défile ensuite aux côtés des résistants belges pour honorer les martyrs. Celui qui eut comme nom de résistant « Tartuffe », l’étudiant en droit que la résistance a contraint à arrêter ses études, s’est ensuite engagé dans l’armée pour participer à la reconstruction de la France.

 

A Halluin, d’autres ont pris son relais. L’industrie devait être relancée ; certains édifices reconstruits.

 

 

(Archives  et Synthèse D.D., Presse).  

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 20:29


En août 1994, Paul et Augustin Grimonpont ont respectivement 86 et 89 ans, et la vie leur a réservé de nombreuses surprises, mauvaises ou bonnes pour la plupart.

 

Ils trouvent en effet tous les deux que finalement, cela ne s’est pas si mal présenté puisqu’ils sont toujours là pour témoigner de leur jeunesse il y a cinquante ans.

 

A cette époque, Halluin connaissait des heures pénibles puis euphoriques les tout premiers jours de septembre 1944, lorsque la ville fut libérée après le passage des convois allemands qui battaient en retraite vers la Belgique.

 

La colonne des tanks allemands avait reçu des ordres : Les Anglais et les Américains avaient débarqué en Normandie, la fin de la guerre était proche.

 

En se repliant, les Allemands longeaient donc la Lys, ils venaient de Bousbecque et avançaient en direction de Menin, lorsque les F.F.I. halluinois les attaquèrent. Ils avaient emmené avec eux des otages comme boucliers vivants pour dissuader les Résistants de tirer.

 

Les Allemands avaient peur et ils se sentaient menacés. Alors qu’ils étaient dans la rue de Lille, les tirs sporadiques se mirent à pleuvoir de plus en plus. Par mesure de répression, ils entrèrent dans la rangée de huit maisons qui se situe actuellement à côté du collège Schuman et mirent le feu à quelques-unes d’entr’elles. Celle des Vandewalle brûla entièrement, tandis que l’incendie menaçait dangereusement toutes les autres.   


La propagation par les toitures est tellement rapide, surtout quand les chéneaux sont en bois ! 

 

Dans cette rangée, au numéro 193 très exactement, habitaient M. et Mme Achille Grimonpont et leurs filles. Leurs fils Augustin et Paul se souviennent :

 

« On habitait dans la villa « Sole mio » sur la route du Mont d’Halluin, et à cette époque-là, il n’y avait aucune autre habitation autour, si bien qu’on pouvait voir jusqu’à la rue de Lille.  


Le samedi 2 septembre vers 16 h. une dame qui passait nous a dit qu’elle croyait que la fumée au loin venait de chez nos parents. Nous nous sommes donc tous les deux précipité, et nous avons traversé les jardins ouvriers qui étaient à la place de l’actuel jardin public, en rampant parmi les haricots verts, et les autres légumes parce que ça tirait de tous les côtés.

 

En arrivant près des maisons, nous avons constaté que la maison des Vandewalle était en flammes, et que notre maison allait subir le même sort car les Allemands y avaient allumé trois foyers avec leurs torches : les rideaux, la nappe et le chéneau du toit.

 

 C’est là que nous avons eu une chance extraordinaire : tous les foyers se sont éteints tout seuls. Mais quand nous sommes rentrés à l’intérieur, toutes les portes étaient grande ouvertes et la maison était vide. Où étaient donc nos parents ? Nous n’avons su qu’après ce qui leur était arrivé ».

 

Leurs parents faisaient en effet partie de la douzaine d’otages qu’avaient pris les Allemands pour s’enfuir. Le lendemain un témoin de la scène leur a raconté qu’ils avaient été alignés devant les jardins avec les autres.

 

Leur mère, paniquée, demanda à son mari ce qu’ils allaient faire d’eux. Celui-ci, parait-il répondit froidement qu’ils allaient être fusillés comme les victimes d’Ascq.

 

L’abbé donnait d’ailleurs déjà la bénédiction, sûr de la mort prochaine des victimes.

 

Là encore la chance favorisa les Grimonpont (le père, la mère et les deux sœurs) puisqu’ils furent emmenés sur les camions allemands, mais ne furent touchés par aucun tir.

 

Augustin et Paul jeunes et sportifs, restèrent dans la maison de leurs parents pour la sauver des flammes. De 16 h. à 22 h. à peu près, ils se relayèrent pour éteindre l’incendie.

 

« Nous sommes montés en haut de la maison avec des sauts pour éteindre la toiture, car si le feu prenait dans le toit, c’était toute la rangée de maisons qui allait brûler.

 

Soudain vers 22 h. nous avons entendu un grand bruit sourd : c’était les convois allemands qui passaient avec des tanks et des chars. Nous nous sommes camouflés dans le jardin où une dame qui passait dans la rue à ce moment-là est venue nous rejoindre.

 

Tout d’un coup nous avons vu une ombre surgir derrière nous : c’était un jeune homme d’une vingtaine d’années que nous ne connaissions pas et que nous n’avons jamais revu.


Il tenait un pistolet à la main et voulait « tirer sur les boches ».

 

Un officier était venu, et la dame qui comprenait l’allemand nous avait traduit que si un seul coup de feu était tiré, ils allaient incendier toute la rangée de maisons. Alors nous avons fait signe au jeune homme de baisser son arme, puis il est parti comme il était venu ».

 

Arrivés à Dadizeele (B), les Allemands libérèrent leurs otages. La famille Grimonpont s’en sortit indemne, alors qu’Arthur Dennetière avait été abattu juste à côté de la sœur d’Augustin et Paul, laissant du sang sur sa jupe !

 

Après avoir passé la nuit au café de « la carpe » à Menin, où Augustin venait chaque dimanche exercer ses talents de baryton, ils revinrent à Halluin, et eurent l’heureuse suprise de voir leur maison intacte grâce à la présence d’esprit de leurs fils ;  mais traumatisés par l’évènement, ils habitèrent quelque temps au « Sole mio », avant de rejoindre un endroit plein de souvenirs dramatiques du passage incendiaire de la guerre.

 

 

(Archives D.D., Presse).

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14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 21:03


Comme toutes les villes du Nord de la France, Halluin a connu son occupation et bien entendu sa Libération, au matin du 6 septembre 1944.


Les quatre jours qui précédèrent cet évènement furent eux aussi exceptionnels dans l’histoire de la ville.

 

Le retour, sur ces évènements inoubliables, nous permet de se remémorer ou découvrir le visage de la ville à cette époque. 


C’est pourquoi, il me semblait essentiel de retranscrire l’histoire de la Libération d’Halluin, grâce aux différents témoignages de plusieurs Halluinois qui ont vécu cette période douloureuse.

 

Après le récit très détaillé de MM. René Everaert et Alphonse Cinqualbre,  voici  celui de M. Achille Grimonpont qui habitait alors au 193, rue de Lille, et qui fut pris comme otage avec son épouse et ses deux filles Marie-Louise et Denise.

  

M. et Mme Achille Gimonpont étant aussi  les parents des  trois frères , Achille, Augustin et Paul, dont un « papier » leur est consacré, sur ce blog.

 


Voici donc les faits décrits dans le carnet personnel de M. Grimonpont
 :
 

 

«Halluin les 29, 30, 31 août et le 1er septembre 1944. L’armée allemande fuit à toute vitesse sur les grandes routes du Nord pour fuir vers la Belgique. Les Allemands sont pressés et ne demandent qu’à regagner l’Allemagne quoique trop tard.

 

Ils étaient déjà cernés de partout à la grande joie de toute la population du Nord, joie qui ne faisait qu’augmenter à la vue du nombre de voitures, et de différentes troupes qui fuyaient par nos routes.

 

Malheureusement, le 2 septembre fut pour nous un samedi tragique. Vers 10 heures, deux camions allemands sont en panne, l’un face à la rue Pasteur, l’autre au coin de la rue du Forage. Ils ne pouvaient plus être réparés, les Allemands ayant fait sauter les moteurs à la grenade, ce qui a mis le feu aux deux véhicules.

 

Celui qui faisait face à la rue Pasteur devient la proie des flammes, vision assez lugubre à observer, mais ce n’était rien à côté de ce qui devait se passer quelques heures après.

 

Vers 13 h30, les FFI commencèrent à tirer dans toutes les directions, de quoi paniquer tous les habitants du quartier. Les Allemands devinrent plus menaçants. Des coups de feu furent tirés alors que ni Allemands, ni voitures ne passaient sur la route. Quelques balles sifflèrent à mon oreille, preuve que l’on tire à la bonne franquette.

 

Vers 16 h 30, un convoi arrive, formé d’autos et canons antichars. Entendant des coups de feu, les Allemands stoppent, prennent leurs armes, braquent leur petit canon et ce fut la bataille.

 

Deux morts du côté allemand. Fous de rage, ils firent sortir tous les habitants de la rangée, nous menacent de leurs armes papa, maman, Marie-Louise, Denise, placés devant voitures et canon pour empêcher que les FFI tirent sur eux.

 

Nous, nous étions devant, et, servant de cible, bien des balles sifflèrent à nos oreilles, grâce à Dieu, nous avons été privilégiés, malheureusement une victime, Arthur Dennetière fut tué.

 

Après 20 minutes, les tirs ont cessé. Le convoi allemand reprend sa route, tous les civils assis sur le devant du camion. Arrivé au grand bureau des douanes, le convoi stoppe à nouveau et c’est là que Jean Parent, regardant du haut, persiennes basses, nous a vu assis sur le camion.

 

C’est à ce moment-là que Charles Windels fut tué, sans doute après avoir esquissé un geste de fuite, un soldat allemand l’a abattu dans sa cuisine. Quelques minutes après, le convoi s’est remis en route jusqu’à la place de Menin (B). Nous avons reçu quelques coups de revolver, mais le convoi ne s’est pas arrêté.

 

Nous avons été conduits jusqu’à mi- route de Dadizeele, là, le convoi s’est arrêté, les soldats blessés furent soignés et quelques minutes après, Denise est allée supplier l’officier de bien vouloir nous laisser partir. L’officier répondit que deux voitures devaient arriver et qu’après nous serions libres.

 

Grâce à Dieu, quelques minutes après, minutes qui nous parurent insupportables, les deux voitures s’arrêtèrent et de suit l’officier donna l’ordre de nous laisser partir.

 

Transis de froid, moitiés vêtus, nous sommes revenus à pied et nous avons passé la nuit au café de la Carpe à Menin. Très bien reçus, nous avons soupé et passé la nuit dans un bon lit où bien sûr il nous fut impossible de dormir une seconde.

 

Dès le petit jour, nous étions debout, nous avions hâte de revoir la maison sachant que toutes les portes étaient ouvertes, et que nous étions sortis la veille, laissant le gaz allumé.

 

Là encore Dieu nous a protégé, le feu que les Allemands avaient allumé à la maison ne s’est pas propagé. La maison à côté de Léon Vandewalle toute enflammée, éveilla Augustin et Paul qui, regardant de chez eux, déduirent que le feu était à la maison.

 

N’écoutant que leur courage, c’est en rampant à travers le jardin public, car il y avait danger on tirait de toute part, ils arrivèrent juste à temps pour sauver la maison. Restant toute la nuit jusqu’à ce que tout danger soit écarté.

 

Ayant su par Mme Millebeo que nous étions enlevés par les Allemands, ils se mirent à notre recherche, et ce n’est que vers 8 h 30 qu’ils eurent la grande joie de nous voir sains et saufs.

 

Rendons tous ensemble reconnaissance à Dieu, à sa divine Providence et nous, parents, nos plus sincères remerciements à tous nos enfants qui, à notre retour, ont été admirables pendant notre séjour chez eux.

 

 

Halluin, le 4 septembre 1944 ».

 

 

A ce témoignage nous pouvons rajouter celui de Jean-Claude Deleurence (en septembre 1994), qui a retenu les propos de sa mère à cet égard :

 

« Le 2 septembre, les Allemands se replient sur la Belgique ; deux camions militaires se dirigent par la rue de Lille vers la frontière, quand soudain des tirs de fusils se produisent en provenance des toits situés aux alentours de la poste actuelle.

 

Les soldats allemands pris de panique, arrêtent le convoi et jettent une ou plusieurs grenades incendiaires dans la maison située 195, rue de Lille, le domicile de mes grands parents, M. et Mme Vandewalle.

 

Ils alignent les habitants de la rangée de maisons face au jardin public pour les fusiller.

 

L’abbé Lemaitre dispense l’extrême onction.

 

Au moment fatidique, quelqu'un ordonne de disposer les otages sur les camions pour protéger les militaires allemands.

 

Quand le convoi redémarre, Arthur Dennetière est abattu d’une rafale de mitraillette.

 

Ma mère, Irène Deleurence, se trouvait au même endroit que la victime sur le second camion.

 

Les otages furent relâchés sains et sauf à Dadizeele et regagnèrent Halluin à pied.

 

La maison de mes grands parents fut entièrement détruite par le feu, la collection de tableaux de mon grand-père, qui avait réussir à fuir par le jardin public, fut totalement anéantie ».

 

(Archives D.D., Presse).

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 16:44


Des évènements tragiques ont marqué la journée du 2 septembre 1944.

 

Le  calvaire érigé au lieudit « Le Labyrinthe », rue du Dronckaert, à Neuville-en-Ferrain(Nord) sortie d’Halluin, rappelle qu’à cet endroit trois résistants, Jean Fiévet, Jules Devos (deux Neuvillois) et Maurice Simono (un Halluinois), ont payé de leur vie notre liberté.

 

Les archives du commandant Arthur Malfait, chef de mission et liquidateur national du Réseau Sylvestre (Ex W.O.) font état des heures chaudes qui ont marqué la libération de Neuville-en-Ferrain (limite de la ville d’Halluin) :

 

Ce 2 septembre 1944, alors que les F.F.I. étaient mis en alerte sur le coup de midi, l’état-major du W.O. réuni chez un boulanger de la rue de Tourcoing, André Six, sous la direction du capitaine Fernand Cuvelier donnait ordre à Jean Fiévet, l’un des premiers résistants de Neuville et à Jules Devos (conducteur) de partir en mission de liaison dans les communes de la Vallée de la Lys : Comines, Wervicq, Bousbecque, Linselles et Halluin.

 

La mission accomplie, les deux Neuvillois embarquent deux Halluinois devant rallier  l’état-major général, Marcel Feys et Maurice Simono, et viennent en rendre compte au P.C. de Neuville…

 

Il est 16 h30 environ, lorsque la voiture quitte Halluin, et voici les précisions recueillies dans les archives officielles du commandant Malfait :

 

Alors qu’elle arrive par la rue du Dronckaert, elle se heurte à un barrage allemand. Jules Devos appuie à fond sur l’accélérateur et le véhicule franchit le barrage, non sans essuyer une série de coups de feu.

 

Marcel Feys est atteint par une balle explosive qui lui arrache plusieurs doigts. Par ailleurs, le pneu arrière droit de la voiture est crevé par une rafale.

 

Malgré tout, les quatre hommes poursuivent leur route, se frottent à un second barrage allemand, essuient de nouveaux coups de feu qui endommagent un peu plus la voiture.

 

Celle-ci est finalement immobilisée au Labyrinthe par un troisième barrage ennemi. Les quatre hommes quittent le véhicule à la hâte, le blessé Marcel Feys courant se réfugier dans une habitation voisine où il se fait panser.

 

Pris sous le feu d’une mitrailleuse, Maurice Simono est abattu au milieu d’un champ de betteraves, tandis que Jules Devos, atteint à son tour, s’écroule un peu plus loin, près d’une rangée de maisons.

 

Voyant que ses camarades ne se relèvent pas, et pensant que c’est à cause du tir croisé des Allemands, Jean Fiévet fait demi-tour, s’embusque dans un fossé et ouvre le feu pour faire diversion.

 

A court de munitions, il tente enfin de s’enfuir mais est capturé par les Allemands qui l’exécutent sur le champ avant d’aller lâchement achever les deux blessés.

 

C’est en vain qu’ils cherchent Marcel Feys pour lui faire subir le même sort…

 

Ignorant tout des motifs de cette fusillade, les F.F.I. hésitent sur la conduite à tenir, d’autant qu’ils n’ont ni ordres, ni armes, la plupart de celles-ci étant à Tourcoing où la lutte est engagée.

 

Vers 17 heures, un side-car sur lequel se trouvent trois soldats allemands en quête de leur unité s’arrête devant un débit de tabac. Les trois Allemands y entrent.

 

On tente de les retenir à l’intérieur, tandis que, à l’extérieur, deux deux F.F.I. Léon Hue et Germain Vanoverschelde armés de revolvers contournent le café, et qu’Edmond Decottignies et le préposé Hude entrent dans la salle.

 

L’irruption simultanée par l’arrière et l’avant du débit de tabac des F.F.I. surprend les Allemands qui se rendent immédiatement.

 

Une fois désarmés, ils sont conduits chez les Frères avant d’être enfermés au patronage des garçons sous la garde des résistants.

 

Le soir, ces derniers s’emparent sans coup férir de la mairie et du local de la police.

                                                                  

Il est aussi rappelé que Maurice Simono avait abattu deux Allemands avant que lui-même et ses deux compagnons ne soient grièvement atteints, et alors que Marcel Feys, blessé, parvenait à s’enfuir :

 

« Il ne dut la vie que grâce à l’aide courageuse d’une Neuvilloise, ses trois malheureux compagnons furent achevés à coups de bottes, de crosse de fusils, de baïonnettes qui rendirent leurs corps absolument méconnaissables ».

 

Le dimanche 3 septembre, ce sont deux motocyclistes allemands qui tombent dans les filets des F.F.I.


Egarés, ils s’étaient arrêtés sur la place pour demander leur route. Ils seront conduits sous bonne garde au sanatorium de Tourcoing.

Dès ce 3 septembre, le comité F.F.I., avec l’approbation du commandant militaire Léon Hue, et en accord avec le comité provisoire de Libération, décide de donner à Jules Devos et Jean Fiévet des funérailles officielles.

 

Le lundi 4 septembre durant l’après-midi, les premiers blindés britanniques font leur apparition dans les rues de Neuville-en-Ferrain, sous les acclamations.

 

La joie de la libération est pourtant entachée par la mort de ses trois artisans de l’ombre.

 

Le service funèbre des deux patriotes a lieu le 7 septembre à 10 h. En dépit d’un temps maussade, une foule imposante et recueillie rend un dernier hommage aux deux Neuvillois morts pour la France.

 

Entretemps, la dépouille de Maurice Simono a été ramenée à Halluin, sa commune d’origine.

 

Le 7 septembre 1947, les sections franco-belge du W.O. d’Halluin et française de Neuville-en-Ferrain inaugurent une plaque commémorative au calvaire du Labyrinthe à la mémoire du lieutenant Maurice Simono, du sous-lieutenant Jean Fiévet et de l’adjudant Jules Devos.

 

 

Depuis, à cet endroit, chaque année en septembre, les communes de Neuville-en-Ferrain et Halluin s’associent pour commémorer le souvenir des trois résistants tombés le 2 septembre 1944.

 

 
(Archives D.D., Presse).


Il y a 60 ans :

 

  Inauguration de la plaque commémorative, au Labyrinthe,

à la mémoire de trois partisans tués par les Allemands.

 

 

Il y a soixante ans, le 7 septembre 1947, les sections franco-belge du W.O. d’Halluin et française de Neuville-en-Ferrain ont donc procédé à l’inauguration d’une plaque commémorative « Au Calvaire » lieudit « Le Labyrinthe » à Neuville-en-Ferrain, à la mémoire du Lieutenant Maurice Simono d’Halluin, du Sous-Lieutenant Jean Fiévet et l’Adjudant Jules Devos de Neuville-en-Ferrain. Ce lieu rappelle que ces trois résistants ont payé de leur vie notre liberté.

 

L’épaisse plaque de marbre de Boulogne de 1 m 13 de large et 0 m 91 de hauteur, ornée de 4 Croix de Lorraine et 2 flambeaux, est posée au pied de la Croix du Calvaire.

 

Elle porte l’inscription suivante : « Près de ce Calvaire, le 2 septembre 1944, sont Morts pour la France, Maurice Simono d’Halluin, Jean Fiévet et Jules Devos de Neuville-en-Ferrain F.F.I. « . Passant ! Arrête-toi ! Prie ! Réfléchis !

 

Au croisement du Labyrinthe, une plaque émaillée indique avec flèche : « A 100 mètres, Calvaire et Plaque Commémorative ».

 

Cette journée d’inauguration se déroula de la façon suivante : A 10 heures, Messe en plein air au Calvaire même, autorisée spécialement par S.E. Monseigneur le Cardinal Liénart ;

 

Au cours de la Messe, Bénédiction de la Plaque et Sermon de circonstance par Monsieur l’abbé Louis Loridant, Curé de la paroisse St Quirin, de Neuville-en-Ferrain.

 

La clique « Pro Patria » ouvrit et ferma le ban pour la cérémonie de Bénédiction. Après la Messe, l’Harmonie Municipale interviendra de circonstance.

 

Lors de la cérémonie civile d’inauguration : Ouverture du Ban. Discours de circonstance au nom des Autorités des Chefs du Réseau Sylvestre, et des sections W.O Franco-Belge d’Halluin « Marthe Nollet-Maurice Simono » et Française de Neuville-en-Ferrain « Jean-Fiévet-Jules Devos ».

 

Au cours du discours : Dépôt de gerbes.  Fermeture du ban. Marseillaise – Brabançonne.

 

Le défilé était composé des délégations, des sociétés, la foule recueillie des participants, qui remontèrent la route Sud-Nord pour dépasser le Calvaire où le cortège se forma.

 

Puis défilé devant le Mémorial et dislocation au croisement du Labyrinthe.

 

Depuis, chaque année en septembre, les conseils municipaux de Neuville-en-Ferrain et d’Halluin, accompagnés des associations patriotiques, déposent une gerbe en souvenir des trois résistants « Mort pour la France ».

 

Rappelons pour mémoire, que Jean Fiévet était du Risquons-tout et exerçait la profession d’instituteur libre à Halluin.

 Jules Devos dont l’épouse tenait une mercerie rue de Tourcoing à Neuville-en-Ferrain était professeur de gymnastique dans les écoles et à la Pro-Patria. 


Quant à Maurice Simono domicilié 55, rue Emile Zola à Halluin, il était employé de commerce.

 

 Aussi, la ville de Neuville-en-Ferrain a donné le nom de ses deux enfants à deux rues de la cité, et celle d’Halluin a fait de même avec Maurice Simono et le neuvillois Jean Fiévet.

 

   

                                                                                        Daniel DELAFOSSE


(Archives personnelles Daniel Delafosse).

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 19:20



Des évènements et des hommes en septembre 1944,

documents et témoignages nous aident à mieux comprendre.

 

 

Qui peut oublier les « Evènements » d’Halluin ? Personne, pas même ceux qui n’étaient pas nés à l’époque. Tout cela grâce aux documents et témoignages recueillis ici et là.

 

De mémoire d’Halluinois, on croit pouvoir remarquer que les évènements qui aboutirent à la Libération de la ville par les F.T.P.-F.F.I., puis par les forces britanniques le 6 septembre, ont été les plus marquants de l’histoire d’Halluin.

 

« C’est grâce aux documents historiques et autres écrits journalistiques ou personnels,  qu’il est possible de revivre cette période exceptionnelle de la ville d’Halluin ; c’est ce que j’ai essayé de publier, le plus complètement possible, en vingt volets, sur le titre :

 

« La Libération d’Halluin ».


                                                                    
                              Daniel DELAFOSSE

 

 

  Voici le récit de cet évènement détaillé

dans la presse locale en 1964, vingt ans après :

 

 

Vingt ans ont passé ! Dans quelques jours, le 5 septembre, des cérémonies du souvenir marqueront l’anniversaire de la Libération de la cité.

 

M. René Everaert qui s’intéresse particulièrement à tout ce qui touche sa ville natale, a bien voulu nous livrer quelques souvenirs de ces journées mémorables.

 

                                                                  La Libération

Le 6 juin 1944, alors que la guerre paraissait interminable, l’armée de la libération débarquait sur les côtes normandes, et après de rapides progrès, se trouvait aux abords d’Halluin, qui allait prendre sa place dans l’histoire de la libération de la France.

 

Le vendredi 25 août 1944, un drapeau tricolore retrouve le monument aux morts. Les Allemands le font enlever par la police qui, au garde à vous observe une minute de silence avant d’opérer.

 

Jeudi 31 août, le bruit court en ville que les forces de la résistance se préparent à l’action. L’heure H est désignée : samedi à 14 heures.

 

Vendredi 1er septembre, vers midi, les services de la douane allemande (sous la conduite du gros Smidt) plient bagages. Tard dans la nuit, deux camions militaires allemands immobilisés par des crevaisons, à hauteur de la rue Pasteur, sont abandonnés par les soldats allemands, qui les font sauter avec des grenades, puis y mettent le feu.

 

Les colonnes venant de Roncq sont ainsi alertées dès leur arrivée en ville, par le spectacle des véhicules en flammes.

 

Samedi 2 septembre, l’heure H approche. Dans la matinée du 2 septembre, le personnel des établissements Sion est rassemblé dans la cour de l’usine. Après réflexion, le patron de l’usine lui donne huit jours de congé.


A 13 h 30, les F.F.I. (Forces Française de l’Intérieur) parcourent les rues de la ville, exhortant les habitants à se retirer chez eux. A 14 heures, les hommes de la Résistance sous les ordres de M. Vandekerkhove lieutenant, et Bosteels sous-lieutenant, entrent en action, ralliant à leur cause quelques-uns des douaniers qui viennent de quitter leur poste.

 

La lutte pour la libération d’Halluin commence. La mairie, la poste et le commissariat de police sont le premier objectif. M. Brunel commissaire et son personnel prennent rang parmi les résistants.

 

Dès les premiers engagements, une voiture ennemie tombe aux mains des patriotes. Sur la route Nationale, une action entreprise contre une voiture isolée amène une action violente. Un camion vient de passer et se trouve aux abords de la frontière sur Menin, quand une automobile de tourisme se présente.


Une salve de F.F.I. l’oblige à stopper, mais donne l’éveil à un motocycliste allemand qui suit le convoi. Le soldat avertit son chef de groupe. Aussitôt autos blindées et tanks remontent la rue de Lille. Un canon de 77 est mis en batterie, et son tir cause de sérieux dégâts aux habitations.  Puis le convoi passe.

 

Les troupes allemandes qui suivent, contournent la rue de Lille, en passant par la rue de la Gare. Soudain, attiré par le feu d’un canon anti-tanks, qui avait d’ailleurs tué un Allemand, un char ennemi remonte la place de l’Eglise jusqu’au Bazar. Canons et fusils crachent leurs feux meurtriers dans le portail de l’église, mais sans résultats : les F.F.I. sont retranchés dans le clocher. Après une heure de fusillade et manquant de munitions, les patriotes abandonnent leur repaire, et le char rebrousse chemin.

 

Plusieurs heures se sont écoulées, et les maigres provisions s’épuisent. Il faut agir ; Envoyés à Tourcoing, avec mission d’amener des armes, Maurice Simono, Jean Fiévet et Marthe Nollet trouvent la mort ; les premiers sur le territoire de Neuville. Marthe Nollet est achevée de deux coups de pistolet dans les yeux, devant les abattoirs de Tourcoing.

 

Jules Devos est blessé au lieu dit le « Labyrinthe » et achevé de deux coups de baïonnette dans la gorge. Quant à Henri Deceuninck et Maurice Masurel, ils sont tués l’un à Menin et l’autre à Armentières.

 

La journée du 2 septembre 1944 vient d’emporter ses premières victimes, mais des scènes d’atrocités attendent encore les Halluinois dans la soirée. Dans leur cachot, vingt prisonniers allemands attendent qu’on statue sur leur sort.  

  

                                            Témoignage recueilli par René Everaert.

 

 

Le bulletin halluinois 


On s’aperçoit en voyant ces documents que l’on écrivait alors beaucoup et toutes sortes de choses. En temps de guerre, le plus important bien entendu, c’est d’essayer de vivre malgré tout, donc de connaître les nouvelles du front et de l’arrière. La place de la gazette locale dans la vie quotidienne fut par conséquent très importante.

 

En l’occurrence, le « Bulletin halluinois » créé déjà pendant la première guerre mondiale, donnait les nouvelles de leur ville aux habitants qui avaient dû quitter Halluin pour diverses raisons (pour faits de Résistance par exemple).

 

Le « bulletin » fut à sa manière un acteur de son temps : il a dû lutter pour survivre pendant l’occupation. Clandestin de 1942, date de sa reprise, jusqu’à la Libération, il devait paraître en cachette car les Allemands n’étaient jamais loin. L’expérience ne dura que deux ans, de 1942 à 1944, et pourtant cette gazette représente un témoignage de la pensée de toute une époque.

  

Un témoin-acteur 

 

Le journal et le témoin neutre et objectif des évènements, mais le témoignage-récit apporte une touche particulièrement vivante à l’histoire brute, c’est pourquoi, en septembre 1944, la gazette reprendra le récit d’un acteur-témoin du drame de la Libération d’Halluin : Alphonse Cinqualbre.

 

« Il était à prévoir, écrit-il, que par suite du recul général des armées allemandes en France, notre région allait en subir le contrecoup.

 

Le jeudi 31 août le bruit courait en ville que les forces de la Résistance (F.F.I) se préparaient à l’action. L’heure H était désignée : le samedi à 14 heures. Effectivement, une fusillade continue commença ce jour-là dès l’après-midi.

 

La veille, deux camions militaires immobilisés par des crevaisons à hauteur de la rue Pasteur, furent abandonnés par les soldats qui les firent sauter avec des grenades, puis incendiés ; les colonnes venant de Roncq étaient don alertées dès leur entrée en ville par le spectacle des véhicules qui flambaient…

 

Une colonne s’arrêta au haut de la rue de Lille, le samedi 2 septembre vers 5 heures du soir.


 
Accueillis par une fusillade nourrie partant du parc municipal, de la rue du Forage et de la rue Pasteur, les soldats descendirent des camions, mirent en batterie un canon anti-tank et se mirent à tirer dans toutes les directions et sur les maisons.

 

D’autres,  sous la conduite d’un officier, enfoncèrent les portes, brisèrent les vitres et pénétrant dans les immeubles, forcèrent les habitants à s’aligner devant le parc municipal, devant une rangée de fusils et de mitraillettes.

 

Leur chef nous menaça de mort immédiate en cas de découverte de « terroristes » dans nos maisons. Il arguait des lois de la guerre contre les civils tirant sur les soldats, parlait de trahison, bref notre dernière heure paraissait imminente.

 

 la perquisition n’ayant pas donné de résultat, nous fûmes finalement obligés de nous accrocher sur les pare-chocs, les capots, les marche-pieds des véhicules militaires qui s’apprêtaient à repartir, se servant de nous comme bouclier.

 

Nous étions une quinzaine de personnes : hommes, femmes, enfants et nous nous jugeâmes voués à une mort certaine.

 

Sur le premier véhicule, j’étais accroché au côté droit, ainsi que ma femme ; de l’autre côté, M. L’abbé Louis Lemaitre et sa sœur âgée. MM. Achille Grimonpont, Dennetière, MMmes Cinqualbre, Milbéo, Vanacker, Lestienne, Grimonpont, Deleu, Vandewalle, la famille Lemaitre, Mme Dalle et ses enfants, leur bonne étaient répartis sur les véhicules et canons qui suivaient.

 

Des soldats sur le siège, avaient pris des femmes devant eux en guise de protection.

 

Dès le départ la fusillade recommença avec une intensité croissante, et à partir de la rue Pasteur nous descendîmes la rue de Lille sous une mitraille épouvantable. Des soldats tiraient sans arrêt et avec toutes leurs armes sur les fenêtres, les façades : les balles sifflaient à nos oreilles.

 

Dès notre départ, M. Dennetière fut tué et s’écrasa sur le sol, Mlle Deleu eut la cheville fracassée et fut maintenue malgré sa blessure.


C
e fut une course éperdue à travers Halluin et Menin. Nous passâmes à l’église de cette ville à 18 h précises ; sur la grand-place, il y eut une hésitation puis les autos s’engouffrèrent dans la rue de Courtrai et ne s’arrêtèrent qu’à mi-route de Wewelghem, rejoignant des véhicules qui semblaient les attendre.

 

Les soldats allemands nous laissèrent enfin nous occuper de nos blessés. Un soldat mort fut étendu sur le talus de la route. Mme Dalle était blessée à la main, sa petit fille à la gorge mais sans gravité : leur bonne de 18 ans avait reçu une balle dans le dos à la base du poumon droit ; Mme Deleu avait perdu du sang en abondance.

 

Deux dames se dévouèrent et allèrent chercher du secours à la clinique de Menin. Après une attente qui nous parut bien longue, nous vîmes arriver une voiture et des brancardiers ; nous y montâmes avec les blessés. A la clinique, nous fûmes enfin rassurés sur leur sort ; la balle qui avait frappé la bonne de la famille Lemaitre avait dévié sur une côte et fut extraite par le docteur Rossel.


Mme Deleu la plus gravement atteinte est encore à la clinique, mais ses jours ne sont pas en danger.

 

Nous avions un mort à déplorer : celle de M. Dennetière qui laisse une jeune veuve bientôt mère.


La fusillade continuait sans arrêt dans le lointain et nous regagnâmes nos foyers que le lendemain.

 

Tous les véhicules n’avaient pas pris la même direction : M. Grimonpont et les siens, accrochés à un canon, furent conduits sur la route de Dadizeele et ne furent relâchés qu’après l’arrivée de deux autre véhicules. Jusqu’à ce moment, ils furent gardés en otage.

 

Pendant ces évènements, que se passait-il à Halluin ?

 

Après notre départ, des grenades furent lancées dans la demeure de M. Vandewalle qui fut incendiée en totalité. Des foyers d’incendie furent allumés dans les maisons voisines.

 

Mlle Cinqualbre qui rentrait chez elle, surprit un soldat mettant le feu aux rideaux,sur ses supplications, elle fut prise comme otage, arrivée rue Pasteur, nouvelle mitraillade ; ce qui lui permit de s’enfuir.

 

Après le départ de la colonne, elle aida M. Milbéo qui avait pu s’échapper et qui était revenu à éteindre les incendies commençants.

 

Les mêmes scènes se reproduisirent aux différents carrefours de la rue de Lille : un convoi tira sur la mairie, l’église et différents immeubles qui furent très endommagés.

 

M. Paul Vandenberghe sur le seuil de sa porte, fut frappé par une balle et trouvé inanimé dans un couloir.

 

A hauteur de la douane, M. Prosper Oosterlinck fut emmené comme otage par les autos allemandes jusque Menin, à travers les balles. M. Charles Windels qui opposa une certaine résistance fut abattu à bout portant.

 

Dans la rue de la Lys, la maison de M. Autem fut incendiée par suite des attaques des forces de la résistance sur les colonnes en retraite venant de Bousbecque ».

  

 

Le 3 septembre 1944, la guérilla recommence.

 

Témoignage recueilli par M. René Everaert.


 

A l’aube du 3 septembre, la lutte recommence. Elle apporte aux F.F.I. quelques fusils-mitrailleurs à la suite de la prise d’un camion ennemi. 


Dès lors, la bataille ne se situe plus sur le passage de la rue de Lille, mais elle est recherchée à la campagne et les éléments allemands sont repérés par les guetteurs que le P.C. a placés dans le clocher de l’église, ce qui permet une action contre l’ennemi et la prise de deux fusils-mitrailleurs, une mitrailleuse et cinq camions. 


la bataille n’étant plus recherchée dans le centre de la ville, le commandant militaire établi au « Café du Lion d’Or » place de l’Eglise, décrète l’état de siège afin d’éviter les abus.

 

Le même jour, on procède à l’installation du Comité de libération nationale composé de MM. André Blehaut (Front national), André Depretere (Forces unies de la Jeunesse patriotique), Henri Derus (parti communiste), Pierre Detavernier (C.G.T.), Monique Dujardin (Union des femmes françaises), Albert Myngers (C.F.T.C.) Gérard Verkindère (Parti démocrate populaire).

 

Les barrières du poste-frontière, fermées depuis quatre ans, se lèvent, et une foule nombreuse déferle sur la route nationale. Une certaine émancipation règne alors parmi la population, ce qui provoque l’arrestation, à Menin, de deux cents « chemises noires » (Etaient ainsi appelés ceux qui avaient entretenu une collaboration étroite avec l’ennemi).

 

Mais dans la joie de la liberté retrouvée, voici que dans la nuit du lundi 4 au mardi 5 septembre, quelques chars « Tigres » accompagnés de 300 hommes d’infanterie sont aperçus venant de Bousbecque, et se dirigeant vers Menin où ils font halte.

 

Les deux cents « chemises noires » sont libérées et de nouveaux combats se livrent dans la rue de la Lys et au bois Gratry.


L’état de siège est maintenu à Halluin. Les rues Gustave Desmettre, de Lille et de la Lys sont déclarées « secteur de guerre ».

 

Dans l’après-midi, un S.O.S. placé au carrefour des rues de Lille, de la Gare, et de la de l’Eglise donne l’éveil à un motocycliste allié, venant inspecter les lieux. Celui-ci rebrousse chemin.

 

Le lendemain 6 septembre à 6 h. du matin, le pont de la Lys saute, et les Allemands se retirent en direction de Dadizeele.

 

A 8 h 45, c’est l’arrivée des premiers chars anglais accueillis par une foule enthousiaste.

 

A 11 h 30, les cloches de Saint-Hilaire annoncent la Libération.

 

Le lendemain toute la ville se rend aux funérailles des Halluinois morts dans le combat.

 

Enfin, le 1er octobre, la ville assiste au cortège de la Libération.

 

Dans quelques temps, la guerre ne sera plus qu’un mauvais souvenir. 

 

Ces témoignages, rappelons-le, ont été recueillis par M. René Everaert, et Alphonse Cinqualbre.

 

(Archives et Synthèse D.D., Presse).

  

Ne manquez pas d’autres témoignages d’Halluinois,  ainsi que sur le déroulement des journées du 4, 5 et 6 septembre 1944 en détails, dans les prochains récits consacrés à la Libération d’Halluin.

 

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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 19:40


 

Dire l’émotion qui étreignit la population halluinoise  lorsqu’au matin du 25 août 1944, elle vit flotter, en pleine rue de Lille, accroché au monument aux morts, le drapeau tricolore, est chose impossible.

 

De tous les coins de la ville on accourait pour admirer nos trois couleurs qui drapaient symboliquement le mémorial qu’Halluin fit élever à ses héros de 1914-1918.

 

 Effectivement, pour fêter la Libération de Paris, c’est M. Henri Supply, membre du groupement de résistance Voix du Nord qui le hissa sur le monument vers 4 h du matin, au nez et à la barbe des Allemands qui effectuaient une patrouille.

 

Cet emblème mémorable avait été confectionné à la hâte. Le bleu provenait d’un vieux tablier, le blanc d’un morceau de drap de lit, et le rouge avait été offert par un commerçant.

 

Ce geste symbolique fit en ville l’effet d’une traînée de poudre. La rue de Lille fut le rendez-vous des Halluinois. Un défilé dura plus d’une heure face au Monument où, pour la première fois depuis quatre ans et sous l’occupation, flottaient fièrement les trois couleurs.

 

Ce véritable défilé ne pouvait réjouir les Allemands en garnison chez M. Lemaitre, face au Monument. Ils intimèrent l’ordre à la police de réparer cette « injure » publique et d’enlever le drapeau.

 

Vers 9 h donc, deux soldats allemands se présentèrent au commissariat pour que cet ordre soit exécuté. Voyant qu’une certaine répugnance se manifestait chez les policiers à la pensée d’un tel geste, ils contraignirent par la force, le commissaire de police à les accompagner, avec un gardien de la paix et un garde auxiliaire, jusqu’au monument aux morts, afin d’enlever l’emblème.

 

On assiste alors à une scène d’une émotion intense et digne de figurer parmi les plus belles pages de l’histoire de la commune.

 

Alors que les Allemands s’attendaient à ce que l’un des trois hommes enlevât le drapeau immédiatement, le commissaire M. Maxime Bruneel, calmement, mais fièrement commanda à tous les spectateurs d’observer une minute de silence.

 

Et en face de l’ennemi étonné, impuissant devant cette expression du patriotisme, un grand silence s’établit, que les Allemands, sans doute, n’oublièrent pas.

 

Puis, sur un ordre, le garde auxiliaire décrocha l’emblème national et le remit à M.  Bruneel

Qui, lentement, pieusement, le plia, avant de rentrer au commissariat.

 

Ce jour là, un cliché du Monument revêtu du drapeau fut pris par M.  Henri Dumortier architecte.


 

A l’occasion du cinquantenaire de la Libération d’Halluin, les services municipaux de la ville ont suivi l’idée lancée par Daniel Delafosse (amateur d’histoire locale) et réitéré ce geste datant du 25 août 1944.

 

En effet, de la fin août au 10 septembre 1994, l’Ange du Monument aux morts d’Halluin était à nouveau couvert, symbole de la liberté retrouvée.

 

"En août 2004, pour le soixantième anniversaire de la Libération  de la ville, j'avais demandé que l’on procède au même geste symbolique, mais la municipalité n’a pas jugé utile d’honorer ce moment fort de l’histoire halluinoise… On ne peut que déplorer une telle décision… incompréhensible face au devoir de mémoire, ou méconnaissance de l’évènement ! "

   

                                                                                        Daniel DELAFOSSE

 (Archives D.D.).


Réponse à ... "Je pose la question" publiée le 18 décembre 2007.


"Lors de la cérémonie officielle, ce 8 Mai 2009, au Monument aux morts d'Halluin, j'ai pu constater avec plaisir que différents points soulevés sur mon blog,  dans un article intitulé :


La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (27 et fin) Décevant ! ou la réflexion relative à la célébration du 60ème anniversaire de la Libération d'Halluin, en septembre 2004.

étaient suivis des faits, notamment  : - "L'Ange Halluinois" drapé des couleurs nationales (geste symbolique du 25/8/1944 par M. Henri Supply, célébrant la Libération de Paris).

- Discours par les personnalités halluinoises, face au Mémorial,  de M. le Maire et  M. Grimonpont président de l'UNC d'Halluin (complétés sobrement par deux jeunes représentantes du CMEJ)

- Une installation acoustique en bon  état de marche ! (Souvent inaudible !).

 Voilà un cérémonial qui était à la hauteur de cette commémoration, avec une mention particulière pour la prestation toujours impeccable de l'Harmonie Municipale Halluinoise.

Seul petit bémol : le fait que le drapeau national,  qui entourait "L'Ange",  soit retiré dès la cérémonie terminée... le laisser en place, durant les trois jours de fin de semaine, aurait été une excellente initiative, pour l'ensemble de la population".

                                                                                                      Daniel DELAFOSSE


 
  

Statue du Monument aux Morts d’Halluin.

 

Lors de l’exposition organisée en septembre 1994, à l’occasion du cinquantenaire de la Ville  les Halluinois ont pu découvrir la réplique exacte du Monument aux Morts, rue de Lille.

 

On se demandait bien d’où pouvait sortir cette statue et ces plaques fixées à son socle au nom d’Alphonse et Georges Degryse, Emile Danset et l’abbé Serge Malaquin.

 

« On » c’était bien sûr le visiteur de l’exposition, parce que les sous-officiers de l’amicale halluinoise devaient savoir. En effet, cette statue fut toujours fièrement conservée au local Ducastel dont le père, Maurice Ducastel était président de l’amicale.

 

Par la suite, terrain et local ont été rachetés par la ville. La statue a été confiée au dévoué président Gaston Danset, bien que son encombrement soit incompatible avec les dimensions d’une salle de séjour…

 

L’exposition de 1994 sur la libération fut l’occasion de déplacer cette œuvre dont l’origine remonte au lendemain du premier conflit mondial, lorsqu’une souscription fut lancée par M. Paul Lemaitre, président et animateur des anciens combattants pour honorer les héros d’Halluin.

 

Les plaques furent apportées ensuite par l’amicale des anciens sous-officiers, brigadiers et caporaux dont les défunts étaient membres.

 

Respectueuse du passé de ses enfants, Halluin ne pouvait se séparer de ce témoignage de reconnaissance et d’affection.  Depuis, la statue et les plaques ont été transmises aux archives de la Mairie d’Halluin… 

Mais, ne pourrait-on pas lui trouver un endroit au sein d’un bâtiment public, afin que ce souvenir unique s’offre au regard des Halluinois !

 

                                                                                             Daniel DELAFOSSE 

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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 19:27



Discours du général de Gaulle sur le perron de l'Hôtel de ville, le 25 août 1944.



Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

 

 Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

 

 Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.
 
Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. 

Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes.
 
C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. 

Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France.

  

 Vive la France !

 

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 09:34
 

Ils sont tous les deux nés en 1920 à Halluin. Lui, René De Geeter, le 27 juin et elle, Marie Tyberghein, le 24 août.

 

Ils habitaient la rue de Lille et étaient voisins. Elle travaillait avec ses parents, depuis l’âge de 14 ans, dans le magasin de confection d’articles pour dames au n° 77, à « La Plume ».

 

Ses parents à lui tenaient le magasin de confection-tailleur au n° 75. Mais comme il fit ses études secondaires à Saint-Pierre à Calais, puis à Notre-Dame-de-Grâce à Cambrai, qu’il parti ensuite à l’Ecole spéciale de Saint-Cyr, les deux jeunes gens ne se connaissaient pas vraiment.

 

Cependant ils ne pouvaient que se rencontrer, de nombreux points communs les rapprochant.

 

Et en 1942, ils se fiancèrent. Mais c’était la guerre. Le pays était occupé. Réfractaire au S.T.O., René De Geeter ne partit pas en Allemagne et poursuivit ses études.

 

Il obtint une licence de sciences puis entra à l’école d’ingénieurs I.D.N. à Lille. Après des stages à Fives-Caille et à la FACEN à Jeumont, il fut embauché aux Constructions électriques du Nord, rue du Château à Tourcoing

 

Ayant un emploi stable (il travailla dans cette entreprise jusqu’en 1980) René De Geeter décida d’épouser Marie Tyberghein.

 

La noce eût lieu le 14 août 1944 à Halluin. Si la robe de la mariée et l’habit du marié étaient superbes (normal, on était du métier) il fut plus difficile d’organiser le banquet de circonstance.

 

Mme De Geeter se souvient :

 

« Mon frère était prisonnier en Allemagne, et n’était donc pas parmi nous. Et pour faire la noce avec des tickets de ravitaillement, ce n’était pas facile. Je me souviens que nous avions réussi à trouver un canard et un poulet en allant chercher dans les fermes… »

 

Le jeune couple décida de partir en voyage de noces. Certes ce n’était pas très loin : au Mont des Cats. Mais les Allemands étaient encore là et on leur tirait dessus à l’aller comme au retour.

 

« Nous sommes montés en haut du Mont des Cats dans une charrette ! » se souviennent-ils encore aujourd’hui. Et c’est au Mont des Cats que nous avons appris la libération de Paris ».

 

Ils étaient déjà rentrés à Halluin quand leur ville natale fut libérée.

 

Après un service militaire effectué dans les transmissions au Blanc, M De Geeter reprit son travail d’ingénieur en électricité et gravit les différents échelons puisqu’il termina à la direction des Constructions électriques du Nord en tant qu’administrateur et même P.D.G.

 

Il fut conseiller prud’hommal, administrateur de différentes instances sociales (Caisse de prévoyance, Assedic de Tourcoing, Caisse complémentaire de retraite, jury des examens de lycées professionnels…) et donna des cours d’électricité à l’Ecole centrale de Lille.

 

Mme De Geeter se consacra aux cinq enfants qui vinrent agrandir la famille.

 

En 1994, le couple fêta leurs noces d’or à Neuville-en-Ferrain (Nord) où ils demeurent depuis une vingtaine d’années. Les enfants qui ont tous une profession médicale sont revenus à Neuville, pour fêter leurs parents, et cette fois sans tickets de ravitaillement ! 


Dix ans plus tard, Marie Tyberghien et René De Geeter ont célébré leurs soixante ans de mariage en août 2004 ; quelques semaines après, Mme De Geeter décéda fin octobre de la même année.

 

 (Archives D.D., Presse).

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