Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Histoire de la ville d'Halluin (Nord). Regard sur le passé et le présent.
  • : Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
  • Contact

Texte Libre


Vous pouvez
retrouver sur ce blog,

90 volets concernant les évènements

de la Guerre 1914 - 1918

et Halluin.

38 volets concernant les évènements

 de la Guerre 1939 - 1945

et Halluin,


ainsi que 30 volets consacrés à

La Libération d'Halluin en Septembre 1944.

unc.halluin.free.fr

marins.halluin.neuf.fr

1 volet sur l'Afghanistan et Halluin

3 volets concernant les évènements

de la Guerre du Vietnam

(1963 - 1975

 


4 volets concernant les évènements

de la Guerre d'Algérie
(1954 - 1962)

et Halluin

3 volets concernant les évènements

de la Guerre d'Indochine
(1946 -1954)

et Halluin

1 volet sur Les Colonies et Halluin

2 volets concernant les évènements

de la Guerre 1870 - 1871

et Halluin


2 volets concernant les évènements

des Guerres de Crimée (1854 -1856)
 d'Italie (1859)

et Halluin

Trois Grognards Halluinois de l'Empire,
Historique Militaire.

 

 

11 volets concernant l'Histoire

d'HALLUIN de 1850 à 2000.

 

 

Les Maires d’Halluin… en chiffres depuis la Révolution.

 

brandodean.over-blog.org/article-les-maires-de-la-ville-d-halluin-en-chiffres-depuis-la-revolution-

 

Elections Municipales d’Halluin depuis 1789, et diverses depuis 2000.

 

(1789 à 1957) brandodean.over-blog.org/article-5718533.html

 

(1957 à 1992) brandodean.over-blog.org/article-5718593.html

 

(1992 à 2007) brandodean.over-blog.org/article-5718818.html 

 

(Mars 2008 à ce jour) brandodean.over-blog.org/article-18082602.html  


Recherche

Texte Libre


Musique Classique - Opéra :

 
musiclassics.fr

radioclassique.fr

evene.fr

deezer.com/fr/music/maria-callas

deezer.com/fr/music/montserrat-caballé

deezer.com/fr/music/régine-crespin

deezer.com/fr/music/jessye-norman

deezer.com/fr/music/barbara-hendricks

deezer.com/fr/music/julia-migenes

deezer.com/fr/music/cécilia-bartoli

deezer.com/fr/music/natalie-dessay

deezer.com/fr/music/enrico-caruso

deezer.com/fr/music/luciano-pavarotti

deezer.com/fr/music/placido-domingo

deezer.com/fr/music/josé-carreras

deezer.com/fr/music/ruggero-raimondi

deezer.com/fr/music/roberto-alagna

deezer.com/fr/music/andrea-bocelli


Chansons Françaises et Etrangères :

deezer.com/fr/music/jacques-brel

deezer.com/fr/music/johnny-hallyday

deezer.com/fr/music/florent-pagny

deezer.com/fr/music/michel-sardou

deezer.com/fr/music/alain-bashung

deezer.com/fr/music/alain-souchon

deezer.com/fr/music/francis-cabrel

deezer.com/fr/music/daniel-balavoine

deezer.com/fr/music/mylene-farmer

.deezer.com/fr/music/Jean-louis-murat

deezer.com/fr/music/serge-gainsbourg

deezer.com/fr/music/etienne-daho

deezer.com/fr/music/juliette-greco

deezer.com/fr/music/charles-aznavour

deezer.com/fr/music/elvis-presley

deezer.com/fr/music/michael-jackson

deezer.com/fr/music/seal

deezer.com/fr/music/phil-collins

deezer.com/fr/music/sting

deezer.com/fr/music/elton-john

deezer.com/fr/music/prince

deezer.com/fr/music/georges-brassens

deezer.com/fr/music/eddy-mitchell

deezer.com/fr/music/gilbert-becaud

deezer.com/fr/music/edith-piaf

deezer.com/fr/music/patrick-bruel

deezer.com/fr/music/charles-trenet

deezer.com/fr/music/serge-lama

deezer.com/fr/music/daniel-guichard

deezer.com/fr/music/yves-simon

deezer.com/fr/music/francis-lalanne

deezer.com/fr/music/bob-dylan

deezer.com/fr/music/leonard-cohen

deezer.com/fr/music/joan-baez

deezer.com/fr/music/madonna

deezer.com/fr/music/claude-francois

deizer.com/fr/music/dalida

deezer.com/fr/music/michel-polnareff

deezer.com/fr/music/julio-iglesias

deezer.com/fr/music/celine-dion

deezer.com/fr/music/pascal-obispo

deezer.com/fr/music/yannick-noah

deezer.com/fr/music/christophe-willem

.deezer.com/fr/music/christophe-maé

deezer.com/fr/music/abba

deezer.com/fr/music/boney-m

deezer.com/fr/music/the-doors

deezer.com/fr/music/U2

deezer.com/fr/music/indochine

deezer.com/fr/music/the-beatles

deezer.com/fr/music/the-rolling-stones


Clips :

muzika.fr/clip/47463 Frank Sinatra

muzika.fr/clip/20885 Jean Ferrat

 
muzika.fr/clip/41954 Joe Cocker

muzika.fr/clip/51584 The Platters

muzika.fr/clip/18463 Renaud

muzika.fr/clip/19431 Jacques Dutronc

muzika.fr/clip/28079 Lionel Richie
 
muzika.fr/clip/48464 Tina Turner

muzika.fr/clip/22835 Jeanne Mas

muzika.fr/clip/51596 Erros Ramazzotti 

muzika.fr/clip/23966 Desireless

muzika.fr/clip/48940 Barry White

muzika.fr/clip/49235 Renan Luce

muzika.fr/clip/58832 Julien Doré

muzika.fr/clip/44811 Bob Marley

muzika.fr/clip/14192 Guy Béart

muzika.fr/clip/13583 Sylvie Vartan

muzika.fr/clip/39275 Nolween Leroy

muzika.fr/clip/36603 Raphaël

muzika.fr/clip/25553 Carla Bruni

muzika.fr/clip/31477 Marianne Faithfull

muzika.fr/clip/13000 Julien Clerc

muzika.fr/clip/23466 Gérald De Palmas

muzika.fr/clip/21314 Laurent Voulzy
  
muzika.fr/clip/62205 La Grande Sophie

muzika.fr/clip/49894 Nana Mouskouri

muzika.fr/clip/55939 Benjamin Biolay

muzika.fr/clip/36342 Lynda Lemay

muzika.fr/clip/28148 Jimmy Somerville

muzika.fr/clip/10409 Barbara

muzika.fr/clip/17079 Vanessa Paradis

muzika.fr/clip/14795 Georges Moustaki

muzika.fr/clip/20983 Jane Birkin

.muzika.fr/clip/39741 Mike Brant

muzika.fr/clip/14004 Philippe Cataldo

muzika.fr/clip/38485 Diams

muzika.fr/clip/43495 Patrick Hernandez

.muzika.fr/clip/39790 Faudel

muzika.fr/clip/62183 Grégoire

muzika.fr/clip/10019 Mano Solo

muzika.fr/clip/61251 Abd Al Malik

muzika.fr/clip/51079 Barbra Streisand

muzika.fr/clip/17691 Serge Reggiani

muzika.fr/clip/18782 Christophe

muzika.fr/clip/20482 Claude-Michel Schönberg

muzika.fr/clip/28394 Cock Robin

muzika.fr/clip/59417 Bénabar

muzika.fr/clip/27718 Rose

muzika.fr/clip/15987 Gérard Manset

muzika.fr/clip/55433 Chris Rea

muzika.fr/clip/53098 Mika

muzika.fr/clip/29375 Corneille

muzika.fr/clip/39010 Clémence 

23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 13:18


Les vingt années d’ « Halluin La Rouge », c’était le thème de la conférence-débat animée le samedi 28 octobre 1989, il y aura 20 ans, par Michel Hastings, auteur d’une thèse monumentale sur le sujet.

 

Le plus bel hommage qu’a reçu Michel Hastings, au terme de sa conférence, c’est probablement à cet Halluinois de souche, plus tout jeune, qu’il le doit !

 

« C’est extraordinaire qu’un étranger puisse nous apprendre des choses à nous, qui vivons depuis toujours à Halluin, sur l’histoire de notre ville ».

 

Il y avait belle lurette qu’un conférencier n’avait attiré tant de monde, il est vrai qu’invité de la municipalité, de la bibliothèque et de l’association « A la recherche du passé d’Halluin », M. Michel Hastings a parlé d’un sujet qui jadis passionna tout l’hexagone et au-delà, et est encore présent dans toutes les mémoires des « anciens, il s’agit de « Halluin la Rouge », appellation symbolique d’une lutte ouvrière sans précédent qui s’étala de 1919 à 1939.

 

Les Halluinois ont maintes et maintes fois entendu dans leur famille, raconter des anecdotes de l’époque, et sont venus en masse,  ce samedi 28 octobre 1989 à la Maison des Associations Albert Desmedt rue de Lille, dans l’espoir d’approfondir leurs connaissances.

 

Ils n’ont pas été déçus. M. Michel Hastings, professeur à l’I.E.P. de Grenoble, et chercheur au CNRS, s’est lancé en 1982 dans l’étude de cette période particulièrement passionnante, et après six années d’un travail de fourmi, il a écrit 1000 pages sur le sujet et présenté une thèse de doctorat d’Etat à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Villeneuve d’Ascq.

 

Visiblement, M. Hastings a conquis l’auditoire, certes sa vision des choses à travers un travail de recherche dans les archives, n’est pas tout à fait parfaite, il en est conscient, mais tout porte à croire que son étude est très proche de la réalité. Il y a bien eu au cours du débat qui suivit des interventions d’une personne ayant vécu cette période, ou d’un féru d’histoire, qui apportèrent un plus, mais dans l’ensemble, le public admit que pour quelqu’un qui ne connaît pas notre ville, son exposé semblait étonnant de vérité.

 

Après que Mme Rossignol, bibliothécaire, eut présenté le conférencier, celui-ci précisa qu’au cours de son étude, c’est un dossier volumineux d’un poids de 5 kg, qu’il a réuni, mais qu’il ne s’agit pas d’un ouvrage d’histoire.

 

Il dit aussi sa tristesse de voir que la Maison du Peuple, qui fut un véritable bastion ouvrier, a maintenant perdu de sa prestance, après avoir subi des modifications. Puis il entre dans le vif du sujet, et livre un condensé des résultats de ses recherches.

 

On retrouve des traces d’Halluin dans les archives anglaises, italiennes, allemandes et même soviétiques. « Je me suis souvent posé la question : pourquoi cette ville « blanche », cléricale et quasi-monarchiste en 1914, est-elle devenue « rouge » en 1919, et pour vingt ans ?. M. Hastings s’explique : « Certes, les communistes ont récupéré la mairie après la guerre 1939-1945, mais cela n’avait plus de sens ».

Il rappelle que le socialisme n’a duré qu’une année et que le communisme à Halluin est d’un genre tout à fait particulier. « La singularité locale est parfois dérogeante. A qui ce parti a-t-il servi ? ». Voici sa version des choses.

 

Halluin n’est pas une ville comme les autres, « Halluin la Rouge » ne se comprend pas en dehors de son passé encore proche.

 

Première singularité, sa position géographique et particulière. La frontière s’est trouvée extrêmement poreuse malgré la présence de la douane, et a été un lieu de passage, un lieu de contrebande idéologique.

 

Maurice Thorez aurait passé clandestinement la frontière à Halluin en 1939


Ici, il surprend les Halluinois qui n’ont visiblement pas entendu parler de cette anecdote en annonçant : « Maurice Thorez, secrétaire général du P.C., qui avait déserté l’armée en octobre 1939 pour rejoindre l’URSS, était passé au Christ Dael » (un passage pour piétons à l’extrémité d’Halluin-Est). Il aurait profité de l’appui des responsables halluinois du Parti communiste et de la porosité de la frontière franco-belge à cet endroit.

 

Un regret : il ne se trouva personne parmi les communistes présents (que l’on comptait sur les doigts d’une main) pour confirmer ces dires.

 

L’aventure de »Halluin la rouge » ne se comprend pas sil ‘on ne se penche pas sur les migrations massives venant des plaines flamandes. 6.000 belges sont arrivés en 1886, soit 77 % de la population. « Où était le seuil de tolérance, fixé à 10 % par certains hommes politiques actuels ». Cet état de fait a une influence sur la culture locale, l’apport de ces flamands génère un surcroît de pratique religieuse, un goût de fête et de carnaval.

 

A l’époque, le circuit industriel est une mono-industrie textile, un métier domine le tissage du lin, il est pauvre et peu noble ; ce caractère particulier, accroît les misères, à tel point qu’en 1903, un journaliste parisien du Matin, est venu enquêter, a décrit les taudis, et s’est penché sur la mortalité infantile qui, avant un an, est de 30 %.

 

Dans l’armée, on considère les soldats halluinois comme étant de mauvais patriotes par ce qu’ils sont frappés de stigmates physiques (diminués qu’ils sont par un travail éreintant), il y a beaucoup de rachitiques, et les réformés sont légion.

 

Les maîtres de la ville sont les maîtres économiques. Tous les maires sont des manufacturiers. Cette confiscation sociale est doublée d’une confiscation familiale. C’est ainsi que certains maires jouissent d’une longévité exceptionnelles : M. Alexandre Desmarchelier n’a-t-il pas régné de 1848 à 1896 ?

 

Derrière la façade d’une ville « blanche », se traîne une émergence du socialisme (un tiers des voix en 1914). Un socialisme qui est irrigué par les Belges. Des tribuns apportent la bonne parole dans les courées.

 

Une information : « Savez-vous que Victor Vandeputte a été l’âme du socialisme pendant quinze ans ? ».

 

Ce socialisme est flamand par la composition de ses militants. C’est un socialisme « ouvriériste », il se moque de l’idéologie, il est plus social que politique, et s’exprime d’ailleurs en termes de revanche sociale.

 

Mais on assiste à un vieillissement de la population, et c’est dans cette structure que s’implante le communisme.

 

Au niveau industriel, Halluin perd de sa mono-industrie. Les élections de 1919 révèlent une majorité socialiste, c’est pour la première fois l’entrée en masse des ouvriers au conseil municipal.

 

Le communisme identitaire a pour fonction particulière celle de fédérer la population autour d’un projet commun qui lui redonne la fierté.

 

Ce qui a fasciné, c’est la symbiose du communisme. Pour M. Hastings, le terme « Halluin la Rouge » est un mensonge parce qu’en 1936, le candidat ne dépassera pas 60 %. « Il existe aussi Halluin la jaune, incarné par les syndicalistes chrétiens ».

 

C’est ainsi qu’il va toujours y avoir une surenchère dans la représentation ouvrière et une survalorisation de la population de tisserands. 90 % des membres du conseil municipal entre les deux guerres, est d’origine belge. Les naturalisations massives deviennent souvent des voix socialistes et communistes.

 

En 1914, les noms fleurent bon la France, en 1919, ce sont des noms flamands qui dominent. L’âge moyen d’un conseiller est de 55 ans en 1914 et de 37 ans cinq années plus tard.

 

Mais le communisme se veut jeune, et la population commence à vieillir, son aspect syndical, la prise de conscience du peuple est dérivée vers le chant social, les grèves, l’action politique mais aussi sociale.

 

Les principaux leaders : Bostoen, Declercq, Tesse, sont à la fois syndicalistes et politiques. C’est l’âge d’or pour les syndicats. En 1925, sur 14.000 habitants, 6.800 sont syndiqués. Mais en 1936, quand le Front populaire consacre la victoire de la gauche, les syndicats chrétiens sont majoritaires… Il y a donc concurrence. Les idées sont complètement opposées.

 

Le rôle des grèves

 

Il semble que la Bourse du travail ait cultivé les grèves. En 1923, il n’y a pas une seule journée, qui n’ait vu une fraction de la population faire grève. En 1928, Halluin atteint le quart des journées perdues pour cause de grève sur le plan national. « La grève des dix sous » va durer sept mois, et concerne 7.000 ouvriers.

 

La durée moyenne des journées de grévistes, atteint 52 dans l’année. On imagine ce que cela signifie de souffrances et d’infrastructures, pour subvenir aux besoins de la population.

 

Cette « grève des dix sous » est la plus fabuleuse de France. Des secours parviennent d’Halluinois implantés en Amérique, l’URSS envoie aussi des dons.

 

Après cette période, le communisme devient plus gestionnaire. Halluin dans la propagande communiste est le nombril de la révolution. Maxence Van der Meersch, l’écrivain, dans « Quand les sirènes se taisent » désigne Halluin comme « La ville saint du communisme ».

 

Parmi la population on a donc un sentiment de fierté, qui a bientôt tendance au repli. « On a le sentiment de se trouver dans une ville assiégée », dit Fernand Grenier, en 1931, alors secrétaire général de mairie, avant de monter à Paris, et de faire une carrière parlementaire.

 

« Halluin la Rouge », ne parvient pas à obtenir de député communiste parce que les communes environnantes sont encore conservatrices, notamment Bousbecque et Linselles. Il faut attendre 1936, avec Gilbert Declercq, mais c’est plutôt la dynamique du Front Populaire qui fait pencher la balance.

 

Fernand Grenier par exemple, va travailler pour exhumer des textes anciens et misérabilistes pour mieux montrer l’action du parti. Ce passé revient en terme de nostalgie. On se souvient des temps artisanaux quand on était « maître d’ouvrage » ; c’est-à-dire qu’on travaillait chez soi.

 

Le communisme halluinois, c’est les fêtes de quartiers politiques, l’utilisation des coups de génie, les « pâques rouges », et les « communiants rouges ». Il se propose comme étant le vecteur de la culture populaire. Le P.C., c’est le miroir dans lequel la société se voit et se reconnaît.

 

Bien sûr, M. Hastings n’a parlé que quarante minutes (c’est sa version que vous avez lue) d’un sujet qui pourrait se traiter en plusieurs heures, et il a laissé de côté volontairement des informations parfois relevées par les intervenants au cours du débat, à ces questions, le conférencier apporta toujours sa réponse, preuve qu’il attendait ces réactions.

 

Les débats

 

Les débats à partir de là étaient ouverts. Et s’il se trouvait des personnes pour poser des questions (Mme Rossignol, le docteur Fontaine, MM Verschaeve, Verkindère et Huyghe), auxquelles M. Hastings répondit, il fallait aussi compter avec les contestations de M. Léon  Saint-Venant, dirigeant syndicaliste chrétien qui avait vécu l’époque et M. Vermander, auteur du livre « Un siècle d’histoire ouvrière à Halluin ».

 

M. Saint-Venant précise tout d’abord que les syndicats chrétiens étaient rouges également, et insiste sur leur importance. Par contre il approuve le terme « gestionnaire, et rappelle la création de coopératives. Il fait aussi remarquer qu’une grève dure a été déclenchée à Roubaix-Tourcoing, pour laquelle Halluin n’a pas été solidaire. Il souligne enfin que les ouvriers avaient en face d’eux des industriels qui donnaient plein pouvoir à M. Désiré Ley, directeur de l’union patronale, un homme qui laissa des traces dans le monde ouvrier.

 

Pour M. Dominique Vermander, c’est entre 1875 et 1885, que l’ouvrier halluinois passe du travail individuel à la concentration en usine, et entre 1890 et 1895 qu’il comprend qu’il est exploité, et c’est entre les deux guerres que se fait le passage des deux idéologies : syndicats chrétiens et socialistes d’Halluin et de Menin. Parmi les chrétiens, on note trois tendances : le clergé paroissial flamand, un courant « action française », et l’Epi (coopérative), aidée par les prêtres.

 

M. Hastings ajoute qu’au P.C., il n’y a pas de courant, « puisque les opposants à la ligne de conduite sont évincés tel Gilbert Declercq, ou exclus tel Albert Cornette, président des Jeunesses communistes, les Desmettre, Bostoen, Tesse sont décédés, et Henri Loridan est parti au fascisme. Après la guerre 1939-1945, restent les frères Casier qui n’ont pas le rayonnement voulu ».

 

Il rappellequ’à la Libération, trois partis visent la mairie : P.C., P.S et M.R.P., et que les communistes seront par la suite victimes du système des alliances.

 

M ; Vermander apporte une précision : « Quand un M.R.P. devint maire, ce fut au bénéfice de l’âge, l’un de ses conseillers étant le doyen de l’assemblée » ; il ajoute que « si les communistes perdirent la majorité au conseil municipal, c’est aussi parce qu’ils avaient moins d’enfants que les chrétiens, donc moins d’électeurs attachés à leur cause ».

 

Ce fut le mot de la fin. Le public demeura encore longtemps dans la salle. Répartis en petits groupes, les Halluinois passèrent aux commentaires et réflexions, la preuve que le conférencier était parvenu à « accrocher », et qu’on l’aurait encore écouté des heures durant.

 

 

(Archives VdN, 5/11/1989).

 

Petite anecdote : Si le communisme halluinois n’a jamais pu franchir les limites de la ville pour contaminer le canton ou la circonscription, il a en revanche essaimé… aux Etats-Unis, et plus exactement en Pennsylvanie ou, entre les deux guerres, des Halluinois expatriés ont tenté de créer une section communiste clandestine. Qui n’a toutefois pas connu le succès rencontré dans sa ville natale, et a surtout valu, à ses instigateurs de passer pas mal de temps en prison… 

Partager cet article
Repost0
22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 08:02


« Halluin-la-Rouge  : 1919-1939 » : c’est le titre d’une thèse de doctorat soutenue (avec succès) par Michel Hastings. Six années de travail et un passionnant document de 1.000 pages qui pèse… cinq kilos pour une « petite tâche rouge » !

 

C’est en avril 1988, à la Faculté des Sciences juridiques politiques et sociales de Villeneuve, que Michel Hastings, chercheur au Centre de recherches administratives, politiques et sociales (CRAPS)  a soutenu sa thèse de Doctorat d’Etat.

 

La réussite était au rendez-vous puisque l’auteur a obtenu la mention « très honorable ». Avec un petit record à la clé : le dialogue entre Michel Hastings et les membres du jury dura… cinq bonnes heures !

 

A l’évidence, le jury était aussi passionné que le candidat. Il poussa même la conscience professionnelle jusqu’à aller visiter Halluin en cette fin du mois d’avril. Ce jury était composé de M. Maurice Agulhon, professeur du collège de France ; Mme Annic Kriegel, professeur à l’Université de Paris X ; M. Georges Lavau, professeur à l’Institut d’Etudes politiques de Paris ; M. Marc Sadoun, professeur à l’université de Lille II et M. Christian Marie Wallon Leducq, maître de conférences à l’Université de Lille II.

 

Dans le courant de cette année 1988, les passionnés d’histoire locale (et ils sont nombreux) peuvent se frotter les mains : ils auront la possibilité de se plonger dans un extraordinaire ouvrage consacré à la non moins extraordinaire période d’entre les deux guerres pendant laquelle les communistes dirigèrent la vie politique halluinoise.

 

Extraordinaire doit ici être pris au sens premier car comment qualifier autrement cet « Halluin la Rouge 1919- 1939 : aspects d’un communisme identitaire, singularités écologiques et stratégies d’implantation » que son auteur, Michel Hastings a accepté de venir nous présenter au lendemain d’une soutenance de thèse qui dura… cinq heures.

 

Quelques chiffres suffiront à vous convaincre. Partant pratiquement du néant (une simple tache rouge remarquée sur les anciennes cartes électorales de la France », Michel Hastings a travaillé six ans sur le sujet. Archives, statistiques, témoignages, réflexion personnelle et au bout du compte quatre épais volumes affichant la bagatelle de 1.000 pages et le respectable poids de cinq kilos !

 

« Ce qui m’a intéressé, explique Michel Hastings, qui n’avoue avoir aucun lien particulier avec Halluin (il est né au Canada !) c’est de comprendre comment une petite ville d’apparence anodine est devenue cette « Halluin la Rouge » dont on parlait… jusqu’à Moscou ! Savez-vous que l’Humanité a traduit nombre d’articles de la Pravda dans lesquels Halluin était glorifiée ? ».

 

Inimaginable de nos jours

 

Michel Hastings ayant eu besoin de 1.000 pages pour répondre à la question qui le chiffonnait, nous n’aurons pas la  prétention de résumer sa thèse en quelques lignes « il faut bien comprendre, précise-t-il d’ailleurs d’emblée, qu’il s’agit d’un travail de sciences politiques et non pas d’un récit historique où fourmilleraient les anecdotes savoureuses ou inédites ».

 

N’allez pourtant pas imaginer Michel Hastings sous les traits d’un vieil universitaire à longue barbe employant un vocabulaire inaccessible au commun des mortels. Si son ouvrage est d’un haut niveau (on ne devient pas Docteur d’Etat d’un coup de baguette magique), ce jeune chercheur… de 30 ans seulement s’est visiblement plongé avec délectation dans la réalité d’une époque pas si éloignée que cela. Il vous en parlerait des jours entiers !

 

Et quoi qu’il en dise, les quatre volumes de sa thèse recèlent des documents étonnants.

 

Les générations qui n’ont pas connu la première moitié de ce siècle y découvriront une « ambiance » quasi inimaginable aujourd’hui et issue d’une situation que Michel Hastings rappelle avec le souci d’une extrême précision :

 

« En 1886, 78 % des Halluinois sont des Flamands et 98,4 % des ouvriers de l’industrie travaillent dans le textile ». Notons ici, en aparté, que 50 % des commerces de détail sont alors… des cafés !

 

1923 : pas un jour sans grève !

 

On comprend mieux qu’un peu plus tard, un commissaire de police (leurs rapports sont forts instructifs) se plaignait en ces termes au préfet : « Je vous serais très obligé de vouloir bien me faire connaître votre avis sur la question suivante qui me cause un assez vif embarras. Dois-je tolérer que les orateurs emploient au cours des réunions publiques la langue flamande que je ne comprends pas ? ».

 

Et que dire que ces chiffres époustouflants que Michel Hastings a sorti des archives au sujet des grèves à Halluin la Rouge : « Sans prendre position, on peut comprendre le ras-le-bol des patrons, explique-t-il en souriant, quand on sait, tenez-vous bien qu’en 1923, il ne se passera pas une seule journée sans qu’une fraction de la communauté ouvrière ne soit en grève… ».

 

C’était au temps d’Halluin la Rouge, « La Mecque du communisme dans le Nord » : une véritable épopée marquée par des conflits syndicaux quasiment ininterrompus mais aussi par d’incroyables festivités organisées par la municipalité. Comme ces « fausses » et grandioses funérailles de Désiré Ley, le secrétaire général du Consortium patronal le 9 mars 1924.

 

Un film de cette parodie funèbre a été tourné et telle une relique, il a été remis… aux ouvriers textiles de Bakou,en Union Soviétique !

 

On vous le redit, le travail de Michel Hastings est ex-tra-or-di-nai-re !

 

 (Archives N.E., 30/4/1988). 

 
                                Un livre « Halluin La Rouge ».

 

C’est le 22 juin 1991,  que Michel Hastings est venu présenter son livre intitulé « Halluin la Rouge, 1919 – 1939, aspects d’un communisme identitaire », un ouvrage de 440 pages, publié par les Presses universitaires de Lille. Ce jour-là, en présence du maire Alexandre Faidherbe, il est venu présenter et dédicacer son livre.

 

L’auteur définit en quelques mots le contenu de ce gros ouvrage :

 

« Halluin , aujourd’hui une ville sans histoire, Halluin la Rouge, entre les deux guerres, une ville dans l’Histoire. Vingt années d’une formidable épopée révolutionnaire pendant lesquelles une petite cité frontalière du département du Nord deviendra « la ville sainte du communisme », « la citadelle assiégée ».

 

« Comment expliquer la conquête brutale par le P.C. en 1920 d’une commune jusque là conservatrice ? Une des clés de l’aventure des tisserands d’Halluin la Rouge ne résiderait-elle pas dans la nature du communisme local ? ».

 

« Il est apparu que le parti communiste halluinois liait son destin et sa légitimité à la défense d’un sentiment d’appartenance au terroir communal. Dirigeants et militants se sentiraient investis du pouvoir et du devoir de refaire le groupe, de forger une image positive de la communauté ».

 

« Cette parenthèse communiste correspond à un moment historique du développement démographique, politique, économique d’Halluin qui contraint ou invite le Parti à répondre à certaines demandes sociales. Halluin la Rouge serait donc l’histoire d’une rencontre entre une société locale en crise et un mouvement politique producteur d’un discours d’auto-définition ».

 

« Ordonnateur festif, militant syndical, historien nostalgique, porte-parole des Flamands de la seconde et troisième génération, tels furent les rôles principaux qu’accepta de jouer ce communisme colporteur d’identité ».

 

Une ville dans l’Histoire…

 

Imaginez une ville, dont la renommée de « ville sainte du communisme », de « citadelle assiégée » dépassait les frontières de notre pays pour arriver jusqu’à Moscou et au Vatican…

 

Imaginez une ville noyautée par le PC,vivant au rythme des conflits sociaux et des fêtes rouges, avec son petit peuple de bobineuses, épeuleuses et autres ourdisseurs !

 

Imaginez une ville qui vit une guerre ouverte entre la municipalité et le Commissaire de Police, une guerre « jalonnée de plaintes contre les brutalités gendarmières, d’arrêtés municipaux stigmatisant « l’invasion policière » et refusant de loger les gardes mobiles ».

 

Imaginez une ville qui devient socialiste, puis communiste, alors que la France se teinte de Bleu Horizon… Une ville qui compte plus de 80 % d’ouvriers ;;; Qui ne vit que du textile… Et une municipalité qui ne cesse de souffler sur le feu des grèves… Qui crée des fonds de soutien aux grévistes… Un village d’Astérix du communisme…

 

Cette ville c’est Halluin, dans les années 1919 à 1939.

 

« Halluin aujourd’hui, une ville sans histoire. Halluin entre les deux guerres, une vile dans l’Histoire ». Pour lapidaire qu’elle soit, cette formule de Michel Hastings en dit long sur ces « vingt années d’une formidable épopée révolutionnaire… ».

 

Formidablement documenté et rigoureux, le livre de Michel Hastings retrace l’histoire d’Halluin la Rouge. Un livre qui fera le bonheur des amateurs d’Histoire. Un livre fiable et bourré d’anecdotes, mais un peu austère également. Un livre qui de toute façon fera date dans la mémoire collective de la ville.

 

A la question suivante : « Votre ouvrage remonte loin en arrière avant 1919, mais il s’arrête net en 1939. Serez-vous l’auteur d’une « Histoire d’Halluin », des origines à nos jours ?

 

Michel Hasting : « Ce serait une grande joie ! On ne travaille pas des années sur une ville sans s’y attacher ! Mais ce ne pourrait être qu’un ouvrage collectif, regroupant des spécialistes des différentes périodes historiques.  

 

 

(Archives et Synthèse D.D,. VdN, N.E. Juin 1991).   

L I E N S  : Halluin et son histoire. 

Evolution démographique halluinoise à travers les siècles.  

Borne Autrichienne ?

Légendes et superstitions halluinoises.

Le château du Molinel

"Le klute-Put"

Partager cet article
Repost0
19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 20:50


C'était à Halluin.... Il y a 70, 80 et 90 ans !

 

L’histoire d’Halluin, entre les deux guerres mondiales, est rythmée par l’ampleur et la fréquence des conflits sociaux ainsi que par l’âpreté des luttes syndicales. L’originalité de cette commune ne s’arrête cependant pas là.

 

Halluin la Rouge, « ville sainte du communisme » écrit Maxence Van Der Meersch, constitue un symbole au sein d’une région qui est l’un des principaux bastions de la S.F.I.O. En effet, constamment réélue, la municipalité communiste engage toute une série de réalisations sociales et tente de populariser les grands thèmes de politique générale.

 

Une Municipalité Communiste


Le Conseil Municipal :
Les élections municipales de 1919 sont un succès pour les Socialistes. La différence de voix entre les deux listes qui s’affrontent est minime ; elle permet toutefois d’élire le 11 décembre un Conseil Municipal avec Gustave Desmettre comme maire, Lauridan et Verkindère comme adjoints. En 1920, tous ces militants adhèrent à la Troisième internationale, malgré l’opposition de V. Vandeputte qui doit quitter Halluin ;

 

Lors des électrions de 1925 à 1929, la présence d’une liste socialiste (S.F.I.O.) empêche la victoire de la liste communiste au premier tour. Mais en 1935, succès inespéré : le parti communiste obtient 57 % des suffrages, bien que, pour la première fois, des ouvriers chrétiens se soient engagés politiquement.

 

Sur un document postérieur à 1925, le conseil municipal au grand complet est photographié dans la cour de la Mairie.  On peut y reconnaître quelques-uns des principaux militants politiques et syndicaux. Autour de Gustave Desmettre sont assis, à sa gauche, Gilbert Declercq, et à sa droite, Jean Verkindère et Victor Dereus. Immédiatement en arrière, se tiennent debout Gustave Casier, qui deviendra Maire d’Halluin à la Libération et Emile Bostoen.

 

Gustave Desmettre, un ancien manœuvre qui bénéficie d’une grande popularité, demeure à la tête de la municipalité jusqu’en 1935. Il est aidé par de nombreux militants tels F. Grenier, employé de mairie, Emile Bostoen et Gilbert Declercq. Ce dernier, devenue Maire d’Halluin après le décès de Gustave Desmettre, est ensuite élu en 1936 député communiste de la 9ème circonscription du Nord.

 

Les Réalisations Sociales : La nouvelle municipalité met de suite en application les principes communistes. Elle engage donc une action directe auprès de la population, soutient au maximum les revendications ouvrières et prévoit le développement des œuvres sociales.

 

Ses interventions sont extrêmement diverses. Elles consistent d’abord en des subventions allouées aux chômeurs grévistes, en des aides aux personnes âgées (colis, dégrèvements d’impôts). En même temps, le conseil municipal organise l’assistance médicale gratuite, le camp de vacances pour les Jeunes. Plus du tiers du budget communal est ainsi consacré à ces tâches.

 

Parmi les autres réalisations importantes, à mettre à l’actif de la municipalité communiste, sont à signaler les constructions de l’école Jules Guesde rue de la Lys, les bains-douches rue de Lille, le dispensaire rue des Ecoles et l’aménagement du jardin public auquel furent employés des chômeurs.

 

L’Action Politique : L’œuvre éducative va de pair avec la propagande. Des conférences, des représentations cinématographiques ont lieu à la Maison du Peuple, une bibliothèque est mise à la disposition de la population. Bien plus, on favorise la diffusion des grands thèmes nationaux du parti communiste : antifascisme, réformes sociales, soutien au droit des peuples, représentation proportionnelle.

 

Lors des grèves, l’ensemble du Conseil Municipal participe activement à la lutte. Il se charge de transmettre à la préfecture les revendications de la C.G.T.U. ou du comité des chômeurs ; il émet des « vœux », propose des solutions aux conflits ou encore demande le retrait des forces de l’ordre et la remise des pouvoirs de police au Maire.

 

La solidarité ouvrière et politique se manifeste également à l’égard des autres régions ou d’autres pays. Une aide concrète est apportée au Front Populaire espagnol. Des vivres et des vêtements sont collectés et de jeunes militants s’engagent dans les Brigades Internationales.

 

On voit sur un document un camion en voie de chargement à proximité de la Maison du Peuple. Le tableau porte l’inscription : « Le 29 juillet 1938. Le camion part avec 5.000 kg de marchandises. Valeur 50.000F. Vive Halluin. Vive l’Espagne ».

 

Les Elections Législatives : Pour le parti communiste, toute élection législative revêt une grande importance. La 9e circonscription du Nord, dont fait partie Halluin, est l’un des rares secteurs où il peut espérer l’emporter, alors qu’ailleurs l’implantation de la S.F.I.O. est trop forte.

 

De 1902 à 1936, le candidat constamment réélu est Monsieur Grousseau, Professeur de Droit à la Faculté Catholique de Lille. Membre de l’Action Libérale Populaire, groupe parlementaire fondé en 1901 afin de rassembler des Conservateurs ralliés à la République, celui-ci est un défenseur acharné de la cause catholique. Le 21 avril 1914, le « Réveil du Nord » l’appelle « l’Homme du Pape au Palais Bourbon ».

 

En 1928 et 1932, les communistes, à la différence des socialistes de 1914 maintiennent au second tour leur candidat et permettent indirectement la victoire de Monsieur Grousseau. Mais en 1936, Gilbert Declercq, Maire d’Halluin depuis une année, enlève la circonscription grâce à l’unité  issue du Front populaire. Plus que les évènements de politique générale, la crise économique et l’action engagée en faveur des chômeurs expliquent ce succès.

 

Après un moment de recul relatif entre 1928 et 1932,  période pendant  laquelle le pourcentage  des  voix  obtenues  aux  différents  scrutins  tombe de 54 à 48 %, le Parti Communiste a donc largement reconquis son audience auprès des ouvriers halluinois. Les fautes tactiques commises lors des grèves de 1930 et 1931, les critiques avancées par les socialistes et les démocrates chrétiens sont momentanément oubliées.

 

C’est d’ailleurs à l’occasion de cette élection législative de 1936 que le parti communiste d’Halluin obtient le meilleur score, 2263 voix et 58 % des suffrages. Ce pourcentage record dépasse légèrement celui des élections municipales de l’année précédente, où il avait obtenu 2141 voix et 57 % des suffrages exprimés.

 

Les Conflits Sociaux


Pleinement soutenu par une municipalité communiste, le Syndicat unitaire (C.G.T.U.) mène un combat virulent contre le patronat d’Halluin. L’industrie textile, qui est le véritable baromètre de la vie économique de la ville, connaît en effet des difficultés. A une première phase de reprise et d’expansion (1919-1928), a succédé une période de régression continue. Grèves et actions revendicatrices sont donc plus nombreuses avant 1930 et certaines d’entre elles vont étendre, bien au-delà de la région, la réputation d’Halluin « ville rouge ».

 

Les Mouvements Revendicatifs : La fréquence des grèves et des mouvements revendicatifs est telle qu’il est impossible de les évoquer tous. En 1924, l’ « Enchaîné » en dénombre 104 pour les cinq années précédentes.

 

A titre indicatif, on peut citer ceux de :

 

1921 : grève générale du textile.

1923-24 : divers mouvements notamment dans les teintureries.

1925-26-27 : grèves multiples aux Etablissements Dufour, Sion, à la Cie Française de caoutchouc.

1928 : 1er mars – 1er juin « conflit Sion ».

1928-1929 : grève générale des « Dix Sous ».

1930 : nouvelle grève générale aux mois d’août et de septembre.

1931 : différents conflits dans le textile.

1932-1933 : des arrêts de travail.

1936 : grèves et occupations d’usines.

1938 : lutte contre les décrets-lois.

 

Une photo montre un groupe de grévistes parmi lesquels les femmes sont très minoritaires. Ils écoutent un leader syndical venu les haranguer. Le port de la casquette est pour l’ouvrier le signe distinctif qui l’oppose à tous ceux qui portent un chapeau, généralement d’une classe sociale supérieure à la sienne.

 

Les Manifestations : Les manifestations sont chose courante à Halluin. La C.G.T.U. et le parti communiste invitent les ouvriers, notamment lors des grèves, à exprimer publiquement leurs revendications et à montrer leur force.

 

Ces rassemblements sont parfois de nature plus politique que syndicale. Ainsi, le dimanche 20 septembre 1925, une « contre-manifestation prolétarienne » répond à l’inauguration d’un monument aux morts, réalisé grâce à des souscriptions privées. Selon l’Enchaîné, « 8.000 travailleurs défilent en rangs serrés, réclamant la paix au Maroc et souhaitant une grève générale de 24 heures pour soutenir leurs revendications ».

 

Pour prévenir tout incident, la rue du Moulin, qui conduit au monument aux morts, est barrée par un groupe de gendarmes à cheval. Ce face à face « manifestants-gendarmes » était un fait familier pour les Halluinois de cette époque.

 

Le Rôle du Consortium Textile : Les rapports entre syndicats ouvriers et organisations patronales sont généralement tendus. Les syndicats chrétiens recherchent très souvent un compromis, mais les Unitaires se montrent plus intransigeants et durcissent les conflits.

 

Face à ces mouvements de grève, les patrons halluinois tentent d’abord de créer une association l’Union Industrielle d’Halluin (1923-1924) puis lors du conflit Sion, décident de se joindre au « Consortium textile » de Roubaix-Tourcoing.

 

Ainsi à partir de 1928, le véritable adversaire des syndicats est Désiré Ley, celui-là même qu’un dimanche de mars 1924, un vaste cortège organisé par la C.G.T.U., avait solennellement « brûlé » en effigie sur la place Jean Jaurès. Cet ancien ouvrier, issu d’une famille modeste, est devenu le véritable maître du Consortium et exerce, pour les syndicats, une sorte de « dictature » sur les quelques 350 usines textiles de la région.

 

Sous couvert de paix sociale, Désiré Ley tente de discréditer les syndicats ainsi que leurs représentants. A cette fin, il utilise les divisions ouvrières, use de la rivalité entre Chrétiens et Unitaires, comme l’indiquent  des « Notes Confidentielles ».

 

Le Conflit Sion : Le 1er mars 1928 éclate aux Etablissements Sion un conflit très dur, qui devait persister au 1er juin de la même année. Son déclenchement a pour origine une diminution réelle du salaire des tisserands, lesquels étaient obligés de travailler avec des textiles de mauvaise qualité. Les communistes menacent de cesser le travail ; les chrétiens, hostiles à une action immédiate, recherchent la concertation.

 

Une fois déclenchée, la grève donne lieu à une diatribe violente. Entre les deux tendances syndicales, c’est la lutte ouverte. Pour la C.G.T.U., les syndicats chrétiens trahissent la cause des ouvriers. Pour la C.F.T.C., les syndicats unitaires veulent obtenir le monopole. Un affrontement est donc prévisible, mais l’entrée de M. Sion au Consortium textile bouleverse les données.

 

Face à Désiré Ley, qui a reçu plein pouvoir et veut écraser le mouvement syndical à Halluin, la lutte devient inégale. La position des syndicats chrétiens est intenable puisque ceux-ci sont mis en accusation aussi bien par les communistes que par D. Ley. Le Secrétaire de l’organisation patronale entretient à merveille ces suspicions à l’égard de ceux qu’il appelle toujours  les « Démocrates-Chrétiens ».

 

La Grève des « Dix Sous »

 

Nombre de grèves ont eu un retentissement régional et les industriels du Textile redoutent la contagion halluinoise   ; La grève dite des « Dix Sous » est à ce titre, exemplaire. Celle-ci succède immédiatement au Conflit Sion, qui a eu lieu entre le 1er mars et le 1er juin 1928. Elle dure du 20 septembre 1928 au 1er avril 1929 et voit s’affronter un Patronat résolu et un Mouvement ouvrier extrêmement combatif, mais une fois encore, divisé. Assurément un échec pour les ouvriers halluinois, cette grève marque un tournant dans l’histoire sociale d’Halluin puisque la C.G.T.U. en sort affaiblie.

 

 L’Origine du Conflit : La grève des Dix Sous ainsi dénommée parce que les ouvriers réclamaient 0,50 F de l’heure, a pour origine l’intransigeance du patronat ou plus exactement celle du secrétaire du Syndicat Patronal de Roubaix-Tourcoing, Désiré Ley.

 

Pour les syndicats textiles de la région, il est alors indispensable d’obtenir une augmentation importante du salaire horaire, compte tenu de l’accroissement du coût de la vie. Une action revendicatrice énergique est donc envisagée et préparée sur l’ensemble de la région textile. La grève générale n’est toutefois pas retenue comme absolument nécessaire.

 

Brusquement la grève prend naissance à Halluin le 17 septembre 1928. Par solidarité avec les mécaniciens qui entretiennent les métiers à tisser, les ouvriers du textile arrêtent le travail et tentent d’entraîner ceux des communes voisines, d’abord dans la Vallée de la Lys, puis à Roubaix-Tourcoing.

 

Dès ses débuts, la grève est donc rude. Un texte intitulé : « A l’index les affameurs !!! » a été placardé 14 semaines après le début du conflit. Il montre la dureté de ce mouvement revendicatif et la volonté des grévistes de parvenir à arracher quelques concessions au patronat. A cet effet, appel est lancé à tous les ouvriers afin de constituer un « front unique ».

 

Distribution de Vivres aux Grévistes : Déclenchée à la demande des ouvriers d’Halluin, la grève n’a été que provisoire. Le 10 octobre, le travail a partout repris, sauf à Halluin et dans les deux communes voisines de Roncq et de Wervicq. Toutes trois se trouvent, de  ce fait, isolées. La résolution du Consortium patronal et la réticence de certains syndicats, qualifiés de « réformistes » par les communistes, ont empêché le mouvement de se poursuivre dans les autres cités industrielles.

 

 Pendant six mois, 6.000 à 7.000 ouvriers textiles, dont près de 5.000 à Halluin, mènent un combat difficile. Pour la C.G.T.U., majoritaire, Halluin est la « citadelle » où il faut à tout prix réussir, où il est indispensable d’assurer une victoire éclatante de la classe ouvrière.

 

Une fois de plus, les syndicats ne peuvent envisager la poursuite de la grève qu’en faisant appel à la solidarité régionale, nationale et internationale. Le problème des secours en vivres et surtout en argent est fondamental. Tant par la C.G.T.U. que par la C.F.T.C., des emprunts sont contractés, des souscriptions sont organisées. Ils permettent de pourvoir à l’attribution de modestes secours financiers et, à la distribution de nourriture.

 

L’Exode des Enfants : La patience des ouvriers est soumise à une rude épreuve, d’autant que la troupe a été appelée pour appuyer les forces de gendarmerie. Les heurts sont d’ailleurs fréquents avec la police : jets de pierres, coups et barricades.

 

Les « Jaunes » ou « Briseurs de grève » subissent les brimades d’une population surexcitée par les privations. La nuit, les goudronnages de façades deviennent fréquents. En représailles, les portes de la Maison du Peuple sont recouvertes également de goudron, puis celles de l’immeuble du Consortium.

 

La répression s’accentue. Aux charges des escadrons de gendarmerie succèdent les arrestations, les expulsions de meneurs syndicaux. Des ouvriers sont condamnés à des amendes ou à la prison.

 

Devant cette situation, des familles acceptent de se séparer de leurs enfants. Encadré par les Forces de l’ordre fusil à l’épaule, le cortège se prépare à quitter la place Jean Jaurès en direction de la gare. Véritable exode qui indique la volonté de résistance et le courage d’ouvriers halluinois.

 

La Reprise : 15 Avril 1929 : « Donnez-nous nos dix sous, C’est notre salaire, Messieurs les filous, Donnez-nous nos dix sous »,

Pendant plusieurs mois, ce refrain a résonné dans les rues d’Halluin. Mais les industriels qui ont refait leur unité et créé l’Union Patronale d’Halluin, refusent de céder et donc de continuer « une politique de concessions ».  

 

La poursuite de la grève devient impossible et il faut bien se résoudre à reprendre le travail. Pour la C.G.T.U. il ne s’agit là que d’une « retraite momentanée ». Pour les syndicats chrétiens, dont beaucoup d’adhérents ont plutôt subi la grève, la reconnaissance par le patronat textile du droit syndical lors de l’usine, interdit de considérer cette grève comme une défaite totale.

 

Une affiche intitulée : Aux ouvriers et à la population d’Halluin » est la seule qui fut placardée à Halluin par l’Union Patronale et ce, le 18 avril 1929 seulement, soit trois jours après la rentrée en usine. En énumérant l’ensemble des activités sociales auxquelles le Consortium Textile affirme se consacrer, le patronat cherche visiblement à atténuer le ressentiment ouvrier.

 

L’Opposition Syndicale


Face aux Communistes, ni les Socialistes affiliés à la S.F.I.O. ni les Conservateurs ne représentent une réelle force d’opposition. En réalité la principale résistance au parti communiste et à la C.G.T.U., provient de l’Union des syndicats libres d’Halluin et environs, dont l’audience n’est pas négligeable auprès des ouvriers. La lutte est certes inégale, mais les militants regroupés autour d’Arthur Houte ne désarment jamais. Il est vrai que le soutien d’un évêque vient, au moment opportun, les confirmer dans leur action.

 

Toute une génération d’ouvriers, très vite initiés à la doctrine sociale de l’Eglise, ont, dès la fin du XIXe siècle, créé à Halluin et dans ce secteur de la Vallée de la Lys un mouvement social d’inspiration chrétienne.

 

Au lendemain de la première guerre mondiale, les « syndicats libres » se reconstituent et adhérent à la C.F.T.C. naissante. Ceux-ci se réinstallent d’abord au Foyer Démocratique, rue de Lille, puis à partir de 1927 à la « Maison des Syndicats Libres » rue des Ecoles.

 

Grâce à Arthur Houte, choisi comme secrétaire permanent, et à bien d’autres syndicalistes tels Gustave et Jules Verkindère, Nestor Saint-Venant, Victor Montagne, Henri Berte et Joseph Declercq existe un syndicat non socialiste mais cependant ouvrier.

 

Un tract de 1927 intitulé : « Réponse à un prétendu… Groupe de Catholiques », dont la rédaction porte l’empreinte évidente de l’aumônier du Cercle d’Etudes Léon XIII, ne peut se comprendre que dans le contexte de l’époque et par rapport à l’origine du mouvement ouvrier à Halluin.

 

Les Difficultés : Les syndicats chrétiens sont violemment pris à partie. Par intérêt immédiat ou par besoin de simplification, ils sont tantôt rejetés dans le camp des Unitaires, tantôt considérés comme alliés du patronat.

 

La rivalité est particulièrement vive avec la C.G.T.U. L’opposition fondamentale réside surtout dans les modalités et la finalité des grèves. Pour les uns, celles-ci sont un ultime recours lorsqu’on a épuisé toutes les possibilités de négociations, alors que pour les autres, elles sont  également un outil « révolutionnaire » et un moyen de formation de la classe ouvrière.

 

Des Libelles circulent ; des injures sont échangées. Aux anathèmes de « sectaires » répondent les cris de « briseurs de grèves ». On dénonce ici l’emprise communiste, la démagogie violente des marxistes ; on condamne là l’esprit conciliateur et le « sentimentalisme » du chrétien.

 

Etranger à la notion philosophique de « lutte des classes », ainsi que l’indique clairement le tract précédent, les militants chrétiens réclament une plus grande dignité pour l’ouvrier, une meilleure organisation des professions, une diminution de la durée de travail ainsi qu’un relèvement matériel et moral de la famille.

 

Mieux que toute définition, une formule résume bien l’attitude des syndicalistes chrétiens de l’époque : « Républicain sans être radical, social sans être socialiste, patriote sans être nationaliste, catholique sans être réactionnaire ». Programme ambitieux et peut-être utopique, qui les condamne à être rejetés par l’un et l’autre camp.

 

Un document intitulé :  Trois adversaires du 1er Mai » visait à discréditer Arthur Houte l’animateur des Syndicats chrétiens d’Halluin et de l’Epi. Il est représenté aux côtés de Robert Sion l’un des plus importants industriels de la commune, responsable selon la C.G.T. de l’un des plus durs conflits sociaux, et de Désiré Ley, le secrétaire du Consortium textile qualifié ici de « fripouille ».

 

Le Soutien d’un Evêque : En 1929, les Syndicalistes chrétiens reçoivent un appui exceptionnel de la part de l’Eglise officielle. Certes l’on savait que le nouvel évêque de Lille était attentif aux questions sociales. En tant que curé-doyen de Tourcoing, il n’avait pas hésité à rappeler au Patronat chrétien ses devoirs et ses obligations. Mais nul ne pouvait s’attendre à voir figurer sur une liste de souscription destinée aux grévistes d’Halluin et publiée par le « Nord social », le nom de Mgr Liénart.  

 

C’était là sans doute l’un des premiers actes, en tant qu’évêque, d’un pionnier d’une Eglise catholique ouverte au monde. Cette prise de position, ainsi que son attitude à l’égard des ouvriers, devait lui valoir maintes critiques de la part du Patronat. Mais l’élévation au cardinalat de « l’évêque rouge » apportait la caution de Pie XI. Etaient ainsi confirmés dans leur action tous ceux qui, à Halluin et dans toute la région , cherchaient à mettre en pratique la doctrine sociale définie par « Rerum Novarum » et qui avaient à affronter un monde patronal hostile aux « Démocrates Chrétiens ».

 

Ces évènements eurent un grand retentissement dans les milieux chrétiens de France, dans la mesure où l’autorité religieuse prenait ouvertement parti pour des chrétiens engagés dans l’action syndicale. Il n’est peut-être pas exagéré de dire, comme Pierre Pierrard : « Les grandes grèves d’Halluin en 1929 marquèrent un tournant décisif dans l’histoire du catholicisme social, orienté dorénavant vers la promotion ouvrière ».

 

Les Elections Municipales de 1935 : Depuis 1919, Halluin est devenue pour le parti communiste une « citadelle ouvrière », où les élections lui étaient toujours favorables.

 

Après une tentative malheureuse, en 1929, leur liste étant qualifiée à tort de liste de Consortium, les chrétiens sociaux se lancent ouvertement dans la bataille municipale de 1935. A leur tête se trouvent Arthur Houte et d’autres militants connus, tous adhérents à la Jeune République.

 

Les résultats restent très positifs pour le parti communiste, mais font chuter la Droite, qui tombe à 13 % des suffrages ; Les « catholiques sociaux » obtiennent 24 % des voix.

 

Tentative audacieuse, combien significative de l’état d’esprit et de la combativité de ceux qui refusent d’être les continuels soutiens des Conservateurs. Du moins, ce vote traduit-il assez bien l’influence réelle des Syndicats Libres auprès de la population ouvrière halluinoise.

 

Figurent sur une photo, prise à l’occasion d’un anniversaire de l’encyclique Rerum Novarum, les principaux syndicalistes chrétiens : Victor Montagne, Arthur Houte, Gustave Verkindère, A. Myngers, Joseph Declercq, Alphonse Houte, J. Verkindère, H. Parmentier, V. Deplanque et G. Vandemelebrouck.

 

Cortèges et Défilés


Pendant  les journées de travail, les rues d’Halluin, même les principales, étaient souvent désertes et silencieuses. Mais, certains jours, les pavés mal joints ont résonné sous les pas des grévistes, tandis que retentissaient les clameurs des ouvriers.

 

 Au cours de la période d’entre les deux guerres, la plupart des grèves ont, en effet, été marquées par d’imposants défilés.

 

Sur une photo, le cortège s’avance précédé du drapeau rouge que des militants syndicaux encadrent. La présence d’une forte escorte de gendarmes témoigne suffisamment de la détermination des ouvriers et de la virulence de certaines manifestations.

 

Sur un autre document, la foule compacte des grévistes et des manifestants, d’où émergent plusieurs banderoles, débouche sur la rue de Lille. A première vue, les participants semblent relativement décontractés, mais les forces de police sont toujours présentes et visibles.

 

Les années 1914-1918 marquent une rupture profonde de la vie urbaine, non seulement parce qu’une municipalité communiste gère différemment la commune et soutient les nombreux mouvements sociaux, mais également parce que les liens traditionnels avec les autres villes de la vallée de la Lys, ou même les relations privilégiées avec Menin commencent à s’affaiblir.

 

Ainsi, faute de trafic suffisant, la ligne de chemin de fer vicinal, qui assurait la desserte des communes françaises de la Moyenne Vallée de la Lys, disparaît. Par contre, depuis 1926-1927, Halluin est reliée à Tourcoing grâce à un tramway électrique. Venant de Roncq, celui-ci emprunte en totalité la rue de Lille et vient stationner à proximité du bureau de douane, face à l’immeuble du Consortium. Mais, à la différence du chemin de fer à écartement normal, il n’y a aucun raccordement entre cette ligne et celle qui relie « Les Baraques »  au centre de Menin (Belgique).

 

Les facilités de déplacement vers Tourcoing n’empêchent cependant pas le maintien d’une certaine originalité. Le poids du passé, les habitudes acquises ou la combativité ouvrière, autant que la position géographique de la commune concourent à maintenir à Halluin une vie urbaine largement autonome et, par bien des aspects, assez originale.

 


Ces archives sont tirées du livre de Dominique Vermander intitulé : « Un siècle d’histoire ouvrière à Halluin (1840- 1940).
  
 

Partager cet article
Repost0
17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 12:19


Voici le troisième et dernier volet consacré au cardinal Achille Liénart, avec qui  la population halluinoise a vécu une partie importante de son histoire sociale.

 

Lors du décès du cardinal Liénart, survenu le 15 février 1973, le journaliste Claude Beaufort écrivait ceci : « Cette sympathie populaire, nulle démagogie ne saurait l’expliquer. Elle ne peut se comprendre que par l’authenticité de celui qui la suscitait ; une authenticité de l’homme qui le faisait reconnaître d’emblée comme l’un des meilleurs : un aristocrate du peuple de Dieu ».

 

En 2001, Maître de conférences à la Catho, Catherine Masson a présenté, lors d’une conférence, la thèse de doctorat en histoire qu’elle a soutenue sur le cardinal Achille Liénart. Lequel fut son grand-oncle…

 

Catherine Masson a limité cette « bible » de 700 pages au travail de l’évêque de Lille. Travail immense cependant qui a donné au jeune diocèse de Lille (créé en 1913) une dynamique pastorale durable.

 

 

Voici quelques grands traits résumés :

 

LILLOIS :  Né à Lille, mort près de l’église où il avait été baptisé. Grand-oncle de Catherine Masson. « Ca n’a pas été évident pour moi de passer de l’oncle Achille au cardina Liénart. Mais au bout de ma recherche, le personnage mythique est devenu plus proche, car plus humain » dit-elle.

Vie familiale équilibrée. Les Liénart-Delesalle ont trois enfants. Achille fait ses études au Collège Saint-Joseph (rue Solférino), puis au séminaire à Paris.

 

 

SOLDAT : Pendant ses études (1901-1910), il est déjà en contact avec le catholicisme social. « Mais c’est la guerre qui l’ouvre à ces réalités-là » note Catherine Masson.

Aumonier volontaire au 201e régiment d’infanterie, il a une conduite exemplaire. Le 14 août 1917, le général Pétain épingle sur sa soutane la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

« Toujours en première ligne avec les vagues d’assaut, donnant à tous le meilleur réconfort moral, et se prodiguant sur le champ de bataille auprès des blessés »
indique la citation.

 

CURE-DOYEN : Après la guerre, il devient directeur du séminaire de Lille, qui vient de se créer. Puis, il est nommé curé-doyen de Saint-Christophe, à Tourcoing, en 1926. « Il voulait rendre visite à tous ses paroissiens » raconte un témoin de l’époque.

Mais il n’en a pas eu le temps : en 1928, à 44 ans, il est nommé évêque de Lille – c’est le plus jeune évêque de France.

 

 EVEQUE : Puis, tout de suite, nomme cardinal (1930). « C’était un évêque sensible au signes du temps » commente Catherine Masson. Dans les années 30, il est confronté à la crise économique et sociale, et à la tension qui monte entre le « consortium textile », où se trouvent beaucoup de patrons chrétiens, et les « syndicalistes », chrétiens également.

Le cardinal a favorisé le dénouement de la crise, un happy end rendu possible par la reconnaissance par Rome en 1929 du syndicalisme chrétien…

 

Période aussi d’une grande vitalité pour l’Eglise de France, avec l’essor de l’Action catholique. « Ses initiatives pastorales sont marquées par ce souci : comment annoncer Jésus-Christ à un mode marqué par le matérialisme ? ».

 

CARDINAL DES OUVRIERS : Ou : « cardinal rouge ». « L’expression ne lui correspondait pas du tout, car son action s’est étendue à tous les milieux » dit sa petite-nièce. Y compris aux hommes politiques.

Ainsi, démarches inédites, à peine nommé à Tourcoing le curé Liénart rend visite au maire Gustave Dron, puis à Lille, au maire socialiste Roger Salengro…

Toute sa vie, l’évêque gardera cette conviction fondée sur le Décalogue : l’Eglise doit intervenir en matière sociale. Ce qui ne fait pas pour autant de lui un communiste : « Le communisme est engageant là où il n’est pas le maître, et repoussant ailleurs » note-t-il en octobre 1936.

 

PRESIDENT : En 1940, il devient président de l’assemblée des cardinaux et archevêques. « Il a quelque difficulté à saisir la dimension politique du moment. Il ne veut qu’être pasteur au service de tous et de l’Eglise » commente Catherine Masson.

Un leitmotiv : rester à son poste. Comme Pétain… L’ancien poilu éprouve un attachement très fort envers le maréchal, mais manifestera cependant quelques réticences vis-à-vis du programme pétainiste.


« Il ne se rend pas compte que le gouvernement de Vichy est un jouet aux mains des Allemands ».
Catherine Masson ajoute que, malgré tout, elle n’a rien trouvé chez le cardinal qui puisse être considéré comme de la collaboration.

Rien non plus sur la persécution des Juifs. Juste quelques positions ambigües sur le STO…

 

FIDELE : Après la guerre, l’image du cardinal est un peu ternie. Mais pas salie : en octobre 1944, il est invité à la réception donnée en préfecture avec de Gaulle… Dans les années 50, il est confronté à deux difficultés : l’implication des prêtres dans un combat ouvrier de plus en plus marqué par le marxisme, et dans le même temps, la diminution des vocations. Le cardinal


Se soumet aux décisions romaines, mais ne coupe pas les ponts avec ses ouailles. Lesquelles retrouvent le bercail quand Rome, ne octobre 1965, reconnaît les prêtres-ouvriers… « C’était un homme d’action et de terrain avant que d’être un homme de pensée »  conclut Catherine Masson.

 

 

Le cardinal est décédé en 1973, mais il est encore vivant dans le cœur des gens du Nord. Présent dans toutes les mémoires. Car le cardinal Liénart a marqué son temps, il a marqué l’histoire. En raison d’abord d’une extraordinaire « longévité » :

Achille Liénart a été l’évêque du diocèse de Lille pendant 40 ans, de 1928 à 1968 ! En raison aussi, il faut bien le dire, de cette étiquette aux termes a priori contradictoires, de « cardinal rouge ».

 

Tout cardinal qu’il fut, Achille Liénart n’en était pas moins homme : il lui est arrivé de se tromper. A tout le moins de ne pas savoir – pouvoir ? – lever toutes les ambiguités de sa pensée, notamment pendant l’Occupation. Comme l’a dit le « troisième successeur » du cardinal Liénart, Mgr Gérard Defois, en préambule à la conférence sur la thèse de la petite nièce :

 

 « Le livre de Catherine Masson n’est ni un panégyrique, ni un procès, mais une fresque d’histoire qui ouvre un débat… J’en retire une certaine humilité : être responsable, c’est prendre les risques de son temps ».

 

Et « le temps » d’Achille Liénart a été, simple euphémisme, difficile à l’excès. La Grande guerre d’abord, où, aumônier exemplaire, il est pendant quatre ans au plus près des hommes du 201e régiment d’infanterie, c’est-à-dire au plus près du danger.

La France du Front Populaire. Celle de Pétain. Les grands combats sociaux de l’après-guerre, son soutien sans faille aux prêtres-ouvriers…

 

Mais jamais, quelles que soient les circonstances, quels que soient les combats, sa popularité auprès de ses diocésains n’a faibli. Comme l’écrit Catherine Masson :

 

« Il fut un homme de dialogue, de conciliation, de conviction, fidèle d’un bout à l’autre à ses grandes options, soucieux, mais sans exclusive, d’atteindre les masses déchristianisées, et surtout le monde ouvrier… ».

 

 

(Archives Presse)

Partager cet article
Repost0
17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 12:10


Le Cardinal Liénart a noté chaque évènement de sa vie. Un éclairage capital qui  explique  son attitude y compris sous l’Occupation…

 

Ceux qui pensent tout connaître du Cardinal Liénart seraient bien surpris. La lecture de ses carnets personnels qu’il a fidèlement notés de l’âge de 19 ans à ses derniers jours ou presque sont d’un intérêt exceptionnel. En particulier pour la période de l’Occupation où son comportement fut parfois hâtivement décrit.

 

Ces quatre carnets « de guerre » ne figurent pas aux archives de l’Evêché. Selon la volonté du prélat, ils sont détenus par sa famille. Et son neveu, l’abbé Maurice Liénart, qui fut le confident de ses derniers instants est le dépositaire de cette « mémoire » de la 2ème guerre.

 

A quelques jours de sa mort, le Cardinal s’est penché sur son confident, l’abbé Maurice Liénart son neveu et lui dit : »Tu prendras le paquet qui se trouve dans ce tiroir là ». Ce paquet contenait les quatre carnets couvrant la période de 1939 à 1945.

 

L’écriture fine, à la plume, court sur les pages du calepin de poche et renvoit de jour en jour. Quand le Cardinal n’écrit pas, il reprend le fil de son récit à la date où il s’est interrompu. C’est là une précision importante pour tout historien. Cette belle écriture a elle aussi son histoire selon l’abbé Liénart : « Le Cardinal nous racontait en famille qu’il la tenait d’un Frère des Ecoles Chrétiennes, sa mère lui ayant imposé, enfant, des cours particuliers pour apprendre à mieux former ses lettres ».

 

La lecture de ces carnets permet d’éviter toute confusion. Elle exprime le cheminement de la réflexion d’un homme d’Eglise dans les tourments de la guerre et son intense activité en particulier envers les otages. Son inquiétude également, en Autriche les Allemands ont emmené les évêques en détention.

 

La controverse sur l’attitude du Cardinal Liénart à l’égard du gouvernement de Vichy y trouve un autre éclairage. Ainsi, si l’on peut admettre que « l’ancien du 2O1e » soit considéré comme un «  inconditionnel du Maréchal Pétain »  le vainqueur de Verdun, le Cardinal n’est pas un « inconditionnel de Vichy ».

 

Dans la zone interdite où se situe son diocèse, sa préférence à Vichy doit être considérée comme un refus à Bruxelles et une nouvelle Lotharingie. Exemple : cette phrase sur la rencontre Hitler-Pétain en octobre 1940 : «Le Maréchal est venu comme un vaincu avec qui il sera nécessaire de compter ». Pétain lui écrit en décembre 1940 et c’est bien la lettre d’un enfant du Nord qui évoque ses souvenirs de Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et qui demande à l’Eminence le soutien aux diocésains dans la traversée des épreuves.

 

Emotions : en décembre 40 il écrit : « j’apprends que l’abbé G. Declercq professeur au grand séminaire a été pris à Tourcoing à la descente du Mongy avec des hommes et des jeunes gens, et emmené comme otage en un endroit inconnu. Dès que j’aurai les renseignements, je demanderai sa libération. Il s’agit d’un prêtre indispensable au séminaire et souffrant d’une maladie de cœur » Le 13 décembre : « je n’ai pas obtenu de réponse mais il est rentré chez lui. C’est la réponse que je préfère ». 6 janvier 41 : « le Préfet Carles me remet dans l’intimité la cravate de commandeur qui me fut décernée le 4 juin par M. Morandat, Ministre de l’Intérieur de l’ancien gouvernement et qui m’a été confirmée par le nouveau, celui du Maréchal Pétain ».

 

Autre épisode, rentrant de Vichy en 1942, il écrit : « quel dommage que le Maréchal ait été obligé de reprendre Laval ». Laval le « mauvais génie » d’un vieillard… En revanche rien sur la rafle du Vél d’Hiv ni sur celles de Lille et Lens en septembre 42.

 

Le 12 mars 43 à Tourcoing il s’adresse aux jeunes : et considère « comme une injure personnelle ceux qui adressent des leçons au clergé ». « Je ne souscris ni à la propagande anti-allemande, ni à la propagande antibolchevik ». Il admet que le refus du STO n’est pas une faute : « nous sommes d’abord les apôtres de la charité ».

 

A la Libération, le 1er octobre 44, Charles De Gaulle, alors chef du gouvernement provisoire est à Lille. A l’issue de la messe en l’église Saint-Michel, ce dernier lui confie avoir reçu un message du Pape Pie XII et de Mgr Maglione. « Je n’ai pas vu le Pape depuis son couronnement » depuis 1939 écrit le Cardinal. «Je lui dit mon intention de me rendre au Vatican et le Général m’exprime son désir de me voir au plus tôt pour renforcer les liens entre le Saint-Siège et la France ».

 

Pétain, De Gaulle, Achille Liénart : trois destins croisés, trois anciens de 14-18, trois enfants de cette région. Qui peut comprendre et traduire sans risque de caricaturer ce qui s’est passé alors éloigné du contexte de l’époque ? Ces carnets inédits révèlent bien la dimension intime du personnage officiel de l’homme d’Eglise.

 

 

 (Archives Presse.)

Partager cet article
Repost0
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 21:51



C'était à Halluin... Il y a 80 ans !

Voici le premier volet (*) consacré au cardinal Achille Liénart, avec qui la population halluinoise a entretenu des rapports étroits et très cordiaux (détaillés ci-après), ce prince de l’Eglise qui avait su toucher l’âme populaire.

 

Une rue de la ville d’Halluin, mais aussi, depuis quelques années, le Centre Pastoral portent son nom. Pour les Halluinois, le souvenir et l’empreinte du Cardinal Liénart restent très vivifiants.

 

Nommé évêque de Lille le 6 octobre 1928, alors que débute une grève qui, pendant sept mois, allait se poursuivre à Halluin, Monseigneur Achille Liénart participe au financement de la caisse des chômeurs, et usera également de son influence pour trouver une solution au conflit. La légende de « l’évêque rouge » se fait jour.

 

Les anciens Halluinois se souviennent certainement d’un des premiers actes du jeune évêque de Lille. En 1928, il apporte son soutien aux grévistes d’une manière spectaculaire et publique : 1000 F sont versés par lui à la souscription en faveur des grévistes ; mais son action ne s’arrête pas là…

 

Les syndicalistes chrétiens recevaient un appui exceptionnel de la part de l’Eglise officielle. L’émotion fut intense et la presse accorda une large place au geste de l’évêque de Lille. Cette prise de position, ainsi que son attitude à l’égard des ouvriers, devaient lui valoir maintes critiques de la part du patronat ; mais le 16 juin 1930, l’élévation au cardinalat de « l’évêque rouge » apportait la caution de Pie XI.


Ces évènements eurent un grand retentissement dans les milieux chrétiens de France, dans la mesure où l’autorité religieuse prenait ouvertement parti pour des chrétiens engagés dans l’action syndicale.

 

L’historien Pierre Pierrard rappelait dans un ouvrage que « Les grandes grèves d’Halluin en 1929 marquèrent un tournant décisif dans l’histoire du catholicisme social, orienté dorénavant vers la promotion ouvrière ».

 

C’est toute cette évocation qui est retracée ci-dessous. Elle associe d’ailleurs le nom d’un Halluinois qui prit une position en pointe : Arthur Houte, le père de l’ancien maire Albert Houte.

 

Au conflit Sion détaillé ci-après, succéda la célèbre grève dite des « Dix sous », ainsi dénommée parce que les ouvriers réclamaient 0,50 F de l’heure. Elle durera du 20 septembre 1928 au 1er avril 1929 et verra s’affronter un patronat résolu et un mouvement ouvrier extrêmement combatif.

 

1928, 20 septembre. Dans « Halluin la Rouge » secouée régulièrement par des conflits du travail, la menace qui couvait depuis quelques temps aux Ets Sion éclate.


Les mécaniciens font grève afin d’obtenir une augmentation de salaire horaire de 0,50 F. Elle leur est accordée dans toutes les branches sauf dans le textile.

 

Le syndicat unitaire, au cours d’un meeting organisé le 20 septembre 1928, décide la grève générale. Gilbert Declercq prend la parole au Parc des sports devant 2.000 personnes et prêche la solidarité ouvrière.

 

Les syndicats libres décident unanimement de se joindre au mouvement de grève. Elle devient donc générale. Le 23, un jeudi, les grévistes organisent une marche vers Roubaix où se déroulent leur meeting. Un patron déclare : « Nous ne pouvons plus céder ; quand bien même la résistance communiste devrait durer six mois, nous ne capitulerons pas ».

 

Déjà on sent que le conflit sera dur et long. Les premiers incidents se manifestent les jours suivants. Alors que l’autorisation leur a été accordée de faire un cortège dans Halluin à condition de ne pas haranguer la foule, les responsables communistes prennent la parole. La gendarmerie à cheval charge.


Cela se passe le dimanche 26.

 

Le conflit s’étend, et le 28 septembre on compte à Halluin 7.039 grévistes sur 7.480 travailleurs.


Et le conflit se prolonge (il durera sept mois). Chacun des adversaires durcit ses positions. Les incidents se multiplient et s’aggravent.

Une grenade est déposée devant la maison du commissaire de police. Des grévistes sont condamnés pour entrave à la liberté du travail.

Après un meeting de la C.G.T.U. au Parc des sports, les grévistes se dirigent vers l’usine Sion, jettent des pierres et font fuir ceux de leurs camarades qui avaient repris le travail.

 

Le 25 février 1929, un non-gréviste qui rentrait chez lui, revenant du cinéma, est matraqué ainsi que sa femme. Le 9 du même mois, des individus recouvrent de goudron la porte de la demeure du maire d’Halluin.

 

En février, cinquième mois de grève , la misère commence à être le lot de nombreuses familles ouvrières halluinoise. Les syndicats ne disposent pas d’assez de ressources pour verser une allocation à leurs adhérents. Beaucoup partent vers les syndicats belges, qui eux pouvaient verser 120 F par mois aux ouvriers en grève.

 

Les meneurs décident alors d’organiser une collecte en faveur des familles des grévistes.

 

Dans les « Notes confidentielles » du consortium patronal de Roubaix-Tourcoing on lit :La liste des souscriptions nous fournira de précieux renseignements : des noms, des adresses, qui seront un répertoire utile ».

 

C’est alors qu’éclate une énorme surprise. En tête de la liste des souscripteurs que publie le 21 février le « Journal de Roubaix », on trouve un nom : Mgr Liénart, évêque de Lille, et ces quelques mots en « faveur de ceux qui ont manifesté leur esprit chrétien en demandant l’arbitrage, et pour venir en aide à leur détresse ».

 

L’évêque de Lille dans cette même lettre en date du 17 février 1929, écrivait aussi : « J’ai rempli mon devoir de charité en venant au secours de la misère physique. Quand un conflit social en vient à menacer des vies et des santés humaines, la charité doit aller au secours des misères. Elle n’a pas à se demander qui a tort et qui a raison ».

 

La position du clergé halluinois, emmené par le curé-doyen de Saint-Hilaire (pendant 28 ans 1903-1931) Emile Deram, parue dans le bulletin paroissial du 24 février 1929 et intitulée :

 

« A propos d’une souscription »,


« En mon nom personnel et au nom de MM. Les vicaires, je tiens à dire combien je regrette qu’on ait inscrit dans le numéro de « La Croix du Nord » et du « Journal de Roubaix » portant la date du 17 février et sous la mention « Le Clergé d’Halluin » la somme qui n’avait été versée par nous que pour soulager de grandes misères qui pouvaient nous être inconnues et à condition que le secours restât anonyme.

 

Plus que jamais dans un conflit aussi grave que celui qui s’est produit chez nous, nous avons le devoir de ne point prendre position afin de ne pas paraître nous ériger en juges.

 

Je tiens essentiellement à dire que je veux, comme par le passé, rester ici l’homme de tous, tendant chrétiennement une main aux patrons et l’autre aux ouvriers, afin de les unir, autant que possible, dans une collaboration pacifique et fraternelle pour le plus grand bien matériel et moral de notre chère cité ».

 

 Aussi les syndicats libres avaient demandé l’arbitrage de M. le Préfet du Nord. Mais celui-ci avait été refusé par Désiré Ley, secrétaire du consortium, qui niait toujours le fait syndical, et accusait en particulier les syndicats libres d’être d’esprit révolutionnaire. Un rapport envoyé au Vatican les accuse de n’avoir rien de chrétien.

 

Les dirigeants syndicaux d’Halluin, qui ont nom Arthur Houte, Verkindère, sont en situation très inconfortable. Depuis un premier conflit aux Ets Sion, ils ont rompu leurs relations avec les syndicats patronaux. Ils sont méprisés par la C.G.T., qui ne leur pardonne pas d’avoir donné l’ordre de reprendre le travail au cours d’une grève précédente. Et la hiérarchie catholique n’a pas encore explicité sa position sur le problème du syndicalisme chrétien.

 

Pourtant, la réflexion est profonde au Vatican. Le cardinal Sbaretti possède tous les éléments d’une enquête menée par E. Duthoit et par le père Danset (originaire d’Halluin). Dès le 5 juin 1928, une réponse de l’église est rédigée. Le conflit étant à ce moment trop vif, le Pape préfère retarder sa publication officielle.

 

Mais Mgr Liénart a reçu cette réponse. Nommé au siège de Lille le 6 octobre 1928, il connaît bien le conflit, qui oppose syndicats et patronal chrétien, pour avoir été curé-doyen de Saint-Christophe à Tourcoing.


Son premier geste spectaculaire de soutien aux grévistes est suivi d’une lettre parue dans la « Semaine religieuse de Lille » du 3 mars 1929, dans laquelle il s’explique : « J’ai reconnu la voix de l’âme chrétienne dans cette demande d’arbitrage formulée par les syndicats libres (…) ; l’arbitrage est un moyen, supérieur à la lutte sans merci (…) ; ceux qui le proposent et l’acceptent, sans savoir à qui l’arbitre donnera raison, font un geste que l’Eglise et la conscience approuvent »… « Si les communistes seuls donnent des secours à leurs adhérents, nos chrétiens, dans une extrême misère, seront tentés de s’inscrire dans leurs rangs ». Le nouvel évêque prend nettement position en faveur des grévistes.

 

Et c’est encore lui qui sera à l’origine de la rencontre décisive. Le 2 avril, il offre sa médiation : il facilite une entrevue entre Désiré Ley et les dirigeants des syndicats libres… en les laissant en tête-à-tête. L’entrevue se solde par un succès.

 

Le 15 avril, les patrons font connaître leurs positions : le « Journal de Roubaix » du 18 publie le texte selon lequel les patrons modifient le règlement d’atelier et admettent le principe des relations entre syndicats patronaux et ouvriers.

 

Halluin, le 15 avril 1929, a été le théâtre de cet évènement d’une importance considérable : l’appui donné par l’Eglise au syndicalisme chrétien. Et le jeune évêque de Lille y a beaucoup contribué en personne.

 

Ce fameux conflit Sion se déroula entre le 1er mars 1928 et le 15 avril 1929.

 

Les évènements halluinois eurent un grand retentissement dans les milieux chrétiens de France, dans la mesure où l’autorité religieuse prenait ouvertement parti pour des chrétiens engagés dans l’action syndicale.

 

L’historien Pierre Pierrard rappelait dans un ouvrage que : « Les grandes grèves d’Halluin en 1929 marquèrent un tournant décisif dans l’histoire du catholicisme social, orienté dorénavant vers la promotion ouvrière ». 

Le 1er septembre 1929, dans la « Semaine Religieuse » il publie une lettre de la Sacrée Congrégation du Concile qui sera considérée comme la «Charte du syndicalisme libre ».

 

Un syndicalisme auquel Mgr Liénart ne ménagera pas ses appuis face à une organisation patronale qui refuse le principe de la négociation. Le 30 juin 1930 Mgr Liénart est promu cardinal par Pie XI. A son retour de Rome, on évalue à quarante mille personnes la foule qui lui fait fête dans les rues de Lille.

 

Pendant toute son activité de prélat, le cardinal Liénart va se battre pour faire cévoluer les mentalités et lutter contre les injustices.

 

A peine rentré de Rome, le nouveau cardinal est confronté à un nouveau conflit social, dans le textile, à Roubaix. Comme il l’avait fait pour les grévistes d’Halluin, il lance le 24 juin 1931, un appel à l’apaisement, et dans une lettre pastorale, il demande la formation de « comités d’aide familiale aux chômeurs ».


Mais le cardinal se penche également sur l’organisation de son diocèse qui n’a qu’à peine 20 ans d’existence. Il fait construire un grand séminaire et tente de poursuivre la construction de la basilique-cathédrale Notre Dame de la Treille. 

 

Toutefois,  c’est encore vers le développement des mouvements « spécialisés » qu’il porte une partie de son attention. JOC et JOCF en particulier. L’évolution de la FNC (Fédération Nationale Catholique), jusqu’alors mobilisée sur les thèmess de défense religieuse, vers une véritable action catholique, est l’une de ses préoccupations majeures.


Dès 1929, il avait discrètement demandé à Pierre Bayart de lancer un mouvement de la Bourgeoisie chrétienne pour tenter de faire évoluer les mentalités du patronat du Nord.

 

Mais l’action du cardinal en ce domaine ne s’arrêtera pas là. Il va favoriser la création de l’Ecole des missionnaires du travail (1932) et il rédigera lui-même les statuts de la Ligue ouvrière chrétienne qui va préfigurer, à partir de 1935, l’Action catholique ouvrière.

 

 Avant de continuer ce parcours exceptionnel, revenons sur la personnalité d’Achille Liénart :


 
Il est né à Lille le 7 février 1884. Il était le second de trois enfants d’un négociant en toile animateur d’un cercle d’ouvriers de sa paroisse, et de Louise Delesalle, cousine du futur maire de Lille.


C’est en l’église Saint-André qu’Achille Liénart est baptisé. Une église où sera également baptisé Charles de Gaulle.


Après le collège Saint-Joseph, il entre sur les conseils de sa mère, au séminaire Saint Sulpice (1901). Ordonné prêtre en 1907, il poursuit ses études à l’Institut Catholique.


Ses sympathies rappelle André Caudron dans son « Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine », vont vers le Sillon de Marc Sangnier « mais il est réservé quant à l’engagement politique et se sent mieux à l’A.C.J.F. (association catholique de la jeunesse française).


Licencié en philosophie (1908) puis en théologie (1909), il part au séminaire français de Rome d’où il revient comme docteur en théologie et licencié ès sciences bibliques (1910) . Il est alors nommé professeur d’Ecriture au grand séminaire de Saint-Saulve.

 

Entre-temps (1903-1904), il a effectué son servie militaire au 43e R.I. . Et lorsqu’éclate la guerre de 14, il s’engage comme aumônier-brancardier volontaire. Affecté au 201ème R.I., il sert à Verdun (1916) d’où il reviendra avec la croix de guerre (six citations) et la Légion d’honneur (1917).

 

Cette « expérience » de monde combattant aux côtés des « poilus » de Pétain, le marquera. C’est aussi à cette époque qu’il noue des liens d’amitiés avec d’autres aumôniers juifs et protestants, en particulier avec le pasteur Henri Nick, installé à Fives depuis 1903, et qui est aumônier de la 1ère Armée française ». « De cette période, explique André Caudron, naît un vif intérêt pour l’œcuménisme. Plus tard, il présidera l’Amitié judéo-chrétienne et fera une déclaration stgmatisant les manifestations d’antisémitisme » (1960).

 

En 1919, il reprend ses fonctions au grand séminaire du nouveau diocèse de Lille. Mais c’est également à cette période qu’il entre en relation avec le secrétariat social de l’abbé Paul Six, le « missionnaire du travail ». Dans ce cadre, il participe à plusieurs semaines, et prêche des retraites aux militants de la CFTC.

 

1926, marque un nouveau tournant dans l’engagement de l’abbé Liénart. Il est en effet nommé à la tête de l’une des plus importantes paroisses du diocèse Saint Christophe à Tourcoing.

 

« Le nouveau curé-doyen, explique André Caudron, arrive dans un climat social difficile. Les syndicats chrétiens sont en butte à l’hostilité du patronat et de la CGTU, d’obédience communiste. A la suite d’un article du « Figaro », mettant en cause, le 15 mars 1927, les « prêtres dévoyés », il apparaît comme le chef de file de ceux qui tiennent tête à François Coty ».

 

Et dès la fondation de la J.O.C., il prend l’aumônerie d’une section.

 

Et c’est ce prêtre qui, âgé de 44 ans, est élu le 6 octobre 1928, évêque de Lille. Sacré le 8 décembre en l’église Saint-Christophe de Tourcoing, « l’évêque nouvelle manière » comme on le surnomme est intronisé le 17 décembre en la basilique de Lille.

 

Suivront le conflit Sion, la « grève des dix sous » à Halluin et ses différentes actions au sein du monde ouvrier, dont nous avons récapitulé, plus haut, l’historique.

  

Par la suite, le Cardinal Liénart reviendra à Halluin pour deux évènements exceptionnels :

 

Le premier en octobre 1937 pour la cérémonie de baptême du douzième enfant, de Rose Canar et Henri-France Delafosse, prénommé Pierre, en présence du parrain M. Auguste Scalbert fondateur de la banque Scalbert, et de la marraine Mme Jean Sion Lemaitre.

 

Le second évènement se déroula le 21 mai 1956 à l’occasion des cérémonies du centenaire de l’église Saint-Hilaire, on pouvait apercevoir autour de son Eminence le Cardinal Liénart, la présence de l’ancien doyen d’Halluin Julien Dewaele, ainsi que celle d’Albert Decourtray, qui débuta comme vicaire à Halluin en 1951 et 1952, et qui sera nommé trente ans plus tard le 26 mai 1986 par Jean-Paul II, cardinal, après avoir été nommé Archevêque de Lyon et Primat des Gaules.

 

Si le cardinal Liénart ne s’engage jamais officiellement en politique, un rapport de police, en 1935 souligne que « le PDP (un petit parti centriste) a sa sympathie ».


En 1936, au lendemain du suicide de Roger Salengro, le cardinal fera entendre sa voix « une presse qui se spécialise dans la diffamation n’est pas chrétienne »

 

Et puis arrive la guerre. »Au début de l’occupation allemande, écrit André Caudron, il recommande au clergé le « concours le plus dévoué » aux « chefs temporels ».  Ce « loyalisme sans inféodation » inébranlable à l’égard du maréchal Pétain, semblable à celui des autres évêques, ne l’empêche pas d’encourager les dirigeants CFTC dans leur refus du syndicat unique. Hostile à la Résistance par crainte du danger communiste, il sera néanmoins cité en exemple après ses déclarations sur le STO en l’église Saint Maurice de Lille, le 21 mars 1943, devant sept mille jeunes : « On peut s’y dérober sans péché… Nous sommes devant la contrainte ».

Une prise de position qu’il avait déjà développée à Roubaix, le 15 mars, devant 4000 jeunes ; Mais ses paroles avaient alors été déformées par la presse. Il réitérera d’ailleurs ses déclarations à Tourcoing, Armentières et Wattrelos. Maurice Schumann, au micro de la BBC à Londres, parlera de cette prise de position.

 

Le 5 avril 1944 « passant outre l’interdiction de tout discours, il prend la parole dans l’église d’Ascq aux funérailles des 86 victimes du massacre perpétré par les SS ».

 

Successeur du cardinal Suhard à la présidence de l’Assemblée des cardinaux et archevêques, il en dirige les travaux jusqu’à la naissance de la Conférence épiscopale en 1964. « Convaincu de la nécessité de nouvelles formes de pastorale, il appuie la première expérience des prêtres-ouvriers, la création de la Mission de France et de son séminaire (1949-1953) » explique A. Caudron. Il ira même défendre la cause des prêtres-ouvriers à Rome lors de la crise de 1954.

 

Pendant la guerre d’Algérie, il soutiendra également les prêtres ayant maille à partir avec les autorités françaises, notamment les trois prêtres expulsés de SoukAhras (mai 56).

 

L’action du prélat se fera également sentir au niveau des missions extérieures. Non seulment il prendra la présidence du mouvement Ad Lucem, fondé à Lille, mais il favorisera le jumelage de son diocèse avec les diocèses camerounais où il envoie des aumôniers et des militants d’action catholique.

 

Le concile Vatican II lui donne une notoriété internationale. Il va jouer, affirme André Caudron, « un rôle décisif sur l’orientation et la liberté de discussion du Concile. Favorable à la collégialité et à la réhabilitation des juifs, il fait partie de la commission centrale post-conciliaire ».

 

Le 13 janvier 1962, le général de Gaulle lui remet les insignes de grand officier de la Légion d’honneur.

 

A partir de 1964, doté d’un évêque coadjuteur, Mgr Gand, le cardinal Liénart abandonne progressivement ses tâches. Et sa démission refusée en 1965, est finalement acceptée trois ans plus tard. Mgr Adrien Gand lui succède alors, le 13 mars 1968, à la tête du diocèse de Lille.

 

« Désormais, raconte André Caudron, on peut voir à Lille un « homme de la rue » se promener paisiblement, toujours bien droit, malgré l’âge. C’est un « prince de l’Eglise’ qui portait naguère, avec une noblesse naturelle, la pourpre cardinalice. Il s’arrête parfois devant une équipe d’ouvriers et bavarde quelques instants pour connaître la nature des travaux en cours. Sans doute garde-t-il la pratique de sa seule distraction, partagée avec son fidèle « valet » Verwaerde : le billard ».

 

Le 16 février 1970, Georges Pompidou président de la République, remettait au cardinal Liénart, la grand-croix de la Légion d’Honneur.

 

C’est le 15 février 1973 que disparaissait à  89 ans cette figure nordiste historique.

 

A ses funérailles, présidées par Mgr Marty, assistent Mgr Mélétios, évêque orthodoxe, et les représentants de la communauté juive et de l’Eglise réformée de France. « Ce prélat, conclut André Caudron, d’une douce ténacité et d’une rare indépendance d’esprit, dont le poids fut considérable, avait dit en 1964 : « L’effort de l’Eglise est de passer de l’état stationnaire à l’état missionnaire. « Allez », ce n’est donc pas rester en place et bien assis ; c’est repartir ».

 

Le cardinal Liénart ne fut pas seulement un grand prélat, l’une des figures marquantes du catholicisme français, il fut un grand serviteur de Dieu qui sut mettre son action en conformité avec sa foi, c’est-à-dire la défense et l’amour des plus humbles.

 

Au cours de la cérémonie présidée par Mgr Vilnet évêque de Lille, et célébrée lors du vingtième anniversaire de la mort du Cardinal Liénart, Mgr Jean Deledicque, évêque, a évoqué la personnalité du défunt, les évènements qui ont marqué sa vie et « la trace » qu’a laissée celui qui fut durant  40 ans en charge du diocèse. L’évêque a déclaré notamment :

 

« Le Cardinal disait ce qu’il croyait devoir dire, même si cela devait déplaire. Il parlait selon sa conscience. Ce n’est pas facile à faire. Le silence est parfois normal, car si l’on parle, c’est pour être entendu et un peu d’intelligence et de cœur empêche de parler à contretemps. Mais les hommes qui comme le Père Liénart, l’Abbé Pierre osent parler selon leur conscience, leur impact est grand. Ils nous rappellent qu’à notre place, là où Dieu nous a plantés, il faut oser parler » (…)

 

 
(Archives Presse).

(*) Dans un second volet découvrez un document rare : Les carnets de guerre du cardinal Liénart. Le troisième et dernier volet étant dédié au regard que porte, Catherine Masson la petite nièce d’ Achille Liénart, qui lui a consacré une thèse.

Partager cet article
Repost0
13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 08:06


Lors de la cérémonie des vœux  en janvier 2009, L'adjoint aux affaires économiques, Marc Debusquois, a souligné le solde positif de 19 nouvelles activités commerciales à Halluin :


 
«  La ville a accueilli 70 nouvelles activités commerciales et artisanales et en a perdu 51 pour cessation ou départ en retraite. De nouvelles entreprises, les sociétés Sclessin, Plasticollect et SIL, se sont implantées sur la zone de la Cavale rouge »,
a ajouté l'adjoint.


 
La réussite de Galloo International et Galloo Plastic s'ajoute à ces bonnes nouvelles. Franck Merchier, le président de l'Union commerciale, a, lui aussi, été salué pour le panonceau d'or remis par la chambre de commerce et d'industrie de Lille, comme les commerçants et artisans ayant reçu également une récompense de la CCI.


Actualité plus morose. -
Le sort de l'entreprise Gratry a été évoqué. Aujourd'hui, le tribunal de commerce doit rendre une décision qui scellera le sort des salariés.


 
«  Même si le pire, c'est-à-dire la liquidation, semble évité, des licenciements sont sans doute à prévoir. Cette situation nous fait mal parce que nous connaissons le savoir-faire exceptionnel de cette entreprise. Les voeux que nous formulons,a conclu Marc Debusquois, c'est que le repreneur redonne, à terme, à Gratry le rayonnement qu'elle a porté si longtemps. »


 
Les acteurs économiques en chiffres. - Halluin regroupe plus de 400 acteurs économiques. Cela comprend : 37 activités industrielles, 80 artisans, 154 commerces, 13 commerces non sédentaires, 91 activités de service et enfin 31 professions libérales.


L'expansion passe par les déchets. -
Si l'industrie textile a été le facteur d'expansion économique, à Halluin, avant de s'effondrer, la ville compte aujourd'hui sur le traitement des déchets.


 
« L'idée est de concentrer sur notre territoire des PME du secteur du recyclage et de la valorisation des déchets. Nous avons déjà Galloo Internationale, Galloo Plastic, Triselec, Plasticollect, Le port de Lille, le CVE. Ce noyau pourrait se développer et permettre, à terme, de donner une identité de filière de recyclage à notre commune. »


 
Cette perspective s'inscrit dans la réalisation du port d'Halluin 2 qui devra faire la liaison entre le CVE et le CVO, centre de valorisation organique de Sequedin. «  La voie fluviale est incontestablement un atout majeur pour Halluin et répondant aux normes écologiques », a souligné Marc Debusquois.


Une perspective séduisante au regard des emplois que pourrait générer la croissante de l'activité de traitement des déchets.


(Archives VDN le 15/1/2009).

Les chiffres de l'emploi dans la vallée de la Lys

 

Des statistiques ont montré l'évolution sur le secteur avec une diminution du nombre de demandeurs d'emploi au niveau de la Maison de l'Emploi Lys Nord Métropole de 3,2 % entre le 30septembre 2007 et le 30septembre 2008

 

(-1,4 % à Halluin avec 1 310 demandes d'emploi, -0,5 % à Roncq avec 571 demandes d'emploi, -10,7 % à Comines avec 659 demandes d'emploi).

 

A noter que le nombre de demandeuses d'emploi a baissé durant cette période pour la MDE Lys Nord Métropole (-1,8 %) alors que les demandeurs ont progressé (+1%), leur nombre total s'établissant à 4 843 demandes d'emploi pour les 11 communes fédérées par cette Maison de l'Emploi Lys Nord Métropole.


(Archives NE 23/1/2009).

Le dynamisme du commerce halluinois récompensé


Lundi 9 mars 2009 en soirée dans la salle du conseil, la municipalité halluinoise recevait les commerçants locaux les plus méritants et ceux qui avaient été distingués dernièrement à la cérémonie des Mercures d'Or.
Après un mot de bienvenue du maire et du premier adjoint, ces commerçantes et commerçants étaient mis à l'honneur.


Trophée « Aile d'argent »,
catégorie innovation (organisée par la fédération des centres de gestions agréés àMme Brigitte Wissocq (Tulles et Taffetas). Le trophée label qualité, un audit qui récompense les entreprises qui pour leur qualité d'accueil et de présentation du commerce, a été décerné à Mme Libera Nolf (Libera Coiffure), M. Bernard Defaux (Pompes funèbres Menet), M.Planckært (boulangerie Planckært), Mme Laurence Fæs (Poulets des Flandres), Mme Christine Nollet (papeterie Au P'tit Détail).


Mercure d'Or,
(Chambre de Commerce et de l'Industrie), concours qui récompense les meilleures entreprises au point de vue économique a été délivré à M. et M me Dupont-Liénart (auberge du Manoir).


Le coup de coeur de la CCI est revenu à M. Richard Sobus, deux étoiles au Mercure d'Or et à M. Bernard Defaux (Pompes funèbre), trois étoiles au Mercure d'Or.


Franck Merchier, le dynamique président de l'Action Commerciale et Artisanale d'Halluin, se voyait remettre le « Panonceau d'Or », équivalent du Mercure d'Or pour les associations de commerçants. Après une remise de cadeaux et de bouquets la cérémonie s'est achevée sur une petite réception.


(Archives VdN, 12/3/2009).


 

La vie économique halluinoise en 2009…


Plus de 80 activités créées en 2009
. En ouvrant la cérémonie des vœux, ce lundi 11 janvier 2010, devant une centaine de personnes, Marc Desbuquois, l'adjoint à la vie économique, à l'emploi et à la formation, s'est félicité du nombre d'activités créées en 2009 à Halluin :


23 entreprises artisanales et 58 entreprises commerciales.
Mais dans le même temps 67 entreprises ont été radiées. L'attractivité d'Halluin ne se dément pas selon l'élu : « Le service économique a accueilli 63 personnes qui souhaitaient créer leur entreprise sur Halluin, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2008. Le phénomène autoentrepreneur et ses avantages indéniables ont accéléré les projets de création », indiquait l'adjoint avant de formuler son coup de gueule à l'égard des marges arrières pratiquées dans la grande distribution.


Son coup de coeur est allé aux initiatives locales en matière de développement économique durable : la Cavale Rouge et le Front de Lys seront les priorités de 2010. Une année pour « placer l'homme au centre de chaque question de société ».


(Archives, N.E., 13/11/2010).
 
 

Mercure d’Or 2009 pour deux entreprises halluinoises.


Parmi les dix lauréats du département figuraient deux entreprises halluinoises : l’établissement Six Frères Chemin de la Cavale Rouge
www.sixfreres.com. Xavier Six a repris en 1992 l’activité du bâtiment créée en 1966 par son père Robert et son oncle Yves.

 

Et le Restaurant l’Etable tenu par Sylvie et Stéphane Mocquant, chemin de Péruweltz, 202.


 
 

Partager cet article
Repost0
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 08:02



En ce mois de mars 2008, c'est le sujet d'actualité que l'association des seniors halluinois avait choisi pour ce rendez-vous mensuel à l'estaminet de la mémoire. Comme à l'accoutumée, les témoignages ont été filmés par les vidéastes de Cinélys.

La commune d'Halluin compte à ce jour 403 entreprises de proximité et 1275 actifs répartis comme suit : artisans, 626 actifs, 20,4 % ; commerçants, 310 actifs, 42 % ; services, 293 actifs, 21 % ; professions libérales, 46 actifs, 6 %. 

Concernant les services de proximité (services médicaux, services bancaires, agences immobilières, services à la personne, hôtellerie, entretien informatique), l’intervention de Mickaël Fantin, gérant franchisé d’une société immobilière halluinoise a été très appréciée.

 

Il existe sept agences immobilières sur la commune. Halluin et la vallée de la Lys sont très prisés. Il est vrai que les prix ont flambé suite à une demande d’espaces verts dans la métropole. Mais nous sommes aujourd’hui dans une période plus stabilisée, une période de transition ou l’on investit pour un second achat ^plus spacieux, plus confortable, pour une clientèle avec des enfants.

 

Concernant les commerces de proximité (commerces ambulants, commerces du centre ville, commerces de périphérie, cafés-brasseries, commerces de frontière, coopératives), certaines personnes de l’assistance ont constaté la disparition des commerces ambulants qui passaient dans les différents quartiers. Le porteur de pain, le lait, le beurre, le poissonnier, le rémouleur qui aiguisait les couteaux une fois l’an, les garçons bouchers qui passaient tous les jours à vélo livrer la viande commandée.

 

Les cafés en baisse, la restauration en hausse.

 

Roger Vuylstecke, ancien boucher, rappelle qu’il ne reste plus malheureusement que deux bouchers implantés sur la commune, Berland et Vaneslande. La boucherie Verbeke, rue Gabriel Péri,, vient de fermer ses portes.

 

En dehors de la concurrence belge, le commerce de proximité a été victimes de l’implantation des supermarchés et des sociétés de discount. Ghislain Berland rappelle qu’il y avait encore une quarantaine de commerces avant 1982 dans la rue Desmettre et les rues adjacentes. La plupart ont disparu depuis l’ouverture de la route de contournement d’Halluin Est.

 

Les cafés au nombre de 13 à ce jour sont en diminution et souffrent en raison des nouvelles mesures sur le tabac. Des baisses des chiffres d’affaires sont const           atées pour la plupart. Johnny Vandendriessche, ancien tenancier du café des « Accordéonistes », situé rue G. Péri, une vieille institution qui a vu passer trois générations (70 ans pour la même famille), organisait des soirées cabaret, dansantes, avec orchestre. Tout cela a bien changé, mais il reste le siège d’associations très dynamiques, telles que les « Milliardaires » et les « Débrouillards ».

 

Au nombre de 27 les restaurants, brasseries, friteries, pizzérias sont en nette augmentation. Il y en a pour tous les goûts et saveurs.

 

Le commerce de frontière est encore un marché porteur qui attire une clientèle belge pour des produits « haut de gamme », en prêt-à-porter, sous-vêtements féminins, parfumerie, etc. Depuis 1990, treize mercures d’or ont été attribués pour honorer des commerçants les plus méritants.

 

Les coopératives : l’EPI, la Fraternelle, la Mise en ménage ont disparu ; Yvon Tomme rappelle l’existence de la maison Demeulenaere, spécialisée dans la vent de TV, produits ménagers, qu’il a géré pendant 10 ans, associé avec Novy. Il ne reste plus que la Société Casier, ui propose la même gamme de produits.

 

Neuf meilleurs ouvriers de France : un record.

 

Concernant les artisans, 82 entreprises sont comptabilisées dont 42 bâtiments, 1 BTT, 13 coiffeurs, 11 garages-carosseries, 3 taxus, 1 toilettage canin. Jean-Claude Leduc, ancien artisan menuisier, installé rue Marthe Nollet était spécialisé dans la fabrication des châssis de toit pour le gros œuvre. Son père fabriquait des cercueils comme beaucoup de menuisier de l’époque. « Nous avions de très bons contacts et nous réalisions de bonnes affaires », précisa-t-il.

 

 Mme Joncquiert a tenu avec son mari pendant 40 ans la fabrique de matelas implantée rue Gustave Desmettre. Leur établisseement était très renommé. Ils ont beaucoup travaillé sur la vallée de la Lys. Halluin compte 9 meilleurs ouvriers de France, un record pour une ville de 20 000 habitants.

 

Les marchés et leur attractivité : le plus ancien, le petit nouveau.

 

Le marché du centre existe depuis près d’un siècle. On y retrouve chaque samedi plus ou moins 110 commerçants. Il fait encore partie d’un des 5 plus gros marchés de la métropole. La fréquentation est importante et constante avec une forte participation de la clientèle belge.

 

Base de commerces alimentaires, la qualité et les prix des produits sont attractifs. Six personnes sur dix fréquentant le marché sont Halluinoises.

 

Le mercredi matin un mini marché est installé sous la Halle de la Rouge Porte.

 

(Archives N.E., 3/2008).    

Partager cet article
Repost0
10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 12:32


Pour Halluin, l’année 1900 fut vraiment la belle époque. La ville était alors en plein essor industriel. On y dénombrait :

 

15 fabriques de toile, 5 tissages mécaniques de tissus, 3 blanchisseries de fils, 4 fabriques de châles, 4 teintureries, 2 fabriques de toile d’emballage, 2 filatures de lin, 1 filature de coton, 2 fabriques de papier de fantaisie, 3 chromolithographies, 3 imprimeries, 2 fabriques de caoutchouc, 8 fabriques de chaises, 3 fabriques de chicorée, 1 fabrique de construction de ciment armé, 1 manufacture de carreaux en ciment, 2 fonderies de fer, 1 fonderie de cuivre, 1 fabrique d’orgues, 1 fabrique d’huiles, 7 brasseries, 1 tuilerie,  1 tannerie, 1 bonneterie, 1 vannerie, 235 cabarets.

 

Il y a vingt-six ans, en 1982, on comptait encore un certain nombre d’entreprises employant plus de cent salariés, et qui pouvaient à ce titre être considérées comme les « grands » de la commune.

 

Il s’agit de Bodez (183), Bonduel (122), Gratry (344), Garnier-Loridan-Bell (186), Lemaître-Demeestère (133), Tissavel (328), Verkindère-Decofrance (361), Cappelle (128), et Provost (268).

 

Enfin, dans ceux qui « flirtent » avec la centaine on peut citer : Geerlandt (96), Grimonprez (86) et Brépols (94).

 

Cité industrielle par essence et par tradition, il y a en 1982 à peu près autant de gens qui résident à Halluin et travaillent à l’extérieur, que de non-Halluinois qui viennent travailler à Halluin.

 

On estimait que la ville offrait alors entre 5.000 et 5.200 emplois.

 

Le total des emplois de l’industrie s’élevait en 1982 à 3.428  ce qui représentait 65 à 70 % de l’activité halluinoise. Mais en 1979 il était de 4.230 soit une perte sèche de 800 emplois.

 

Bien entendu, ces emplois n’avaient pas disparu d’un seul coup. Cette perte était le fruit d’une part de disparitions d’entreprises ; d’autre part, de « dégraissages » effectués par petits paquets au sein de plusieurs sociétés.

 

Il faut signaler qu’une partie importante de ces emplois n’avait pas été supprimée ; simplement ils avaient « déménagé ». C’était à la fois réconfortant en ce qui concernait les emplois à proprement parler… et fort inquiétant pour Halluin elle-même.

 

Le textile demeurait, et de loin, l’activité dominante dans la cité : 1.454 emplois y étaient directement rattachés. Soit un peu moins de la moitié de l’activité industrielle, soit encore un tiers de la totalité des emplois offerts dans la commune.

 

Sur les 800 emplois qui avaient disparu en trois ans, plus de 750 venaient du textile : on est passé de 79 à 82 de 2.233 emplois à 1.454. Mais il existait au moins trois facteurs dignes de remonter le moral des plus pessimistes.

 

D’abord si des entreprises avaient « dégraissé » ou avaient disparu, d’autres avaient été créées ou avaient embauché.

 

Ensuite, l’importance croissante d’un secteur du meuble relativement bien portant. De 746 emplois en 1979 à 759 en 1982, et compte tenu du fléchissement enregistré par ailleurs, la place du bois tendait à augmenter et ce n’était certes pas une mauvaise chose dans la mesure où sans être florissant ce secteur parvenait à « garder la tête hors de l’eau ».

 

Halluin bénéficiait plutôt de ses traditions, même si le dynamisme d’entreprise au développement plus récent avait joué un rôle essentiel dans ce constat positif.

 

Enfin et surtout Halluin tirait une solidité supplémentaire de l’éparpillement de ses entreprises. Les emplois évoquaient plus haut étaient répartis au sein de… 52 entreprises différentes. Ce qui mettait la commune à l’abri d’une véritable catastrophe dans ce domaine.

 

Le développement réel d’une zone industrielle et la meilleure liaison de cette zone avec les voies de communication, par le biais de la voie rapide AI-RN 17 inaugurée à cette époque, représentait un atout non négligeable.

 

 

(Archives D.D.).  

Partager cet article
Repost0
10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 07:36





Le "Jardin Japonais" d'Halluin.                                                                                         Photos : Daniel Delafosse

Après plusieurs mois de travaux, le jardin japonais (situé au « Jardin de la Paix » rue de Lille à Halluin), est enfin achevé.  Ce jardin japonais est une idée du maire Jean-Luc Deroo suite à un séjour au Japon.

 

Pour le réaliser il a fallu préalablement vider et curer l’étang proche de la piscine. Une opération de longue haleine pour les jardiniers car elle n’avait pas été réalisée depuis longtemps. Ceux-ci ont retiré 300 m3 de vase et 1 300 poissons !


« La vase est stockée sous bâche près du cimetière et les nénuphars et poissons ont été replacés dans l'étang de la ferme du Mont et dans différents cours d'eau »,
explique Gérard Stehlé, responsable des espaces verts.


Les berges ont été rectifiées et de grosses pierres disposées d’un côté pour éviter un éboulement, des terrasses étant réalisées de l’autre côté. Depuis les beaux jours, les employés municipaux ont mis en place un système d’arrosage écologique et souterrain pour les bas flottants. L’eau de pluie est ainsi récupérée sur le toit de la piscine : « Et cela représente un beau volume ! ».

 

Les bacs à fleurs réalisés par les menuisiers municipaux ont ensuite été mis en place. Pour donner l’illusion de flotter sur l’eau, il fallait les mettre absolument de niveau, alors que le fond de l’étang est loin d’être une surface plane. L’utilisation d’un appareil à visée laser a permis une horizontalité et un alignement parfaits.

 

Chacun des bacs est fixé au moyen de 4 pieux métalliques réalisés par les mécaniciens municipaux qui ont participé à la mise en place. Ils sont habillés de bois pour mieux se fondre dans le décor. Le système d’arrosage automatique a été installé par les électriciens : une nécessité car une fois l’étang remis en eau, les bacs ne sont plus accessibles qu’en barque.

 

Les bacs semblent flotter sur l’eau alors qu’ils sont surélevés de quelques centimètres pour éviter le pourrissement. Un habillage ingénieux, qui lui trempe dans l’eau, crée l’illusion. Il permet la libre circulation de l’air autour des bacs. Un tuyau d’évacuation a été installé : le trop plein du bassin s’écoulera dans la becque toute proche. Au centre du bassin un jet de quatre mètres de haut et trois mètres de large vient compléter l’installation. 

 

Une fois garnis d’un mélange de terreau et terre de bruyère, les bacs sont restés longtemps en friche. Il fallait laisser au mélange le temps de maturer afin que les plantes s’acclimatent bien. Elles ont maintenant pris place et le résultat est séduisant.

 

Comme il fallait s’y attendre, les essences plantées sont dans leur majorité japonaises :


Différentes variétés d’érable japonica et de bambous nains, des arbres-nuages buis, des pieris, des rhododendrons nains et des asalées de différentes couleurs. Quelques tulipes en mélange viennent compléter l’ensemble.

 

Ultérieurement, le pourtour de l’étang sera planté d’iris, de roseaux et autres plantes aquatiques. Les terrasses seront habillées avec des rondins pour éviter l’érosion lorsqu’elles seront transformées en massifs. Pour le moment elles resteront engazonnées, l’effort des jardiniers se portant sur les jardins à la française, de l’autre côté du jardin de la paix.

 

(Archives Synthèse VdN, N.E., 2008, 2009).  


                                    Le jardin japonais, lieu de débordements.

Le jardin japonais doit rester un lieu de promenade et non un espace ouvert à tous les débordements...


Depuis plusieurs semaines, des adultes, ados et enfants confondent certainement le jardin japonais du parc public, avec un nouveau « self-service aquatique » gratuit !


En particulier dimanche dernier, des personnes, munies de filet et récipient, ont tout naturellement enlevé plusieurs variétés de poissons que l'on pouvait apercevoir depuis plusieurs jours... Qui plus est, non satisfaites de se servir, elles se permettent de piétiner la nouvelle floraison plantée autour de l'étang, ainsi que le parterre de fleurs agençait en hauteur !


Et, quand la pêche miraculeuse est terminée... le jardin japonais est utilisé comme nouveau container pour détritus divers (cailloux, branche, papier, mégots, bouteille etc), ou pour la baignade animalière !


Des riverains réclament la pose d'un règlement intérieur, bien visible et explicite à différents endroits du parc, afin de décourager les dégradations diverses ainsi que le non respect des règles assujetties au domaine public particulièrement envers la nature...

Le jardin japonais fait l'objet d'un soin particulier par le personnel des services techniques qui doivent intervenir après chaque dégradation. Et le parc est d'autant plus compliqué qu'il possède deux entrées.


(Archives, VdN, 21/8/2009).

 

Aménagement du Jardin à la Française


L'opération est presque passée inaperçue et pourtant elle n'a pas été simple : le démontage de la serre municipale de la rue Pasteur, d'une superficie d'un peu moins de 100m², remontée pièce par pièce, vitre par vitre, sur le site de la ferme du Mont St-Jean, près de la CUMA, la coopérative agricole.


C'est seulement aux alentours de Noël que ce déménagement assuré par l'équipe des espaces verts de la ville s'est achevé. « Il a fallu nettoyer vitre après vite avant de tout remonter là-bas », se souvient l'une des techniciennes de ce service. Cette serre est destinée à abriter toutes les plantes d'intérieur qui décoreront ensuite les bureaux et salles des équipements publics mais aussi la bibliothèque, les écoles, etc, même le commissariat de police ou encore le Trésor public !


À la ferme du Mont St-Jean, la serre paraît flambant neuve avec son extension en parpaings, près de deux tunnels où est entreposé du matériel l'hiver comme les suspensions vides, etc. Derrière, un autre petit tunnel est en cours d'achèvement pour accueillir les plantes à massif. « Il y a 35 ans, il y avait déjà une petite serre rue Pasteur », se remémorre l'un des membres de cette équipe, « à l'époque, on cultivait encore beaucoup au sol en ayant recours à du fumier ».


Désormais, tout a changé ou presque. Ainsi, les rosiers qui seront plantés dans le cadre de l'aménagement d'un jardin à la française, de l'autre côté des grilles du jardin de la Paix depuis la rue de Lille, n'exigeront plus de traitement.


« Ils seront labellisés pour résister aux maladies, on ne les traitera donc pas », reprend notre interlocutrice.

Redonner au jardin public son aspect des années 70


Les équipes sont à pied d'oeuvre pour redonner au jardin de la Paix son aspect d'antan quand, dans les années 70, les rosiers fleurissaient en nombre.


« Ce jardin à la française sera d'abord composé d'une écharpe fleurie le long des grilles de la rue de Lille qui s'épanouira du 15mai jusqu'aux frimas hivernaux », souligne le chef de chantier, « puis il y a 3 rectangles aux angles desquels seront plantés des ifs alors qu'un massif de rosiers garnira le centre. Sur le dernier rectangle, le plus éloigné de la rue de Lille, deux allées en forme de croix le partageront pour dégager des triangles qui seront bordés de buis et garnis à l'intérieur de rosiers. »


Chacun des massifs arborera une couleur différente, de quoi constituer un patchwork floral des plus attractifs. « Plus tard, on reprendra cette même composition de l'autre côté, vers le collège, sur deux autres rectangles », termine le chef de chantier.


Pour l'heure, l'aménagement est contrarié par l'humidité. Les terres ont été labourées pour les aérer mais l'eau affleure et empêche la pose des bordures comme du ternaire. Pas de quoi contrarier l'échéancier, l'aménagement de ce jardin à la française devant être achevé fin mars si tout va bien. Les rosiers ne devraient quant à eux pas fleurir avant l'été.


Quant au jardin aquatique japonais, près de la piscine, il reste encore à y assurer des plantations. Cette agitation du côté du jardin public laisse une délicieuse impression, celle des prémices d'un printemps jamais autant désiré après un trop long hiver.

(Archives, NE 20/2/2009).
                                     
                                                                                            











     
  

          Réaménagement Jardin à la Française   -     Photos 2009 :  Daniel Delafosse                         
 

   












 

LIEN :   "Le Jardin Public" et "Le Nid de Mousse" d'Halluin... Historique.

                                                            Vandalisme à nouveau...

 

« Ce dimanche 10 Janvier 2010 après-midi, deux jeunes gens ont cassé le panneau ... d'interdiction de marcher sur l'étang du parc public, puis ils ont brisé un arbre du jardin aquatique et ont jeté près du jet d'eau deux grands sacs ouverts de détritus et de canettes diverses... » confie un témoin.


Dimanche après-midi deux jeunes gens ont en effet brisé la signalisation du jardin japonais, arraché les bonzaïs et versé dans le bassin le contenu de deux grands sacs poubelle. Cela s'est déroulé à la vue des promeneurs et des riverains du voisinage. Depuis quelque temps, cette partie du Jardin de la paix est victime de plus en plus d'actes de malveillance.


« À l'époque de Noël c'est la porte vitrée de la piscine qui a été brisée et il n'est pas rare de voir des inconscients grimper sur le toit de la piscine municipale, ils se moquent de nous lorsque nous les mettons en garde » poursuit un riverain qui désire garder l'anonymat.


 
Et l'installation d'une prochaine vidéo-surveillance de refaire surface.


(Archives, VdN, 13/1/2010).

 

Bassin japonais ou piscine pour chien ?

 

Mercredi après-midi (7/7/2010), lors de la visite du jury du concours régional de fleurissement des villes au jardin de la Paix, le maire Jean-Luc Deroo a peu apprécié de trouver un bull terrier qui se baignait dans le bassin japonais du parc.

 

Il est intervenu poliment auprès d’une jeune couple pour leur signaler que la baignade des chiens était interdite. En réponse un ronchonnement désapprobateur et la fuite du couple.

Au fait ! Elle était où sa muselière ?

 

(Archives, N.E., 9/7/2010).  

Partager cet article
Repost0

Texte Libre

Depuis février 2007, ce site vous est offert gracieusement, il est le fruit d'un travail bénévole important de recherches, de rédaction et mise en page.

Alors n'hésitez-pas à laisser un message (cliquez sur ajouter un commentaire à la fin de chaque article), ou sur le Livre d'Or afin que je puisse connaître vos impressions sur les articles consultés et votre intérêt pour l'histoire locale ; ou si vous désirez apporter des rectifications, des précisions ou informations complémentaires.

Je souhaite à chacune et chacun d'entre vous, une excellente plongée dans le passé halluinois.

Vous pouvez me contacter aussi à l'adresse suivante :
daniel.delafosse@wanadoo.fr

 

Depuis plus de 4 ans, 1000 articles (+ Compléments d'informations) ont été présentés sur ce blog...

 

A compter du 4 Juillet 2011, ce lien ne sera plus consacré à la parution d'écrits et aux mises à jour.

 

Désormais, vous trouverez uniquement la publication de photos (archives personnelles), anciennes ou récentes, relatives à Halluin (Vos commentaires sont toujours les bienvenus !).

 

Vous pouvez continuer à me lire sur le site :   http://alarecherchedupasse-halluin.net/  

 

Merci à vous.  

  

Texte Libre


Afin de faciliter votre quête et pour plus de rapidité, utilisez les mots essentiels de votre demande
 dans le module "Recherche" ci-dessus...

Réponse à certaines interrogations…

 

Permettez-moi de préciser que ce blog est la réalisation d’un travail d’archives personnelles ou provenant d’articles publiés dans la presse (La Voix du Nord, Nord Eclair, La Vie Chez Nous etc...), revues et livres divers.

 

Créé à mon initiative, il était normal que ce blog contienne principalement les archives familiales, mais de suite, ne voulant pas me cantonner à cela, j’ai décidé de l’ouvrir à tous les thèmes qui étaient rattachés au passé halluinois et à son histoire.

 

Au fur et à mesure de son installation, j’ai intégré également des informations présentes, liées à la vie halluinoise en priorité ou d'ordre général, susceptibles d’intéresser le plus grand nombre de lecteurs ; en essayant d’être au plus près des évènements et en effectuant, si nécessaire, des mises à jour sur des documents déjà publiés.

 

En ce qui concerne l’Histoire d’Halluin, chacun comprendra que la parution d'un article n'est faisable uniquement pour des documents en ma possession… Mon seul but est d’informer le mieux possible en abordant tous les sujets sans aucune restriction !

 

Ce blog n’ayant aucun caractère officiel, j’invite simplement les personnes qui possèdent des documents sur l’histoire locale, d’ouvrir leur propre blog ou site… Et je serais ravi bien entendu de le consulter.

 

 Aussi, le mien est rédigé dans la mesure de mes possibilités de temps mais aussi d’envie…, et l’espoir, pour ma part, que ce véritable travail reste uniquement le plaisir de faire partager une passion !

 

Merci à vous.  (2008)   

Liens Sites Halluinois
  :
 
  
   
                 

Site officiel de la Ville d'Halluin 59250 :  ville-halluin.fr

"A la recherche du Passé d'Halluin
" (Photos) :
alarecherchedupasse-halluin.net/

 

brandodean.over-blog.org/article-la-politique-halluinoise-et-les-sites-et-blogs-sur-internet-50337926.html

 

Paroisse Notre-Dame de la Lys Halluin : nordnet.fr/ndlys
Les Amis de l"Orgue Halluin : orgue-halluin.123.fr

Propriété "Le Manoir aux loups" Mont d'Halluin : parcmanoirauxloups.com
Le Syndicat d'Initiative d'Halluin : .tourisme-halluin.fr

Ecole de Musique Halluin : ville-halluin.fr/culture.
La Lyre Halluinoiselyre-halluinoise.com

 

M.J.C.  M.P.T. Halluin : mjchalluin.free.fr
Canalblog : villehalluin.canalblog.com/archives

Cercle Généalogique Halluin Lys
:
perso.wanadoo.fr/genealys.halluin
Cinélys Halluin : cinelyshalluin.asso-web.com

 

Tennis Club Halluin : tennisclub.halluin.free.fr
Volley Club Michelet Halluin : volleyclubmichelethalluin.com
Vélo Club Halluin : levcuh.canalblog.com
Club de Musculation Halluin : halluinmusculation.com
Athlétisme Halluin : ahvl.com.fr
Judo - Ju-Jitsu : judohalluin.keogratuit.com
Triathlon Halluin  halluintriathlon.over-blog.fr

Badminton - Halluin http://www.asb.asso.fr

Livre D'or

Texte Libre

Musiques de Films :

deezer.com/fr/music/ennio-morricone 

deezer.com/fr/music/john-williams

deezer.com/fr/music/john-barry

deezer.com/fr/music/maurice-jarre

deezer.com/fr/music/vangelis

deezer.com/fr/music/georges-delerue

deezer.com/fr/music/michel-legrand

deezer.com/fr/music/eric-serra

deezer.com/fr/music/gabriel-yared


Musiques Groupes et Interprètes Divers :

deezer.com/fr/music/los-calchakis

deezer.com/fr/music/harvest-neil-young

deezer.com/fr/music/pink-floyd

deezer.com/fr/music/simon-and-garfunkel

deezer.com/fr/music/the-animals

deezer.com/fr/music/supertramp

deezer.com/fr/music/talk-talk

deezer.com/fr/music/jean-michel-jarre

deezer.com/fr/music/cat-stevens

deezer.com/fr/music/alan-stivell

deezer.com/fr/music/maxime-le-forestier

deezer.com/fr/music/graeme-allwright

deezer.com/fr/music/neil-diamond

deezer.com/fr/music/michel-jonasz

deezer.com/fr/music/léo-ferré

deezer.com/fr/music/james-blunt

deezer.com/fr/music/hugues-aufray

.deezer.com/fr/music/jean-ferrat

deezer.com/fr/music/dick-rivers

deezer.com/fr/music/marie-laforêt

deezer.com/fr/music/alain-chamfort

deezer.com/fr/music/the-cranberries

deezer.com/fr/music/richard-anthony

deezer.com/fr/music/david-bowie

deezer.com/fr/music/the-who

deezer.com/fr/music/queen

  

deezer.com/fr/music/david-guetta

 

deezer.com/fr/music/gipsy-kings

deezer.com/fr/music/les-négresses-vertes

deezer.com/fr/music/cali

deezer.com/fr/music/anaïs

deezer.com/fr/music/olivia-ruiz

deezer.com/fr/music/manu-chao

deezer.com/fr/music/bryan-adams

deezer.com/fr/music/chris-isaak

deezer.com/fr/music/bryan-ferry

 
Revues - Opérettes - Comédies Musicales :

deezer.com/fr/music/mistinguett

deezer.com/fr/music/marlene-dietrich

deezer.com/fr/music/josephine-baker

deezer.com/fr/music/line-renaud

deezer.com/fr/music/annie-cordy

deezer.com/fr/music/zizi-jeanmaire

deezer.com/fr/music/grace-jones

deezer.com/fr/music/amanda-lear

deezer.com/fr/music/maurice-chevalier

deezer.com/fr/music/jean-gabin

deezer.com/fr/music/fernandel

deezer.com/fr/music/bourvil

deezer.com/fr/music/yves-montand

deezer.com/fr/music/tino-rossi

deezer.com/fr/music/luis-mariano

deezer.com/fr/music/dario-moreno

deezer.com/fr/music/andré-dassary

deezer.com/fr/music/joselito

deezer.com/fr/music/comédies-musicales