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6 décembre 2007 4 06 /12 /décembre /2007 17:40


 

Les cérémonies du 50ème anniversaire de la Libération d’Halluin ont débuté le vendredi 9 septembre 1994. Pas seulement un évènement, mais le point final d’une série de sacrifices qui ont jalonné toute la période noire de l’occupation.

 

« Si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie ! »  C’est sur cette pensée d’André Malraux qu’a été ouverte l’exposition proposée les 9, 10 et 11 septembre 1994.

 

Ce vendredi soir 9 septembre, un sentiment de recueillement et le souvenir des hommes morts pour la liberté prédominaient dans la salle du centre culturel « Albert Desmedt », où un nombre impressionnant de documents ont été réunis par Daniel Delafosse de la Ville, une des chevilles ouvrières de l’exposition, avec l’association « A la Recherche du Passé d’Halluin » et les associations patriotiques.

 

Que de souvenirs réunis dans une même salle. Certains ressortis des greniers et albums de famille. D’autres souvenirs douloureux souvent rassemblés pour que les gens se souviennent des heures noires de l’occupation, des drames et des joies de la libération tant attendue. Du sacrifice des enfants d’Halluin qui ont donné leur vie pour elle et leur nom à nos rues

 

Tout cela a représenté un laborieux travail de recherche et de collaboration étroite entre la ville, les associations et les Halluinois qui ont fouillé leurs tiroirs.

 

   

Voici le texte lu, avant l’ouverture officielle de l’exposition, 

par Madame Danièle Mullier :

« Daniel Delafosse, une des chevilles ouvrières de cette exposition a rédigé ce préambule. Il devait le lire ce soir, mais a été retenu par un déplacement urgent à Annecy (Haute-Savoie : 

 

Le cinquantenaire de la libération a suscité de nombreuses expositions dans tout le pays, et cette commémoration doit éveiller l’intérêt des jeunes et réveiller la mémoire des Aînés.

 

Si dans les grandes villes, les souvenirs sont mémorables, ceux-ci sont souvent plus modestes dans les petites ou moyennes communes, et les documents rattachés à cette période ne sont pas légion.

 

Pour sa part, la Mairie d’Halluin, organisatrice de ce projet avec l’Association « A la Recherche du Passé d’Halluin » et les Associations Patriotiques, a eu quelques difficultés pour rassembler les souvenirs et fixer les témoignages.

 

De ce fait, pour étoffer davantage cette exposition, les responsables ont décidé d’élargir les évènements de 1944 à l’ensemble du conflit de 39-45, en mentionnant ses répercussions sur la vie halluinoise.

 

Les faits relatés dans la presse locale et régionale nous ont été d’un grand secours pour monter ce projet, ainsi que les archives de quelques Halluinois, dont vous trouverez les noms répertoriés sur les différents documents ainsi que sur la liste à l’entrée de la salle.

 

Si la Libération de 1944 fait partie d’une des plus belles pages de l’Histoire de France, ces cinq années de guerre furent aussi cinq années de cauchemar. Que d’épreuves, de souffrances, de prisonniers, de déportés, de morts, sans oublier les suspicions, les dissensions, les erreurs, les trahisons et autres zones d’ombre.

 

Quant à la population halluinoise, celle-ci a payé un lourd tribut à sa propre libération.

 

Le personnel municipal chargé de confectionner les différents tableaux, et qui n’a pas connu cette troublante période, ne prétendait pas reconstituer l’histoire locale avec ses erreurs et ses vérités.

 

Sa tâche essentielle fut d’honorer la mémoire des personnes ayant, à des titres divers, l’infinie reconnaissance des habitants de notre cité.

 

La seconde priorité était de permettre aux jeunes et aux scolaires surtout, de comprendre, après cette visite, qu’il y a toujours des valeurs indispensables à défendre : la liberté, la dignité et le respect d’autrui.

 

La jeunesse actuelle est confrontée à d’autres fléaux, pour ne citer que les principaux : chômage, drogue, sida, et souvent cette jeunesse remet, légitimement, tout en cause.

 

Pour ma part, je méditerai sur cette pensée d’André Malraux :

 

« Si la vie ne vaut rien, rien ne vaut la vie ! »

 

Et j’ajouterai, nous l’espérons tous pour toujours, la liberté retrouvée.

 

Je vous remercie de votre attention, et je passe la parole à Monsieur le Maire.

 

 

                                                                          Daniel DELAFOSSE

 

 

Beaucoup d’émotion dans la salle à la lecture de ce préambule suivi avec attention par les élus :
 
Alexandre Faidherbe maire, Christian Vanneste député, Henri Desmettre conseiller général, les adjoints de la ville, les présidents des associations patriotiques, comme M. Desreveaux, des UNC 39-45, M Danset, des Anciens Sous-Officiers d’Halluin M. Machu, des Prisonniers de Guerre, M. Mestdagh, vice-président de la FNACA, M. Vangaeveren, de l’UNC-AFN, M. Verpraet, des Anciens Marins, M. Alfred Simono, président d’honneur de l’ARAC, et tous ces visages plus « anonymes », portant la marque de cette parenthèse noire de l’histoire ou (et) la perte d’un proche disparu.


On se pressait devant la vitrine protégeant les objets d’époque, devant les affiches, les articles des journaux, les photos, autant de documents faisant ressurgir des souvenirs toujours vivaces dans les mémoires.


Bien des archives personnelles des Halluinois se sont ouvertes à cette occasion.

 

Depuis quelques mois, la Ville n’a pas ménagé sa peine pour réunir les souvenirs et fixer les témoignages sur les jours précédant la libération.


Avec les associations patriotiques et « A la recherche du passé… », elle a bien dû se rendre à l’évidence : il fallait, pour étoffer davantage l’expo, élargir les évènements de 44 à l’ensemble du conflit, en mentionnant ses répercussions sur la vie halluinoise.

 

La confection des tableaux par le personnel municipal « ne prétend pas reconstituer l’histoire locale avec ses erreurs et ses vérités », précisa Daniel Delafosse (représenté)… »Mais la tâche essentielle fut d’honorer la mémoire des personnes ayant l’infini reconnaissance des habitants de la cité ».

 

L’autre priorité était de permettre aux jeunes de comprendre mieux cette période, à travers des visites organisées ces jeudi 8 et Vendredi 9.

 

  Au fil de l’exposition, au fil des années

C’est Gaston Danset qui présenta en quelques mots cette expo qui, chronologiquement, évoque le « pourquoi » puis le « comment » de la guerre, présente le phénomène de solidarité halluinois avec la création du Comité d’Entraide aux combattants et prisonniers, puis la période trouble sans armée ni gouvernement, « l’année 1940, une période très difficile pour tout le monde, même pour l’armée ».  la période trouble de privations, de nourriture, de liberté… Jusqu’à ces jours d’ultimes combats.

 

« Il s’agit d’un sujet délicat à aborder, il faut ménager les susceptibilités encore vives. Mais nos morts sont là, on demande qu’ils soient honorés, c’est tout », acheva son message.

 

 

« Les sanglots longs de l’automne… »

Alexandre Faidherbe remercia à son tour les organisateurs pour la qualité du travail réalisé, et tous les Halluinois qui ont bien voulu apporté leur pierre à cette réalisation,

" malgré le risque que cela peut avoir de mettre ces souvenirs au grand jour ", des amis belges qui ont apporté un concours tangible « Grâce à ces participations on ne s’est pas confiné au jour de la libération d’Halluin mais on a vu cela d’une façon plus large et profonde. Une libération ce ne peut-être qu’un jour mais toute une série de sacrifices par les uns et les autres, depuis le début des hostilités ».

 

Alexandre Faidherbe ouvrit une parenthèse sur les propos d’approche de Gaston Danset :

 

« Dans ces périodes un peu troubles où l’enthousiasme a engendré quelques débordements, n’oublions jamais, même si 50 années ont passé depuis, qu’il y a pour certains de nos compatriote des plaies qui ne sont pas encore refermées aujourd’hui.

 

Si c’est vrai que des gens ont payé la libération de leur vie, il y a aussi certains membres de leur famille qui ont vu leur existence s’arrêter ce jour là. Il faut que l’on s’en souvienne ; que nul n’est tout noir ni tout blanc.

 

Président de l’U.N.C., Guy Desreveaux fit alors entendre sa voix, par K7 interposée réalisée en association avec toutes les sociétés patriotiques halluinoises. Une écoute de la B.B.C. avec ses messages « Jules fait de la bicyclette », « Le petit chat boit du lait »…  qui avaient une signification certaine.

 

 Et pui cet auditeur halluinois qui suivait la progression de la guerre l’oreille collée sur la T.S.F. entendit un jour «  Les sanglots longs de l’automne », suivi le lendemain de «     Bercent mon cœur d’une langueur monotone ».

 

C’était la joie du délire « Nous allions bouffer du boche. Mais pour nous, Halluinois, ça n’allait pas être facile, les Allemands étaient partout ! La mort était au rendez-vous… ».

 

Une évocation qui résonna dans les esprits sur l’air du Partisan, écouté dans le plus grand recueillement, jusqu’à la dernière note.

 

Les cérémonies du Dimanche 11 septembre allaient rappeler au monument aux morts de la ville, aux tombes des résistants et au carré des Anglais, que le souvenir est encore bien vivant.

   

« Ces plaies non refermées… »

 

Au fil des jours, la presse locale avait accordé au 50e anniversaire de la Libération la place qu’il méritait. Témoignages des uns et des autres, les colonnes étaient ouvertes à ceux qui pouvaient apporter des précisions sur ces moments difficiles avant que la joie n’éclate.

 

Des témoignages douloureux aussi qui remettent parfois « les choses à leur place ».

Pas toujours facile de les écouter, encore moins de les écrire lorsqu’ils relèvent de ces « zones d’ombre » de « ces plaies non refermées » Cinquante années après !

 

Dans les différents discours, on a senti cette approche de la tragédie de la rue de Lille, lorsqu’une colonne allemande harcelée par les résistants à la hauteur du jardin du public a pris une vingtaine de personnes en otages. Une vingtaine de personnes placées sur l’avant des camions.

Parmi elles, Arthur Dennetière. De cette tragédie, en 1994, il reste douze personnes encore en vie : Mme Geneviève Dalle-Lemaitre et ses cinq enfants, Mme Jeanne Verhaeghe-Desmet, Mme Geneviève Dennetière-Delberghe, Mme Denise Grimonpont, Mme Agnès Vanseveren, Mme Berthe Delmotte-Serruys, Mme Dassonville-Carton (qui avait réussi à s’enfuir ainsi que Mme Berthe Delmotte qui a sauté au-dessus du pont de la Lys à Menin).

 

Le récit de l’une d’elles vient nous rappeler sinon une tragique méprise, du moins un épisode dramatique de cette retraite alors que le convoi était arrêté à la hauteur de la rue Pasteur (là où était posté un mitrailleur). Un tir « regrettable » qui foudroya Arthur Dennetière, blessa à la jambe l’un des filles de Mme Dalle-Lemaitre, Mlle Marie-Antoinette Bartholémeus (aujourd’hui décédée) ainsi que la cousine (laquelle dut être amputée) de Mme Cinqualbre.

 

C’était pour mémoire, le 2 septembre 1944 vers 17 h.

 

 

Marthe Nollet et les autres…


Au fil de l’exposition, on pouvait découvrir les visages des résistants qui ont perdu la vie lors des combats, et dont les noms sont demeurés familiers comme ceux de Marthe Nollet, Georges Vanlaere, Michel Danset …

 

On retrouve dans cette exposition, les témoignages (parus dans la presse locale) de Mme Vanackere, hélas hospitalisée et représenté à l’inauguration par son fil, les affiches annonçant les condamnations à mort ou aux travaux forcés de « communistes et de terroristes » ;  les affiches de propagande allemande ; les listes de prisonniers halluinois parus le 28 octobre 1941, sur lesquelles des doigts pointent, émus, les noms de proches .

 

 La plaque de prisonnier de Edouard Lemaitre confiée par son épouse aux archives de la bibliothèque municipale ; les preuves du soutien financier d’entreprises halluinoises (Stock, …) à leurs employés prisonniers de guerre, par le biais du comité d’entraide, créé dès le 12 septembre 1939.

 

 L’organigramme des FFI, et les cartes de certains d’entre eux, comme Michel Demeyere , de nombreuses coupures de presse de l’époque, dont des extraits du « journal de Roubaix » ancêtre de Nord-Eclair… Et bien d’autres choses encore.

 

 

Venus du Royaume-Uni…

Ils sont de passage à Halluin, à l’occasion du cinquantenaire « Ils », se sont deux Anglais venus à Halluin en deux occasions différentes.

 

 Le « premier » se nomme Réginal James Smith de la 42ème division, sergent d’intelligence, et il est le dernier anglais à avoir quitté la base de Roncq le 14 mai 1940. Il venait de North-Tyneside, en passe d’être jumelée en 94 avec Halluin.

 

Le « second » Allié et Ecossais se nomme John Webster, âgé de 71 ans et vient de Gillingham, au sud de l’Angleterre, malgré le sang écossais qui coule dans ses veines. Directeur de collège secondaire en retraite, il garde en mémoire cette avancée qui le fit déboucher à Halluin.

 

 C’était Le 6 septembre 1944 et il était agent de transmission dans une unité écossaise. Son épouse travaillait aussi dans les transmissions, dans la Navy…

 

 

Une résistance très enthousiaste

« Nous remontions de Bretagne, Montgomery avait fait une sorte de poche et les journalistes anglais se demandaient pourquoi il ne foutait pas tout de suite les Allemands à la porte.

Mais Montgomery plutôt que d’amener les Allemands dans une situation féroce leur a laissé la possibilité de s’échapper et d’épargner les populations civiles. Les grandes routes de Falaises et d’Argentan jusqu’à la Belgique étaient pleines de ruines allemandes. Notre brigade était en avance sur la division écossaise mais en une journée nous n’avions parcouru que 25 km.

 La résistance était très enthousiaste et cela créait un bouchon énorme de camions allemands incendiés ».

 

Une promenade de santé

« Pour progresser plus vite mon chef de brigade envoya une équipe qui parlait le français pour dénicher les routes secondaires. J’ai trouvé que c’était très dangereux et en fait c’était remarquable, une promenade en auto pour le chauffeur et moi !

 

Nous avons passé la Seine et atteint Saint-Pol en un jour. J’ai passé les champs de bataille de la première guerre à toute vitesse. Jamais je n’ai osé le dire à mon père, lui qui a progressé au même endroit de 200 m en quatre ans !  Les oiseaux chantaient. Nous devions rejoindre Courtrai et avons passé Lille par l’ouest.

 

La ville attendait un régiment, on était deux


« A un moment j’ai vu une barrière, j’ai pensé que c’était le chemin de fer. J’ai dit à « Joc » étrange il n’y en a qu’une. En fait nous étions à la frontière d’Halluin.

 

C’était le 6 septembre 1944 à 3 h du matin et en trois minutes, la rue était remplie de monde dans le centre ville. Je me suis retrouvé comme un joueur de rugby dans la mêlée. Ils criaient « vive les Anglais », alors qu’on aurait voulu qu’ils n’oublient pas les Ecossais…

 

Mon passage à Halluin était émouvant, on a ri beaucoup. Les Halluinois s’attendaient à plein d’infanterie et de chars et ont vu arriver un petit moi, dit-il dans un français improvisé, charmant, et le conducteur de la jeep en reconnaissance dans le secteur.

 

Nous voulions traverser la Lys, mais le pont étant détruit, nous avons rejoint Courtrai (B) par le chemin du halage le long de la rivière.


Sur la place de Courtrai, il y avait les résistants français, et  les Chemises Blanches célébraient la libération de la ville, que j’ai pu annoncer à la radio. Alors nous sommes repartis discrètement à Halluin.

 

Le lendemain nous étions à Bruxelles, mais un autre bataillon, plus prestigieux, était attendu avant nous… » raconte cet écossais qui passa à Halluin voici 50 ans, l’espace d’une heure et demie… mémorable.

 

Ils seront tous les deux présents ce Dimanche 11 septembre 1994 lors des manifestations officielles de ce 50ème anniversaire.

 

   

Journée du samedi 10 septembre 1994

 

Vivante mémoire d’un résistant

 

 Samedi 10 septembre, le centre culturel « Albert Desmedt » a accueilli Jean-Marie Fossier ancien résistant et déporté, auteur du livre « Zone Interdite », pour une conférence sur la seconde guerre mondiale.

 

Dans la salle, un public ayant en général connu la période de l’occupation, mais aussi quelques jeunes.

Au travers des panneaux d’exposition, ils ont pu découvrir une page de l’histoire de leur commune, ainsi que la vie quotidienne des Halluinois par temps de guerre.

 

La conférence de Jean-Marie Fossier leur a en outre renvoyé l’écho d’une période sombre, déjà en gestation au cours des années trente.

 

Militant anti-faciste dès 1933, M. Fossier est un ancien volontaire des Brigades Internationales en Espagne. Après avoir exercé des responsabilités en « zone rouge », sur le littoral dunkerquois, il a été arrêté en mai 1942 et condamné à 15 ans de travaux forcés.

 

Il connaîtra ainsi les prisons de Cuincy et Loos, puis sera déporté à la forteresse de Huy, avant d’être envoyé dans les camps de concentration de Sachsenhausen et Buchenwald.

 

En 1994, membre de la Direction de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes, il a insisté, lors de sa conférence, sur le fait que le nazisme et ses sinistres méthodes étaient déjà bien connus avant-guerre.

 

« Nous savions ce qu’étaient les camps de concentration » expliqua-t-il.

 

« Il y avait seulement des gens qui ne voulaient pas le savoir et regardaient le nazisme d’un œil complaisant ».

 

De même, il refuse de laisser croire que la résistance trouve son origine dans l’appel du Général de Gaulle. Si le18 juin demeure une date charnière dans l’histoire du pays, les mentalités étaient préparées depuis longtemps.

 

« On remarque que les parents et les grands-parents de nombreux résistants étaient souvent de grands patriotes, fit en effet remarquer Jean-Marie Fossier. « Ils n’ont donc pas répondu à un ordre, mais plutôt à leur conscience ».

 

Selon lui, la classe ouvrière a été la première à braver l’occupant, par le biais, notamment, de  

 

« Son rôle n’a pas été suffisamment reconnu », souligna le conférencier en ajoutant que « les gens du Nord avaient une raison supplémentaire de se battre car, pour Hitler, le Nord – Pas-de-Calais était germanique et l’avait rattachée à Bruxelles, en attendant de pouvoir l’annexer complètement ».

 

Un des aspects méconnus de la seconde guerre mondiale, qui a poussé les habitants de la région à se battre « pour rester français ».

 

                                                                                    
(Archives et Synthèse D.D., Presse).

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 18:16



 

Julien Demeulenaere nous quittait le mercredi 6 mars 1991 dans sa 85ème année.

 

Fondateur des Ets Demeulenaere installés durant de très nombreuses années rue Gustave Desmettre, « Julien » comme beaucoup aimaient à l’appeler et comme il appréciait être appelé, a très longtemps marqué de sa présence la vie associative de notre cité où il était très connu.

 

En retrant de captivité, il s'installe dans son atelier, rue des Ecoles (actuellement rue Gustave Desmettre) et devient le premier vendeur de Télévisions sur Halluin. Il était radio-électricien

 

En 1943, il était membre du comité d’entr’aide aux combattants et prisonniers halluinois.

 

Président d’honneur de la société des accordéonistes halluinois, il fut également, en sa qualité d’ancien combattant prisonnier de guerre 39-45, élu président d’honneur des anciens combattants de l’U.N.C.

 

Son esprit d’initiative, sa disponibilité et sa générosité valurent à M. Julien Demeulenaere d’être souvent sollicité par grand nombre de sociétés locales qui lui vouaient un profond respect.

 

 

René Descamps est né le 17 février 1920 à Halluin.

 

Il a travaillé à la brosserie Gebson de 1935 à 1937 et aux Ets Lemaitre-Demeestère de 1937 à 1938, avant d’être engagé volontaire en 1938.

 

Il est fait prisonnier en 1939. Après sa captivité, il épouse le 24 août 1945 Solange Nollet qui lui donnera cinq enfants. Après avoir repris son activité aux Ets Leruste à Tourcoing, il travaillera aux Ets Capelle à Halluin de 1949 à 1980.

 

Médaillé d’or des donneurs de sang, membre de la mutuelle « la Prévoyance », René Descamps était membre fondateur de l’amicale de l’UNC 39/45, médaillé du combattant.

 

Dévoué et assidu à toutes les manifestations patriotiques, il était notamment porte-drapeaux durant les premières années, faisant partie de la commission dont il a été le secrétaire depuis 1987.

 

Mariés à Halluin, le 24 août 1945 à Solange Nollet, ils ont fêté leurs Noces d’Or, cinquante ans plus tard en Août 1995 devant l’adjointe au maire Jeanine Gheysen.

 

Mme Solange Descamps Nollet a travaillé à la Brosserie Folens de 1935 à 1937, puis de 1937 à 1940 aux Ets Loridan. De 1943 à 1946 elle est aide familiale avant de choisir de devenir en 1946, mère au foyer à la naissance de leurs cinq enfants. Elle était titulaire de la médaille de la Famille française.

 

Dans l’ouvrage « Images d’Autrefois, Industries d’hier et d’aujourd’hui » Tome 2, Le Docteur André Louf Président de l’association « A la recherche du passé d’Halluin » rend hommage à René Descamps membre dévoué de l’association.

 

René Descamps est décédé le 22 juillet 1996 à l’âge de 76 ans, ses funérailles se déroulèrent en l’église Saint-Hilaire à Halluin, le 26 juillet 1996.

 

 

(Archives D.D., Presse).

 

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 20:19



 

Intense émotion, dimanche 5 novembre 1989, dans les salons de l’Hôtel de ville où M. Pierre Desmedt ancien déporté, officier de la Légion d’Honneur, remettait à Mme Blanche Persyn la médaille des déportés à titre posthume, pour son mari, militant communiste et résistant Emile Persyn.

 

S’adressant à l’assistance composée de la famille, de nombreux amis de M. Emile Persyn, des membres du conseil municipal, des membres des sociétés patriotiques, des porte-drapeaux, le maire conseiller général M. Alexandre Faidherbe qui a ouvert les portes de la mairie « la maison commune, celle de chaque Halluinois » à la sollicitation de l’Union locale des anciens combattants et de la section locale de l’A.R.A.C., dit combien est justifié l’hommage rendu ce jour à M. Emile Persyn :

 

« Toute sa vie durant homme de caractère et homme de conviction… il doit rester pour nous un modèle dont Halluin peut-être fier ».

 

A ce propos et faisant suite à une proposition de Mme Françine Vanoverberghe, conseillère municipale communiste, M. Faidherbe souscrit volontiers au vœu que soit dénommé  Emile Persyn, le foyer des anciens de la rue Gabriel Péri, après acceptation du conseil municipal.

 

« La disparition de M. Emile Persyn fait que la médaille sera aujourd’hui remise à Mme Blanche Persyn, son épouse. Ce n’est que justice si l’on prend en compte les années d’angoisse, de sacrifices, de renoncement, qu’elle dût vivre afin de rendre espoir et de soutenir un mari physiquement brisé.

 

Au travers de mon propos, c’est l’ensemble de la population halluinoise qui lui rend hommage et l’assure de son estime et de son respect » conclut le maire.

 

Il revint à M. Alfred Simono, président d’honneur de l’A.R.A.C., de rappeler la mémoire de ce militant communiste, franc-tireur et partisan, officier de liaison et de renseignements pour la région Nord/Pas-de-Calais/Somme.

 

Né en juillet 1920, Emile Persyn entrait aux Francs-Tireurs en mars 1941. Il avait 21 ans quand il fut arrêté le 24 octobre 1941, interné à Loos, Douai, Poissy, Blois, avant d’être livré aux Allemands par la police française en 1944, et de Compiègne dirigé dans des wagons à bestiaux sur le camp de Mathausen en Autriche :

 

« Sa volonté de vivre, sa solide constitution (les gens de mon âge se souviennent d’Emile Persyn footballeur), lui permettent de tenir jusqu’à la libération par la Croix-Rouge, fin avril 1945.


Le cauchemar est terminé si l’on peut dire, son état de délabrement le fait admettre à l’hôpital de la Fraternité à Roubaix, mais il ne retrouvera jamais plus son ancienne vigueur.


Titulaire de la Croix de guerre avec citation à l’ordre du régiment le 25 avril 1947, Emile Persyn était membre de l’A.R.A.C. et de l’U.F.A.C. ».

 

Emu comme tous l’étaient, M. Pierre Desmedt agrafa alors sur le coussin que tenait Mme Blanche Persyn, cette médaille des déportés remise à titre posthume.

 

Le chant des partisans filtra dans la salle, ajoutant encore à la solennité et l’émotion du moment.

   

Sensible au courage, à la modestie, à l’esprit du devoir de patriote


Directeur de l’école Jacques Brel à Roncq, enfant d’Halluin et fils d’une famille d’ouvriers qui entrèrent tout de suite dans la résistance, M. Johnny Mittenaere dont le père Marcel, ses oncles et son parrain Robert Mittenaere furent les compagnons de lutte d’Emile Persyn, se fit l’interprète de Mme Blanche Persyn.

 

Lui-même ancien combattant au titre de l’Afrique du Nord, il lutte pour que la troisième génération de feu, celle des Djebels, soit la dernière, mais qu’on n’oublie pas le sacrifice des uns et des autres, avec ou sans uniforme à l’exemple d’Emile Persyn :

 

« Qui furent ainsi les instigateurs et les artisans de la libération de notre pays, il y a de cela 45 ans » .

 

Le propos de M. Mittenaere se voulut la transcription des profonds sentiments de Mme Blanche Persyn, sensible au courage et à la modestie, à l’esprit du devoir de patriote, au souci de partage avec tous les compagnons de son mari, et en premier lieu M. Albert Verhellen qui fit équipe avec lui de 1940 à 1941.

 

Ce fut alors l’histoire d’Emile Persyn qui fit surface. Une histoire qui met en lumière le courage et les mérites de cet Halluinois trop tôt disparu, mais aussi l’action d’un résistant de la première heure.

L’évocation des faits qui vont suivre, vous permettra de mieux comprendre le profond engagement d’Emile Persyn dans la lutte antifasciste.  

 

L’Avant-garde

En 1940, sous la direction de Gustave Casier qui allait devenir maire d’Halluin à la Libération, Emile Persyn et Albert Verhellen récupèrent une machine à écrire, une ronéo, et un important stock de papier. Cette imprimerie clandestine fut installée d’abord impasse du Mamelon vert au domicile de Marcel Verfaillie. Puis, pour plus de sécurité, au Colbras, chez Cyrille Lagaé.

 

Le transfert du matériel fut fait sur une brouette par Marcel Verfaillie et Emile ; On frémit déjà là au danger encouru. Et s’ils s’étaient faits prendre ?

 

De cette modeste imprimerie sortirent des milliers de tracts anti-hitlériens sous le titre de l’Avant-garde, et qui seront diffusés dans tout ce coin du Ferrain qu’on appelle généralement Tourcoing/vallée de la Lys ;

 

Albert et Emile s’engageront dès sa création dans l’O.S. (organisation spéciale) chargée de créer des difficultés à l’armée d’occupation, O.S. qui deviendra peu de temps après les F.T.P.F. (Francs tireurs et partisans français), véritable ossature militaire de la région.

 

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1941 ? Emile et Albert iront accrocher des drapeaux tricolores sur les becs de gaz de tout le quartier Est d’Halluin. Geste plus que symbolique, car les couleurs nationales  fleuriront, malgré l’interdiction, dans les foyers ouvriers le lendemain, et seront la démonstration du patriotisme le plus ardent.

 

C’est dans la nuit du 24 octobre 1941 que va se forger le destin d’Emile Persyn.  

 

Dénoncé par la police française

Emile et Albert sont en possession de tracts bien imprimés reproduisant l’appel au peuple de France signé de Maurice Thorez et Jacques Duclos.

 

Déjà dans leur Avant-garde, ils ont reproduit des passages de cet appel. Cette fois-ci ils l’ont dans son intégralité. Ils décident d’aller le lancer dans les rues des quartiers de la Rouge Porte, de la Pannerie.

 

Mission accomplie avant le lever du jour, à vélo… On tremble à l’idée que s’ils avaient été surpris, ils étaient passibles de la peine de mort selon la loi allemande en vigueur dans la « zone interdite ».

 

Ils se quittent rue d’Arcole, aujourd’hui rue Lucien Sampaix. Emile remonte la rue de la Pannerie, et en débouchant rue Edouard Vaillant, aujourd’hui rue Gabriel Péri, il est aperçu par un policier français qui se rend à son travail. Il n’a plus de tracts sur lui, heureusement.

 

Mais la police française fera le rapprochement. Emile Persyn  sera dénoncé, pris par la police française qui le livrera aux Allemands… 

 

Forger l’esprit de résistance

On mesurera précise alors M. Mittenaere, le rôle néfaste joué par le gouvernement de Vichy qui mettait au service de l’occupant allemand toutes les institutions de l’Etat, l’importance et la haute valeur du message qu’Albert et Emile ont lancé dans les rues d’Halluin.

 

Avec l’appel du 18 juin 40 lancé par la radio de Londres, celui du 10 juillet 40 diffusé courageusement sur le sol même de la patrie a contribués fortement à forger l’esprit de résistance des Français. Voici le début de ce message :

 

« Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves. La France au passé si glorieux ne s’agenouillera pas devant une équipe de valets prête à toute les besognes. Ce ne sont pas des généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France ? C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale… ».

 

Cet appel sera entendu des masses profondes de notre peuple, tant il est vrai, comme le notait l’écrivain catholique François Mauriac que « seule la classe ouvrière dans sa masse est restée fidèle à la patrie profanée ».  

 

« Ami, si tu tombes »

Emile Persyn « tombé comme on disait, emprisonné puis déporté en Allemagne, d’autres se lèveront et prendront sa place au combat :

 

« Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre, à ta place », dit le chant des partisans. Et la première à prendre sa place, ce sera Blanche Persyn, précisément, qui ne s’est pas laissée abattre par cette épreuve terrible, qui a continué à cacher du matériel, à cacher des réfractaires au travail obligatoire, à encourager tous les actes de sabotage de l’appareil ennemi.

 

Pour conclure, M. Mittenaere exprima trois préoccupations essentielles : le recueil des témoignages de cette époque, avant que ceux qui en furent les témoins ne soient tous disparus, de voir la cérémonie d’aujourd’hui comme un hommage rendu avant tout à un résistant déporté politique, que le combat pour l’Indépendance de la France, pour la paix dans le monde, pour la liberté, la justice et le progrès social continue.

 

« Certes de nouvelles solidarités se font jour, en Europe particulièrement la réconciliation franco-allemande, l’amitié entre les peuples sont des données encourageantes. Il existe même une union européenne des anciens combattants « Mais le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » comme disait Bertold Brecht.

 

Les manifestations de haine et de violence raciste, de xénophobie, d’intolérance religieuse, de soumission de la femme, se multiplient dans notre pays et nous atteignent dans notre dignité.

 

Les nostalgique du IIIe Reich relèvent la tête et remportent même des succès électoraux en Allemagne de l’Ouest sous la fausse étiquette de « républicains ». Ils rêvent de reconquérir les frontières de l’Allemagne de 1938 et mettent en cause tous les accords passés avec les Etats qui ont permis dans notre commune maison Europe de vivre en paix pendant 45 ans.

 

Sous leur pression et au plus haut niveau, on envisage la déstabilisation de l’Europe. La vigilance s’impose à tous. C’est bien donc ton combat qui continue, Emile. Et tu restes à nos côtés. Car comme le dit Victor Hugo :

 

  « Les mort sont des vivants mêlés à nos combats ».  

 

Emile Persyn, solide gaillard avant de « tomber », ne pesait plus 40 kilos à son retour à Halluin en 1945.

 

Le déporté de Mathausen, Conseiller Municipal d’Halluin de 1947 à 1953, nous a quittés le 30 janvier 1979 à l’âge de 58 ans. Le 3 février 1979 ses funérailles se sont déroulées à Halluin et l’inhumation au cimetière de la ville.

 

L’une des dernières photos le représentant fut prise lors du jubilé Victor Vandekerckhove (Baratte) en 1970. Nous le trouvions entre ses deux camarades de la formidable équipe de l’U.S.H de 1940, « Baratte » et Pierre Verholle.

 

(Archives D.D., Presse).

 

LIENS :

 

La Déportation en France : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/deportation.html

L'Histoire de la Déportation :
http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm

Le Bilan de la Déportation en France : http://www.memoire-net.org/article.

http://www.judaicultures.info/Visite-du-site-de-Dachau.html


La libération de Dachau : http://clioweb.free.fr/camps/deportes.htm#camps

La Libération des Camps : http://pagesperso-orange.fr/d-natanson/liberation_camps.htm

 

Auschwitz - Birkenau (Pologne)... La Libération du Camp, il y a 65 ans, le 27 Janvier 1945 - 2010.

 

Buchenwald (Allemagne)... La Libération du Camp, il y a 65 ans, le 11 Avril 1945 - 2010.

Hommage à Maurice Druon Co-Auteur du "Chant des Partisans".

La Guerre 1939 - 1945 - Halluin (16) Le Chant des Partisans.

 

Le 8 Mai 1945 : Fin de la Guerre en Europe.

La Guerre 1939 - 1945 - Halluin (18) Discours par André Malraux , le 19 décembre 1964, lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon.

Le Conseil National de la Résistance fête ses 65 ans.

La Guerre 1939 - 1945 - Halluin (19) Pierre Hachin résistant, torturé, déporté et bâtisseur de Paix.  

La Guerre 1939 - 1945 - Halluin (21) Pierre Desmedt dernier résistant halluinois déporté 1914 - 2005.

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:13


 

1939 : La France a déclaré la guerre à l’Allemagne fasciste. En cette période de troubles et de tourments, Roger, 23 ans et Marie-Louise, 20 ans s’aiment d’un amour tendre.

 

Lui est Français, elle est Belge. La France est en guerre, la Belgique est neutre. Et pour mieux marquer la frontière qui sépare les deux pays, une ligne de barbelés se dresse des deux côtés, à Menin et Halluin.

 

Chaque jour des dizaines de personnes se parlent des deux côtés des barbelés : des familles séparées mais aussi des amoureux qui se languissent de ne plus se voir. Comme Marie-Louise Velghe, jolie brunette au sourire franc et Roger Destoop, grand et beau jeune homme sérieux.

 

Roger et Marie-Louise sont fiancés depuis trois ans. L’attente est longue, la fin de la guerre n’est encore pas pour tout de suite, ils décident de se marier envers et contre tout et de briser les barbelés, à leur manière..

 

Il s’agit d’obtenir des autorisations ce qui n’est pas très facile. Roger et Marie-Louise se démènent, chacun dans leur pays respectif. L’amour est plus fort que tout, ils parviennent à leurs fins : la date du mariage est fixée pour le 3 novembre 1939.

 

Mais il s’agit aussi de préserver la neutralité de la Belgique. Ce jeune couple ne peut se marier ni à Menin, ni à Halluin. Qu’à cela ne tienne, l’union sera célébrée entre les deux villes, entre les deux frontières de barbelés.

 

« Nous en avions assez de ne pas pouvoir nous parler, explique 50 ans plus tard en 1989 M. Destoop. Ce mariage entre les deux pays était la seule solution ».

 

Le 3 novembre, une petite pluie fine tombe sur les deux villes. « Un vrai temps de Toussaint ! »  renchérit M. Destoop.

 

La noce est bien couverte. Chapeaux, manteaux de fourrure et cols douillets. Marie-Louise porte un joli tailleur, Roger une redingote et un nœud papillon. Le temps est gris mais les fleurs ne manquent pas, portées par brassées par les demoiselles d’honneur.

 

Amis,  famille et curieux se retrouvent dans ce « no man’s land ». Assis à une table en plein air, le bourgmestre de Menin rédige l’acte de mariage. Et sur les photos, tous sourient, heureux en ce jour de fête mais aussi étonnés de la situation. Car Roger et Marie-Louise sont les premiers à se marier ainsi.

 

« Il y en a eu d’autres ensuite, raconte Roger Destoop. La mode était lancée, mais comme la Belgique renonçait à sa neutralité au mois de mai, nous ne sommes pas nombreux à nous être mariés ainsi. Mais je me souviens qu’il y a un couple qui s’est marié à la frontière peu de temps après nous. Le lendemain de son mariage, le jeune homme repartait à la guerre et il n’est revenu que 7 ans après ! Il avait été fait prisonnier par les Allemands ».

 

M. et Mme Destoop ne subiront malheureusement pas une telle séparation. Mais le jour de son mariage, Marie-Louise doit accepter d’être séparée de sa famille. Les autorités ont accepté de laisser passer la frontière à la famille belge de Marie-Louise, mais uniquement pour une heure, pour la messe célébrée à Halluin.

 

« A croire qu’ils avaient peur des espions ! ». Marie-Louise en rit encore cinquante ans après.

 

Puis chacun retourne de son côté. Une partie de la noce fête l’évènement à Halluin, tandis que l’autre banquette à Menin. Marie-Louise est restée avec son époux.

 

Le lundi chacun reprend son travail. Ce n’était pas le moment de partir en voyage de noces. Roger fait un an de guerre puis est affecté dans une filature. Marie-Louise travaille en France aux Etablissements Demeestere.

 

50 ans plus tard, ce samedi 4 novembre 1989, leurs noces d’or seront célébrées en bonne et due forme. Tout d’abord en Mairie d’Halluin puis, comme il y a 50 ans, à la frontière en plein air. Le bourgmestre de Menin viendra y faire un discours.

 

« Si j’avais su tout ça, je ne serais pas allée à la mairie signaler notre anniversaire de mariage…, soupire Mme Destoop. Cette agitation l’effraye un peu. M. Destoop  semble en avoir pris son parti.

 

Après la fête, tous partiront faire la fête à Reckem, Fraçais et Belges réunis cette fois-ci Mais avant de partir M. Destoop s’étonne :

 

« 50 ans ! On se demande comment c’est passé, tellement ça va vite ! ». En voilà une belle déclaration d’amour.

 

 

Des Noces d’Or… comme à la guerre !  (2)

 

Fallait-il qu’ils s’aiment cet Halluinois et cette Meninoise qui se sont mariés par-delà les barbelés de la « drôle de guerre » ? Cinquante ans plus tard, M. et Mme Destoop Velghe sont revenus sur la frontière pour renouveler leurs vœux d’amour et de fidélité !

   

Le fil de deux vies.


M. Roger Destoop est né le 25 mai 1916 à Halluin, et son épouse née Marie-Louis Velghe a vu le jour le 27 août 1919 à Menin (B).

 

M. Destoop a commencé sa carrière professionnelle en 1928 comme papetier aux Ets Hamel-Van Gorp à Halluin, avant de partir comme teinturier à la Filature-Filterie de France à Comines, en 1938.  A partir de 1947  et jusqu’à sa retraite en 1981, il fut ensuite employé comme vernisseur aux Ets Vanhoutte, Desimpelaere, puis Dehondt à Halluin.

 

Quant à son épouse, elle fut successivement épeuleuse, ourleuse, puis piqueuse aux Ets Demeestere-Demeestere d’Halluin de 1933 à 1977. Elle est titulaire de la médaille d’Or du Travail.

 

De leur union est né un enfant, qui leur a donné un petit-enfant.

 

Les noces d’or ne sont plus ce qu’elles étaient, mon bon monsieur : aujourd’hui, on vit bien plus longtemps que jadis, et les couples quinquagénaires sont presque aussi nombreux que les Halluinois qui vont faire le plein en Belgique. Et pourtant les noces d’or célébrées ce samedi 4 novembre 1989, sur le coup de 11 heures étaient insolites à plus d’un titre…

 

Insolite d’abord parce qu’elles avaient lieu en plein air et à un endroit bien particulier : le « no man’s land », entre le café Bauduin et celui des Deux Nations, qui marque la frontière entre Menin et Halluin, entre la France et la Belgique.

 

Insolite ensuite, parce qu’elles furent célébrées conjointement par les premiers magistrats des deux villes, M. Alexandre Faidherbe pour Halluin et M. Bossuyt pour Menin.

 

Insolite enfin pace que ce n’est pas tous les jours que TF1 et FR3 dépêchent une équipe pour filmer l’évènement, somme tout banal, que constituent des noces d’or.

 

Et si la cérémonie était insolite, c’est tout simplement parce que les circonstances étaient exceptionnelles, jugez-en plutôt… Ce 4 novembre 1989, les noces d’or du couple Destoop-Velghe ont été célébrées à l’endroit exact où ils avaient été unis cinquante ans plus tôt.

 

Avec les barbelés en moins, et avec en plus une volonté commune des « politiques » de souligner le caractère symbolique de la manifestation, et d’affirmer les liens toujours plus étroits qui unissent Halluin et Menin :

 

« La cérémonie d’aujourd’hui n’a pas un caractère folklorique, a souligné M. Faidherbe : elle marque notre refus d’oublier ce qui appartient à la mémoire collective d’Halluin et de Menin, dans un lieu qui symbolisait hier la séparation, mais constitue aujourd’hui le trait d’union entre nos deux villes-sœurs ».

 

S’adressant ensuite au couple jubilaire, « héros d’un jour presque malgré vous ».  Le Maire leur souhaita de couler encore de très longs jours heureux dans leur maison de la rue du cardinal Liénart.

 

M. Bossuyt, bourgmestre de Menin, prit ensuite le relais pour relire, en flamand, l’acte du mariage célébré il y a cinquante ans.

 

Et tant M. Destoop que Madame renouvelèrent leur engagement d’il y a un demi-siècle : le premier avec un « oui avec plaisir ! » retentissant ; la seconde en déclarant, avec un zeste d’humour « Je veux bien s’il ne rouspète pas trop ! ».

 

Après la remise des traditionnels fleurs et cadeaux, la rue de Lille et la Rijselstraat furent rendues à la circulation, et c’est par un vin d’honneur servi à la mairie d’Halluin que prit fin la manifestation.

 

 

(Archives D.D., Presse).

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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 16:12



 

En ce début du mois de mars 1989, la salle d’honneur de l’hôtel de ville, beaucoup trop exigüe pour la circonstance, a été le théâtre d’une cérémonie émouvante.

 

Un héros de la Résistance, M. Alfred Simono y fut à l’honneur devant une assistance considérable, parmi laquelle de nombreuses personnalités dont (outre MM. Charniaux et Allouche que nous citons plus loin) Eugène Thième, alias Colonel Michel, ancien chef départemental des F.F.I., Yves Delannoy, Lieutenant-colonel de réserve, Paul Souly, ancien capitaine du 11e bataillon F.F.I.-F.T.P.F., Bernard Hannecart, Victor Divrechy et Georges Destray, anciens combattants A.T.M. respectivement membre du Conseil national, secrétaire adjoint de la Fédération du Nord et vice-président départemental de l’A.R.A.C. (nous nous excusons de ne pouvoir les citer toutes), l’administration municipale, des représentants de tous les corps constitués, des sociétés patriotiques dont les drapeaux formaient une haie d’honneur, et aussi des amis.

 

Toutes ces personnes avaient tenu à témoigner leur sympathie, envers un homme, très connu à Halluin et dans la région, mais qui par modestie, n’a jamais étalé au grand jour, son efficace action de résistant, et auquel on allait remettre la croix de chevalier de l’Ordre national du Mérite.

 

M. Didier Desprez, maire, se dit très heureux de voir que parmi cette imposante assemblée, on remarquait de nombreuses personnalités à responsabilité nationale. Puis s’adressant à M. Simono, qu’il appela Alfred :

 

« C’est un moment délicat que celui de recevoir de la pommade, cela nous met parfois dans l’embarras. En dehors d’un hommage personnel plus que mérité, cette remise de croix doit être l’occasion de rappeler des moments difficiles. Il faut avoir en mémoire tout ce qui a été fait, et comment cela s’est passé.

 

Ceux qui reçoivent une décoration pensent aux autres qui les ont aidés dans leur action. En tout cas je vous félicite, et j’espère que vous partagerez mon analyse ». Et de poursuivre :

 

« Ce jour de septembre, vous étiez un « voleur » qui a détalé comme un lapin pour échapper à la Gestapo, qu’il s’est retrouvé dans la salle des… prud’hommes. Une journée qui a tourné au drame. Ce qu’il faut souhaiter, c’est que plus jamais il n’y ait de guerre ».

 

Ce fut à M. Raymond Charniaux, secrétaire général de la fédération du Nord, membre du Conseil et du Bureau national de l’A.R.A.C., qu’il appartint de prononcer le discours. De suite, il présente le récipiendaire :

 

Ancien lieutenant du Mouvement national des francs tireurs et partisans français, capitaine honoraire des troupes de marine, promu au grade de chevalier dans l’Ordre national du Mérite, sur proposition de l’Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre.

Faisant appel à la modestie de M. Simono, il poursuivit :

 

«  Mais le prestige qui s’attache à cette haute distinction ne peut être rehaussé par la prise de rang dans l’Ordre du Mérite., d’une personnalité marquante de la ville d’Halluin, dont le patriotisme exemplaire s’est enrichi du meilleur civisme, au fil d’une existence consacrée au travail et couronnée par un dévouement inépuisable au service d’autrui.

 

Né le 23 janvier 1923, Alfred Simono avait dix-sept ans quand l’armée nazie déferla sur le sol national, accumulant les deuils et les ruines dans une région frontalière qui avait déjà subi les ravages de quatre années d’occupation allemande en 1914 – 1918.

 

Profondément marqué par les témoignages vécus des citoyens rescapés de cette tragédie, et par le rappel lancinant des monuments aux morts, devant lesquels les maîtres d’école conduisaient leurs élèves à chaque cérémonie du 11 novembre, notre ami aspirait à la liberté, la fraternité et la paix.

 

Pour lui, l’occupation étrangère, la dictature fasciste étaient une humiliation insupportable, une plaie ouverte dans son cœur de jeune étudiant, imprégné d’idéaux républicains, d’aspirations à la démocratie, à la justice et au progrès social…

 

Mais le désespoir n’avait pas de prise sur des hommes comme Alfred Simono dont le patriotisme inné répondait présent aux appels à la résistance du 18 juin à Londres et du 10 juillet à Paris…

 

« A 20 ans…

« Dans ces moments décisifs pour le destin national, poursuivit M. Charniaux, il fallait pourtant un courage sans limites pour faire le choix de la France, un dévouement inégalable pour affronter un ennemi sanguinaire au sommet de sa puissance policière et militaire, car les bourreaux nazis avaient décidés l’extermination des élites ouvrières et intellectuelles dont ils redoutaient le clairvoyant patriotisme, et leur rôle essentiel dans la naissance et le développement de la résistance française.

 

A vingt ans, en janvier 1943, au contact du résistant Edouard Penasse, receveur municipal d’Halluin, Alfred devient l’un des meilleurs combattants des Francs tireurs et partisans français de la ville, accomplissant de multiples actions directes contre l’ennemi, ses installations et ses moyens de communication, jusqu’à son passage dans la clandestinité pour échapper aux recherches de la gestapo ».

 

 

Croix de guerre, médaille de la résistance et croix du combattant

Et d’évoquer les risques mortels encourus par de courageux citoyens : à Halluin, Tourcoing et Lille, dont le domicile a servi de refuge au lieutenant Simono jusqu’aux combats de la Libération. Il se plut alors lire un extrait de l’ordre particulier n° 66 du 4 décembre 1044 :

 

« Le Général Deligne commandant la 1ère région militaire sur proposition du Colonel Lejeune, chef régional des Forces Françaises de l’Intérieur, cite à l’ordre de la Division le lieutenant Alfred Charles Simono, chef de groupe de résistance : a effectué de nombreux sabotages dangereux. A saboté 130 wagons en gare d’Halluin. A montré constamment un dévouement absolu et un parfait mépris du danger ».

 

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de guerre 1939 – 1945 avec étoile d’argent.

 

Le ministre de la Défense nationale et des forces armées, par décret du 14 juin 1946, décernait la médaille de la Résistance, l’une des plus belles distinctions concernant la guerre d’indépendance et de Libération nationale au lieutenant Simono, dont le grade avait été validé le 18 octobre 1944 et qui s’était engagé pour cinq ans le 16 septembre 1944, au titre de l’infanterie de marine et porté volontaire pour la libération de Dunkerque.

 

La Croix du combattant et la Médaille commémorative de la guerre 1939 – 1945 ont également souligné sa belle attitude patriotique, qui appelle l’attribution de la Médaille des combattants volontaires de la guerre 1939 – 1945.

 

M. Charniaux évoque alors sa vie civile et souligna la précieuse collaboration de son épouse.

 

« Ancien président du Syndicat des lavoirs automatiques familiaux, ancien délégué consulaire à la Chambre de commerce et de l’Industrie de Lille, ancien responsable de la Fondation Raoul Follereau, toujours président de l’Action commerciale halluinoise, Alfred a su déployer une énergie militante humanitaire, tout en animant une activité socioprofessionnelle.

 

Président d’honneur de l’Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre depuis 39 ans, notre camarade est l’un de ces citoyens valeureux dont l’idéal républicain est une composante essentielle du patriotisme.

 

En cette année du bicentenaire de la révolution française et du 45ème anniversaire de la Libération, quelle joie pour notre A.R.A.C. qui s’identifie si  pleinement à la République, de distinguer un patriote irréprochable qui fait honneur à son association à sa famille, à sa ville, à son pays ! ».

 

Après le « Ouvrez le ban ! »  des Cavaliers halluinois, M. Charniaux,  délégué par le Grand chancelier de la Légion d’honneur, chancelier de l’Ordre national du mérite, et au nom du président national de l’A.R.A.C. remit la haute distinction.

 

Après « Fermez le ban ! », M. Alfred Simono se dit :

 

« Heureux de n’avoir pas atteint la zone rouge de l’émotion », et remercia les responsables qui avaient œuvré pour l’obtention de cette distinction, MM. Coopman, président de la section locale de l’A.R.A.C. et M. Charniaux « homme de terrain, battant, résistant et victime de guerre ».

 

Il rendit également hommage à Mme Charniaux et n’oublia pas dans ses remerciements les membres du bureau, les personnalités présentes, les membres de l’Ordre, et ses amis qui avaient répondu à l’invitation.

 

Ses mots suivants furent pour regretter que la Résistance avait été souvent mal comprise et flétrie, et que la télévision parfois en donnait une fausse image :

 

« Toutefois restons modestes, la Résistance à Halluin n’était pas celle du Vercors, ni celle de la région minière et la population de l’époque n’a pas eu à subir de représailles.

 

Si certaines personnes cherchaient leur voie, il n’y eut cependant pas de collaborateurs. Ce fut une chance pour les résistants. Hélas, une place et des rues portent néanmoins les noms d’Halluinois morts pour leur idéal « .

 

M. Simono tint alors à adresser toute sa reconnaissance aux familles des disparus et ses profonds remerciements à M. André Depraeter, à M. et Mme Dubled, qui l’avaient recueilli à leur domicile ; il eut une attention toute particulière pour son grand camarade décédé le Docteur Stéphane Dubled, dont il fit l’éloge.

 

Et de citer ensuite une grande résistante, Mme Yolande Vanackère, qui fournissait les tickets d’alimentation ; et M. André Dewasme « Un dur, dont les mérites devraient être reconnus officiellement ».

 

M. Alfred Simono avait de nombreuses raisons d’être heureux et ému. Que de souvenirs à la fois exaltants et douloureux, lui revinrent à la mémoire en croisant l’un ou l’autre regard.

 

Et on imagine le coup au cœur qu’il dut maîtriser en découvrant, le matin même, le visage d’une dame qui, en quelque sorte, lui avait sauvé la vie. Jamais en effet, jusqu’à il y a quelques semaines, il n’avait réussi à savoir comment on avait pu le prévenir, le 28 juillet 1944, que la Gestapo était à ses trousses.

 

Voilà l’histoire : « Trois résistants avaient monté un coup sur Tourcoing. Ce coup tourna mal. Deux d’entr’eux furent arrêtés. Le troisième trouva refuge chez une tante au Blanc-Seau, qui s’arrangea pour prévenir les résistants halluinois de l’imminence d’une rafle.

 

Cette dame s’appelle Mme Verpraet, ici présente ». M. Simono la serra très fort dans ses bras et conclut :

 

« Mon vœu le plus cher, c’est que les faits de guerre et de résistance n’aient jamais plu lieu ».

 

 

La médaille d’honneur de l’A.R.A.C.


Chant des partisans et Marseillaise furent interprétés par les Cavaliers halluinois, mais la cérémonie n’était pas terminée. Une surprise attendait le récipiendaire qui allait recevoir des mains de M. Guy Allouche, la médaille d’honneur de l’A.R.A.C.

 

« Nous n’avons pas voulu mélanger les deux cérémonies : ce n’est pas le sénateur, mais le vice-président national de l’A.R.A.C. qui vous parle, celui né quand M. Simono partait pour défendre les libertés.

 

On a voulu glorifier un acte qu’en temps ordinaire on déplore, mais pas dans ces conditions. Vous avez été un exemple pour les jeunes de courage et de désobéissance (une vertu à l’époque). Souhaitons que jamais plus il n’y ait de conflagration internationale.

 

Mais de la résistance nous devons tous en faire afin que les Droits de l’homme dont vous êtes le défenseur ne soient pas bafoués ».

 

Avant de trinquer en l’honneur du résistant, son épouse et les dames citées plus haut furent fleuries.

 

 (Archives D.D., Presse).

 

   

Alfred Simono est décédé le jeudi 9 août 2007 en son domicile, après une longue maladie, dans sa 85ème année.

 

C’est une page de l’histoire d’Halluin qui s’est un peu éteinte. Alfred Simono fut une figure de la résistance halluinoise. Il n’avait pas 20 ans et était étudiant en droit lorsqu’il est entré dans la Résistance au sein des FTP. Il est surnommé Tartuffe.

 

Fin août 1944, Alfred Simono caché à Lille rejoint Halluin. Il sait que sa ville natale ne va pas tarder à être libérée. Il prend les armes avec d’autres jeunes. Les FFI et les FTP prennent possession du commissariat et de la gendarmerie.

 

Les combats se poursuivent. « Je suis resté trois jours sans dormir… » Les Allemands fuient vers la Belgique et Alfred Simono ne baisse pas les armes. Il poursuit son combat.

 

Le 6 septembre, à Menin, il défile aux côtés des résistants belges qui honorent leurs martyrs. Il s’engage ensuite dans l’armée pour reconstruire la France, mais reste à jamais marqué par la guerre.

 

« J’ai été résistant dans les FTP, je n’ai pas été pris, je n’ai pas été blessé. Alors je me considère en sursis depuis 1944. Tout ce que la vie m’apporte je le prends « , affirmait-il.

 

Citoyen d’honneur de la ville, il était également ancien président de l’ARAC d’Halluin, membre de l’Amicale des Sous-Officiers et ancien président de l’Action commerciale halluinoise.

 

Tout au long de sa vie, il a tenu à témoigner :

 

« Nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis des victimes : les honorer, c’est se souvenir ».

 

 

En septembre 2004, Alfred Simono était assis aux côtés d’Albert Verhellen, André Deprétère et Pierre Desmedt. Ces quatre résistants recevaient la médaille d’or de la ville, soixante ans après la libération.

 

Depuis Pierre Desmedt qui fut déporté s’est éteint et, jeudi Afred Simono a lui aussi rejoint ses anciens compagnons d’armes décédés.

 

Après la disparition d’Alfred Simono, André Deprétère est désormais le dernier survivant du comité de libération d’Halluin en 1944.

 

Ami intime de « Fredo », il revient sur les liens qu’il a tissés avec cette grande figure de la résistance halluinoise.

 

André Deprétère vit aujourd’hui à Lille mais il n’a rien oublié des relations nouées avec Alfred Simono, disparu jeudi 9 août 2007 à l’âge de 84 ans.

 

« Je l’ai rencontré en 1929 – 1930 et je l’ai connu davantage en 1939, on usait les mêmes bancs du lycée Gambetta avec un ami commun, M. Kok des meubles du même nom » se souvient-il.

 

« Alfred Simono a intégré la Résistance durant l’été 1943 lors d’un camp de vacances à Lille où il a été recruté. Il a intégré les FTP avant de rejoindre ensuite les FFI.

 

Même si je n’ai pas été mêlé comme lui à la lutte armée, je me souviens l’avoir vu personnellement à la taverne Régina, à l’angle des rues Jean Jaurès et Marthe Nollet, le samedi 2 septembre 1944.

 

Je l’ai vu longer les murs du jardin Sion avec un autre résistant et attaquer la gendarmerie. La contre-attaque allemande les a forcés à reculer et à trouver refuge chez les sœurs rue de Lille ».

 

« J’ai beaucoup de chagrin et je vais garder un souvenir inoubliable d’Alfred Simono » reprend André Deprétère, « c’était un ami sur qui je pouvais compter, on a eu une jeunesse très marquée, on a eu beaucoup de chance dans notre vie, je me souviens qu’on allait danser tous les dimanches à quatre à Menin, Alfred, moi, M. Kok et le docteur Stéphane Dubled ».

 

Mais c’est sur le conflit mondial que revient notre témoin qui insiste sur la véracité de ses souvenirs.

 

« Il n’a jamais été blessé mais l’a échappé belle, il a participé à différentes actions armées. Je me souviens de l’incendie d’un dépôt de la rue de la Lys, d’une action à la gare d’Halluin où il faisait partie d’un commando qui a cisaillé toutes les commandes de frein des wagons, il a également distribué des tracts et a accompli bien d’autres actions ».

 

Jusqu’au jour «où un membre de son groupe a été arrêté par les Allemands à Tourcoing. Ils l’ont fait parler sous la torture. Les Allemands sont alors passés chez Alfred Simono mais il s’était réfugié chez moi, puis il a couché quelques nuits chez M. Dubled et chez un oncle à Lille.

 

Il a alors été contacté pour rentrer à Halluin à la veille de l’insurrection qui allait libérer la ville, le samedi 2 septembre 1944.

 

Tous les compagnons de son groupe ; à l’exception de quelques-uns, ont été arrêtés et déportés par le dernier train de Loos en été 44. Aucun d’entre eux n’est revenu. Des plaques ont été posées sur les maisons halluinoises de ces gens qui se sont sacrifiés, il n’en reste plus qu’une rue Joseph Hentgès, celle d’André Desreveaux ».

 

« Par amitié, je l’ai hébergé chez moi, je lui prêtais la clé de ma maison quand il avait une action à mener. Il était de six semaines mon aîné. J’étais résistant mais pas dans les proportions d’Alfred engagé dans la lutte armée ».

 

Après la guerre, Alfred Simono a été chef d’entreprise, responsable avec son épouse Denise du lavoir automatique, rue Félix Cadras.

 

Les funérailles se dérouleront le mardi 14 août 2007 en l’église Saint-Hilaire d’Halluin.

 

 

Hommage

 

Roland Verkindère Historien local :    

 

« Un homme de cœur et de conviction, au rayonnement réel ».

 

Christian Vanneste Député de la Xè circonscription du Nord :

 

« M. Simono était responsable d’un lavoir automatique qui l’amenait à passer régulièrement chez mes parents lorsque j’étais enfant.

 En tant que député, j’ai toujours apprécié sa grande sagesse, son absence totale de préjugés et son ouverture aux hommes de bonne volonté, quelque soit leur sensibilité.

 

Cette attitude trouve sa racine dans son engagement dans la résistance au nazisme. Alfred Simono est pour nous un exemple ».

 

Gustave Dassonville président d’ « Unissons-nous pour Halluin » :

 

« Il a été au péril de sa vie l’un des libérateurs d’Halluin. Je n’oublierai pas l’extrême humilité et la simplicité de cet homme qui était une grande personnalité de notre commune ».

 

René Schmidt président d’ « Agissons ensemble pour Halluin » :

 

« Alfred Simono a succombé à un adversaire plus fort que son caractère, plus fort que les adversaires qu’il a eus durant toute sa vie. Il aura lutté jusqu’au bout de ses forces, jusqu’au bout de sa foi, avec un courage et une énergie qui suscitent le respect. Alfred, ou plutôt Monsieur Simono. Ce nom dans la ville d’Halluin signifie le respect dû à cet homme hors du commun, qui de part son implication dans la Résistance, puis dans la vie associative halluinoise, a fait de lui un Monsieur qui distillait de bons conseils ».     

 

Daniel Delafosse, amateur d’histoire locale :

 

« Le Devoir de mémoire restera toujours lié à son action dans la Résistance, lors de la Libération d’Halluin ».

 

 

(Archives et Synthèse D.D., Presse).

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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 15:42


Le 4 juin 1949, un évènement exceptionnel rassemblait une grande foule devant le Couvent des Sœurs de la Nativité au 70, rue de Lille.

 

La Municipalité, les Mouvements des Résistants, les FFI, les FTP, les Sociétés d’Anciens Combattants, les Sociétés Musicales, avec leurs drapeaux, tous étaient là !

 

Par des discours et des aubades, ils remerciaient les sœurs d’avoir donné asile, au péril de leur vie, à des résistants en grand danger pendant la libération d’Halluin.

 

Pour ces actes de courage, la Mère Supérieure Saint-Yves Puginier reçut la médaille commémorative de la guerre 1939-1945. Et pour avoir caché des soldats anglais pendant la guerre, elle reçut en même temps, la croix du mérite d’honneur franco-britannique.

 

Une place fut apposée sur la façade pour en garder la mémoire. Voici l’inscription en ces termes :

 

Ici, le 2 septembre 1944, lors des combats pour la libération furent sauvés un groupe important de combattants FFI et FTPF par la Communauté des Sœurs de la Nativité. Pour la résistance reconnaissante : la Fédération des Anciens du MLN.

FFI : Force Française de l’Intérieur

FTP : Francs Tireurs Partisans

MLN : Mouvement de Libération Nord

 

Le Couvent n’est plus, mais la plaque est toujours là, sur la façade du magasin Lys-Gaine.

 

Il y a dix ans en 1997, la Mère Saint-Yves décéda dans la Maison Mère des Sœurs à Orange, dans le Vaucluse, à l’âge de 92 ans.

 

 

(Récit du journal paroissial d’Halluin "La vie chez Nous").

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25 novembre 2007 7 25 /11 /novembre /2007 15:35


En 1948, c’est l’Amicale halluinoise des combattants de la Grande Guerre, avec à sa tête Messieurs Henri-France Delafosse président d’honneur et Maurice Toulemonde président actif, qui se proposa d’ériger un mémorial aux enfants d’Halluin « Morts pour la France » pendant le conflit 1939-1945.

 

Elle aussi demanda le concours de la population locale. Des appels et une nouvelle souscription publique permirent à chaque famille halluinoise de contribuer à cette réalisation. Une quête à domicile se déroula d’ailleurs le dimanche 23 mai, son organisation étant confiée à M. Pierre Desprez, président de l’amicale des combattants et mobilisés 1939-1945. 

 

Le groupe des mutilés de guerre organisa, le dimanche 4 avril 1948, une matinée récréative dont le bénéfice fut consacré à la réalisation de ce mémorial. Il a fait appel dans ce but, lit-on dans un document d’époque, aux Compagnons de la Famille qui présenteront un spectacle de comédies dans la vaste salle du Cercle, rue Marthe Nollet.

 

Au programme, une pièce sentimentale en trois actes « Mon ami Pierrot » de Georges de Tervaque et Colette Cariou ; une saynète très gaie, « La ménagère apprivoisée » du spirituel Pierre Véber.

 

Sous la présidence d’honneur du maire M. Joseph Wanquet, un comité composé des présidents de toutes les associations d’anciens combattants, décida que ce mémorial serait aménagé et harmonisé dans l’ensemble du monument aux morts, dont l’amicale était propriétaire.  


L’inscription de 1939-1945 serait gravée sur la dalle inférieure du monument, tandis que celle des divers noms des morts trouverait place à l’intérieur ; ceci afin de ne pas déformer l’aspect du monument.  

 

L’inauguration officielle de ce mémorial aux victimes de la seconde guerre mondiale eut lieu le mercredi 14 juillet 1948 à 14 H.

 

   

                                                                                   Daniel DELAFOSSE

 

 

(Archives personnelles de Daniel Delafosse).

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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 17:50


 

La mode a ceci de commun avec la Bourse : les valeurs montent et descendent, sans que l’on sache parfois pourquoi.

 

A l’heure de l’ordinateur et de sa gracieuse Playstation, un jouet d’un autre temps, d’une autre époque, mieux encore, d’une autre ère, a fait une entrée fracassante au hit-parade des ventes pour Noël : le yo-yo.

 

On dit que les Chinois l’ont inventé. Les aînés savent surtout qu’il fit le délice de leur aire de jeu : la cour de récréation.

 

Cette mode des années 30 ne laissa pas insensible l’une des personnalités locales : le compositeur et chansonnier populaire halluinois : Joseph Declercq (décédé en 1959).

 

En 1935, il édita une chanson : « A qui le yo-yo ? ». Chanson d’actualité de l’entre deux guerres et… de la fin du millénaire.

 

« Qui n’a pas son yo-yo, ce bib’lot qui monte et qui descend » reprend le refrain.

 

« En ce temps de crise et des affaires, on est fatigué de ne rien faire » (…),

 

« Aux conférences internationales, on veut rétablir la paix mondiale, au lieu d’un fusil, pour ne plus revoir ça, qu’on donne un yo-yo à tous les soldats » expliquent les couplets.

 

De la pure actualité, tout cela !

 

Les contemporains des années 30 n’ont pas oublié que, dès leur enfance, on chantait déjà dans toute la vallée de la Lys : « A qui le yoyo ? création halluinoise.

 

En décembre 1998, les résidants de la Maison de Retraite du Mont d’Halluin ont reçu le groupe du 3ème âge de Saint-André-lez-Lille leur a chanté ce morceau de choix lors du concert de Noël.

 

Le fils de Joseph Declercq, Augustin-Fabien nous fait part d’une autre chanson halluinoise :

 

« La Marche des Halluinois ». Cette chanson créée il y a plus de 58 ans le 11 novembre 1948, sur une musique d’un compositeur halluinois, Emile Onraet et sur un texte de Joseph Declercq (qui fut par la suite remanié par son fils, compte-tenu des avancées actuelles de la construction européenne !). Le refrain était le suivant :

 

 

« Les Halluinois resteront dignes de leurs pères

Courageux, adroits, dans la paix comme au temps des guerres

Ces fiers gars du Nord,

Habitant l’extrême frontière

Tous comme des frères,

Marcheront toujours libres et forts ».


 

Si la partition de « A qui le yo-yo ? » est disponible, celle de « La Marche des Halluinois »  n’est pas reproductible.

 

 (Archives, D.D., Presse ).

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 20:34


Des évènements tragiques ont marqué la journée du 2 septembre 1944, notamment la disparition de deux résistants neuvillois Jean Fiévet et Jules Devos, ainsi qu’un Halluinois Maurice Simono. Ces trois partisans étaient exécutés alors qu’ils tentaient de fuir à travers champs au Labyrinthe.

 

Il y a soixante ans, le 7 septembre 1947, les sections franco-belge du W.O. d’Halluin et française de Neuville-en-Ferrain ont donc procédé à l’inauguration d’une plaque commémorative « Au Calvaire » lieudit « Le Labyrinthe » à Neuville-en-Ferrain, à la mémoire du Lieutenant Maurice Simono d’Halluin, du Sous-Lieutenant Jean Fiévet et l’Adjudant Jules Devos de Neuville-en-Ferrain. Ce lieu rappelle que ces trois résistants ont payé de leur vie notre liberté.

 

L’épaisse plaque de marbre de Boulogne de 1 m 13 de large et 0 m 91 de hauteur, ornée de 4 Croix de Lorraine et 2 flambeaux, est posée au pied de la Croix du Calvaire.

 

Elle porte l’inscription suivante : « Près de ce Calvaire, le 2 septembre 1944, sont Morts pour la France, Maurice Simono d’Halluin, Jean Fiévet et Jules Devos de Neuville-en-Ferrain F.F.I. ». Passant ! Arrête-toi ! Prie ! Réfléchis !

 

Au croisement du Labyrinthe, une plaque émaillée indique avec flèche : « A 100 mètres, Calvaire et Plaque Commémorative ».

 

Cette journée d’inauguration se déroula de la façon suivante : A 10 heures, Messe en plein air au Calvaire même, autorisée spécialement par S.E. Monseigneur le Cardinal Liénart ;

 

Au cours de la Messe, Bénédiction de la Plaque et Sermon de circonstance par Monsieur l’abbé Louis Loridant, Curé de la paroisse St Quirin, de Neuville-en-Ferrain.

 

La clique « Pro Patria » ouvrit et ferma le ban pour la cérémonie de Bénédiction. Après la Messe, l’Harmonie Municipale interviendra de circonstance.

 

Lors de la cérémonie civile d’inauguration : Ouverture du Ban. Discours de circonstance au nom des Autorités des Chefs du Réseau Sylvestre, et des sections W.O Franco-Belge d’Halluin « Marthe Nollet-Maurice Simono » et Française de Neuville-en-Ferrain « Jean-Fiévet-Jules Devos ».

 

Au cours du discours : Dépôt de gerbes.  Fermeture du ban. Marseillaise – Brabançonne.

 

Le défilé était composé des délégations, des sociétés, la foule recueillie des participants, qui remontèrent la route Sud-Nord pour dépasser le Calvaire où le cortège se forma.

 

Puis défilé devant le Mémorial et dislocation au croisement du Labyrinthe.

 

Depuis, chaque année en septembre, les conseils municipaux de Neuville-en-Ferrain et d’Halluin, accompagnés des associations patriotiques, déposent une gerbe en souvenir des trois résistants « Mort pour la France ».

 

Rappelons pour mémoire, que Jean Fiévet était du Risquons-tout et exerçait la profession d’instituteur libre à Halluin.

 Jules Devos dont l’épouse tenait une mercerie rue de Tourcoing à Neuville-en-Ferrain était professeur de gymnastique dans les écoles et à la Pro-Patria.

Quant à Maurice Simono domicilié 55, rue Emile Zola à Halluin, il était employé de commerce.

 

 Aussi, la ville de Neuville-en-Ferrain a donné le nom de ses deux enfants à deux rues de la cité, et celle d’Halluin a fait de même avec Maurice Simono et le neuvillois Jean Fiévet.

 

   

                                                                                  Daniel DELAFOSSE

 

 

(Archives personnelles de Daniel Delafosse).

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 20:27


La période des vacances scolaires est l’occasion de nous donner la possibilité de plonger dans la lecture du Bulletin Municipal de 1947, il y a soixante ans exactement… consacré notamment aux colonies et camp de vacances d’Halluin.

 

Trois ans après la Libération de la Ville, une nouvelle espérance commençait pour les très jeunes halluinois, et tout était à découvrir dans les joies simples de la vie en communauté…

 

Colonies de vacances :

 

Cette question se posait déjà à la Municipalité en 1946. Trois régions furent prospectées, malheureusement sans succès. Mais en deux séjours différents, l’un à Primisweiller, l’autre à Niederbreisig, une vingtaine de jeunes Halluinois passèrent 35 jours en Forêt Noire. Ils en rapportèrent de bons souvenirs et une santé raffermie.

 

Au début de 1947, l’Administration Municipale et le Comité de la Caisse des Ecoles reprirent les démarches qui aboutirent au village de Feignies près de Maubeuge, où l’inspection d’Académie avait signalé qu’une école de filles avec ses dépendances pouvait être aménagée.

 

En effet, les classes pouvaient être transformées en dortoirs, dans le même corps de bâtiment, la cuisine et la réfection des cantines scolaires, un établissement de douches, une salle de Gymnastique et le bureau de poste. A quelques centaines de mètres, le terrain de sports, un peu plus loin les bois.

 

Deux séjours ont été organisés. Le premier du 21 Juillet au 18 Août pour 75 garçons ; le second du 18 Août au 14 Septembre pour 55 fillettes.

 

130 enfants d’Halluin ont passé de belles vacances. Ils sont revenus plus forts, ont grossi en moyenne de trois kilos. Depuis leur retour ils ne cessent de rappeler ces belles journées, avantagées par un temps idéal, parmi une population qui en toute occasion, leur manifestait sa sympathie agissante.

 

La municipalité d’Halluin persuadée d’interpréter les habitants de notre cité, estime devoir en son nom remercier l’Inspection d’Académie qui lui a signalé le local ; la Municipalité de Feignies qui a consenti à le mettre à la disposition des enfants, la population de cette commune qui a apporté son aide efficace à chaque occasion, et le personnel qui s’est dévoué sans compter, pour le bonheur des jeunes colons.

 

L’avenir,

 

L’œuvre des colonies de vacances devrait bénéficier de l’aide et des initiatives de tous.

 

L’Amicale Léo Lagrange l’a compris, puisqu’elle a organisé une tombola qui a rapporté 50 000 frs. Il a été fait appel à tous les comités d’entreprises de la ville. Trois réponse seulement nous sont parvenues.

 

Nous ignorons les raisons qui font que les demandes de subvention adressées aux autre comités sont demeurées sans réponse, et espérons qu’à l’avenir ils voudront bien s’associer à cette grande œuvre.

 

Une autre question se pose. Disposerons-nous encore de l’école de Feignies les prochaines années ? Nous voulons l’espérer.

 

Mais l’enfance d’Halluin, dont une importante partie doit vivre dans des taudis, devrait être assurée de faire de bonnes vacances dans une colonie qui soit la propriété de la ville, où les séjours pourraient être organisés de Juin à Septembre, qui devrait être transformée en école de plein air pour les petits déficients, d’octobre à fin Mai.

 

  Le camp de vacances :

Deux mois de vacances ! qu’en pensent les parents qui ne peuvent pas s’en aller à la mer avec leurs enfants. La municipalité se penche sur les problèmes sociaux, et depuis 20 ans s’attache à satisfaire à la fois parents et enfants.

 

Le camp de vacances installé rue des Frères Martel présente les qualités requises au terrain de jeux.


Les enfants trouvent la place qui convient à leur nature. Les tout petits disposent d’un endroit bien abrité de rideaux d’arbres avec une plage de jeux à l’ombre.


Les filles qui aiment les jeux calmes profitent d’un espace entouré de bosquets. Quant aux garçons, plus turbulents, ils jouissent d’un vaste terrain.

 

Le personnel est choisi parmi des gens qui ont l’habitude des enfants, en particulier ceux qui s’occupent des petits.  Le camp ouvre ses portes à 10 h. Le personnel est à son poste.

 

 Et aussitôt les jeux s’organisent. Des balançoires, des échasses, des balles sont à leur disposition. Les petits se prélassent dans les balancelles construites à leur taille ou font des trous dans le sable, pendant que les filles transforment les creux des taillis en salle à manger et en chambre à coucher.


Les garçons subissent les effets du moment, ils préfèrent  les simulacres de combat.

 

Mais l’heure du repas arrive, les enfants sont conduits dans la vaste salle du Manège. Court voyage étroitement surveillé, pas de surprise aux coins de rues, tout est prévu.

 

Après un repas copieux, une sieste d’une heure, et alors en route pour la promenade. Le Bol d’air, le jardin public ont été cette année les endroits les plus demandés par les enfants. Il faut signaler toutefois que les plus grands ont passé la journée au bois de Bousbecque, et qu’ils en sont revenus contents.

 

Une moyenne de 250 enfants ont fréquenté le camps de vacances. L’an prochain nous espérons qu’ils viendront plus nombreux encore. Tout sera mis en œuvre pour qu’ils aient la satisfaction de passer des journées agréables.

 

Mais il faut travailler une année encore, et le Jeudi nos enfants peuvent se retrouver au camp du Jeudi. Ils y verront des projections de films et recevront un goûter offert par la caisse des Ecoles et sous la surveillance de personnes dévouées.

 

 

(Archives originales de Daniel Delafosse).

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Réponse à certaines interrogations…

 

Permettez-moi de préciser que ce blog est la réalisation d’un travail d’archives personnelles ou provenant d’articles publiés dans la presse (La Voix du Nord, Nord Eclair, La Vie Chez Nous etc...), revues et livres divers.

 

Créé à mon initiative, il était normal que ce blog contienne principalement les archives familiales, mais de suite, ne voulant pas me cantonner à cela, j’ai décidé de l’ouvrir à tous les thèmes qui étaient rattachés au passé halluinois et à son histoire.

 

Au fur et à mesure de son installation, j’ai intégré également des informations présentes, liées à la vie halluinoise en priorité ou d'ordre général, susceptibles d’intéresser le plus grand nombre de lecteurs ; en essayant d’être au plus près des évènements et en effectuant, si nécessaire, des mises à jour sur des documents déjà publiés.

 

En ce qui concerne l’Histoire d’Halluin, chacun comprendra que la parution d'un article n'est faisable uniquement pour des documents en ma possession… Mon seul but est d’informer le mieux possible en abordant tous les sujets sans aucune restriction !

 

Ce blog n’ayant aucun caractère officiel, j’invite simplement les personnes qui possèdent des documents sur l’histoire locale, d’ouvrir leur propre blog ou site… Et je serais ravi bien entendu de le consulter.

 

 Aussi, le mien est rédigé dans la mesure de mes possibilités de temps mais aussi d’envie…, et l’espoir, pour ma part, que ce véritable travail reste uniquement le plaisir de faire partager une passion !

 

Merci à vous.  (2008)   

Liens Sites Halluinois
  :
 
  
   
                 

Site officiel de la Ville d'Halluin 59250 :  ville-halluin.fr

"A la recherche du Passé d'Halluin
" (Photos) :
alarecherchedupasse-halluin.net/

 

brandodean.over-blog.org/article-la-politique-halluinoise-et-les-sites-et-blogs-sur-internet-50337926.html

 

Paroisse Notre-Dame de la Lys Halluin : nordnet.fr/ndlys
Les Amis de l"Orgue Halluin : orgue-halluin.123.fr

Propriété "Le Manoir aux loups" Mont d'Halluin : parcmanoirauxloups.com
Le Syndicat d'Initiative d'Halluin : .tourisme-halluin.fr

Ecole de Musique Halluin : ville-halluin.fr/culture.
La Lyre Halluinoiselyre-halluinoise.com

 

M.J.C.  M.P.T. Halluin : mjchalluin.free.fr
Canalblog : villehalluin.canalblog.com/archives

Cercle Généalogique Halluin Lys
:
perso.wanadoo.fr/genealys.halluin
Cinélys Halluin : cinelyshalluin.asso-web.com

 

Tennis Club Halluin : tennisclub.halluin.free.fr
Volley Club Michelet Halluin : volleyclubmichelethalluin.com
Vélo Club Halluin : levcuh.canalblog.com
Club de Musculation Halluin : halluinmusculation.com
Athlétisme Halluin : ahvl.com.fr
Judo - Ju-Jitsu : judohalluin.keogratuit.com
Triathlon Halluin  halluintriathlon.over-blog.fr

Badminton - Halluin http://www.asb.asso.fr

Livre D'or

Texte Libre

Musiques de Films :

deezer.com/fr/music/ennio-morricone 

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deezer.com/fr/music/john-barry

deezer.com/fr/music/maurice-jarre

deezer.com/fr/music/vangelis

deezer.com/fr/music/georges-delerue

deezer.com/fr/music/michel-legrand

deezer.com/fr/music/eric-serra

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Musiques Groupes et Interprètes Divers :

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deezer.com/fr/music/pink-floyd

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Revues - Opérettes - Comédies Musicales :

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