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  • : Histoire de la ville d'Halluin (Nord). Regard sur le passé et le présent.
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Les Maires d’Halluin… en chiffres depuis la Révolution.

 

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Elections Municipales d’Halluin depuis 1789, et diverses depuis 2000.

 

(1789 à 1957) brandodean.over-blog.org/article-5718533.html

 

(1957 à 1992) brandodean.over-blog.org/article-5718593.html

 

(1992 à 2007) brandodean.over-blog.org/article-5718818.html 

 

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 06:30


Il y a  20 ans, le résistant, journaliste honoraire, conseiller général de Tourcoing-Nord, le maire d’Halluin en exercice devait décéder le 25 juillet 1987 à son domicile.

 

Agé de 70 ans, Albert Desmedt avait consacré plus de 40 ans de sa vie à l’écoute de ses concitoyens et des habitants de la Vallée de la Lys.

 

En mai 1945, il était entré à la rédaction de « Nord Eclair » pour couvrir l’actualité de ces communes frontalières. Une expérience d’homme de terrain qu’il mit ensuite, à partir du 1er janvier 1959,  au service de « La Voix du Nord », toujours dans la Vallée de la Lys et qui fut pour beaucoup dans sa carrière politique. Sa compétence, sa plume permirent à l’édition « Métro-Lys » de prendre un remarquable essor.

 

Chacun, outre la sympathie qu’il lui portait appréciait l’humour d’Albert Desmedt, ses billets signés « ADES », spirituels, incisifs mais jamais méchants. Au sein du journal VdN on l’écoutait attentivement. Sa franchise, parfois dérangeante, était appréciée. Il sut prendre des responsabilités syndicales : c’est ainsi qu’il fut élu délégué syndical, qu’il fut membre du comité d’entreprise de « La Voix du Nord » et membre du bureau national de la C.G.C.

 

Après 22 années au service du journal, en décembre 1981, une foule impressionnante vint souhaiter une bonne retraite à Albert.

 

Mais pour Albert Desmedt, retraite ne pouvait signifier inactivité. C’est ainsi qu’en mars 1983,  il se présentait en effet aux élections municipales à Halluin. Et lui qui avait couvert tant d’évènements le crée. A la surprise des pronostiqueurs, avec sa liste il emporte la mairie et devient maire d’Halluin le 19 mars 1983 au soir.

 

A la tête d’une liste d’amis représentant un large éventail socio-professionnel, ayant obtenu « sans le solliciter » le soutien du RPR et de l’UDF au second tour, Albert Desmedt qui avait développé sa campagne sur le thème « sécurité et gestion » devait d’abord son élection au réseau de relations sans pareil qu’il avait noué au cours de sa carrière professionnelle.

 

Et si en mars 1985, il se présentait aux élections cantonales, toujours sans réclamer le soutien de formations politiques, c’était plus pour contribuer à sortir la vallée de la Lys de son isolement que par ambition personnelle.

 

Elu, là encore à la surprise de beaucoup d’observateurs, le maire d’Halluin devenait le nouveau Conseiller Général du canton, en devançant largement son rival socialiste avec plus de 60 % des suffrages. Albert Desmedt quasiment plébiscité dans certaines communes de la vallée de la Lys n’en avait pas pour autant négligé ses obligations halluinoises.

 

« Mon élection à la mairie, c’est ce qui m’a fait le plus plaisir de toute mon existence », confiait-il au soir des cantonales.

 

Halluinois de cœur, Albert Desmedt qui, à l’âge de la retraite s’était lancé dans la politique locale pour « faire quelque chose de concret » pour sa ville et ses concitoyens, laissera le souvenir d’un homme cordial, à l’esprit très vif, ponctuant toutes ses interventions d’anecdotes, de bons mots… ou de « piques » assassines à l’endroit de ses adversaires politiques qui cherchaient à titiller.

 

Né à Bousbecque le 13 décembre 1916, d’une famille comptant douze enfants. Durant la guerre, dans cette petite commune de la vallée de la Lys où l’un de ses frères est adjoint au maire en 1987, et où il s’était installé avec son épouse, il occupa les fonctions de chef de service du ravitaillement.

 

Tout de suite, il mit son courage et son patriotisme au service des Résistants, des réfractaires et des prisonniers évadés. Il milita au mouvement « Voix du Nord » et hébergea à différentes occasions Jules Houcke, l’un des patrons de ce mouvement.

 

En septembre 1944,  Albert Desmedt, avec des amis, capture trois soldats allemands. Ceux-ci font semblant de se rendre mais mettent les Résistants en joue et les prennent en otage, pour se protéger d’éventuelles attaques des F.F.I.

 

Un accrochage a lieu le soir près de la frontière. Les Allemands abandonnent sur le terrain quelques-uns de leurs otages morts ou laissés pour tels. On ne donnait guère de chance à Albert Desmedt, grièvement blessé au poumon et à l’estomac, qui fut miraculeusement sauvé dans une clinique de Tourcoing.

 

Il laissera le souvenir d’un homme physiquement très courageux : Ses actes de Résistance, cette disponibilité, ce goût de servir mais aussi la simplicité et l’extrême amabilité d’Albert Desmedt lui valurent plusieurs récompenses.

 

 La Croix de Guerre tout d’abord, en 1947, et surtout la Légion d’Honneur étaient venues récompenser son action dans la Résistance.

 

A homme illustre, remise de décoration exceptionnelle. En mai 1972, M. Maurice Schumann, alors ministre des Affaires étrangères de l’époque vient à Halluin remettre les insignes de la Légion d’Honneur à celui qu’il appelle son confrère, son camarade, son filleul, son ami, son frère.

 

Au revers de la veste du chef d’édition de « La Voix du Nord », Maurice Schumann épingle la croix de chevalier de la Légion d’Honneur, pas n’importe quelle croix, la sienne reçue des mains mêmes du général Leclerc, commandant la 2e D.B.

 

Un peu plus de 40 années plus tard, c’est sur les cicatrices qu’il avait gardées que se développait la maladie qui devait lui être fatale. Cette maladie sans pitié l’a rongé, malgré une lutte farouche car Albert Desmedt laissera en premier lieu le souvenir d’un homme qui a lutté toute sa vie, jusqu’au bout. 


Mais les derniers temps la maladie l’emportait. L’une de ses dernières sorties fut pour l’inauguration de la bibliothèque municipale le 24 mai 1987. Il ne put le 30 juin présider la conseil municipal de sa cité. 


S’il n’avait plus la force d’être physiquement présent sur le terrain, il se tenait au courant régulièrement de la vie de cette ville et de cette région qu’il aimait par-dessus tout.

 

On ne l’appelait pas M. le Maire ou M. le conseiller général, mais tout simplement Albert.

 

Eloge funèbre de Maurice Schumann.

 

 

Lors de ses obsèques, célébrées en l’église Saint-Hilaire à Halluin, le jeudi 30 juillet 1987, M. Maurice Schumann membre de l’Académie Française prononça l’éloge funèbre de son ami, celui qui, rappela-t-il, le considérait « comme un frère aîné » :

 

« J’ai retrouvé sur ce cercueil ma croix de Légion d’Honneur, celle qui m’a été remise par le général Leclerc. Je ne pouvais la confier qu’à un frère. Je me souviens de te l’avoir épinglée, si près du cœur. De ce cœur qui a tant battu pour Geneviève, ton épouse, pour ta famille.

 

Un cœur qui souligna M. Schumann « a battu jusqu’au bout pour Halluin, pour Bousbecque, sa ville natale dont il fut le jeune élu, pour la Vallée de la Lys qui retrouva son unité autour de son nom en lui confiant son suprême et dernier mandat.

 

Ce cœur qui battit aussi et j’allais presque dire surtout pour la France. Il fut offert à la France dans les circonstances  les plus tragiques et il a survécu plus de 40 ans parce que Dieu fit pour lui ce qu’il convient d’appeler un véritable miracle.

 

Ce cœur enfin qui fut celui d’un ami fidèle entre tous. J’en apporte ici un témoignage bouleversant. Devant le peloton d’exécution, devant le coup de grâce, Albert Desmedt n’a pas faibli… Mais je l’ai vu pleurer à chaudes larmes l’infortune provisoire d’un ami.

 

Tout à l’heure, nous avons entendu sous les voûtes de cette église, de votre église, les accents de la Symphonie Inachevée de Schubert. Et je pensais qu’il y avait là un superbe symbole.

 

Votre trait essentiel était la joie. La joie que fit votre talent de journaliste, de journaliste plein d’une culture qui n’était redevable qu’à votre effort, journaliste de la bonne humeur.

 

Cette joie, nous savons, nous croyants qu’elle ne s’arrête pas avec la vie. Puissiez-vous la goûter maintenant dans la plénitude du rafraîchissement de la lumière et de la fête ».

 

 

(Archives et synthèse D.D.).

 

LIENS :    La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (10) Albert Desmedt, le F.F.I. ressuscité !

La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (11) De Bousbecque à Halluin, la libération sanglante...


La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (12) Du côté de la rue de la Lys.

La Lys libérée en septembre 1944 - Des F.F.I. au Hameau des Bois, ou la Résistance Bousbecquoise.

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 20:10


« Il y a une histoire qui vit et qui marche avec nous. C’est à cette histoire, Monsieur le Président de la République, que vous en ajoutez un souffle, en rapprochant de Jean Moulin, immortalisé par la torture, André Malraux, dont la voix haletante ne s’est pas tue. « Le crime de la mort disait Jean Rostand, n’est pas de nous tuer, mais de conférer l’éternité à notre angoisse ». Eh bien non !

 

Lequel parmi nous ne sent pas, en cet instant, que la mort parce qu’elle a conféré l’éternité à son angoisse, a épargné Malraux et plus que jamais, s’avoue vaincue. Ecoutons le ! Deux philosophes, l’un Sartre, citant l’autre, Heidegger l’avaient appelé « un être pour la mort ». « Et si répliqua-t-il, au lieu de dire pour, on disait contre, ce n’est pas la même chose qu’en apparence ? »

 

L’apparence est aujourd’hui dissipée. Avec un « être contre la mort », c’est l’antidestin qui franchit le seuil du Panthéon. Antidestin : ce mot suffit à révéler l’unité d’une œuvre étonnamment diverse. C’est par lui et pour lui qu’a été, et que demeure, « un homme un » ce créateur dont les labeurs multiples furent comme les mouvements d’une » symphonie héroïque », scandée par trop de marches funèbres.

 

S’il s’obstine à déceler la puissance de l’art, et son secret, c’est pour couvrir la voix de la mort par les voix du silence. Si le romancier débusque l’héroïsme et recrute des héros, c’est pour lancer un défi à la mort. S’il découvre la fraternité, c’est pour que la mort ne soit pas la plus forte et qu’il n’y ait plus de dernière parole. Avant l’Espoir ? Avant la Condition humaine, déjà La voie royale était une route sans fin.

 

Autour de deux Compagnons, dont l’un  éteindra l’autre dans son agonie, rôdent des flèches meurtrières. Alors retentit le cri que Malraux renouvellera à chacune des étapes « sanglantes » de son voyage sur la terre, dans la Sierra de Teruel comme dans la Cathédrale de Chartres, avec sa brigade Alsace-Lorraine, comme dans la profondeur de l’Asie : « ce n’est pas pour mourir que je pense à ma mort, c’est pour vivre ».

 

Dans ces dernières années, la biologie fascine l’auteur de Lazare. Ressuscité qui ne sait plus s’il revient de la tombe ou du royaume, il fait de la science un autre antidestin qui se tient à distance du mystère pour mieux le respecter. Un savant insinue-t-il qu’il pourrait y avoir plus de différence entre Claude Bernard et un minus qu’entre ce minus et un grand singe ?

 

Il s’attire aussitôt cette question : « le grand singe devenu ce minus ne serait-il pas bien étonné d’appartenir à l’espèce qui a inventé la tombe, l’outil et les images ? » Les privilégiés qui entendaient de Gaulle interroger Malraux et Malraux répondre à de Gaulle dans certaines délibérations moins empruntées que celles d’un Conseil des ministres, se disaient : ces deux hommes de proue se sont rejoints parce qu’ils sont voués l’un et l’autre à rendre prophétique tout ce qu’ils remuent.

 

Mais cela n’est jamais plus vrai que lorsque la France était en cause, et elle l’était le plus souvent. La France, sujet d’inquiétude comme toute personne sensible au cœur, Malraux prononce son nom d’une voix familière et angoissée. Il ose parfois se dire que peut-être la postérité comparera de Gaulle à Philopoemen, longtemps appelé le dernier des grecs.

 

Mais le garant de la condition humaine ne reconnaît pas la victoire à la résignation. Comme Victor Hugo tout proche, Malraux le romantique fut un dessinateur méticuleux que séduisaient les chats et leurs prunelles mystiques. En observant leur « rêve sans fin » sans doute pensait-il à Baudelaire : « l’Erèbe les eut pris pour ses coursiers funèbres s’ils pouvaient au servage incliner leur fierté ». A nul servage, surtout pas à celui de la France, Malraux n’inclina jamais sa fierté.

 

Jean Moulin l’attend parce qu’il sait comme lui que, pour donner corps à l’espoir, le monde ne peut pas se passer de la nation qui lui a offert, non la Déclaration des droits du Français mais la Charte des droits de l’Homme.

 

Et ces deux vivants nous demandent : que faites vous ici ce soir, si vous courez le risque d’oublier qu’on n’aime jamais assez la France pour ce qu’elle a de fragile et qu’on ne l’aime jamais trop pour ce qu’elle a d’éternel ? »

 

 

                                                                                  Maurice SCHUMANN

 

                                        

Extraits du courrier adressé le 26 Novembre 1996 à M. Maurice Schumann Ancien Ministre, Sénateur du Nord.

 


(…..) « Il est ainsi des cérémonies symboliques qui peuvent marquer une génération, une jeunesse souvent à la recherche d’un idéal, d’un modèle, d’un sens à leur vie.


Celle du 23 Novembre 1996, restera grandiose dans sa simplicité, son dépouillement et son recueillement. Votre hommage Monsieur le Ministre, j’en suis persuadé, aura touché la jeunesse d’aujourd’hui.

 

Le fameux et vibrant : « Ecoute aujourd’hui jeunesse de France… » d’André Malraux sera perpétué à jamais, dans la mémoire collective du peuple français,  toutes opinions confondues, par votre conclusion non moins marquante voire bouleversante : 

 

« Qu’on n’aime jamais assez la France pour ce qu’elle a de fragile et qu’on ne l’aime jamais trop pour ce qu’elle a d’éternel ? »

 

Dans l’existence de chacun, il est des femmes et des hommes qui nous arrachent les larmes des yeux pour leur modèle de conduite, de courage, de travail, de volonté et d’abnégation. Vous êtes de ceux-là ; depuis près de soixante ans votre participation aux grands évènements de notre Histoire, votre judicieuse analyse de ceux-ci et des Hommes, alliées à une culture et une écriture prodigieuses, ainsi qu’à une mémoire sans faille, font de vous, Monsieur le Ministre, l’un des derniers grands hommes français de ce 20ème siècle.

 

Permettez-moi de vous remercier du fond du cœur, pour tout ce que vous avez donné à la France et pour la France. » (…)

                                                                      

 

                                                                                        Daniel DELAFOSSE

 

                                         

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

 

  Réponse de M. Maurice Schumann le 28 Novembre 1996.

 

 

(…) « J’ai été profondément ému par la lecture de votre lettre. En raison des liens qui m’unissent à votre famille, aucun témoignage ne pouvait m’être plus précieux que le vôtre » (…)

 

     

(Archives originales D.D.).  

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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 19:53


Maurice Schumann a été, est et sera toujours gaulliste. Tout le petit monde venu l’écouter  ce samedi 17 septembre 1988, à la bibliothèque municipale, en a eu confirmation.

 

Venu dans le cadre de l’exposition sur le trentenaire de la cinquième République, intitulé « De Gaulle, père de la cinquième République », dédicacer son livre « Un certain 18 juin », le sénateur est venu entretenir l’auditoire, pendant près d’une heure, de quelques aspects d’Histoire sur le général de Gaulle.

 

Peut-on véritablement parler de conférence ? L’excellent orateur, le célèbre homme politique qu’est M. Maurice Schumann a plutôt choisi le ton de l’exposé intimiste. Fervent admirateur du Général, proche collaborateur à certains moments de la carrière politique du fondateur de la Vème République, Maurice Schumann a eu plusieurs fois l’occasion de s’approcher, de s’entretenir, de travailler avec le général de Gaulle auquel il voue une admiration sans limite.

 

M. Schumann fut accueilli à la bibliothèque par les responsables de l’établissement et surtout les élus politiques parmi lesquels MM. Didier Desprez, maire, entouré de nombreux adjoints et conseillers municipaux ; Alexandre Faidherbe, conseiller général ; Patrick  Delnatte, adjoint au maire de Tourcoing.

 

Mlle Valérie Lenglaert, bibliothécaire, souhaita la bienvenue aux uns et aux autres. M. Jean-Pierre Verschave, adjoint chargé de la Culture, vit dans la visite de M. Schumann à la bibliothèque, baptisée depuis peu centre culturel Albert Desmedt, tout un symbole, puisque les deux hommes furent étroitement liés par l’amitié et que, ce samedi,  c’était la première manifestation officielle dans ce bâtiment depuis son baptême.

 

Maurice Schumann a commencé par rappeler son passé, lié à Halluin (il a longtemps représenté le canton)… puis il rendit hommage à l’ancien maire d’Halluin, citant Lamartine : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ».

 

Il exprima tout l’émotion qu’il ressentait à se trouver là : «Tous, vous êtes mes amis, même si vos orientations politiques sont différentes. Tout le monde est, a été ou sera gaulliste ».

 

L’ancien ministre parlera « avec franchise, découpant de larges pans de son passé, jusqu’ici restés confidentiels ». Un ton intimiste qui a permis de passer au sujet de la conférence, (De Gaulle, père de la Ve République)  tout en s’assurant l’attention du public.

 

Le compagnon de la Libération qu’est M. Schumann évoqua alors comment le général de Gaulle a toujours été obsédé par le problème des institutions. « Déjà, en 1915, il écrivait à sa mère qu’il voulait donner une ossature au régime…  s’il revenait vivant de la guerre. En 1946, il se retira parce qu’il n’y avait pas de majorité prête à doter la République d’institutions. Autour des institutions qu’il nous a léguées, s’est établi aujourd’hui encore un certain consensus ».

 

C’est ainsi par exemple, que M. Schumann expliqua comment il était personnellement hostile à la réduction du mandat du Président de la République de 7 à 5 ans : « La constitution est un tout ».

 

En fait, M. Schumann était venu pour dédicacer son livre : « Un certain 18 juin ». Il ne fut guère question du fameux appel de Londres, mais le conférencier expliqua par quelques exemples précis (Suffrage universel, droit de dissolution, référendum) à quel point le général de Gaulle avait raison : ces thèmes largement contestés à l’époque, font aujourd’hui l’objet d’un consensus. « La pensée du Général n’a pas variée, même si elle n’a été que progressivement révélée ».

 

« Je comprends que des Français en 1958 aient estimé que l’on donnait trop de pouvoirs au Président de la République. Par la suite, et notamment lors des évènements d’Algérie ou de mai 1968, on se rendit compte que ces institutions avaient été bien élaborées et qu’elles nous évitèrent des drames dans ces périodes de remous.

 

« Le général savait où il allait, que ce soit face au problème algérien (Un drame qui m’a divisé et déchiré moi-même comme il a déchiré les Français), face à l’Europe et notamment dans le cadre de la réconciliation franco-allemande, à l’intégration atlantique… »

 

L’ancien collaborateur du Général s’est ensuite attaqué à l’idée selon laquelle De Gaulle aurait sans cesse fait le procès du Marché commun. En fait, il estimait que l’Europe permettrait de « donner un coup de fouet à la concurrence, à l’esprit d’exportation, d’initiative et de conquête »…

A l’aube de 1992, ces propos semblent étrangement d’actualité. Il ont été prononcés en 1958.

 

M. Schumann n’hésita pas à citer des anecdotes, à rappeler la teneur de certains discours avec une mémoire prodigieuse à la hauteur de celle du Général.

 

L’ancien président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée Nationale a fait sourire son auditoire en abordant le chapitre de l’Europe. « De nombreux Halluinois ont longtemps pensé que Robert Schuman, fondateur de l’Europe, était mon père. Ainsi ils me disaient : « min fils, y va à tin collèch ». Et je leur expliquais que le collège Robert Schuman, c’était pas min collèch ».

 

Le dernier ministre des Affaires sociales sous de Gaulle consacra le volet final de la conférence à l’œuvre sociale du président. Son grand rêve était la participation aux bénéfices, aux responsabilités, à la gestion.

 

Pour Maurice Schumann, le général de Gaulle n’est pas resté assez longtemps pour pouvoir accomplir tout son travail notamment dans le domaine social par la participation à la gestion, qui, aujourd’hui, a fait tant de progrès dans le monde entier. La doctrine, remarqua M. Schumann ne fait-elle pas fureur aujourd’hui au Japon ou aux Etats-Unis,  « Nous sommes bien loin du grand dessein social du Général ».

 

Et le compagnon de la Libération d’évoquer alors la dernière conversation qu’il eût avec le général. Souvenir poignant, trois jours avant le référendum, De Gaulle déclarait à son ministre : « Nous allons perdre… Si les Français n’avaient besoin que d’être rassurés, ils pourraient se passer de De Gaulle. S’ils veulent construire un régime social nouveau, avec la responsabilité directe de tous les acteurs de la vie économique, alors nous pouvons jouer un grand rôle ». On connaît la suite :

 

  « Ceux qui auraient bénéficié de la participation n’ont pas compris et votèrent contre. Ceux qui avaient bien compris… en firent autant ».

 

Témoin direct certes, historien sans doute, mais admirateur convaincu, M. Maurice Schumann l’était lors de cette conférence. Il a voulu tourner à Halluin une page d’Histoire… personnelle qui se confond étrangement pour celui qui fut des années durant un représentant politique de la ville aux plus hautes instances, avec l’Histoire tout court : "Je vous devais bien cela !"

 

Mais pour Maurice Schumann, le travail du Général garde un goût d’inachevé, et l’Histoire a laissé à l’éternel admirateur un arrière-goût d’amertume :

 

« Je suis inconsolable que l’œuvre du général, notamment dans le domaine social, n’ait pas pu être terminée. C’est peut-être pour cela qu’il fut balayé en 1969 de la scène politique… parce qu’il n’avait pas eu le temps de tout faire, parce qu’il y avait tellement à faire ».

 

 

A son âge… Oui mais…

 

40 minutes ont passé. M. Schumann, dans son costume bleu sombre rehaussé de la fameuse rosette, a parlé debout.

 

Les épaisses lunettes d’écaille qu’il fait alterner de temps à autres, gestes – mesurés mais convaincus – font partie du personnage. A peine a-t-il jeté un coup d’œil aux discours du général qu’il tenait à la main. La voix, vieillie, certes sait prendre des élans, des accents qui forcent l’attention.

 

Très applaudi, le sénateur réclame le débat qu’il attendait. Silence. Timidité du public. On le comprend, prendre la parole après un académicien au verbe sûr, aux subjonctifs imparfaits parfaitement maîtrisés, n’est pas chose facile. Même le maire s’est vite délesté du micro.

 

Après quelques interventions, coordonnées par la bibliothécaire, Mlle Valérie Lenglaert, un Halluinois trouva le mot de la fin, en félicitant M. Schumann pour sa mémoire « aussi remarquable que celle du général ».

 

Certains ricanent : « A son âge, il ferait bien de se retirer de la scène politique et culturelle ».

 

« A son âge »… Oui, mais n’est pas « immortel » qui veut.

 

Le savoir-vivre de Maurice Schumann devenu rare aujourd’hui, son français immaculé, sa culture tout-terrain inspirent un respect qui fait que celui qui pose une question se lève (En l’occurrence, Daniel Delafosse cheville ouvrière de l’exposition) et reste debout en écoutant la réponse…

 

 

(Archives D.D., Presse).

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 08:13


Le nouveau bâtiment qui abrite le centre communal d’action sociale et quelques services de la mairie a été baptisé le samedi 15 avril 2000, en présence de l’épouse de Maurice Schumann, ancien député de la vallée de la Lys, sénateur du Nord, ancien ministre, académicien… Et ami personnel du Maire d’Halluin Alexandre Faidherbe.

 

Après la cérémonieuse coupure de ruban à l’entrée du CCAS, Lucie Schumann a découvert, avec Alexandre Faidherbe maire d’Halluin, les plaques indiquant le nom de Maurice Schumann et ce qu’il représente.

 

Durant la petite visite des lieux, Madame Schumann n’a cessé de remarquer combien le bâtiment était clair et spacieux. Le Maire lui a présenté l’équipe qui fait vivre ces lieux d’accueil du public : que des femmes. Ou presque ! Même l’architecte, Frédérique Moguez, a apporté sa touche de féminité (la beauté des courbes, la sensibilité dans la configuration des espaces de confidentialité…) à l’ensemble. « Mais c’est le royaume des femmes ! » souligne Lucie Schumann.

 

« Après plusieurs déménagements, dix ans de travail, d’avancées au niveau de l’action sociale », l’adjointe à l’action sociale Jeannine Gheysen ne souhaite plus « voir le CCAS s’agrandir », et rappelé que « les bénéficiaires ont réfléchi au projet, ce lieu leur appartient. J’espère qu’il y en aura de moins en moins ».

 

C’est en ces termes que s’exprima l’adjointe au maire, lors de cette inauguration, en insistant sur le rôle d’une action qui n’a cessé de croître au fil des années.

 

Dans son discours, Le Maire Alexandre Faidherbe remercia tout d’abord très chaleureusement Madame Lucie Schumann pour sa présence qui honore la Ville : « Au travers de votre personne c’est un peu de la France Libre que nous accueillons.

 

Peu le savent sans doute, mais la jeune Lucie DANIEL, en résidence à Londres chez sa sœur, devait, dès l’Appel du 18 juin, proposer ses services et ainsi, durant toute la durée de la guerre, assurer des tâches d’administration pour la France Libre, au Commissariat de l’Intérieur, sous les ordres d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie.

 

De cette époque date sa rencontre avec Maurice Schumann qu’elle épousa en novembre 1944 »

 

Le Maire poursuivit son discours par un rappel de l’historique : « En 1989, le CCAS, c’est une pièce de 20 m2 au rez-de-chaussée de la mairie, pour trois personnes ; dans un espace aussi confiné, il ne peut y avoir ni convivialité, ni confidentialité. (…) Son transfert est décidé en 1990 dans une partie des locaux du centre culturel Albert Desmedt, sur 70 m2. Un mieux, mais qui marque rapidement ses limites, d’autant que notre volonté d’aller de l’avant dans l’action sociale amène une charge de travail plus lourde. Le personnel passe de trois à six personnes ».

 

 

Une réflexion s’engage dès 93-94 sur un projet durable, et les regards se tournent vers la friche Vanhoutte, en plein centre-ville, sur 2500 m2 de surface. Acquis 1,050 millions de F (420 F/m2), il permettra aussi la construction d’une salle de sport pour un bon millier d’élèves.

 

L’essentiel du CCAS est la confidentialité des échanges qui est permise par les bureaux. Ce bâtiment a coûté 3,4 millions de F, l’étage étant dégagé pour quelques services annexes de la mairie.

 

Autre évolution : le budget du CCAS qui est passé de 550.000 F en 1989 à 1,7 MF aujourd’hui (subvention municipale). Les missions évoluent et l’évolution est forte en ce qui concerne la prise en charge du RMI.

 

Puis le Maire poursuivit son discours par le devoir de mémoire envers un homme qui fut à 28 ans, député de la Vallée de la Lys et donc d’Halluin de 1945 à 1973, mais également Sénateur du Nord de 1974 à sa mort soit pendant 23 ans :

 

« Il fut ainsi au travers de ces deux mandats, auquel il convient d’ajouter le mandat d’élu régional à partir de 1974, toujours le fidèle porte-parole et défenseur e la population du Nord.

 

La plaque apposée à l’entrée de ce bâtiment rappelle ainsi les principales étapes d’une vie particulièrement riche, toute entière tournée vers les autres.

 

Les différentes étapes sont connues de tous qui le conduisirent ainsi aux plus hautes charges de l’Etat assumant tout à tour la responsabilité du Ministère de la Recherche, des Affaires Sociales, des Affaires Etrangères, endossant enfin l’habit vert d’Académicien et prendre ainsi sa part – quai conti – à la défense de la langue française qu’il maniait de si brillante façon.

 

En février 1988 alors que je venais d’être élu conseiller général du canton de Tourcoing Nord, poste qu’il avait occupé quelques années avant, me dédicaçant son ouvrage « un certain 18 juin », il écrivait : « En témoignage d’une amitié plus forte que les désaccords légitimes qui ont pu nous éloigner l’un de l’autre sans jamais nous séparer… »

 

Ces quelques lignes décrivent un des traits essentiels de l’homme politique d’exception que fut Maurice Schumann : l’esprit de tolérance qui fit de lui un homme toujours écouté et respecté.

 

Le monde politique serait sans doute bien différent si chacun de ses membres était porteur de ces deux qualités qu’incarnat Maurice Schumann, la fidélité en amitié, la tolérance.

 

Fidélité en amitié, chacun de vous immédiatement pense « Général de Gaulle ».

 

Elle est certes la plus visible, mais fidélité également à des amitiés plus anciennes qui ont nom Marc Sangnier, le fondateur du « Sillon » ou à Georges Boris, ancien directeur de cabinet de Léon Blum en 1938, avec qui, malgré quelques désaccords il avait su garder, comme il le dit lui-même, des liens de « pleine sympathie ».

 

C’est ainsi qu’en 1960, à la mort de Georges Boris, il écrivait : « S’Il pratiquait la plus rare des vertus civiques : la tolérance… Comment aurions-nous été sûrs de tenir tellement l’un à l’autre si nous n’avions pas été très souvent en désaccord ? Car les vrais amis politiques ne sont pas ceux qui récitent la même tirade, mais ceux qui croient, comme Saint-Exupéry que « la haine n’ajoute rien à l’exaltation de la course ».


Je tenais dans mon propos à évoquer cette facette de l’homme politique que fut Maurice Schumann car ces deux qualités qu’il portait au plus haut point fondent la grandeur de la vie politique.

 

Aujourd’hui le CCAS d’Halluin porte le nom de Maurice Schumann. Un Halluinois m’avait écrit pour souhaiter qu’Halluin garde mémoire de son nom.

 

Au travers de ce que j’ai dit plus haut, vous comprenez que j’y ai volontiers souscrit. Le Conseil d’Administration a entériné à l’unanimité cette décision. Elle est pleinement justifiée.

 

En guise de conclusion, je laisserai par ma voix s’exprimer Maurice Schumann qui, parlant de Marc Sangnier écrivait :

 

« C’était un éveilleur d’âmes. Il a puissamment contribué à éveiller mon âme. Il n’a joué aucun rôle dans l’éveil de ma conscience religieuse, dans la naissance de mes convictions religieuses, mais il a joué un très grand rôle dans l’unité de ma vie. Je venais du socialisme. La politique pour moi – ça n’a d’ailleurs jamais changé – c’était « le Social d’abord » et je trouvais dans Marc Sangnier la conciliation qui m’était nécessaire entre un idéal démocratique et social d’une part et mes convictions religieuses d’autre part. Je ne lui dois pas ma vie religieuse. Je lui dois toute la coloration de ma vie politique et je lui suis resté jusqu’à la mort filialement attaché ».

 

Par ces mots, Alexandre Faidherbe concluait son hommage à Maurice Schumann.

 

Très émue, l’épouse de Maurice Schumann, Lucie, remercia ensuite le maire pour ces mots qui lui rappelèrent des souvenirs d’immédiat après guerre et insista sur la qualité de l’accueil, sur la chaleur humaine et l’enthousiasme que la ville d’Halluin avait su garder.

 

Lucie Schumann s’est dite « plus émue que d’habitude par l’amitié » soulignée par Alexandre Faidherbe. Personne, parmi toutes les personnalités représentées, ne contestera ce nom donné au cœur de l’action sociale halluinoise.

 

Cette inauguration officielle s’acheva par l’exposition de multiples photos et documents exposés sur les murs du nouvel établissement. Ces panneaux, confectionnés par Daniel Delafosse du personnel municipal, relatés toute la vie de Maurice Schumann.

                                                                               

 

(Archives et synthèse D.D., Presse).  

1600 E pour deux associations caritatives.


Mercredi 25 Novembre 2009, au CCAS d’Halluin, la directrice Catherine Foube a accueilli les représentants du club des sociétaires initiatives de la Banque populaire, pour des remises de chèques à deux associations, l'Entraide alimentaire et les Restos du coeur.


Créé en janvier dernier, le club des sociétaires initiatives, présidé par Jean Claude Klimanek, adjoint aux associations, a pour vocation d'aider différents projets, qu'ils soient culturels, caritatifs, pédagogiques... Son but est d'apporter un soutien aux personnes en difficultés, au handicap, à l'éducation, au développement durable.


Le club est composé de 20 membres, clients ou non de la banque, qui étudient les dossiers et émettent à la majorité un avis favorable pour une aide financière. Florence Habourdin, responsable de l'agence d'Halluin a remis un chèque de 1 000 E à l'Entraide alimentaire et 600 E aux Restos du coeur.


« Pour l'Entraide alimentaire en partenariat avec le CCAS, les fonds permettront de financer l'opération "Les carillons de Noël", réservé aux personnes seules, afin d'améliorer le repas de Noël, d'acheter des lots et d'organiser un spectacle avec l'aimable participation des danseuses de la bulle de Yana.


Pour les Restos du coeur, la somme remise est destinée à l'achat d'un ordinateur qui permettra aux bénévoles de rédiger des courriers, de remplir des dossiers administratifs pour les personnes qui le souhaitent ».
indiquent Jean Claude Klimanek et Catherine Foube.


Régis Ferré, responsable des restos du coeur d'Halluin, a remercié le club intiative pour ce geste de solidarité. Michel Coquet pour l'entraide alimentaire, quant à lui, s'est empressé de remettre la moitié de la somme aux danseuses de la bulle de Yana qui assureront le spectacle et comme son confrère Régis Ferré, a salué et remercié le club qui permettra aux plus démunis de passer une merveilleuse fête de Noël.


(Archives, N.E., 28/11/2009).

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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 18:06


 Hommage à Maurice Schumann par un Halluinois.

 

Publié dans la presse locale le 13 Février 1998.

 

 Le décès de Maurice Schumann a ému de nombreux habitants de la Vallée de la Lys, région qu’il affectionnait beaucoup. L’halluinois Daniel Delafosse nous a fait parvenir son témoignage :

 

« Depuis 1945, de par mon père, M. Schumann était profondément lié à notre famille », explique-t-il.


« Professionnellement, j’avais eu l’occasion d’être la cheville ouvrière de l’exposition organisée à la bibliothèque sur le 30ème anniversaire de la Ve République, en septembre 1988, au cours de laquelle Maurice Schumann avait tenu une conférence.

 

De même, lors de l’exposition sur la Libération de la Ville, en septembre 1994, j’avais confectionné plusieurs panneaux sur M. Schumann (…) Personnellement, j’ai eu l’occasion de correspondre avec lui très souvent ces cinq dernières années.

 

Par son parcours, historique, politique, littéraire et philosophique, Maurice Schumann restera l’une des figures locales, régionales et nationales les plus remarquables et les plus attachantes de ces cinquante dernières années. Il aimait rappeler qu’en sa qualité de président du Mouvement Républicain Populaire, il avait tenu sa première réunion publique à Halluin, le 3 mars 1945. Depuis cette date, il entretenait avec la population halluinoise des liens privilégiés amicaux et souvent personnels ».

 

                                             
                                                 
Hommage de la Ville d'Halluin.

Après l’hommage unanime de la Nation à celui qui est entré dans l’Histoire, en étant la Voix de la France Libre, l’halluinois Daniel Delafosse proposa à Monsieur Alexandre Faidherbe Maire de la Ville d’Halluin (courrier du 20/2/98) de perpétuer la mémoire de Monsieur Maurice Schumann, en lui attribuant un lieu important significatif et symbolique.

 

Lors de la réunion du  5/3/98, Monsieur le Maire, à son tour, proposait à l’ensemble du Conseil Municipal de donner ce nom à un établissement de la Ville.

 

Après concertation avec Madame Maurice Schumann, il fut décidé (comme l’avait suggéré Daniel Delafosse) d’attribuer cette dénomination au futur Centre Communal d’Action Sociale.


En effet, l’ancien Député de notre Xème circonscription fut, notamment, le dernier Ministre d’Etat chargé des Affaires Sociales, sous la Présidence du Général de Gaulle.

 

Une plaque sera fixée dans le hall de cet établissement portant l’inscription suivante :

 

MAURICE SCHUMANN  1911 – 1998

 

Porte-parole de la France Libre   -   Compagnon de la Libération

Député du Nord (1945 – 1973)   -   Sénateur du Nord (1974 – 1998)

Ministre d’Etat chargé des Affaires Sociales (1968 – 1969)

Ministre des Affaires Etrangères (1969 – 1973)

Académicien – Homme de Lettres

   

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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 07:46


Il y a dix ans, le samedi 20 septembre 1997, se déroulait l’inauguration de la stèle et du square voués aux Droits de l’enfant dont le projet fut initié par Dany Callemyn président d’alors du Comité des allumoirs.

 

Il régnait une effervescence peu commune ce jour là , et dès 10 h la place de la mairie était noire de monde. En effet, de nombreuses personnalités ont assisté à cette cérémonie.

 

On notait la présence de deux ministres : Mme Michèle Demessine, secrétaire d’Etat déléguée au tourisme, M. Stéphan De Clerck, ministre de la Justice belge, M. Jean-Pierre Balduyck, député-maire de Tourcoing, M. Alexandre Faidherbe maire.

 

Des élus locaux et des représentants d’associations ont aussi voulu marquer leur intérêt à cette manifestation. Halluin étant la première ville en France à avoir dédié une stèle aux droits de l’enfant.

 

Accueillis par le maire Alexandre Faidherbe, les personnalités se sont rendues dans l’hôtel de ville le temps pour elles de signer le livre d’or et pour le premier magistrat de la commune de leur offrir à chacune un exemplaire du livre de M. Michel Hastings « Halluin la Rouge » qui évoque notamment la vie laborieuse des émigrés venus principalement de la Flandre dans les années 1810.

 

Ensuite le long cortège, emmené par l’Harmonie Saint-Joseph de Menin et les sapeurs-pompiers d’Halluin, a parcouru la rue de Lille puis les rues Gustave Desmettre et Gabriel Péri pour s’arrêter à l’angle de la rue des Frères Martel.

 

Beaucoup d’enfants, des écoles maternelles aux collèges accompagnés d’enseignants attendaient les officiels ; une marée de ballons blancs, achetés au profit de l’association Cent familles créée par le chanteur Jean-Luc Lahaye, flottait au-dessus de leurs têtes.

 

Sous le regard attentif de la foule, les personnalités ont dévoilé la statue en bois sculptée par Richard Sobus. Une stèle de 2,20 mètres de haut fixée sur un socle en béton et représentant un garçonnet, une fillette et un soleil. Une plaque en granit sur laquelle on peut lire : « Stèle dédiée à tous les enfants »a été apposée.

 

Puis chacun s’est recueilli en écoutant la chanson « Prendre un enfant par la main » d’Yves Duteil et « Enfants de tous pays » d’Enrico Macias. Les ballons se sont envolés mêlant leur couleur blanche, symbole de la pureté, au ciel bleu d’azur.

 

 

La mémoire ne sera pas toujours enfouie…

 

Un « trou de mémoire » (au sens propre) pour éviter les « trous de mémoire » (au sens figuré) : telle fut l’ingénieuse idée qui sous-tendit la manifestation organisée le 16 décembre 2000 à l’entrée du Square des droits de l’enfant, à l’angle des rues des Frères-Martel et Gabriel Péri.

 

A l’occasion du changement de millénaire, c’est à l’initiative de la municipalité, alors conduite par Alexandre Faidherbe, et du Conseil municipal des enfants et des jeunes que –c’est inscrit dans la pierre- « Les écoliers primaires de la commune ont enfoui leur présent afin que les générations futures puissent retrouver trace de leurs aînés un siècle plus tard… ».

 

Pas question, donc, de dévoiler avant le 16 décembre 2100 le contenu du coffre confortablement enterré sous la dalle commémorative. D’autant qu’une atmosphère de secret entoura, volontairement, le choix des témoignages effectué par les écoliers.

 

Alors, au moins pour certains de nos contemporains, rendez-vous dans 92 ans

 

 

(Archives Daniel Delafosse).
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 19:52



Parmi les clubs sportifs halluinois certains sont devenus des figures emblématiques de la vie associative. Le club de javelot des « Abatteurs » en fait partie. En 2007, le club comptabilisait quarante-cinq années d’existence, soit plus de quatre décennies pendant lesquelles la plupart des membres sont restés fidèles au club.

 

Encore aujourd’hui, on rencontre souvent Aimé Desmet, le président du club, Alain Delannoy, secrétaire et les membres lors de manifestations locales, toujours prêts à proposer des initiations et des concours ouverts à tous.

 

Cette dynamique n’a pas changé depuis juin 1962. A l’époque ce sont Joseph Vandebeulque et Michel Everaert, aujourd’hui décédés, qui avaient pris l’initiative de la création du club.

 

A la base, le stand javelot du café de l’Abattoir ne devait durer que le temps d’une kermesse ! Seulement voilà, beaucoup s’y sont initiés, ont progressé et n’ont plus voulu arrêter, c’est ainsi que le club est devenu officiellement le club des « Abatteurs ».

 

Rapidement le jeu devient une véritable institution de la vie associative halluinoise et des tournois dans les cafés de la ville sont régulièrement organisés.

 

Aussi, savez-vous que le javelot est un jeu qui nous vient du Pas-de-Calais et plus précisément qu’il est né dans les cafés populaires ? La règle est la suivante :

 

Les lanceurs se mettent à six mètres d’une cible dont il faut atteindre le cœur qui ne mesure que six centimètres de diamètre.

 

Pour compliquer encore un peu plus la tâche des sportifs, les javelots sont en plume et faits à la main. Leur poids diffère même selon les régions ! Alors après plusieurs heures de jeu… le javelot commence à s’alourdir. C’est d’ailleurs ce qui fait dire aux membres du club des Abatteurs que ce jeu est aussi un sport.

Pour preuve, il existe une fédération nationale de javelot et des compétitions régionales sont régulièrement organisées.

 

Le Dimanche 9 juin 2002, le club d’Halluin fêtait dignement ses quarante années d’existence.

 

Ce jour là, les « Abatteurs » et d’autres clubs voisins ont rendu hommage aux deux fondateurs, Joseph Vandebeulque, qui a été président du club pendant 21 ans, et Michel Everaert, qui fut trésorier pendant 20 ans, en déposant une gerbe au cimetière de la ville.

 

De même, le troisième fondateur Roland Rosé (depuis décédé) a été honoré pour ses 40 ans de présence et ses 40 ans de fonction en tant que vice-président.

 

C’était l’occasion pour les « Javeloteux » d’évoquer leurs souvenirs. L’un des grands moments, reste comme l’expliquait le président « les jeux inter-quartiers organisés avec l’ex-club halluinois « Les Mousquetaires ».

 

Cela se passait en 1965, et ça avait attiré près de 2000 personnes. Et puis, il y a eu la participation pendant 14 ans aux allumoirs, les 24 h du Mont, les sorties pédestres, et à vélo…

 

Il y avait également les nombreux tournois, avec de bons et moins bons résultats. En 2002, effectivement au niveau des résultats, le secrétaire a rappelé que le club était au sommet et invaincu depuis 5 ans en championnat de la Vallée de la Lys.

 

Lors de ce quarantième anniversaire, le club récompensa les 20 membres du club pour leur fidélité. Le plus ancien Jean-Claude Benoodt a reçu un trophée d’honneur pour ses 40 ans de présence. Autant dire qu’il était là depuis le début !

 

D’autres n’étaient pas en reste, Aimé Desmet, Alain Delannoy, Roger Diérykse et Jean-Claude Devernay étaient présents depuis 39 ans, quant à Jacques Soen il arrivait à 37 ans de pratique, Bernard Verquin 36 ans et enfin Danny Leenknegt présent depuis 34 ans.

 

Enfin, pour ces retrouvailles, les « Abatteurs » avaient invité Alexandre Adrien venu spécialement de la Somme. Il était président des « Mousquetaires » et une grande amitié l’a toujours lié aux « Abatteurs ».

 

Cet halluinois aujourd’hui disparu avait résumé la réussite du club en un seul mot « l’amitié », la clé de la longévité du club.

 

Les « Abatteurs » n’ont qu’un seul espoir, celui de voir se joindre à eux de nombreux jeunes pour assurer la relève du club.  

                      

(Archives D.D., Presse).

 

 

Histoire du Javelot…

 

Douze membres du club de javelot Les Abatteurs se sont affrontés en championnat dernièrement au cercle St-Joseph. L'occasion de redécouvrir un sport vieux de 1000 ans. Une discipline régionale qui n'a rien perdu de son authenticité. « Le javelot est devenu populaire en France au XIIe siècle. C'est une spécialité de la région. »

 

 Jean-Claude Devernay pratique le javelot depuis 50 ans. Sourire aux lèvres, le secrétaire des Abatteurs se souvient de ses premiers lancers au café de l'Abattoir. « On jouait avec des javelots en plumes d'oies importées du Canada. » Les plumes sont devenues artificielles, mais le javelot reste pour Jean-Claude « un sport convivial, un jeu, une détente ».

 

Une douzaine d'adultes ont dernièrement participé au championnat organisé ici, comme tous les premiers samedis du mois. Les participants s'affrontent un contre un, dans leur petite salle du cercle Saint-Joseph.

Posté à 6,50 mètres de la cible, Francis, 50 ans, est opposé à Josseline, 53 ans. Deux javelots multicolores en main, les joueurs s'évertuent à toucher le centre rouge. Adresse et précision exigées ! Josseline se place sur la ligne. Immobile, elle fixe la cible durant quelques secondes. Et plante ses javelots dans le vert et dans le blanc. « Pas mal », murmure un observateur. La quinquagénaire décroche les flèches du mur, tandis que son adversaire s'avance.

La compétition se déroule sans un mot : les joueurs se concentrent. Après dix jets, le verdict tombe : Francis l'emporte à un point près, il est sélectionné pour le tour suivant. Pour Josseline, la compétition s'arrête. « Ce n'est pas grave, je suis d'abord ici pour me détendre », se console la perdante.

Pendant que leurs collègues s'affrontent, les Abatteurs discutent dans la salle principale. Les enfants jouent au tennis de table. Le club n'est accessible qu'à partir de 14 ans.

Entraînements libres aux horaires d'ouverture du cercle Saint-Joseph : lundi, jeudi et samedi de 17h à 21h, vendredi de 18h à 21h, dimanche de 9h30 à 13h. Renseignements : 03 20 46 60 34.

(Archives, N.E., 15/11/2010).

 

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 19:56


Les associations n’ont pas toujours existé en tant que telles. C’est la loi du 1er juillet 1901 qui a créé leur statut. Cela ne signifie pas pour autant que nos concitoyens ne se rencontraient pas auparavant.


On trouve déjà des sociétés sous Napoléon III. A cette époque, c’était l’empereur lui-même qui donnait son agrément pour leur constitution.

 

A Halluin, par exemple, la plus ancienne de nos sociétés est probablement la société mutualiste « La Prévoyance », qui existe toujours aujourd’hui. Son acte de naissance porte la date du 11 février 1853 !

 

Son président d’alors était le maire d’Halluin, M. Pierre Demeestere-Delannoy, et le secrétaire n’était autre que le secrétaire général de la Mairie, M. Charles Porchet.

 

Cette association est une des premières mutuelles à voir le jour. A l’origine, la cotisation était de 0,50 francs pour le sociétaire. En contrepartie « La Prévoyance » accordait les soins médicaux et pharmaceutiques, ainsi qu’une indemnité de 5 francs par semaine.

Quand on sait qu’un tisserand touchait à l’époque entre 1,5O F et 2 F pour 16 à 18 heures de travail, on se rend compte de l’importance de cette mutuelle pour le budget familial.

 

Mais ce fonctionnement a amené progressivement ses structures à des situations financières déficitaires. C’est pourquoi le gouvernement les a réglementées à la fin du siècle dernier.

 Ce qui parait fantastique, c’est que malgré toutes les évolutions réglementaires et l’apparition de quantité de mutuelles, « La Prévoyance » est toujours là, tient ses permanences à l’Epi, rue de Lille, et se porte plutôt bien.

 

L’esprit d’origine est resté le même. La mutuelle a toujours pour objectif d’offrir une service aux personnes, sans gagner d’argent ! Par exemple, les cotisations ne sont pas calculées en fonction de l’âge, comme c’est devenu la règle au fil des années, et la gestion de l’association est assurée par des bénévoles.

 

La mutuelle compte plusieurs centaines d’adhérents répartis dans toute la France, puisque beaucoup d’halluinois ayant déménagé ont néanmoins gardé toute leur confiance dans leur « vieille » mutuelle…

 

Aussi, il existe d’autres ancêtres aux associations d’aujourd’hui, ce sont les premiers syndicats qui se sont mis en place à Halluin, suite à l’expansion industrielle de la fin du siècle dernier : ainsi le syndicat du Textile créé en 1903, celui du bâtiment en 1904, celui du bois en 1905, et sans oublier la création de la boulangerie coopérative l’EPI en 1910, dont les bâtiments ont été, il y a une dizaine d’années, réhabilitées et constituent une des richesses du patrimoine halluinois.

 

L’apparition des syndicats a été très importante pour l’évolution de la ville. Non seulement parce que leur fonctionnement a souvent été un exemple pour les communes voisines, mais aussi parce que outre l’aspect revendicatif de l’action syndicale, ces structures jouaient un grand rôle dans l’animation de la cité.

 

La multiplicité des organisations politiques, syndicales ou laïques de l’époque a favorisé l’émergence d’une foule d’activités sportives, culturelles, avec souvent pour objectif principal le fait de se réunir pour faire la fête. Même si les rencontres de football entre deux clubs issus de mouvances différentes étaient quelquefois l’occasion de franches empoignades.

 

 Les confrontations, dans les années 1920-1930, entre Le Sport Ouvrier Halluinois et l’Olympique Sporting Halluinois, le deuxième club de foot de la ville, étaient passionnées voire violentes…

 

On peut considérer que les premières associations sont issues de trois courants principaux. Tout d’abord, les organismes paroissiaux qui depuis longtemps étaient déjà des lieux de rencontre et d’échanges. La deuxième « source » vient du monde du travail avec l’importance des syndicats. La troisième origine vient des partis politiques qui avaient eux aussi vocation à rassembler les citoyens en leur proposant des activités.

 

A ces trois principales origines de la vie associative, qui étaient tout de même plus ou moins partisanes, il convient d’en rajouter une quatrième, celle des sociétés qui se sont créées toutes seules par la volonté d’hommes et de femmes qui désiraient créer une activité, souvent d’ordre musicale.

 

La création des statuts associatifs de la loi de 1901 a d’ailleurs permis la multiplication de ces initiatives. La loi permettait enfin aux citoyens de s’affranchir des tutelles politiques, syndicales ou religieuses.

 

A ce jour, la ville d’Halluin compte près de 250 associations !

 

 

 (Archives D.D., Presse) 

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 20:25


 

En 1997, l’ancienne salle paroissiale Notre Dame des Fièvres était entièrement rénovée par la ville, pour servir de restaurant scolaire (où l’on pratique désormais la formule du self-service), et doter le Colbras d’une salle supplémentaire accessible à la population halluinoise.

 

Il y a dix ans, ce nouvel équipement municipal était baptisé salle « Pierre Declercq » en hommage à cet halluinois assassiné pour être allé jusqu’au bout de son idéal.

 

Lors de l’inauguration, Mme Declercq a rappelé les moments forts de la vie de son époux : son engagement pour l’indépendance de la Nouvelle Calédonie, la création d’un syndicat qui a obtenu la reconnaissance égale de tous les enseignants quelle que soit la couleur de leur peau, évoqué son combat pour une justice équitable envers tous les hommes :

 

« Il a été assassiné en 1981 mais sa disparition n’a pas détruit l’idéal qui était enraciné au cœur de la population » a indiqué Mme Declercq, tout en remerciant la ville pour l’hommage rendu à son mari.

 

Moi-même (Daniel D.), je me souviens, tout jeune, l’avoir eu comme moniteur lors des colonies de vacances organisées par la paroisse. Mais vraiment, qui était Pierre Declercq ?

 

Né le 30 mai 1938 à Halluin, Pierrot était ce petit garçon qui traversait quatre fois par jour la ville depuis le quartier de la Rouge-Porte jusqu’à l’école du Sacré-Cœur, cet adolescent qui prenait le bus pour se rendre à l’EIC de Tourcoing.

 

Parallèlement, il fréquentait le patronage et les Cœurs Vaillants, les colonies de vacances, comme colon puis comme moniteur, les Scouts et les camps de jeunes travailleurs. Il a entrepris ensuite des études secondaires et a obtenu une licence en sciences.

 

L’halluinois Pierre Declercq découvre pour la première fois en 1965 par le biais de la coopération la Nouvelle Calédonie.

 

Il épouse à Nouméa le 11 décembre 1968 Marguerite Marie Delemotte. De retour en France, il achève ses études en sciences économiques puis devient enseignant au collège du Sacré-Cœur de Tourcoing en 66/67.

 

Au terme de cette dernière année scolaire, il retourne à Nouméa vers cette terre et ce peuple qui le fascinent. Avec son épouse, également enseignante, il fonde le syndicat laïc des professeurs de l’enseignement catholique au collège de Nouméa. Il prend par la suite la direction de l’établissement Blaise Pascal où il désigne comme collaborateur un autochtone.

 

Un acte de vaillance qui ne plait guère aux parents d’élèves ! Il démissionne, écoeuré par tant de discrimination.

 

Ses contacts permanents avec les jeunes le conduiront au syndicalisme et à la politique. Là-bas, le luxe creuse le lit de la misère et le fossé qui sépare les pauvres des nantis ne cesse d’accroître les inégalités.

 

Son engagement politique découle de ces constats. En 1977, il est élu à l’Assemblée territoriale. Il devient alors secrétaire général de l’Union calédonienne, et leader du Front indépendantiste. Les membres du Front étaient regroupés depuis 1979 au sein du Front indépendantiste Kanak.

 

Pierre Declercq luttait contre le colonialisme. C’est lui qui intervenait auprès du gouvernement français pour mettre en forme l’indépendance. Il avait déjà rédigé un premier projet en 1979, et avait rencontré le Président de la République François Mitterrand en Juillet 1981

 

Depuis longtemps il se sait menacé. D’ailleurs, l’hebdomadaire « Corail » du 23 juillet 1981 écrit : « En ce qui concerne les colons armés, une seule remarque : alors qu’ils sont si nombreux et si prompts sur la gâchette, comment se fait-il que Declercq soit encore en vie ? ».

 

Cinquante-huit jours plus tard, le 19 septembre 1981, il est assassiné dans sa maison de Mont-Doré, atteint par plusieurs balles.

 

Toute la famille se rend en Nouvelle-Calédonie afin d’assister aux funérailles, le jeudi 24 septembre. Pierre Declercq tenait en effet absolument à être enterré là-bas et les Canaques ne comprendraient pas que sa dépouille mortelle quitte sa terre d’adoption.

 

Si à l’époque de nombreux témoignages ont condamné cet acte de violence inacceptable, aujourd’hui encore Pierre Declercq reste gravé dans la mémoire de tous ceux qui l’ont côtoyé.

 

Le Président de la République François Mitterrand, lors de sa première conférence de presse, rendait hommage à Pierre Declercq.

 

Il laisse le souvenir d’un homme profondément humaniste, un chrétien passionné qui est allé jusqu’au bout de ses convictions, jusqu’au sacrifice de sa vie.

 

 

(Archives et Synthèse, D.D., Presse).
 

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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 17:26

 

Ordonné prêtre depuis peu, à 34 ans, Joseph Ledoux s’embarquait pour l’Océanie. C’était en 1936. Il devait y rester une vingtaine d’années…

 

Il aurait bien voulu y retourner encore, dans ces îles paradisiaques des antipodes, après avoir été rapatrié pour cause de maladie en 1956. Des îles comme la plupart d’entre nous n’en verront que sur des cartes postales, avec cocotiers, lagons transparents et colliers de fleurs tressées.

 

Des îles dangereuses, aussi. Avec des requins, des sorciers, et des Japonais vindicatifs. L’aventure d’une jeune prêtre halluinois, à l’autre bout du monde, qui durant vingt années a prêché en faveur de la foi catholique. Profession : missionnaire, tout simplement.

 

C’est par où, les îles Gilbert ? Tout simple : vous descendez tout droit vers le sud, jusqu’à la Méditerranée. Là, plouf, vous traversez. Ensuite, direction le sud de l’Afrique, en commençant à se méfier du côté du Mozambique (il va falloir prendre à gauche). Quand Madagascar se profile à l’horizon, on se jette de nouveau à l’eau, cap à l’est. Et juste avant la Malaisie, attention à ne pas les dépasser, il y a les îles Gilbert, qui barbottent à quelques quatre cents miles marins des Fidji.

 

 

La force de la vocation

 

  Ce périple hors du commun, un jeune prêtre l’a parcouru, l’année de ses trente-quatre ans, quelque temps après avoir été ordonné prêtre. C’était en 1936 et il n’y avait pas d’autre moyen de transport que le bateau qui mettait plusieurs mois pour arriver à destination.

 

« La vocation ». Pas d’autre nom pour décrire cette force qui a poussé ce jeune Halluinois né en 1902 à devenir missionnaire. Une vocation appuyée sur la foi.

 

« J’ai toujours voulu être prêtre. Après des études commencées chez les Maristes et terminées chez les Assomptionnistes, l’abbé Rémi, d’Halluin, qui savait que je cherchais à devenir missionnaire, m’a parlé des frères du Sacré-Cœur, implantés à Louvain et Issoudun. Mais, avant de m’embarquer pour aller à la découverte des îles de l’Océanie, j’ai fait mon noviciat à Marseille, une année de philosophie à Strasbroug, quatre à Fribourg, en Suisse. J’ai apprid le latin, le grec et l’hébreu ».

 

Puis est venu le jour du grand départ pour les antipodes. Un voyage de plusieurs semaines en bateau. Puis le jeune prêtre parcourt la Papouasie (Nouvelle-Guinée) et l’Australie, avant de venir s’échouer à Topi Téou Heia, un petit bout d’île perdu dans l’Océan Indien.

 

 

Empoisonné


« Des îles, en fait, il y en avait des centaines comme la mienne. Avec, éparpillées au petit bonheur la chance, une vingtaine de missionnaires français, qui avaient à leur charge près de 40.000 âmes ».


Les rapports des missionnaires et des habitants de ces îles sont bons. « Ils n’avaient rien d’effrayant. Par contre, sur le plan spirituel, zéro pointé : un peuple animiste, qui voyait l’intervention de l’âme partout, au point d’en attribuer une aux objets et aux végétaux ».

 

Dès son installation, dans une hutte semblable à celle des habitants de l’île, le père Ledoux est mal vu des Anglais, protestants et qui n’ont aucune envie de lui faciliter la tâche.

 

Sa maison est installée au milieu de Topi Téou Héia, à un endroit que les autochtones craignent. Certains prétendent que des esprits malins en seraient les maitres.  Rapidement, le prêtre est lui-même considéré comme un sorcier. D’autant plus qu’ayant appris la radiesthésie en Europe, il est capable de « soigner certaines maladies ». Une situation qui déplaît aux « véritables » sorciers du coin. A tel point que ces derniers essaieront par deux fois de l’empoisonner, avec une drogue violente tirée du foie d’un poisson.

 

« Il n’y avait personne pour me soigner. Pas de médecins, pas de médicaments. Je me suis accroché et j’ai réussi à m’en sortir ».

 

 

Aux prises avec les Japonais

Nouvelle épreuve, nouveau flirt avec la mort, dans les années 42-43. La guerre mondiale fait irruption dans ces contrées coupées de tout. Les Japonais se rendent maîtres des îles.

 

 

« Ils donnaient la chasse à tout ce qui avait la peau blanche. Les deux missionnaires qui vivaient sur des îles proches de la mienne ont eu la tête tranchée. J’ai dû fuir par la mer, et me cacher près d’une barrière de corail. J’avais le choix entre les Japonais et les requins. J’ai choisi les requins ». Joseph Ledoux rigole franchement :

 

« Des requins, j’en ai mangé beaucoup en vingt ans. La nourriture des habitants de cette région était constituée de poisson et de noix de coco. Menu unique, trois fois par jour, tous les jours de la semaine. Il a bien fallu que l’estomac s’y fasse ».

 

En 1956, Joseph Ledoux tombe gravement malade. C’est la fin de l’épopée. Sa congrégation lui confie de nouvelles missions plus sédentaires, qu’il accepte. La direction d’un hôpital psychiatrique dans le Cher. Celle des orphelinats de Chateauroux.

 

Enfin, en 1989, le vieil homme a trouvé une place à la maison de retraite d’Halluin.

 

Une ville qu’il avait quittée, il y a tellement longtemps, pour ces contrées extraordinaires de l’Océan Indien. Et quand il s’y replongeait, en pensée, ses yeux couleur lagon devenaient rêveurs.

 

Le Père Joseph Ledoux est décédé le 16 Mai 1994.

 

 

(Archives D.D., Presse).  
 

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