Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

Publicité

Bertha Dhaene et Julien Lagae : Une histoire d'amour de 77 ans !




Elle était rempailleuse de chaises, il était tisserand, Bertha Dhaene avait dix-sept ans, Julien Lagae dix-neuf lorsqu’ils se sont rencontrés, en 1915, pendant la Première Guerre mondiale. Mais ils devront attendre la fin du conflit, attendre également d’avoir un toit et les moyens de vivre en couple pour se marier six ans plus tard en 1921. 

 

Le 26 septembre 1991 ils ont fêté leurs noces de platine ou 70 ans de mariage. Cet évènement était vraiment exceptionnel, car depuis vingt ans, on n’avait pas vu cela à Halluin. Bertha et Julien Lagae-Dhaene ont 190 ans à eux deux, et vivent depuis 1989 à la maison de retraite du Mont.

 

Ce jour là c’est aussi le plus vieux couple d’Halluin. C’est également le seul couple de la maison de retraite du Mont. Depuis deux ans ils partagent la même chambre. Une vie simple qui leur suffit, au milieu des 85 autres pensionnaires. Des promenades dans le parc, la télévision, le personnel dévoué.

 

Et Julien ne manque pas une occasion de chahuter. Le regard rieur, il aime rire et parler, dans un français auquel des mots flamands se mélangent.  Des souvenirs à la pelle, qui remontent à ses vingt ans. Souvenirs des deux guerres, de l’évacuation, des usines qui tournaient au profit de l’industrie allemande.

 

Souvenirs des années d’usine, et des grèves de l’entre-deux guerres. Souvenirs d’une double fidélité : à une ville, Halluin, qu’il n’a jamais quittée, et à une épouse Bertha, qui ronchonne contre son vieux bavard de mari.

 

Une autre date retient leur attention : celle de la fête qui va marquer leurs soixante-dix ans de vie commune.

 

C’est donc le 26 septembre 1921 que le premier magistrat de l’époque, Gustave Desmettre, a procédé à leur union.

 

Julien Lagae est né à Halluin le 20 août 1895. Dès l’âge de 13 ans, comme beaucoup d’enfants de son époque, il commence à travailler comme tisserand aux établissements Defretin. Les usines Lemaitre, Loridan, Lorthiois jalonnent sa carrière. Il prendra sa retraite en 1960 avec en poche deux médailles du travail pour 35 ans de bons et loyaux services.

 

C’est aussi à l’âge de treize ans que Berthe Dhaene, elle aussi Halluinoise de souche, née le 6 novembre 1897, commence à travailler. Elle sera rempailleuse de chaises, un métier fort répandu sur Halluin à cette époque.

 

L’époque où la cité comptait 80 % d’ouvriers, et allait basculer dans le giron du Parti communiste.

 

Avant de cesser toute activité en 1945, pour invalidité, Bertha avait été employée chez Vanheddeghem, Scherpereel, Vanthournout.

 

Le couple s’est installé cité Louise de Bettignies, cette rue de maisons toutes pareilles près de la Rouge Porte reconnaissable aujourd’hui à sa forêt d’antennes de télévision, avant de rejoindre, en 1989, la maison de retraite du Mont où ils passent des jours paisibles.

 

De l’union de Bertha et Julien, une fille unique est née : Lucienne qui vit également à Halluin. Elle leur donnera un petit-fils, et deux arrière-petits-enfants, installés dans le Loir-et-Cher.

 

En ce jeudi 26 septembre 1991, ils auront eu droit à une journée toute particulière à la maison de retraite du Mont : Pensez donc, on n’a plus fêté de noces de platine à Halluin depuis octobre 1971, il y a juste vingt ans.

 

La marche nuptiale a salué l’entrée dans le hall d’accueil de Julien et Bertha Lagae. « C’est la première fois qu’une telle cérémonie se déroule à la maison de retraite d’Halluin » adéclaré le maire Alexandre Faidherbe.

 

Tous les pensionnaires et les membres du personnel étaient en effet réunis pour l’occasion autour du seul couple de l’établissement, mais aussi des plus vieux conjoints de la commune qui y coulent des jours tranquilles après une vie bien remplie.

 

« Du haut de mes 56 ans je me sens un peu petit, a avoué M. Faidherbe lors de la petite fête organisée en l’honneur des deux époux. Vous avez connu l’époque où en 20 ans, notre ville est passé de 3.000 à 17.000 habitants. C’était juste au début de ce siècle, au moment où un grand nombre de Flamands quittaient la Belgique pour venir travailler à Halluin, et où les innombrables petites maisons en courrée témoignaient du « boom » que connaissait alors la cité… ».

 

Après le mot d’accueil, le couple reçut des mains du maire une médaille commémorant leurs noces de platine. Leur famille et leurs amis ont également offert plusieurs splendides bouquets qui iront fleurir leur chambre.

 

Néanmoins, le plus beau cadeau a sans doute été celui du groupe d’animation « La colline aux amis ». Les dames chargées d’organiser des activités pour les pensionnaires de la maison de retraite avaient en effet composé une chanson spécialement pour eux «Pour qui sait bien les regarder, ils montrent la façon d’aimer » ont-elles déclaré sur l’air d’ « On n’a pas tous les jours vingt ans ». Ce à quoi Julien a répondu en poussant à son tour la chansonnette….

 

La fête s’est poursuivie autour de l’énorme gâteau d’anniversaire dont Bertha, Julien, aidés de leur fille Lucienne ont soufflé les 70 bougies. A 94 et 96 ans, ils sont l’exemple même de la joie de vivre.

 

Leur histoire s’est achevée… après 77 ans d’amour !

 

Cinq mois et demi après la célébration des Noces de Platine, Julien Lagae est décédé à Tourcoing le 11 mars 1992 et son épouse Berthe Dhaene s’en est allée à Halluin le 16 janvier 1996,  dans sa 99ème année.

 

 

Deux ans plus tard, en octobre 1994, la Maison de retraite d’Halluin fêtait à nouveau des Noces de Platine pour les époux Carton-Dupuis :

 

Mariés le 18 octobre 1924 à la mairie de Menin (Belgique) soit 70 ans de mariage. Lui,  Noël Carton est né le 24 novembre 1901 à Halluin. Elle, Elza Dupuis a vu le jour à Menin (B) le 12 février 1905.

 

 

En ce samedi 19 juillet 2008, un autre couple bien connu des Halluinois, Maurice Parret et Jeanne Geldhof ont célébré leurs noces de Platine.

 

Maurice Parret est né à Halluin le 24 septembre 1914 et Jeanne Geldhof à Menin (B) le 17 avril 1915. Mariés le 30 juillet 1938 à Halluin, ils ont eu deux enfants, quatre petits-enfants et quatre arrière petits-enfants.

 

Dès l’âge de 13 ans Maurice a commencé à travailler aux Ets Sion comme employé de bureau jusqu’en 1947. Il termine sa carrière comme artisan fabricant d’écrins de 1947 à 1980.

 

Il effectuera son service militaire comme musicien dans le 1er Régiment  de Louavis de 1935 à 1937 à Casablanca au Maroc et sera à nouveau mobilisé en 1939.

 

Jeanne a été piqurière aux Ets Sion à Halluin de 1929 à 1942.

 

Après la cérémonie officielle présidée par le maire Jean-Luc Deroo,  entouré de la famille et des nombreux amis du couple,  Jeanne exprima la joie ressentie : « C’est un vrai bonheur d’être depuis si longtemps ensemble, soixante dix années cela compte ! ».

 

Une photo prise sur un banc du couple récipiendaire leur donne un petit air des amoureux de Peynet.

 

 

 

(Archives et synthèse D.D.)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article