Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Le 11 novembre 2003, pour la commémoration du 85ème anniversaire de l’Armistice, la presse locale publiait « L’enfer vécu par un Halluinois » :
Du Sud-Oranais (Algérie) à Nieuport (B), sur le front de l’Yser, de la Mer du Nord, aux offensives de la Somme, Champagne, Aisne, en passant par les tranchées de Verdun jusqu’à l’état-major du Maréchal Foch, ce « Poilu » halluinois a tout connu. De cet enfer vécu dans cette grande région Nord de la France, où les maisons aux murs noirs s’adossent au ciel assombri par les combats incessants et meurtriers.
Le 11 novembre 1918, le cessez-le-feu définitif et général fut annoncé à 11 h 10, six heures après la signature de l’acte d’armistice dans le wagon de Rethondes.
Le dernier témoin oculaire de cet instant historique, Henri Deledicq, natif de Lille, était alors secrétaire du PC du Maréchal Foch. Il décéda à Valenciennes en 1985.
En effet, dans un réduit du wagon-bureau du train français travaillaient les deux secrétaires-dactylographes de Foch : l’un Henri Deledicq retapera à cinq heures, dans la nuit du 10 au 11, les exemplaires de la dernière page de la convention d’armistice. Etait-ce la pression, l’émotion ? Il plaça le carbone à l’envers. Aucun des signataires des deux parties, en paraphant, à 5 h 10, ne s’en aperçut…
Un Halluinois se retrouvera également au commandement en chef des armées alliées du Maréchal Foch, c’est cet épilogue que nous retrace succinctement Daniel Delafosse, amateur d’histoire locale, rendant ainsi hommage à tous les Poilus qui ont vécu l’enfer sur la terre et sacrifié leur vie pour notre liberté.
Ce jeune appelé Halluinois de 19 ans quitte son domicile, sous la pression de l’ennemi, le 27 août 1914 et rejoint son corps à Alger le 10 septembre, affecté à la 67ème compagnie. Volontaire pour le front, il quitte l’Algérie le 15 janvier 1915 et reçoit le baptême du feu à Nieuport (Belgique) dans les rangs du 1er régiment de marche des zouaves.
L’héroïque bataille de Verdun
Dès lors et sans interruption il participe à toutes opérations où se trouve engagé son régiment de la mer du Nord aux Vosges. Notamment dès le 22 février 1916 lors de l’héroïque bataille de Verdun, dans les sanglants combats de Cumières, dans la défense mémorable du Mort-Homme, dans les corps à corps de la côte 304 où il restera l’un des huit survivants de la 4e section de la 16e compagnie. Il subit de terribles souffrances, après avoir été blessé par éclats d’obus à la tête et soigné sur place.
En novembre 1916, le jeune soldat halluinois fut atteint d’un jet de liquide enflammé et fortement brûlé. Il sera cité plusieurs fois à l’ordre du Régiment et de l’Armée.
En 1918, il participe à l’arrêt de l’offensive allemande sous Compiègne de mai à juin, et ne quitte plus l’action, jusqu’au 17 juillet 1918, où après avoir pris part à plusieurs attaques en forêt de Villers-Cotterêts, il est atrocement blessé et intoxiqué par l’ypérite.
Le poilu halluinois évacué du front, aveugle et dans un état comateux, est hospitalisé durant huit mois successivement à Tours, Paris et Tarascon.
Invalide temporaire à 100 % des suites d’intoxication par gaz, il est reconnu inapte à tout service armé. Il est alors détaché à la 20e section des secrétaires d’Etat-major à Paris, où il occupe différents emplois y compris celui de secrétaire à l’Etat-major du Maréchal Foch.
Il retrouve ses parents en 1919
Mobilisé depuis cinq ans, dont 42 mois de guerre, la démobilisation l’atteint le 15 août 1919, où il retrouve à Halluin ses vieux parents, pour la première fois, depuis son incorporation !
Cet ancien zouave et caporal halluinois recevait, le 16 juin 1920, la Médaille Militaire, la plus haute distinction pour un soldat. En 1954, fait Chevalier de la Légion d’Honneur, Il décéda le 16 septembre 1966 à l’âge de 72 ans.
Devant sa tombe, lors de l’éloge funèbre, Antoine Demeestère président en exercice de l’UNC d’Halluin rappela ces mots que répétait souvent le défunt :
« Nous agaçons, parfois, avec nos revendications, avec nos défilés, avec nos décorations, mais nous devons continuer à être les témoins du devoir accompli, nous devons continuer à élever une protestation contre le péché du monde que sont les guerres, nous devons continuer à être un reproche contre l’oubli et l’ingratitude ».
Ce « Poilu Halluinois » s’appelait Henri-France Delafosse, mon père.
Daniel DELAFOSSE
(Archives personnelles D.D.).
LIENS : La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (22) Henri-France Delafosse, Zouave Halluinois de la Grande Guerre... pendant 42 mois.
La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (55) En 1937, l'Amicale Halluinoise des Anciens Combattants élit son nouveau Président Henri-France Delafosse.
La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (56) L'Halluinois Henri-France Delafosse fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre Militaire.
La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (60) Les Funérailles de l'ancien Poilu Halluinois Henri-France Delafosse.
La Guerre 1939 - 1945 - Halluin (2) Une première française à Halluin (Nord)
La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (19) Les résistants halluinois de l'ombre...
L'Halluinois Henri-France Delafosse, un homme de "Devoir"
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog