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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Halluin, capitale de la chaise... Historique.



Halluin était connue pour la fabrication des meubles et, surtout, de la chaise. Ne disait-on pas, dans le temps, de la « chaise d’Halluin » comme on parlait de porcelaine de Limoges, ou de la soierie de Lyon.

 

Si la chaiserie tel que l’ont connue de vieux Halluinois, a presque totalement disparu, elle a su s’adapter au goût du jour, jusque dans les années 1990.

 

Lorsque nos anciens Halluinois se rappellent de ce temps un peu avant la guerre 14-18 où, de bon matin, les rues s’animaient d’hommes, mais surtout des femmes, parfois aussi d’enfants de 10 à 13 ans, portant des chaises sur l’épaule, et se dirigeant vers l’une des nombreuses entreprises de chaises de la ville.

 

C’est en 1870 que l’artisanat de la chaise débute à Halluin, grâce à la proximité de la Belgique. Les scieurs le long de ce pays, se trouvant sans travail, à la suite de la suppression des forêts, viennent s’implanter particulièrement à Halluin et s’adonner au travail de la chaise.

 

C’est en 1877 que cet artisanat prendra vraiment son essor et se transformera rapidement en industrie.

 

Avant la guerre de 1914 on comptera une quinzaine d’entreprises qui occuperont jusqu’à deux mille ouvriers.

 

Evoquons quelques noms qui sonnent encore familièrement aux oreilles des plus anciens ;

 

La chaiserie Lévecque, rue des Ecoles (actuellement rue Gustave Desmettre), qui cessa son activité en 1912.


Les établissements Vanheddeghem, Vanlerberghe qui avait des ateliers très importants et occupaient plus de cent rempailleuses.


Simono, rue Félix Cadras, à l’emplacement où se trouvait le « Lavoir automatic » et la chocolaterie Stéphane : Vanackère, Lemaire, Holvoet, Vandommele… et après la guerre : Bisbrouck, Casier, Delbaere, Dewailly, Geerlandt, Vanhoutte, Boonaert…

 

Il ne faut pas oublier celles qui sont réparties dans les différents hameaux et qui faisaient vivre une grande partie de la population de Menin et Halluin. Une majorité du personnel employé était belge.

 

Les rempailleuses formaient la plus grande partie du personnel de cette industrie, elles travaillaient presque toutes à domicile.

 

Certaines,  qui venaient de Belgique, louaient une pièce dans une maison et se rassemblaient à plusieurs (jusqu’à huit) pour se partager les frais de loyer.

 

Exercé par des familles de conditions modestes, le métier de rempailleuse n’était pas de tout repos. Il s’apprenait dès le plus jeune âge. Les enfants, les filles surtout, aidaient leur mère au retour de l’école et pendant les jours de congés.

 

A douze ans, l’apprentissage commençait vraiment, et à 13 ans, les filles étaient embauchées comme rempailleuses. Pour bien connaître son métier, il fallait assimiler les nombreux modèles tels que la chaise « Turque à barette », la « Demi-polka », la « Trois points » ou encore de la « chaise de style ».

 

Le métier était salissant, et la cuisine, où bien souvent la famille l’exerçait, n’était pas toujours bien rangée et ressemblait plus à une bergerie, avec ses tas de paille coupée amoncelés dans tous les coins.

 

Peu rémunérateur, pourtant il constituait un appoint appréciable aux familles nombreuses de l’époque, qui ne connaissaient pas les allocations familiales.

 

Chaque matin, les rempailleuses portaient leur travail de la veille à l’entreprise qui les occupait, et en reprenaient de l’autre. On les rencontrait portant jusqu’à six chaises sur l’épaule , les « pailles » serrées dans une grande poche cousue au milieu du tablier, les bottes de paille des marais « La finesse » sous le bras resté libre.


Elles trottinaient le long des rues sans perdre de temps, l’ouvrage sollicité ne devait-il pas être terminé le soir même. L’on estimait qu’il était possible d’empailler trois chaises en sept heures et demie.

 

D’anciennes chaisières se plaignaient d’avoir mal aux hanches, tant elles ont porté de chaises dans leur jeunesse.

 

Tout cela reste du souvenir de nos anciens, qui regrettent le temps où l’on travaillait tous ensemble, à la maison, en chantant bien souvent. Il n’existait pas de machine pour couvrir les voix.

 

Temps dur et pourtant heureux, si proche encore et pourtant si loin.

   

Pour la petite histoire, en 1969, on fabriquait encore à Halluin, 350.000 chaises !

 

Les deux dernières chaiseries d’Halluin étaient : celle de « La Renaissance » qui fermera en 1992, et la chaiserie coopérative « La Sève » fondée en 1923 et dont la cessation survient fin septembre 1994 ; la dernière grande chaiserie halluinoise encore en activité a donc définitivement fermé ses portes : une grande page de l’Histoire industrielle de notre ville est tournée. 

 

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