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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Le Foyer Sonacotra d'Halluin souffle ses 30 Bougies !



Le Foyer Sonacotra d’HALLUIN, situé rue de Lille, a ouvert ses portes le 1er octobre 1978.


Trente ans plus tard, il est devenu Adoma qui regroupe la résidence Flandria avec 117 locataires et un centre d'accueil pour demandeurs d'asile qui organise des portes ouvertes aujourd'hui
.


Dans le couloir, derrière les portes, des voix d'hommes qui psalmaudient en arabe, quelques cris d'enfants au loin. Dans l'entrée, un homme sourit tristement. « Je viens d'arriver ici. Enfin, cela fait huit mois. C'est à cause d'un divorce, vous savez... après trente-trois ans de mariage. » C'est l'un des derniers locataires arrivés ici.


 
La résidence Flandria reçoit deux à trois demandes par mois. « Mais, depuis février, il n'y a aucun départ, donc aucune arrivée, souligne Claude Six, le responsable de la résidence. Pourtant, j'ai de plus en plus de demandes de personnes d'ici, de la Vallée de la Lys. » Changement d'époque.


 
Lorsqu'il ouvre ses portes, en octobre 1978, le foyer Sonacotra accueille des hommes venus du Maghreb travailler en France. « À l'origine, les foyers s'appelaient même Sonacotral : Société nationale de construction de logements pour les travailleurs algériens. Mais ici il y avait surtout des Marocains... » Les locataires sont exclusivement des hommes célibataires.


Certains d'entre eux sont encore là aujourd'hui. « Retraités, ils ont du mal à repartir au pays. Ils ont leur famille là-bas et leur vie ici. Ils y retournent lorsqu'ils se sentent diminués ».


La moitié des locataires est d'origine étrangère et 95 % sont nés au Maghreb. Aujourd'hui, dans la résidence halluinoise, un tiers d'entre eux sont retraités.


Face à la précarité


Depuis 1992, l'État, actionnaire principal des foyers Sonacotra, a souhaité qu'y soient accueillies d'autres personnes, souvent en situation de précarité. « Ici, à Halluin, nous avons des jeunes de moins de 25 ans et des personnes de plus de 70 ans. Mais ce sont des personnes seules, nous n'accueillons pas de familles. » Les enfants sont hébergés dans les 40 chambres mises à disposition du centre d'accueil pour demandeurs d'asile (lire ci-dessous).


À la résidence Flandria, les chambres sont louées à des personnes séparées de leur famille (parents ou conjoints), devenues sans domicile, travailleurs à faible revenu (20 % des résidants ont un CDD ou un CDI)... « Même si nous avons quelques personnes qui gagnent plus que le SMIC et qui souhaitent être ici, où l'on est moins seul ».


 
Les résidants louent des chambres de 9 à 18 m², disposent d'un réfrigérateur, de draps (blanchisserie gratuite tous les quinze jours) et de meubles. Ils se partagent une cuisine, des toilettes, les douches et une laverie. Deux personnes (un responsable et un ouvrier d'entretien) y travaillent au quotidien. Le loyer oscille entre 304 et 373 E par mois en fonction de la surface de la chambre. « Ceux qui ont les minima sociaux doivent régler 70 E ».


Il y a trente ans, les communautés se regroupaient. D'un côté les Algériens, de l'autre les Marocains. «  Aujourd'hui, tout le monde se mélange et cela ne pose pas de problèmes. Seuls les demandeurs d'asile ont leur propre unité de vie ».


En janvier 2007, les foyers Sonacotra ont changé de nom, ils sont devenus Adoma parce que la physionomie de leurs habitants a changé, parce que leur mission n'est plus tout à fait la même. 


VDN :
Pourquoi organiser des portes ouvertes aujourd'hui ?


Maurizio Sini : « 
Je pense que c'était important au bout de trois ans d'existence. Il y a une méconnaissance du public sur le rôle du CADA et sur la situation du public accueilli. Les habitants ont tendance à parler de sans-papiers alors que toutes les personnes accueillies ici sont en règle. Elles ont un titre provisoire en attendant que l'État leur délivre une autorisation de rester sur le territoire. De demandeurs d'asile, elles deviennent alors réfugiées. Je crois qu'il est important de mieux faire connaître notre activité et celle de l'ADOMA. »


VDN : Justement, quelle est la différence entre les deux établissements ?


M. Sini :
«  Ce sont deux publics distincts et deux établissements différents dans un seul immeuble. Et souvent, les citoyens ne voient que ce bâtiment. Nous avons chacun notre mission. Cela dit, il y a des liens entre nous : un ancien demandeur d'asile peut devenir un résidant de Adoma. »


 
VDN : Combien de demandeurs d'asile sont hébergés en ce moment ?


M. Sini :
« Nous accueillons 48 personnes et nous disposons de cinquante places. Ce chiffre est à peu près constant. Ces derniers mois, nous avons constaté l'arrivée d'une grande majorité de personnes seules et moins de familles. C'est un phénomène local et national. Les demandeurs d'asile arrivent essentiellement de deux régions : l'ex-URSS et plus spécialement du Caucase, et de l'Afrique sub-saharienne. »


VDN : Comment vont se dérouler les portes ouvertes ?


M. Sini :
«  C'est la première fois que nous les organisons. Nous avions le projet depuis 2007. Car nous avions constaté qu'après un an et demi d'existence, les habitants avaient du mal à comprendre notre fonctionnement et à percevoir les difficultés rencontrées par les demandeurs d'asile. Nous allons ouvrir nos portes de 10 heures à 17 heures. Nous aurons un chapiteau à l'extérieur avec deux stands : l'un consacré à l'ADOMA et l'autre au CADA. Les résidants ont été informés de cette manifestation. Les collèges de la ville devraient également être présents ».

 

(Archives VdN Octobre 2008).

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