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  • : Histoire de la ville d'Halluin (Nord). Regard sur le passé et le présent.
  • : Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
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90 volets concernant les évènements

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et Halluin.

38 volets concernant les évènements

 de la Guerre 1939 - 1945

et Halluin,


ainsi que 30 volets consacrés à

La Libération d'Halluin en Septembre 1944.

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marins.halluin.neuf.fr

1 volet sur l'Afghanistan et Halluin

3 volets concernant les évènements

de la Guerre du Vietnam

(1963 - 1975

 


4 volets concernant les évènements

de la Guerre d'Algérie
(1954 - 1962)

et Halluin

3 volets concernant les évènements

de la Guerre d'Indochine
(1946 -1954)

et Halluin

1 volet sur Les Colonies et Halluin

2 volets concernant les évènements

de la Guerre 1870 - 1871

et Halluin


2 volets concernant les évènements

des Guerres de Crimée (1854 -1856)
 d'Italie (1859)

et Halluin

Trois Grognards Halluinois de l'Empire,
Historique Militaire.

 

 

11 volets concernant l'Histoire

d'HALLUIN de 1850 à 2000.

 

 

Les Maires d’Halluin… en chiffres depuis la Révolution.

 

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Elections Municipales d’Halluin depuis 1789, et diverses depuis 2000.

 

(1789 à 1957) brandodean.over-blog.org/article-5718533.html

 

(1957 à 1992) brandodean.over-blog.org/article-5718593.html

 

(1992 à 2007) brandodean.over-blog.org/article-5718818.html 

 

(Mars 2008 à ce jour) brandodean.over-blog.org/article-18082602.html  


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5 novembre 2007 1 05 /11 /novembre /2007 20:05



Liste des enfants d’Halluin


tombés dans les combats pour la libération du territoire.

 

 

Arthur Dennetière 24 ans : Otage des troupes ennemies. Attaché sur un camion est tombé, frappé en pleine poitrine par une rafale de mitrailleuse le 2 septembre 1944.

 

Maurice Simono 43 ans : Engagé volontaire des F.F.I. en mission, est tombé fusillé sur le territoire de Neuville, le 2 septembre 1944.

 

Charles Windels 60 ans : Ancien combattant Français de 1914-1918. Le 2 septembre 1944 a été tué chez lui, en représailles des premiers coups de feu.

 

Henri Deceuninck 62 ans : Ancien combattant Belge de 14-18. Engagé volontaire des F.F.I. a été tué le 2 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B)

 

Marthe Nollet 32 ans : Engagée volontaire des F.F.I. en mission, a été tuée le 2 septembre 1944 à Tourcoing. A été achevée ensuite de deux balles tirées à bout portant dans les yeux.

 

Emile Verroye 54 ans : Tué en représailles des premiers coups de feu le 6 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B).

 

Polydore Delaere 22 ans : Engagé volontaire des F.F.I. fait prisonnier au combat le 5 septembre 1944, et torturé ensuite par les troupes ennemies, a été retrouvé mort le 7 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B).

 

Georges Vanlaere 22 ans : Engagé volontaire des F.F.I. fait prisonnier au combat le 5 septembre 1944, et torturé ensuite par les troupes ennemies, a été retrouvé mort le 7 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B).

 

Michel Danset 16 ans : Engagé volontaire comme agent de liaison des F.F.I. en mission, a été grièvement blessé à Halluin le 5 septembre. Mort des suites de ses blessures le 9 septembre 1944.

 

Marcel Vyncke 20 ans : Massacré à Bois de Gentelle près d’Amiens le 27 août 1944.

 

Maurice Masurel 43 ans : Fusillé le 2 septembre 1944 à Armentières.

 

Walter Dumoulin 17 ans : Engagé volontaire des F.F.I. comme agent de liaison. En mission a été blessé à Tourcoing. Mort des suites de ses blessures le 12 septembre 1944.


Délivrés !

 

« Le Bulletin Halluinois »  qui a été créé pendant la guerre 14-18, servant de lien entre nos compatriotes dispersés en France Libre et dont la publication a été reprise en 1942, malgré l’occupation de notre territoire, peut enfin élever la voix librement et crier sa joie d’être délivré du joug de l’envahisseur.

 

Contrairement aux prescriptions allemandes qui interdisaient toute publication sans avoir reçu au préalable le visa des occupants, il a continué courageusement de paraître, chaque mois dans la clandestinité pour donner quelques nouvelles locales à nos chers absents, et les réconforter moralement.

 

Hélas, de nombreux concitoyens vers qui il portait les nouvelles d’Halluin, ne pourront plus, pendant quelques temps du moins, les recevoir parce qu’ils seront séparés de nous jusqu’à l’issue victorieuse des batailles engagées qui libérera tous nos chers prisonniers et déportés en Allemagne.

 

Par contre, il rejoindra d’autres catégories d’absents, ceux qui appartiennent à l’Armée Française ou aux Forces Française de l’Intérieur et qui précédemment ne pouvaient être atteints parce qu’ils se trouvaient soit de l’autre côté de la barricade, soit quelque part en France où ils se tenaient volontairement séparés et ignorés de la famille halluinoise.

 

Enfin, il portera également le souvenir du pays à ceux et celles de nos compatriotes qui se trouvaient dans des pays lointains avec lesquels il était impossible de correspondre depuis des années.

 

A tous, le « Bulletin Halluinois » adresse ses vœux les meilleurs ! Que les familles si longtemps séparées de leurs êtres chers puissent goûter bien tôt le bonheur de les revoir au foyer et que ceux qui répondront à l’appel de la Patrie, pour l’ultime effort de libération des peuples opprimés et l’anéantissement de la terreur nazie, soient dès maintenant assurés de recevoir ce modeste bulletin de liaison qui leur donnera des nouvelles de chez nous et la certitude qu’on ne les oublie pas.

                                                                                  

                                                                                  Joseph Declercq.

    

 

Les évènements de Septembre

30 Août* : Un drap tricolore recouvre le Monument aux Morts, rue de Lille. Les Allemands le font enlever par la Police qui, au garde à vous, observe une minute de silence avant d’opérer.

 

1er Septembre : Des Allemands mettent le feu à deux de leurs camions utilitaires dont les pneus endommagés par les clous, n’ont pu être réparés.

 

2 Septembre : Combats des F.F.I. contre les convois militaires en retraite. Incendie de la maison Vandewalle et capture de 20 prisonniers et d’un important matériel. Occupation de la Mairie et ralliement des forces de Police aux F.F.I.

 

3 septembre : Installation du Comité de Libération Nationale. Escarmouches avec troupes isolées.

 

4 Septembre : Sérieuse menace des troupes ennemies à Menin qui ont pu libérer les 200 « chemines noires » emprisonnées au Collège. Nouveaux combats, rue de la Lys et au Bois Gratry. Incendie de la maison Autem.

 

6 Septembre :  Explosion du pont de Menin à 6 h. Arrivée des premiers chars des troupes anglaises à 8 h 45, rue de la Lys. Sonnerie des cloches à 11 h 30. Manifestation patriotique sur la Place de l’Eglise. Présentation du Comité de Libération. L’après-midi cortège des Mutilés et Combattants derrière la Philarmonie suivie d’une foule enthousiasme qui parcourt les rues de la ville où flottent partout les couleurs nationales.

 

Hommage aux Morts et fraternel salut aux Belges, à la frontière. Dans la soirée, toute la population se rassemble sur la route nationale où stationnent les troupes alliées. Elle leur fait un accueil inoubliable.

 

7 Septembre : Imposantes funérailles des victimes. Toute la ville se recueille auprès des cercueils à l’Eglise et se rend au cimetière pour accompagner les braves enfants d’Halluin, tombés pour la libération du territoire.

 

10 Septembre : Un « Te Deum » d’action de grâce est chanté à l’église.

 

17 Septembre : Une grand Messe est célébrée pour tous les Halluinois tombés pendant cette guerre et pour les Alliés tombés sur le territoire d’Halluin demandée par le Groupe Gaulliste V.D.N.

Un cortège se rend au cimetière derrière les familles en deuil.

 

1er Octobre : Cortège de la Libération.

 

   

Blessés dans les combats d’Halluin

Marie Bartholomeus, Henri Castro, Georges Cornette, Jules David, Robert Dekeyser, Bertha Demeulenaere, Monique Faillie, Marcel Feys, Marie Houthoof, Marcelline Nuttin, Cécile Olivier, Achille Saint-Venant, Marceau Saint-Venant, Victor Seynaeve, Paul Vandenberghe, Henri Vanhonacker, Jean-Odilon Vlieghe.

 

   

Le Comité de Libération

Le Comité Local de Libération Nationale qui s’est installé à la Mairie d’Halluin est composé comme suit :

 

André Bléhaut (Front National), André Deprétère (Forces unies de la Jeunesse Patriotique), Henri Dereus (Parti Communiste), Pierre Detaevernier (Confédération Générale du Travail), Monique Dujardin (Union des Femmes Françaises), Albert Myngers (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens), Gérard Verkindère (Parti Démocrate Populaire).

 

 

* Concernant la date du 30 août et le drap tricolore déposé par M. Supply sur le Monument aux morts, rue de Lille, certains documents indiquent son enlèvement lors de la journée du 30 août (comme il est indiqué sur l’original du Bulletin halluinois) et d’autres plus exactement quelques heures après son installation le 25 août (ce geste ayant été fait, suite à la Libération de Paris le 25 août 1944). 

 

Si certains lecteurs ont des informations très précises sur ce point n’hésitez pas à me le faire savoir par l’intermédiaire de la rubrique : commentaires sur ce blog. D’avance Merci.

 

 

                                                                                              Daniel DELAFOSSE 

 

(Archives Originales Daniel Delafosse).

*Dans le journal Nord Eclair du  5 septembre 1944, il est mentionné que l'enlèvement du drapeau a bien été effectué lors de la journée du 25 août 1944.

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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 20:23



Libérée le dimanche 3 septembre 1944 dans la soirée, Menin a connu plusieurs retours offensifs, dont on a beaucoup parlé dans la région. Voici donc une publication succincte des évènements, dans l’ordre chronologique.

  

Samedi 2 septembre 1944 : Dans l’après-midi, les colonnes allemandes délogées d’Halluin par les F.F.I. tirèrent dans la direction des maisons qui leur paraissaient suspectes.

 

Les personnes qui s’aventuraient dans les rues étaient menacées de recevoir des coups de feu ou des éclats de grenades à main. A 18 h. les Allemands firent sauter la station de transformation de l’électricité, plongeant ainsi la ville dans l’obscurité.

 

Les fusillades continuèrent au cours de la nuit de samedi à dimanche. Les boches firent aussi sauter les installations du champ d’aviation de Wevelgem et commencèrent à se retirer.

 

 

Dimanche 3 septembre 1944 : Le matin, passage de troupes allemandes. A Wevelgem, des patriotes entrèrent en action contre les troupes ennemies. Il y eut des blessés de part et d’autre. Des escarmouches se produisirent aussi entre Allemands et Belges dans les champs.

 

L’ennemi se retira dans la direction de Moorseele. L’hôtel de ville de Wevelgem fut occupé par les patriotes qui firent en même temps des prisonniers.

 

A 16 h. LA Brigade blanche occupa l’hôtel de ville de Menin. En quelques minutes toute la cité fut pavoisée, et le drapeau tricolore flotta à l’hôtel de ville. Une foule immense se pressa dans les rues attendant avec impatience l’arrivée des troupes alliées.

 

 

Lundi 4 septembre 1944 :  Des membres de la Brigade blanche se trouvèrent aux prises avec une colonne ennemie dans les parages Gheluwe-Dadizeele. Les héroïques patriotes comptèrent cinq morts et deux blessés.

 

 

Mardi 5 septembre 1944 : Une importante colonne allemande arriva au cours de la nuit et réoccupa la ville.

Deux hommes de la Brigade blanche furent arrêtés par les Allemands et fusillés. Les autres patriotes avaient réussi à quitter en cachette l’hôtel de ville.

 

Durant toute la journée des fusillades eurent lieu entre troupes allemandes d’une part, des hommes des F.F.I. de l’A.B. de Mouscron et une patrouille anglaise arrivée à Halluin d’autre part.

 

A 9 h 30, les Allemands libérèrent des prisonniers politiques incarcérés par la Brigade blanche à l’hôtel de ville, et à 18 h une groupe de prisonniers allemands qui avaient été capturés par le mouvement de résistance.

 

 

Mercredi 6 septembre 1944 :  A 6 h, les Allemands firent sauter le pont de la Lys, rue de Lille, et commencèrent à se retirer vers Wevelgem. A 11 h une auto anglaise traversa Menin. Mais à 14 h, plusieurs autos de « Tommies » arrivèrent sur la Grand’Place et y restèrent jusque vers 18 h 30.

 

Les Alliés furent l’objet d’une réception enthousiaste. Vers 18 h 30, on signala que les troupes allemandes venant d’Ypres et Roulers se dirigeaient vers Menin. Et au grand désespoir de la population la ville fut de nouveau occupée par l’ennemi.

 

 

(Archives D.D., Presse).

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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 17:26


 

Récit des opérations menées en septembre 1944 par les résistants bousbecquois, racontés par l’un des leurs : René Gryspeerdt, en septembre 1984 soit quarante ans après.

 

 Comme la plupart des autres communes de la vallée de la Lys, Bousbecque a connu des journées agitées au début de septembre 1944.


Si l’histoire avec un grand « H » ne s’est évidemment pas dénouée de façon déterminante dans la commune, ses habitants y ont cependant pris part, et certains l’ont même payé de leur vie, à l’image de Léon Six.

 

Voici le récit de l’un des témoins directs de ces opérations : René Gryspeerdt, disparu en 1983,  qui fut l’adjoint direct de M. Albert Desmedt chef des F.F.I. bousbecquois. Après une grave blessure de celui-ci, ce fut en effet à René Gryspeerdt que revint la tâche de rédiger le compte rendu officiel des engagements menés dans la commune.

 

Ce document étonnant fut adressé par le commandant Arthur Malfait, chef de mission et liquidateur national du réseau Sylvestre ex-WO. Ce texte est livré à l’état brut, tel qu’il a été rédigé juste après la libération.

 

 
Compte rendu des opérations du Dimanche 3 septembre 1944, 11 h :

Quelques groupes de soldats allemands en armes sont signalés dans la campagne. Nous décidons une expédition dans le but de se saisir d’armes. Six hommes : Albert Desmedt, René Gryspeerdt, Albert Ostyn, Constant Vandamme, Georges Huyghe et Jean Hollebecque armés de trois revolvers tentent l’opération.

 

Un groupe de cinq Allemands est aperçu au hameau des Bois, après deux kilomètres de poursuite, trois des nôtres les doublent en bicyclette et s’aperçoivent qu’ils sont bien armés : une mitraillette et trois pistolets.

 

Les Allemands voyant la manœuvre bifurquent dans les champs. Nous regroupons les forces et décidons d’essayer de parlementer, arrivés à 60 mètres d’eux ; nous nous efforçons de les convaincre que la guerre est finie et de l’inutilité de résister, ils semblent acquiescer et viennent vers nous sans cependant se rendre, nous sommes près d’eux et d’un geste bref nous les désarmons.

Emmenés prisonniers au village, dans une salle des écoles libres, ils sont gardés la nuit par un groupe de F.F.I. qui fait bonne garde.

 

 

Compte rendu des opérations du lundi 4 septembre 1944 : 


Durant la journée, surveillance permanente du secteur. A 18 heures, on signale l’arrivée d’un groupe de 60 S.S. bien armés venant de Comines et Wervicq. Les forces sont groupées et les hommes disponibles et armés sont disposés aux points névralgiques. Les ordres sont formels de ne pas tirer vu l’importance de l’ennemi.

 

Arrivés à l’usine Leurent lieu de retranchement des F.F.I., le chef Albert Desmedt sans armes apparentes agita un mouchoir et fit signe au chef allemand qu’il désirait parlementer. Celui-ci un lieutenant S.S. fit lever les bras aux premiers rangs de sa troupe en signe d’acquiescement.

 

Albert Desmedt s’avança vers les ennemis, suivi de 2 F.F.I. Robert Debuf et Henri Leuridan. Aussitôt les Allemands baissèrent les bras et mirent les Français en joue, les traitant de terroristes et les menaçant de mort immédiate.

 

Ils en décidèrent autrement et mirent les patriotes devant la colonne en ajoutant un autre membre Léon Six.

 

Précédés des quatre prisonniers et sous la menace de leurs armes, les Allemands reprirent leur route vers Halluin, non sans avoir ramassé encore un civil Auguste Claeis qui, grâce à un papier signe de l’O.K., est relâché.

 

Arrivés au poste d’Halluin frontière, les F.F.I. d’Halluin alertés auparavant ont organisé l’opération de sauvetage des nôtres. Ils leur font signe de se coucher, deux des nôtres se couchent immédiatement, mais les deux autres Albert Desmedt et Léon Six sont lâchement abattus dans le dos par les Allemands.

 

A ce moment un groupe de F.F.I. de Bousbecque qui a suivi la colonne entre en action derrière les Allemands, pendant que les forces d’Halluin et Menin font face à la colonne.

Mais un tank allemand intervient et oblige les F.F.I. de se retirer.

Les Allemands profitant de cet appui puissant, se dispersèrent vers la Belgique en emportant leurs victimes.

 

Grâce à l’intervention en pleine bataille de notre aumônier l’abbé Wulstecke, les deux blessés sont immédiatement emportés au poste de secours, où le Docteur Dereu apporte les premiers soins.

L’arrivée rapide du docteur Devriendt de Bousbecque et de notre camarade André Lepoutre avec leurs voitures permettent une évacuation rapide des blessés vers Tourcoing.

 

Avec le concours du Docteur Devriendt, le docteur Lengrand et l’hôpital de Tourcoing l’impossible est tenté pour sauver nos grands blessés.

 

Léon Six succombe dans la nuit et Albert Desmedt, moins gravement atteint, semble hors de danger.

 

 

Compte rendu des opération du mercredi 6 septembre : 


De fortes colonnes allemandes sont signalées en Belgique, sur la route de Menin à Wervicq face à Bousbecque.

 

Vers 19 heures nous entrons en rapport avec les F.F.I. de Wervicq (Belgique) qui craignent ne pouvoir conser ver sept prisonniers capturés par eux.

 

A 20 heures, nous aidons au passage au travers de la Lys, par des moyens de fortune, nous prenons possession des prisonniers et les dirigeons dans la voiture d’un de nos camarades au P.C. de Tourcoing. 

 

 

(Archives, D.D., Presse).

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30 octobre 2007 2 30 /10 /octobre /2007 18:55



Rappelons, succinctement, le rôle de quelques personnalités halluinoises, lors de la guerre 1939 - 1945 :

 

Albert Louf est né le 3 avril 1891 à Saint-Pierrebrouck.

 

En 1940, le Docteur Louf était, évidemment, devenu un véritable Halluinois d’adoption, depuis septembre 1920, date de son installation, après avoir achevé ses études à la faculté de médecine de Paris.

 

Après la guerre 14-18, une seconde fois, la patrie faisait appel à ses services en septembre 1939 ; avec quelques-uns  de ses anciens camarades de la Grande Guerre, avec la multitude des nouveaux mobilisés, il répondait « présent ». Cette drôle de guerre est pour lui une période d’intense activité.

 

 Le Commandement militaire lui ayant confié les fonctions de médecin-chef de l’hôpital de Calais, il déploie là ses grandes qualités d’organisateur, prévoyant jusqu’au plus petit détail, et faisant de ce grand établissement un hôpital modèle et moderne, appelé à remplir dans les conditions les meilleures et les plus rapides, le rôle qu’en attendait le service de santé militaire.

 

Les circonstances ont voulu que ce rôle soit bien éphémère. La foudroyante offensive allemande, anéantissant en quelques heures, les fruits d’un labeur de plusieurs mois, le surprit en plein travail, soignant avec un extrême dévouement les nombreux blessés, sous un effroyable bombardement.

 

Fait prisonnier le 26 mai 1940, il fonde à Givet un hôpital d’éclopés pour les colonnes de prisonniers de toutes nationalités, avant de devenir médecin-chef de l’hôpital de prisonniers de Charleville-Mézières.

 

Démobilisé fin 1940, il rentre à Halluin où durant les quatre années d’occupation ennemie, il fit face avec calme, sang-froid et dignité aux vexations de l’occupant. Plus que tout autre, témoin des conséquences de la guerre, des privations et souffrances de toute une population, son cœur généreux et son dévouement à toute épreuve ont prodigué non seulement soins matériels, mais aussi le réconfort de ses encouragements, de ses consolations et de sa foi en la victoire finale.

 

Et quand pour la ville s’approche la délivrance, quand partent les premiers coups de feu de nos F.F.I, Albert Louf est là présent, redevenu le médecin militaire donnant ses soins aux blessés, sans le moindre souci de danger.

 

A la libération, il est président fondateur du M.R.P. d’Halluin et, à ce titre, accueille le 3 mars 1945 Maurice Schumann, porte-parole de la France Libre, au cours d’une réunion mémorable, salle du manège.

 

  

Charles Dereu, naissait à Linselles le 30 juillet 1900.

 

Ancien interne de cette faculté et de la maternité Sainte-Anne, le docteur Dereu passa toute sa carrière à Halluin, puisque son cabinet, situé rue de Lille, fonctionna jusqu’en décembre 1969. 

 

Auparavant, il fut mobilisé en 1939 et fit la campagne 39-40 accédant au grade de médecin-commandant après dix mois de campagne. Il a ensuite repris ses fonctions de généraliste et a assuré la défense civile, prodiguant des soins à une dizaine de résistants et à plusieurs blessés en septembre 1944.

 

 

N’oublions pas aussi les Docteurs Henri Bolvin et Alphonse Geerlandt  médecins halluinois qui participèrent comme membres du mouvement de résistance des F.T.P.F. d’Halluin.

 

   

Au matin du vendredi 1er septembre 1944, le responsable du patronage l’abbé Michel Beddelem congédie les enfants, un peu avant l’heure, après leur avoir appris en sourdine « La Marseillaise. »


Il leur promet la Libération pour le dimanche, et leur recommande de ne pas sortir de leur maison pendant les jours suivants, parce que dit-il : « Vous pourrez me chercher vous ne me trouverez pas, je ne bougerais pas. »

 

L’abbé Beddelem originaire de Boeschèpe où il est né en 1908, fut ordonné prêtre en 1935. Nommé vicaire à Halluin, il y resta jusqu’en 1945.

 

Au lendemain des évènements dramatiques du samedi 2 septembre 1944, les cloches sonnent pour convier les gens à la messe comme d’habitude de 6 h 30 ! Quelques rares halluinois, venant des endroits où rien ne s’est produit la veille, y assistent.

 

Entouré des  enfants de chœur Jean et Paul Delafosse, ainsi que deux assistants Jacques Delafosse et Maurice Vandewoestyne, l’abbé Beddelem célèbre l’office. A cette heure précise, rien ne se produit dehors, un calme relatif s’est installé.

 

Les halluinois se souviennent bien de ce prêtre dynamique et populaire, c’était un fonceur, et il en donna la preuve particulièrement devant l’occupation allemande.

 

Il fut tout naturellement résistant et s’évertua à fournir du ravitaillement à de nombreuses familles.

 

Aussi, envers et contre tout, l’abbé Beddelem organisa durant l’été 1942, 1943 et 1945 les colonies de vacances au Mont-Noir, dans une habitation qui appartenait à un halluinois Raymond Defretin et où, pour l’anecdote, l’Académicienne Marguerite Yourcenar a passé sa jeunesse, juste à côté.

 

 

Hildevert Wancquet  est né le 30 juin 1900 à Menin (B).

 

En 1914, à 14 ans, il ne répond pas à une question des Allemands qui lui mettent le revolver sur la poitrine.

 

En 1939, il est mobilisé au 1/14e compagnie des travailleurs militaires. Fait prisonnier, et alors qu’il est dirigé sur l’Allemagne par voie fluviale, il s’évade, et revint définitivement à Halluin.

 

Courageux et efficace, il s’engage alors dans la Résistance de 1940 à 1944. Hébergeant des soldats alliés, il accomplit avec son équipe de nombreux actes de sabotage. Aussi, pendant l’occupation, il s’est efforcé de protéger la jeunesse et les sportifs en particulier, leur donnant la possibilité d’apprendre un métier, les ravitaillant et les empêchant de tomber aux mains des Allemands.


 

Henri-France Delafosse est né le 1er Octobre 1894 à Saint-Florent (Cher).

 

De l’enfer des tranchées de 14/18 au secrétariat du Commandement en chef des armées alliées du Maréchal Foch, Henri-France Delafosse aura tout connu !

 

En 1920, Henri-France Delafosse était l’un des fondateurs de la section halluinoise de l’Union nationale des Combattants, avant de devenir président actif en 1937, puis président d’honneur en 1945.

 

Le 2 septembre 1939, la seconde guerre mondiale est déclarée ; le soir même, Henri-France Delafosse président de l’U.N.C. d’Halluin propose à la commission de constituer un comité d’entraide aux combattants halluinois. Le bureau, présidé par lui-même et composé de :


MM. Victor Hottelart, Pierre Defretin, Maurice Toulemonde, Julien Verhulst, crée le 12 septembre 1939 la première œuvre de ce type en France.

 

Au 17 mai 1940, date de l’arrêt forcé de l’activité du Comité, par suite de l’imminence de l’arrivée des troupes allemandes, ce sont 1600 colis qui ont ainsi pris la direction du front, tandis que 450 mandats étaient adressés aux combattants.

 

 Ce mouvement sera élargi, par la suite aux prisonniers ; à la date du 31 mars 1942, 3573 colis ont été fournis aux familles de prisonniers et 4012 colis ont été expédiés directement par les soins du Comité d’Entraide.

 

Durant cette période douloureuse de 39-45, le rescapé de Verdun milita en sa qualité de membre du Rassemblement démocratique des résistants d’inspiration chrétienne.

 

Après la guerre, en 1948, il proposa avec M. Maurice Toulemonde d’ériger un mémorial aux enfants d’Halluin de 39-45.  Ce projet trouva son accomplissement grâce à une souscription publique.

 

 Membre fondateur aussi du groupe des mutilés de guerre, c’est sous sa présidence que cette association fit don de la magnifique grille qui entoure le monument aux morts, rue de Lille, arborant les inscriptions : Bravoure, Patrie, Endurance, Sacrifice, Honneur, Vaillance, Courage, Héroïsme.

 


« A cet hommage j’associe tous les combattants, les prisonniers, les déportés, tous les anonymes qui ont contribué à la défense de notre ville d’Halluin, de la France, et de la Liberté retrouvée !

 

Malgré toutes les souffrances, tous les drames, toutes les douleurs, il restera l’explosion de joie populaire et le souvenir ineffaçable de cette  fraternité vécue dans chacune de ces centaines de « libérations » qui firent la « Libération ».

 

De ces instants extraordinaires, inoubliables d’émotion partagée. Ces minutes, avait dit le Général de Gaulle,

 

« Qui dépassent chacune de nos pauvres vies »…

 

 

                                                                                          Daniel DELAFOSSE


(Archives et Synthèse, D.D.).

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 11:52



Pendant la seconde guerre mondiale, Halluin n’a pas vraiment vécu une occupation allemande omniprésente : seule la douane à la frontière de Menin (B) était farouchement gardée. Mais après le débarquement de Normandie des troupes alliées, les Allemands reçoivent l’ordre de se retirer vers les Ardennes.

 

Début septembre les convois avancent en direction de la Belgique et passent dans Halluin. Un noyau d’une vingtaine de Résistants engagés à la hâte dans les F.F.I. se forme à l’arrivée des Allemands le samedi 2 septembre 1944. Halluin qui avait passé jusque là la guerre sans trop d’encombres, connaîtra des combats sporadiques jusqu’à l’arrivée des Anglais et la Libération de la ville le 6 septembre.

 

Ces évènements ont laissé des morts devenus célèbres depuis lors. Parmi les forces volontaires F.F.I. figurent autre autres Marthe Nollet, tuée le 2 septembre et achevée de deux balles dans les yeux, alors qu’elle transportait des armes, Arthur Dennetière, Maurice Simono, Henri Deceuninck, Polydore Delaere et Michel Danset mort à 16 ans.

  

En septembre 1994, lors de la célébration du cinquantième anniversaire, d’autres anciens F.F.I., heureusement, ont échappé à la mort et pouvaient témoigner de ce qu’ils ont vu lors de ces journées qui resteront à jamais gravées dans la mémoire collective.


A cette date, l’auteur de ce récit qui suit avait désiré rester anonyme. On peut savoir, qu’à l’âge de 20 ans, il a été l’un des témoins et acteurs principaux des évènements de la Libération d’Halluin :


« Les Alliés ont réussi le débarquement. Après de durs combats, ils ont fini par s’accrocher et ont réussi à bousculer les forces allemandes. Maintenant ils avancent impitoyablement.

 

L’espérance est revenue dans nos cœurs et les jours sombres de l’occupation sont derrière nous. Tous les saints du paradis nous ont écouté, car nous ne savions qu’attendre et prier. Dans le malheur la foi renaît. Les églises combles pour des prières bras en croix, pèlerinages à Notre-Dame les pieds nus, l’unité dans la misère.

 

Plusieurs fois par jour, l’oreille collée à la T.S.F., nous écoutions cette progression commentée par la B.B.C. dans un brouillage épouvantable, en essayant de déchiffrer les messages confidentiels, inintelligibles pour nous, mais ô combien porteurs d’espoir pour d’autres.

 

Jules fait de la bicyclette

Le petit chat boit du lait

 

La rose sera fanée ce soir, etc…

 

Pendant ce temps, les Alliés avancent toujours. Nous ne savions rien mais nous sentions que cela allait changer. L’armée allemande n’avait plus la même allure, et leur sens de marche était inversé. Ils reculaient mais toujours en bon ordre, et leur impact sur nous était toujours aussi grand et fort.

 

Puis le vendredi, à force d’être sous tension, nous en avions le pressentiment, nous avons reconnu notre message : Les sanglots longs des violons de l’automne, et le samedi midi la suite : berce mon cœur d’une langueur monotone.

 

Voilà c’était pour nous, nous attendions cet ordre et cette dernière strophe nous avait fait bondir de joie, nous avait fait oublier notre humiliation de 1940 et quatre ans d’occupation, de servitude, de misère, de faim, de courbettes, de peur, de bombardements, de pénurie en tout.


Finis les repas sans viande, les purées de rutabagas, les toilettes sans savon, finies les corvées de bois, de charbon, de glanage de pommes de terre, d’herbe pour les lapins, finies les soirées sans feu, sans lumière, finis les vélos sans pneus, les chaussures usées.

 

D’un seul coup tout cela était oublié, nous allions « bouffer du boche » et ils allaient voir ce qu’ils allaient voir. Mais pour cela il fallait se rallier au centre-ville, et pour nous, Halluinois, ce n’était pas chose facile, car les Allemands étaient encore partout. L’épreuve du feu ne nous faisait pas peur mais malgré tout, cela nous incitait à la prudence.

 

Et après nous nous sommes retrouvés livrés à nous-mêmes sans ordre, sans commandement, sans arme. Que pouvions-nous faire ! La dure réalité était là. Bien sûr, nous étions maîtres d’un bureau de poste et d’une mairie sans personnel, d’une gendarmerie et d’un commissariat fermés, mais pendant ce temps-là l’armée allemande descendait toujours de la rue de Lille et de la rue de la Lys.

 

Inconsciemment, avec la fougue de la jeunesse que rien ne pouvait abattre, nous n’avions qu’un seul désir : « Les foutres dehors », et ce qui devait arriver arriva. La mort était au rendez-vous, quelques balles perdues sifflèrent et pour les Allemands aussi excités que nous, la réplique fut imparable. Pour une fois ils appliquèrent la Convention de Genève à leur avantage : F.F.I. ou pas, tout homme sans uniforme portant une arme était terroriste.

 

L’euphorie du premier jour tombée, ces morts parmi nous nous firent prendre conscience de notre vaine impuissance. 

L
a reprise en mains, l’organisation, l’armement et ce vent de revanche que nous avions tant espéré, nous ne l’avons vraiment respiré qu’avec les odeurs d’essence des premiers véhicules anglais ».

 

 

(Archives, D.D., Presse). 

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 19:15



A compter du 1er septembre 1944 Halluin, qui avait passé la guerre sans trop d’encombres, connaîtra des combats sporadiques jusqu’à l’arrivée des Anglais et la libération de la ville le mercredi 6 septembre 1944.

 

Ces évènements ont laissé des morts devenus inoubliables depuis la journée du 2 septembre, date à laquelle plusieurs halluinois furent abattus :

 

Arthur Dennetière, Maurice Simono, Jean Fiévez, Marthe Nollet, Henri Deceuninck, Emile Verroye, et quelques jours plus tard : Michel Danset, Polydore Delaere, Georges Vanlaere, Charles Windels et Walter Dumoulin.

 

Par décision du conseil municipal réuni en sa séance du 20 décembre 1944, leurs noms ont été attribués à diverses rues de la commune.

 

Parmi les résistants engagés volontaires dans les Forces Françaises de l’Intérieur figurait un jeune halluinois, (né à Halluin, le 24 septembre 1928), agent de liaison âgé de 15 ans (frère du regretté Gaston Danset décédé le 28 mai 2004). Quelques jours avant son 16ème anniversaire, il décéda sous les balles de l’occupant le 9 septembre 1944.

 

C’est ce destin tragique qui est retracé dans le poignant hommage rendu par Henri-France Delafosse, président de l’amicale des anciens combattants d’Halluin et conseiller municipal à la Libération, aux funérailles de Michel Danset « Mort pour la France » :

  

"Mesdames, Messieurs,

 

La vue de cette tombe entr’ouverte, pour y recevoir les restes glorieux d’un enfant de 16 ans tombé pour la libération de son pays, est un spectacle tellement douloureux, tellement poignant qu’il me rend bien difficile la mission de traduire en paroles, l’émotion qui nous étreint tous.

 

Le tribut de la libération, qui déjà avait coûté à la ville d’Halluin huit de ses enfants, n’était donc pas suffisant. Il lui fallait un sacrifice de plus et c’est lui : Michel Danset, qui le lui a offert, c’est lui qui le lui a donné.

 

Tant de courage, tant de vaillance, tant d’abnégation ne pouvaient se trouver que dans une âme comme la sienne, forgée au contact d’un père, lui aussi, héros, à son heure, dont l’exemple seul suffisait à donner au fils les plus pures leçons de patriotisme, à lui enseigner l’amour sacré de la Patrie.

 

Sur les bancs de l’école alors qu’on lui apprend la grandeur de cette Patrie, son histoire au cours des siècles, ses gloires, mais aussi ses malheurs, son cœur d’enfant s’émotionne et déjà naît en lui, l’ardent désir de servir un jour, comme le fit si bien son père.

 

Ce père, il l’aime de sa plus tendre affection, comme il se plait à l’entendre rapporter les exploits de nos vaillants poilus de 14-18, il est fier d’en être le fils. Bonheur pour lui bien éphémère hélas.


En effet, alors qu’il n’a encore que 8 ans, ce père tant aimé est ravi à son affection, prématurément emporté par une longue et douloureuse maladie, à laquelle blessures et privations de guerre ne son nullement étrangères.

 

Il lui reste sa Mère ; il voit, il comprend son immense douleur et reporte doublement sur elle les sentiments d’affection filiale, devenant l’objet de sa plus tendre consolation.

 

L’épreuve est dure, cruelle. Elle ne fait que raffermir le patriotisme naissant de Michel Danset qui, déjà envisage d’être soldat et souhaite d’en avoir bientôt l’âge.

 

Mais voici qu’arrive le jour ou de nouveau la France connaît la guerre.

 

Alors que l’on s’attendait à des victoires faciles et rapides, ce fut l’invasion, ce fut la débâcle.

 

Les malheurs de la Patrie, dont malgré son jeune âge Michel saisit toute l’importance, dont il comprend toute la gravité, troublent son âme, sans diminuer en rien son courage. Il est de ceux qui ne désespèrent pas. Ne lui a-t-on pas enseigné que la France est immortelle, il y croit plus que jamais et pendant quatre ans, attend avec confiance l’heure de la délivrance.

 

Le 2 septembre 1944, il est à l’affût de l’action de la résistance. Il se trouve mêlé à son premier engagement. Ayant près de lui, son aîné trempé du même courage, forgé à la même école, et avec lui spontanément, dès les premiers coups de feu, offre ses services aux Forces Française de l’Intérieur.

 

On le trouve bien jeune, mais qu’importe il veut servir et il servira. Il est admis à remplir le rôle d’estafette et sans plus attendre le voilà chargé de mission.

 

Son frère tombe, blessé d’une balle à la jambe. Loin de refroidir son ardeur, il se dépense encore et toujours davantage, transmet les ordres, apporte les munitions aux postes avancés, rien ne l’effraie, se moque des balles, des obus mêmes.

 

Il sert de toutes ses forces, de tout son cœur, et son courage est sans bornes.

 

Pendant quatre longues journées, les combats font rage, et le 5 septembre, quelques heures seulement avant que ne soient chassés de notre sol les derniers ennemis, au cours d’une mission particulièrement périlleuse, il tombe à son tour frappé par quatre balles de mitraillettes.

 

Transporté au poste de secours, puis en clinique, on ne tarde pas à s’apercevoir de la gravité des blessures.

 

Il les supporte vaillamment, fait l’admiration de ceux qui l’approchent. Son état semble parfois s’améliorer, puis s’aggrave pour s’améliorer à nouveau.

 

Il lutte contre la mort mais, petit à petit, ses forces l’abandonnent.

 

Il se rend compte de sa situation. La mort il ne la craint pas. Il sourit à sa mère jusqu’au bout, et le 9 septembre à 15 heures, rend à Dieu, sa belle âme en prononçant ces paroles sublimes :

 

« Je vais voir petit père, qui sera content de moi. Je pardonne aux boches qui m’ont tué ».

 

Voici comment est mort pour La France, Michel Danset, qui devait avoir 16 ans, le 28 de ce mois.

 

A Madame Danset, épouse et mère de héros, à ses frères et sœurs et à toute sa famille, j’adresse au nom de l’Amicale des anciens combattants, l’expression de nos condoléances émues, en les assurant de toute notre affection et de notre entière sympathie ;

 

Et toi, Michel, de là- haut continue de veiller sur ta cité. Intercède pour elle, près du Tout Puissant. Demande lui qu’entre ses murs règne la paix, l’union, la concorde parmi ses habitants. Un peu plus de bien-être pour les humbles, plus de charité chez les autres, plus d’amour et de justice entre tous.

 

Que le drapeau des Anciens Combattants, que son père recevait de ses mains glorieuses, il y a 25 ans, s’incline profondément devant sa tombe, en un dernier adieu et suprême hommage de la Patrie".

 

   

                                                                                   Daniel DELAFOSSE 

 

(Archives personnelles Daniel Delafosse).

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 15:27



Lorsque son père Prosper, député communiste est déporté dans un bagne en Algérie en 1939, Guy Môquet, alors âgé de 16 ans (né le 26 avril 1924), décide d’entrer dans les Jeunesses communistes. Quand la guerre éclata, il était un brillant élève du Lycée Condorcet à Paris.

Il prend dans le combat la place de son Père emprisonné à la prison du Puy, entre en liaison avec les jeunes communistes du 17ème arrondissement de Paris.

Clandestin, il est pris en flagrant délit de distribution de tracts clandestine. Arrêté gare de l'Est, on lui demande de dénoncer les amis de son père, on le bat, les perquisitions faites chez lui furent négatives. Il est acquitté, mais Vichy le fait interner à Fresnes, puis à la Santé.

Transféré au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), il est le seul mineur du Camp. On le fait passer à la chambre froide ; ses camarades manifestent et crient
: "Rendez-nous notre gosse". On l'interroge, il refuse de parler. C'est une vie de bagne, jusqu'à la désignation des otages.

Le jeune homme est fusillé le 22 octobre 1941, avec 26 autres prisonniers du camp, en représailles au meurtre d’un officier allemand. Il est tué le dernier, les nazis ont le raffinement de le faire assister à la mort de ses camarades ; sur la route il chante "Le chant du Départ" et "La Jeune Garde".

Avant de mourir, il écrit une lettre à ses parents dans laquelle il espère que sa « mort serve à quelque chose ».

 

Une station du métro parisien et de nombreuses rues portent aujourd’hui son nom, dont notamment à  Halluin(Nord).

 

Pour sa première décision en tant que président de la République, Nicolas Sarkozy a souhaité,le 16 mai 2007, que cette lettre d’adieu soit lue au début de chaque année scolaire dans tous les lycées de France. Cette lecture facultative sera lue dans les établissements scolaires le 22 octobre.

 

La lettre d’adieu de Guy Môquet

 

Ma petite maman chérie,

Mon tout petit frère adoré,

Mon petit papa aimé,

 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas !

J’espère que toutes mes affaires te  seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.

 

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.

 

17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.

 

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

 

Guy

 

Dernières pensées : vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir.

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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 20:05



En janvier 1996, lors de la cérémonie de son cinquantième anniversaire de mariage, aux côtés de son épouse Gilberte, l’halluinois, bien connu de tous, Gaston Danset avait choisi de rédiger lui-même le résumé de sa vie, depuis sa naissance le 14 juin 1921 :

 

« Né par accident à Tourcoing de parents bien halluinois, j’ai étudié à l’école du Sacré-Cœur chez les Frères, fait ma communion et ma confirmation à Saint-Hilaire, et mes études secondaires au collège Jeanne d’Arc à Lille, interrompues par la mort de mon père à l’âge de 47 ans.

 

Je deviens alors soutien de famille. Je commence comme apprenti tourneur chez Strypsteen au Molinel et au service de l’entretien des voitures à la papeterie Dalle à Bousbecque.

 

Vient la déclaration de la guerre, et commence la grande aventure et les parties de cache-cache avec l’occupant.

Je m’échappe de la tenaille de Dunkerque, trouve du travail à Bourbourg, puisqu’il faut bien vivre et manger.

 

En 1942, avec le refus au service du Travail Obligatoire, la situation devient intenable dans le Nord. Je trouve refuge à Azeraille, petit village à la limite des Vosges ; il faut toujours vivre et survivre dans l’illégalité, sans papier, sans carte d’alimentation.

 

Un peu de résistance avec le groupe Vosges-Alsace… 

 

Le mal du pays me fait revenir à Halluin pour les combats de la libération, au cours desquels je suis blessé à la jambe et où j’ai la douleur de voir mourir mon jeune frère au pont de Lys du bois Gratry.

 

Engagé sitôt la libération, j’effectue quinze jours de classe au camp du Val d’Aon dans le Doubs. Je monte sur Mulhouse et passe le Rhin à Neuf Brisac, Fribourg, Lac de Constance, Division Rhin et Danube.

 

Je suis affecté à la première armée à Zeibrucken puis démobilisé.

 

Sans perdre de temps, je suis de retour à Halluin, ayant trouvé chaussure à mon pied à Bousbecque avec une charmante modiste travaillant à Tourcoing, et à qui j’avais favorisé le passage du brevet sportif populaire sur le stade de l’Abattoir, quatre ans auparavant.

 

Le mariage a lieu le 26 décembre 1945 à Bousbecque, et de cette union sont nés deux enfants : Arlette et Philippe, qui depuis ont donné à leur tour quatre petits-enfants.

 

  En 1947, je m’installe en tant qu’artisan réparateur autos, sans beaucoup de moyens, je monte progressivement et au bout de cinquante ans de galère je me retrouve sans beaucoup de moyens mais heureux d’une vie bien remplie, réussie avec l’aide de mon épouse, qui m’a toujours bien épaulé et avec laquelle je n’ai jamais eu un mot plus haut que l’autre.

 

Ce sera ainsi, je l’espère, encore longtemps. Sur ce bref retour en arrière sur nos carrières, nous pensons aux jeunes et nous leur disons de ne pas se désespérer : l’avenir pour nous non plus n’a pas été toujours rose. Avec du courage, de la persévérance et un peu de chance, ils s’en sortiront ».

  
M. Gaston Danset, qui nous a quittés en 2004, était président de l’Association des Anciens sous-officiers d’Halluin, et il avait reçu la médaille de la Ville, lors des cérémonies du cinquantenaire de la Libération d’Halluin en septembre 1994. 

 


(Archives et Synthèse D.D., Presse).

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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 17:01



Né à Halluin en mars 1923, André Deprétère est jeune instituteur quand l’insurrection éclate entre le samedi 2 et le mercredi 6 septembre afin de libérer la ville de l’occupant allemand. Cet ami d’Alfred Simono, décédé récemment, nous a ouvert (NE 30 Août 2007) son journal personnel.

 

Sa mémoire est intacte. Sur les pages quadrillées d’un cahier qu’il destine à sa fille, André Deprétère a capturé le temps de ces évènements qui semble s’être figé pour toujours.

 

Il y a un jour de particulièrement gravé, le samedi 2 septembre 1944.

 

« Déjà, le 2 septembre 1939, j’avais conduit mon père à la gare, il venait d’être mobilisé ».

 

Et de présenter son brassard de FUJP, attestant qu’il a été membre du comité de libération. Un bout de tissu qui reflète toutes les souffrances, toutes les peurs.

 

« J’avais 21 ans, les Allemands avaient affiché en ce samedi 2 septembre 1944, il y a 63 ans, un avis interdisant tout déplacement à bicyclette, alors le plus important moyen de transport. Les temps étaient durs, les tickets de pain étaient les bienvenus, il fallait s’adapter au système de ravitaillement, à la pénurie. La faim la plus terrible, c’était entre 1940 et 1942 ».

 

André Deprétère qui revendique sa modestie et son humilité, était né rue de la Libération et vivait alors au 25, rue de la Paix.

 

« Depuis le 25 août 1944, c’était la débandade de l’armée allemande », reprend-il.

 

« Les colonnes étaient hétéroclites, composées de charrettes, de bicyclettes réquisitionnées ou volées, d’attelages divers, mais les soldats ennemis étaient toujours fortement armés (fusils, mitrailleuses, mitraillettes et parfois un canon antichar). La peur était constante, les attaques aériennes des Britanniques monnaie courante ».

 

Ainsi, le vendredi après-midi, une voiture a été détruite rue de Lille. « L’atmosphère était nerveuse », se souvient-il, « samedi matin, 2 septembre 1944, je me rends rue de Lille, chez M. Blehaut,  directeur de l’école du Molinel et fondateur du Front National d’alors à Halluin qui recrutait des gens dans le cadre de la résistance.

 

Avec deux comparses, il venait de semer des clous triangulaires de 5 cm dans le haut de la rue de Lille (côté Roncq). L’un des deux acolytes M. Vandekerckhove, abritait chez lui un aviateur américain, le capitaine Conrad qui s’était blessé lors de son parachutage et était alors soigné par le docteur Bolvin.

 

En sortant, je me rends rue Neuve et je vois au loin, au niveau de la rue du Forage, des flammes provenant d’un camion militaire de marque française en feu. Des soldats s’agitaient rue de Lille ».

 

Ce jour-là, plus aucun tramway ne circulait rue de Lille sur l’axe de liaison Halluin-Roncq-Tourcoing. « Pendant toute la guerre, ce tramway était bondé », atteste André Deprétère.

 

Toujours ce samedi, il va rendre ensuite visite à ce M. Vandekerckhove,  près de l’église du Mont pour lui proposer ses services.

 

« Je rentre alors chez moi par le chemin de Loisel où nous rejoignent deux hommes. Deux chasseurs américains foncent sur nous et nous agitions les bras pour qu’ils nous épargnent.

 

L’heure de l’insurrection sonne vraiment. Je retourne chez M. Blehaut vers 13 h 30. J’y rencontre celui qui commande les FFI d’Halluin. On part chez Vercruysse où se trouvent des armes, à l’angle des rues de Lille et Barbusse.

 

Rue de Lille, on est dépassés par une voiture allemande portant un drapeau de la Croix-rouge. A la hauteur du monument aux morts, on entend des coups de feu, la voiture allemande est allée percuter la façade du Violon d’or à l’angle des rues de la gare (aujourd’hui M. Nollet) et de Lille ».

 

La tension monte d’un cran. « Un convoi allemand de plusieurs camions arrive de Roncq et l’on décide de se réfugier dans un garage (à l’emplacement actuel de la maternelle Montessori) par crainte des représailles.

 

On rejoint Vercruysse par les rues J. Jaurès et Zola. Contre l’édicule, à l’angle de la place, rue de la gare, j’aperçois un fusil-mitrailleur français tenu par un douanier », et André Deprétère ne cesse de fouiller avec humilité dans sa mémoire, « on se réfugie à la taverne Régina à l’angle des rues de la gare et Jean Jaurès. On aperçoit alors au fond de la place une file d’hommes portant des brassards FFI et, pour certains, des armes apparentes. Des silhouettes qui longent le mur de la propriété Sion, face à la gendarmerie. »

 

« Je reconnais mon ami Alfred Simono, Julien Vandekerckhove et d’autres. Ces hommes ont cherché à occuper la gendarmerie. L’anarchie a alors pris le dessus. Contre l’édicule, le fusil-mitrailleur avait disparu et cessé de tirer.

 

Un dénommé Cornette en profite pour essayer de traverser la rue de la gare pour rejoindre son domicile, impasse du Mamelon Vert. Il est touché par une rafale de mitrailleuse. Heureusement, il n’est que légèrement blessé au mollet. A son tour, il se réfugie à la taverne Régina ».

 

André Deprétère se rappelle distinctement le bruit des bottes allemandes qui dévalent de chaque côté de la rue de la gare.

 

« On entendait les commandements et les invectives qu’ils s’échangeaient entre les deux trottoirs. De temps à autre, résonnait un bruit d’explosion. Les Allemands avaient balancé une grenade dans le café Saint-Venant, à l’angle de la rue du Midi (aujourd’hui Maurice Simono) et une autre dans le café Debock à l’angle des rues Traversière (aujourd’hui D. Casanova) et Jean Jaurès. Il n’y a eu qu’un blessé ».

 

André Deprétère quitte son poste d’observation pour se réfugier à l’arrière du café dans la cuisine qui donne sur une petite cour qui, elle-même, s’ouvre sur la rue Jean Jaurès.

 

« On entend un bruit de chenille et après une longue attente, on décide de sortir. Je rentre en fin d’après-midi chez moi, rue de la Paix par les rues Jean Jaurès et Jules Guesde. J’étais complètement abattu ».

 

André Deprétère raconte ensuite, dans son appartement lillois, ce qu’on lui a dit et rapporté.

 

« La nuit du samedi 2 au dimanche 3 fut très agitée, des tireurs s’étaient postés dans le jardin public et ouvraient le feu sur les convois allemands, un coup de canon a touché la fenêtre du café de la rue Pasteur et une autre maison Lemaitre ».

 

Déjà, le samedi, les Allemands avaient incendié la maison Vandewaele, rue de Lille, juste avant le jardin public en venant de Roncq. Et puis ils pont pris des otages en rentrant dans les maisons.

 

« Les otages ont été embarqués dans un camion et M. Dennetière, attaché sur le devant de ce véhicule, a été tué dans la nuit de samedi à dimanche », reprend André Deprétère, « Dimanche matin, je me suis rendu en mairie ainsi qu’au café du Lion d’or où était installé le PC des FFI. J’y ai passé la majorité de la journée et des nuits, je me devais de représenter le comité local de la libération d’Haluin ».

 

« Menin a été libérée le samedi 2 septembre par les chemises blanches mais une colonne allemande chargée d’occuper les ponts sur la Lys ont repris Menin aux chemises blanches », poursuit-il, « il s’agissait de permettre aux derniers véhicules allemands de passer dans leur retraite.

 

A ce moment-là, les FFI sous la direction notamment d’Alfred Simono et d’Aimé Bosteels se sont avancés dans le quartier des Baraques. Ils ont pris position, se sont postés au coin de la rue de Mouscron et ont tiré sur les Allemands pour les empêcher de venir à Halluin.

 

Le lundi 4 septembre 1944, les échanges de coups de feu ont été importants aux Baraques, le mardi après-midi, MM. Simono et Bosteels sont allés au-devant des Allemands pour demander une reddition, un geste d’audace finalement ponctué d’une trêve, les uns et les autres retrouvent leur position.


On peut dire qu’Halluin a vraiment été libérée le mercredi 5 avec l’arrivée des Anglais (Bruxelles avait été libérée le 3 septembre). Jeudi matin, Mme Dennetière s’est rendue en pleurs en mairie, dans la salle des mariages, un moment poignant ».

 

André Deprétère certifie que ce qu’il a écrit dans son cahier est « ce qu’il a vécu et ce que mon ami Alfred Simono m’a raconté ». 63 ans après, il raconte toujours cet épisode au présent.

 

 

(Archives, D.D., Presse).

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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 19:52



Le départ des Allemands :

 

Depuis le mercredi 30 août, les Allemands pensent au départ un peu partout. Et durant 3 jours et 3 nuits, surtout pendant les nuits, des camions et des autos descendent calmement la rue de Lille vers la Belgique.

 

Evidemment, certains trouvent intelligents de s’arrêter devant la maison de Madame Cornil pour en réveiller les habitants. Leur langue élégante et très douce est comme chacun sait, bien faite pour bercer les dormeurs. Mais leurs gosiers ne laissent échapper que des jurons et des injures. Nul n’a le courage de chanter. D’autres convois aussi nombreux viennent d’Armentières par la rue de la Lys. 

 

A certains moments, les autos (la plupart ne sont pas camouflées pour tromper les avions mitrailleurs), se suivent à quelques décimètres de distance.  Certaines crèvent par suite des clous semés par les Patriotes.   Les Allemands ne trouvent rien de plus simple que de prendre les pneus des civils.  La morale de cette histoire découle logiquement : on ne sort plus en auto, donc plus de transports.

 

Tous les Allemands résidant à Halluin évacuent aussi. On brûle les papiers : chez mon oncle Maurice, les Allemands brûlent des papiers pendant douze heures, préparent les bagages et en pleurant (pressentant que c’est définitif), et partent »via Berlin ». Ceci prouve leur attachement à la France et le désir sincère de collaborer ! Ah ! Les braves gens !

 

On commence déjà à ce moment à plaisanter et à espérer. Mais ceux qui parlent de la Libération pour le 2 septembre sont des optimistes, sinon utopistes. Et pourtant… presque !...


Autre aperçu de cette période : les Anglais mitraillent. Il ne faut rien exagérer. A Halluin et aux environs ils ne sont venus que trois fois.

 

D’abord sur la route de Bousbecque. Ils y attaquent un camion automobile qui vient vers Halluin. L’avion tourne plusieurs fois autour du camion. En voyant qu’il ne s’arrête pas, il tire : c’était un camion de la maison « Mestdag » résultat : un blessé grave. Puis au château Six du Mont.

 

Enfin sur la route Lille-Halluin, une voiture brûle. Les Allemands ont réussi à se sauver. Un petit enfant est blessé. Mais les Allemands ont très peur des avions (la plupart du moins). Ils se cachent tout de suite. En face de la maison de la rue de la Gare, 9 Allemands poussaient une baladeuse contenant quelques sacs. Des avions survolent et renversent la charrette et s’enfuient. Nombreux éclats de rire !..

 

La population est très calme cependant. On attend et applaudit aux avances anglaises. On voudrait avoir des nouvelles à tous moments et elles pleuvent : on a dit les Anglais à Beauvais, Amiens, Abbeville, Arras… ensuite à Creil, sur la Marne… déception !... Bientôt c’est pour de bon. Hourrah ! On apprend que les Allemands se retireront chez eux sans se défendre. Enfin, énervement mais sans grande manifestation.

 

Vendredi 1er septembre 1944


Le matin les camions continuent de circuler. Bientôt la douane est abandonnée par tous les douaniers allemands, belges et français.

 

Au patro, l’abbé Beddelem congédie les enfants un peu avant l’heure, après leur avoir appris en sourdine « La Marseillaise ». Il leur promet la Libération pour le dimanche à

4 h 30, et leur recommande de ne pas sortir de leur maison pendant les jours suivants, parce que dit-il « vous pourrez me chercher, vous ne me trouverez pas, je ne bougerai pas ».


 
Le soir tout est calme. Le nombre des voitures diminue un peu.

 

Samedi 2 septembre 1944


Calme relatif pendant toute la matinée. Mais déjà vers 11 heures, les camions passent garnis de deux Allemands sur les garde-boues avant, l’arme prête à tirer.


Les motocyclistes sont armés de revolvers. A 11 heures les Allemands tirent un peu dans les fenêtres en passant. Ils vont d’ailleurs très vite.


Une balle tombe dans l’imposte du bureau de la maison. Résultat un carreau cassé, un rideau troué et la balle sur le tapis. On ne remarque le coup dans l’après-midi seulement. Ceci nous empêche de nous énerver.

 

Durant toute la matinée, on assista à un spectacle assez amusant. Des groupes de badauds stationnent en face de la maison au coin de la rue de Lille, et de la rue de l’Eglise. Une auto apparaît au loin, et rapidement tout le monde court se cacher derrière la mairie. L’auto est passée sans tirer (ou en tirant) et chacun prudemment s’aventure jusqu’au poste d’observation si cher à tout Halluinois (qu’il soit communiste ou ….séminariste) et ainsi jusqu’à 13 heures.

 

13 H.

 

Marie-Madeleine après quelques hésitations, se décide à aller chercher du lait au Mont. En passant devant la cité Cornil, elle apprend que la Mairie et le Commissariat de police d’Halluin ont été pris par les F.F.I.


Pourtant rien de spécial ne s’était produit avant son départ. Elle revient rapidement et remarque que c’était un bobard. Néanmoins, peut-être se passera-t-il quelque chose d’ici peu de temps ; en effet, les Allemands se montrent de plus en plus vigilants à leur passage dans Halluin.

 

14 H.


Maman part à l’église, puisque tout demeure calme, pour une cérémonie du Grand Retour.

 

Bientôt Marie-Madeleine et moi qui étions au magasin, voyons quelques hommes rentrer dans le commissariat de police sis rue de Lille en face de « La Plume » (Tiberghien) à côté de chez Mahieu. Comme toujours il y avait un attroupement en face de la maison.

 

Bientôt un « Pétain » qui se trouvait à la porte du commissariat vient avertir ces personnes de partir parce que le coup dur se produira bientôt. Les gens quittent à regret leur coin. Des camions Allemands passent encore, mais moins nombreux, nous baissons les persiennes.

 

14 H 10


Une auto de croix rouge Allemande passe. Ce n’est pas une ambulance, mais elle contient des pansements. Du commissariat sortent une dizaine d’hommes dont quelques uns seulement sont armés : un fusil, quelques revolvers. Le réservoir d’essence de la camionnette est percé et l’auto s’arrête sur le mur du « Violon d’Or ».

 

16 H 30


Quelques camions allemands passent. Les F.F.I. jugent prudents de se retirer, n’étant pas assez nombreux. Mais les camions s’arrêtent ; les Allemands descendent, crient des ordres et bientôt une fusillade commence dans les rues de la Gare, de Lille, et de l’Eglise.

 

Un char arrive bientôt, monte la place de l’Eglise et tire sur l’église un coup de canon près du portail gauche. Des vitres volent en éclat : boucherie Graye surtout. Les Allemands essaient de faire sauter un pan  de mur à la mairie ; une forte détonation se produit, des glaces se brisent ! Nous pensons que c’est celles de la rue de l’Eglise. Mais c’étaient les glaces de chez Dumortier et Couzineau.

 

Pendant ce temps il se passe une chose horrible en haut de la rue de Lille.

 

Des Allemands, sachant que les F.F.I. tirent sur les camions dans Halluin, s’arrêtent devant le terrain de football ; Ils rentrent dans quelques maisons et emmènent des personnes : femmes et enfants entre autres. 


Marguerite Dassonville Carton
(Albert était parti se cacher un peu plus loin) Madame Lemaitre, les filles et petits enfants ; Monsieur l’abbé Louis Lemaitre, Mademoiselle Marthe et d’autres. Tous ces gens sont réunis, et après les avoir laissé attendre un moment au pied d’un mur (peur d’être fusillés) les conduisent sur leur camion en leur disant

 

« Si ces cochons de Français tirent sur nous, vous y passez TOUS »

 

Pleurs, lamentations, essais d’attendrissement, mais rien à faire. Marguerite passe devant chez elle, et sans plus réfléchir aux conséquences de son acte se précipite chez elle et s’enfuit.


Les Allemands n’ont rien vu, heureusement pour elle. Tous ces otages emportés à allure lente passent sans encombre Halluin, Menin, Dadizeele. Les Allemands trouvent génant d’avoir des « brayous » avec eux, et ils laissent partir tout le monde. Ces personnes dorment à Menin et sont revenues le dimanche matin à Halluin.

 

Au moment de monter dans le camion, Monsieur L’abbé Lemaitre donna l’absolution générale.

 

De plus dans le même quartier, les Allemands mettent le feu à une maison dans l’espoir d’anéantir toute une rangée d’habitations. Heureusement une seule maison brûla. Le feu pût être combattu.

 

18 H.


Les derniers Allemands maîtres d’Halluin s’en vont, et les F.F.I. reviennent ; ils ont tué 2 Allemands et en ont fait 5 prisonniers. Les gens sortent de chez eux. En entendant la langue Française parlée dans les rues, nous remontons de la cave pour voir les dégâts : 14 fenêtres cassées, 2 plafonds éraflés, 3 trous dans le mur, un placard de la chambre percé de 3 ou 4 balles. Dehors c’est le calme.

 

Parfois un coup de feu nous avertit d’un danger possible. On entend parfois le silence (ce qui est rare) c’est un Allemand qui approche. Bientôt un F.F.I. crie « Halte » et l’Allemand se rend en jurant.

 

Nous soupons en haut et aménageons un matelas dans la cave pour la nuit. On enlève les rideaux pour qu’ils ne soient plus troués. Nous descendons de temps à autre à la cave, mais c’est toujours, à partir de ce moment, pour des alertes bénignes.

 

Dimanche 3 septembre 1944


6 H 15


Les cloches sonnent pour convier les gens à la messe comme d’habitude. Dehors un peloton de F.F.I. garde la rue de l’Eglise. Quelques rares Halluinois, venant des endroits où rien ne s’est produit la veille, vont à la messe. Une tasse de bon café nous réconforte.

 

7 H 30


Les F.F.I. défendent de passer par la rue de l’Eglise. Nous décidons de ne pas sortir. Tant pis pour la Messe. Nous la lisons chacun. Pourtant rien ne se produit dehors. Calme relatif.

 

Après plusieurs heures, nous décidons sur conseil des F.F.I. de quitter la maison.

 

14 H 45


La mairie met ses drapeaux : français, russe, américain, anglais. Tout le monde dans les petites rues arbore son drapeau aussi. Tante Madeleine le met.

 

Mais les Anglais n’arrivent pas. On les dit aux environs de Lille seulement. Nous essayons de retourner chez nous. Mais il y a trop de bruit, de cris. Petit à petit les drapeaux disparaissent, et on attend.

 

Lundi 4 septembre 1944

 

Grand espoir déçu encore aujourd’hui. Nous allons à la messe, au salut. Rien à signaler. On dit le soir que les Anglais seront là entre 18 heures et 21 heures. Mais on se couche sans les avoir vu. Nous appréhendons la nuit :

 

Un char allemand est passé rue de la Lys ; Il avait pris quelques F.F.I. à Bousbecque comme otage et les avaient placés sur le char. Un coup de fusil est tiré près de la Douane par un F.F.I. d’Halluin.

Ce coup évidemment inefficace mis en rage les Allemands qui tirèrent à bout portant sur les 3 otages : 2 sont morts, un autre fut légèrement blessé.

 

Si le char revenait à Halluin, on dit qu’il est parti en Belgique. Enfin à la grâce de Dieu. C’est une femme Allemande qui commandait le char.

 

Mardi 5 septembre 1944


La nuit s’est bien passée. Mais les nouvelles sont mauvaises. Les Allemands du char ont été délivrés des « chemises noires » de Menin (B) et ensemble ils commencent à démolir et à piller les habitations des « chemises blanches ».

 

Ce sont des représailles : la veille la population de Menin avait littéralement déménagé les maisons des « chemises noires » connues et avaient tout mis en pièces.

 

Vers midi, on apprend que les Allemands ont repris Menin et avancent vers Halluin. Il y en a rue de la Lys, rue Basse à 700 mètres de la Mairie d’Halluin.

Alarmés, les F.F.I. téléphonent et envoient chercher du secours. Beaucoup abandonnent le brassard qu’ils avaient été si fiers de porter Dimanche.

 

Au coin de la rue de Lille et de la rue de l’Eglise, les F.F.I. inscrivent un grand « S.O.S. » en espérant que des avions anglais le verront. On apprend que trois tanks anglais se trouvent à Bondues sans travail. Ils attendent des ordres. Angoisse. Des F.F.I. de Roubaix-Tourcoing arrivent avec des canons. Bientôt des avions anglais survolent, par plusieurs fois, l’endroit où se trouve « S.O.S. » Espoir !

 

19 H 30

 

Une estafette anglaise arrive à la Mairie et annonce des renforts dans une demi-heure. Mais bientôt arrive un camion anglais qui, vue la situation juge plus prudent d’attendre les chars.

 

La nuit est un peu mouvementée. On s’attend à tout instant à entendre les Allemands.

 

Mercredi 6 septembre 1944

 

Les premières heures de la journée sont troublées par des coups de feu.

 

6 H.
Explosion formidable : c’est le pont de Menin que les Allemands ont fait sauter et on apprend qu’ils se sont repliés derrière la Lys. On respire !

Mais on annonce encore des colonnes de SS à Wevelgem, Wervicq. Quelques Allemands sont encore au bois Gratry.

 

On se tranquillise pourtant. On dit que, paraît-il, il y a eu quelques chars anglais qui sont venus de Mouscron à Menin. Le calme se rétablit un peu.

 

Et bientôt défile rue de Lille, venant de Menin, 5 chars anglais qui ont nettoyé la place.

 

Acclamation. Les troupes alliées sont là !

 

Comme prévu les clochent sonnent. IL EST 11 Heures 45 !

 

Le défilé et la vie d’Halluin libérée


11 H 45


Une foule de gens descend vers la place de l’Eglise. Les drapeaux sont sortis, les drapeaux français, anglais, américains, belges et russe.

 

Les Anglais seuls n’ont fait que passer. Marie-Madeleine a vu les premiers chars qui ont été copieusement acclamés, et avaient bien de la peine à avancer. Tout le monde est heureux

 

Et bientôt on annonce un discours à la Mairie. Les gens se massent face au balcon et attendent patiemment.

 

12 H 15


Les cloches se taisent et apparaît au balcon de la Mairie le Comité local de la Libération. On entend quelques discours, on félicite les résistants, et on chante les hymnes anglais, l’Internationale et La Marseillaise.

 

Le chef des F.F.I. est acclamé.

 

15 H.


Défilé avec la Philarmonie, les F.F.I. les F.T.P., les anciens combattants.

 

17 H.

 

On entend du haut du clocher où se trouvent des observateurs : « Un convoi rue de Lille vers Halluin ». Est-ce des Allemands ? Non ce sont des Anglais, et pendant plus de 3 heures les Anglais passent.

 

Délire. On embrasse, on parle aux Anglais.

 

Et le soir nous sommes tous très heureux de nous savoir enfin libérés.

 

Pendant la canonnade on a eu peur. Mais à partir du lendemain, c’est le calme absolu.

 

C’est la joie. VIVE LA FRANCE.

 

  

(Archives Daniel Delafosse).

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