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  • : Histoire de la ville d'Halluin (Nord). Regard sur le passé et le présent.
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(1992 à 2007) brandodean.over-blog.org/article-5718818.html 

 

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16 juin 2007 6 16 /06 /juin /2007 20:23

 

Il fut, assurément, l’une des grandes figures de la vie halluinoise du vingtième siècle, qui ont marqué la mémoire de plusieurs générations.

 

Lors du décès d’Henri-France Delafosse, survenu le 16 septembre 1966, le journaliste Albert Desmedt (ancien Maire) écrivait ceci :

 « C’était une personnalité très importante d’Halluin, on peut même dire un personnage. S’il a consacré le meilleur de lui-même aux anciens combattants d’Halluin, il n’a été étranger à rien de ce qui était utile et profitable à sa ville. Organisateur, meneur d’homme, il avait su conquérir l’estime et la confiance de ses concitoyens qui admiraient son enthousiasme, sa compétence et sa droiture. C’était un homme de devoir dans toute l’acceptation du terme, dont on écoutait les conseils et les suggestions et dont on se disputait le concours ».

 

Henri-France Delafosse est né le 1er Octobre 1894 à Saint-Florent (Cher). Il est le benjamin d’une famille de treize enfants, fils d’un receveur buraliste qui se fixera à Halluin en 1900.


Le 27 août 1914, le jeune appelé halluinois de 19 ans, sous la pression de l’ennemi, quitte son domicile. Il est incorporé, à sa demande, au 1er régiment de zouaves à Alger le 10 septembre, affecté à la 67ème compagnie.


Volontaire pour rejoindre le front français, il quitte l’Algérie le 15 janvier 1915 et reçoit le baptême du feu à Nieuport (Belgique) dans les rangs du 1er régiment de marche des zouaves.


Dès lors et sans interruption, il participe à toutes les opérations où se trouve engagé son régiment de la mer du Nord aux Vosges.


Notamment dès le 22 février 1916 lors de l’héroïque bataille de Verdun, dans les sanglants combats de Cumières, dans la défense mémorable du Mont-Homme, dans les corps à corps de la côte 304. Il restera l’un des huit survivants de la 4ème section de la 16ème compagnie, où il fut gravement blessé, une première fois, par éclats d’obus à la tête.

 

Il est cité à l’ordre du Régiment pour avoir entraîné crânement ses Hommes à l’attaque du 21 octobre 1916, puis une seconde fois par le Lieutenant-Colonel Poirel :

 « Delafosse caporal de la 15ème compagnie lors de l’attaque du 20 mai 1917 et les jours suivants, étant agent de liaison, a assuré la transmission des ordres sous des tirs de barrage d’une violence peu commune ; gradé courageux, faisant preuve du plus grand mépris du danger et de beaucoup d’initiative ».

 

 Un an plus tard, en 1918, il participe à l’arrêt de l’offensive allemande sous Compiègne de mai à juin.Cette fois, il est cité à l’ordre de l’Armée, en compagnie de son Régiment, par le Général Mangin :

« Après une série de dures actions de détail exécutées avec succès du 11 au 18 juillet 1918, et dont la réussite a eu une importance de premier ordre pour les opérations ultérieures, ce régiment a participé à l’offensive générale avec une bravoure et un allant admirable, brisant, après des combats acharnés, toutes les résistances ennemies. Au cours de neuf jours de combats, ce régiment a capturé 350 prisonniers, 13 canons et 130 mitrailleuses ».

 

Après avoir pris part à plusieurs attaques en forêt de Villers-Cotterêts, et tant de fois vu rôder la mort, c’est le 17 juillet 1918, que le caporal Delafosse est atrocement blessé et intoxiqué par l’ypérite. Il restera parmi les morts dans un état comateux, pour n’être ramassé que 24 H après par des ambulanciers américains. Sorti du coma huit jours après, aveugle durant trois semaines, brûlé sur toutes les parties du corps, les poumons attaqués, il a enduré les pires souffrances, pendant plusieurs mois, lors de ses hospitalisations à Tours, Paris et Tarascon.

 

Invalide temporaire à 100 % des suites d’intoxication par gaz, il est reconnu inapte à tout service armé. Il est alors détaché à la 20ème section des secrétaires d’Etat-major à Paris, où il occupe successivement différents emplois y compris celui de secrétaire à l’Etat-major du Maréchal Foch.

 

Effectivement, de l’enfer des tranchées de 14/18 au secrétariat du Commandement en chef des armées alliées du Maréchal Foch, Henri-France Delafosse aura tout connu !

 

Mobilisé depuis cinq ans, dont 42 mois de guerre, la démobilisation l’atteint le 15 août 1919, où il retrouve à Halluin ses vieux parents, pour la première fois, depuis son incorporation !

 

Ses hauts faits lui valurent de recevoir à titre militaire les plus prestigieuses récompenses : la médaille de Verdun, la Croix de guerre avec palmes, mais aussi la plus belle récompense pour un soldat, la médaille militaire le 16 juin 1920, avec l’appréciation du Colonel Canavy :

« La conduite pendant la guerre du Caporal Delafosse, représente à mes yeux, un des plus nobles exemples de l’accomplissement du devoir militaire ».

 

En 1920, Henri-France Delafosse était l’un des fondateurs de la section halluinoise de l’Union nationale des Combattants, avant de devenir président actif en 1937, puis président d’honneur.

 

Le 2 septembre 1939, la seconde guerre mondiale est déclarée ; le soir même, Henri-France Delafosse président de l’U.N.C. d’Halluin propose à la commission de constituer un comité d’entraide aux combattants halluinois. Le bureau présidé par lui-même et, composé de MM. Victor Hottelart, Pierre Defretin, Maurice Toulemonde, Julien Verhulst, crée le 12 septembre 1939 la première œuvre de ce type en France.

 

Au 17 mai 1940, date de l’arrêt forcé de l’activité du Comité, par suite de l’imminence de l’arrivée des troupes allemandes, ce sont 1600 colis qui ont ainsi pris la direction du front, tandis que 450 mandats étaient adressés aux combattants. Ce mouvement sera élargi, par la suite aux prisonniers ; à la date du 31 mars 1942, 3573 colis ont été fournis aux familles de prisonniers et 4012 colis ont été expédiés directement par les soins du Comité d’Entraide.

 

Durant cette période douloureuse, le rescapé de Verdun milita aussi comme membre du Rassemblement démocratique des résistants d’inspiration chrétienne.

   

Après la guerre, en 1948, il proposa avec M. Maurice Toulemonde d’ériger un mémorial aux enfants d’Halluin de 39-45 ; ce projet trouva son accomplissement grâce à une souscription publique. Membre fondateur, également, du groupe des mutilés de guerre, c’est sous sa présidence que cette association fit don de la magnifique grille qui entoure le monument aux morts, rue de Lille, arborant les inscriptions : Bravoure, Patrie, Endurance, Sacrifice, Honneur, Vaillance, Courage, Héroïsme.

 

Outre les nombreuses distinctions qu’il avait reçues, Henri-France Delafosse se voyait remettre la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, à titre militaire, le 14 juillet 1954, des mains de son ami de toujours le Docteur Albert Louf, qui concluait son hommage ainsi :


« Le petit caporal du 1er zouaves de Marche, peut comme Napoléon, le petit caporal de la grande Armée, redire après lui : C’est la Volonté, le Caractère, l’Application et l’ Audace qui m’ont fait ce que je suis ».


 

 

Si l’activité militaire d’Henri-France Delafosse fut exemplaire, sa vie professionnelle, familiale et sociale le furent tout autant.


Après sa démobilisation, il put reprendre son emploi à Halluin et, fut nommé fondé de pouvoirs du Crédit du Nord. En 1924, son excellente réputation, ses capacités professionnelles et l’estime générale dont il jouissait à Halluin, le firent choisir par le conseil d’administration de la Banque Scalbert à Lille, qui lui confia le soin de diriger l’agence qu’elle fondait à Halluin, et cela jusqu’au  31 décembre 1954 date de sa mise à la retraite.

 

De son union avec Rose Marie Canar, naquit douze enfants ; l’exemple de cette famille était si éloquent, que l’Académie française en 1936 attribue aux époux Delafosse-Canar le premier prix de la Fondation Cognac-Jay.

Evènement exceptionnel, la visite à Halluin du Cardinal Liénart, en octobre 1937, pour la célébration du baptême du douzième enfant, de Rose Canar et Henri-France Delafosse, prénommé Pierre Achille.
 
Malheureusement,après une pénible maladie, son épouse devait disparaître le 13 janvier 1942, dans sa 46ème année.   

Cinq ans plus tard en 1947, il épousait en secondes noces Marie-Antoinette Danset qui lui donna huit autres enfants. Avec vingt enfants, Henri-France Delafosse possédait une des plus belles familles de la région.

 

A Halluin, malgré ses occupations professionnelles très abondantes et les charges d’une grande famille, tout ce qui touchait à la vie halluinoise l’intéressait. 
 

Occupant le poste de trésorier, il fut l’un des principaux artisans de la création du premier Syndicat d’initiative baptisé « Les Amis d’Halluin »  le 12 juin 1929.  


Aussi, travaillant en étroite collaboration avec Messieurs Victor et Raymond Hottelart, Alfred Maret autres personnalités halluinoises, il occupa les fonctions de trésorier et administrateur de la Mutelle  des anciens sous-officiers et caporaux français, durant quarante ans ! C’est à ce titre, pour son rôle au sein du groupement, qu’Henri-France Delafosse reçut la Médaille d’Honneur de la Mutualité et, surtout, les insignes d’Officier du Mérite Social (décoration assez rare à l’époque pour être mentionnée).

 

Il se dévoua également, durant plusieurs années, comme secrétaire du groupe des Familles nombreuses.

 

A la Libération, il participe en sa qualité de conseiller municipal aux affaires de la ville. Considérant que de graves dissensions au sein du conseil municipal d’Halluin entravent l’administration de la commune, le Conseil des Ministres, présidé par M. Guy Mollet, décrète le 15 mars 1957, la dissolution du conseil municipal d’Halluin, et institue une délégation spéciale composée de trois membres : MM. Gustave Decamp, Henri-France Delafosse et Hildevert Wancquet le président.

 

 

Les séquelles de la guerre et la maladie l’emporteront à l’âge de 72 ans. Devant sa tombe, c’est Antoine Demeestere président en exercice de l’UNC qui fit l’éloge du disparu :

 

« Notre camarade Henri-France Delafosse a représenté, aux yeux de tous, le dévouement au Pays, et cela, parce qu’il avait répondu à l’appel qu’il avait reçu, parce qu’il avait combattu courageusement et parce qu’en faisant son devoir, il avait été gravement frappé dans sa santé.


Notre ami avait son franc-parler avec chacun et il ne transigeait jamais avec ses principes.

Au cours d’entretiens que nous avions avec lui, il disait souvent : « Nous agaçons parfois avec nos revendications, avec nos défilés, avec nos décorations mais nous devons continuer à être les témoins du devoir accompli, nous devons continuer à élever une protestation contre le péché du monde que sont les guerres, nous devons continuer à être un reproche contre l’oubli et l’ingratitude ».


Et, c’est pourquoi, pendant près de 50 années, Henri-France Delafosse a lutté pour que ne soient pas oubliés ceux qui ne sont pas rentrés des champs de bataille et des camps de prisonniers, pour que soient soutenues les familles des disparus, pour que soient défendus ceux qui ont combattu, pour que soient aidés ceux qui avaient été frappés dans leurs corps et dans leurs santés, ces mutilés de guerre qu’il affectionnait particulièrement.


Il n’est pas besoin d’en dire davantage car toute une vie de dévouement est contenue dans ces quelques phrases… »

 

 Le 1er octobre 1994, lors de l’hommage rendu par sa famille à l’occasion du centenaire de sa naissance, son grand ami Maurice Schumann,  ancien ministre, académicien et sénateur du Nord écrivait ces mots :

 

 « Vingt-huit ans après son rappel à Dieu, tous les Halluinois, tous les enfants du Nord qui ont eu le privilège de connaître Monsieur Delafosse continuent à se dire : Cet homme de bien a passé sa vie à mériter d’avoir eu deux prénoms et de s’être appelé France. En fondant la famille la plus nombreuse de la région, il a montré l’exemple de la vertu la plus rare : le courage quotidien devant la vie.


En gagnant la médaille militaire, il a légué à sa descendance le privilège de draper son cercueil avec le drapeau national. Les conseils judicieux qu’il m’a prodigués comme directeur de l’importante succursale d’une banque régionale m’ont prouvé qu’une parfaite connaissance des contraintes économiques n’avait pas émoussé son sens du devoir social. Oui Henri-France Delafosse était un cœur vaillant ».

 

Voilà résumé la trace indélébile laissée dans la cité par cet halluinois d’adoption, dont la descendance compte à ce jour plus de cent soixante dix enfants et petits-enfants.

 

   

A mon père, Henri-France Delafosse.  

 

                                                                                      Daniel DELAFOSSE


LIENS
: Le premier comité d'entraide aux combattants français était créé par les Halluinois, une première française !

La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (19) Les résistants halluinois de l'ombre...

Le Syndicat d'Initiative "Les Amis d'Halluin" fut créé en 1929.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (22) Henri-France Delafosse, Zouave Halluinois de la Grande Guerre... pendant 42 mois.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (40) La Création de l'U.N.C. d'Halluin en 1920.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (43) Le Groupe Halluinois des Mutilés de la Première Guerre Mondiale.

En 1936, la Famille Delafosse-Canar reçoit le 1er Prix Cognac-Jay, attribué par l'Institut de France.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (55) En 1937, l'Amicale Halluinoise des Anciens Combattants élit son nouveau Président Henri-France Delafosse.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (56) L'Halluinois Henri-France Delafosse fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre Militaire.

La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (60) Les Funérailles de l'ancien Poilu Halluinois Henri-France Delafosse.

Marie-Antoinette Delafosse Danset nous a quittés.

Funérailles de "La Madelon Halluinoise" Marie-Antoinette Delafosse Danset - Hommage Familial.


 

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Published by brandodean - dans WEBLOGS
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 11:43

 

A la fin du siècle dernier, l’examen de la couche géologique de notre sous-sol révéla, au Colbras, la présence de terres glaises bleues et vertes à une faible profondeur.

 

La réputation de ces terres argileuse (klutes) de très bonne qualité nous valut l’installation des 1900 de la Compagnie des Tuileries Mécaniques qui allait trouver là, une matière première parfaite pour la fabrication de millions de tuiles. 


La fabrique de tuiles mécaniques fut fondée en 1860 par monsieur Debayser. Le bâtiment mesurait 200 mètres de long sur 20 mètres de large et servait au séchage naturel des tuiles grâce à 2526 fenêtres ! 

 

L’extraction de la glaise laissait évidemment une excavation de plus en plus importante, qui fonctionnait tous les jours.

 

On appela ce trou le Klute-Put du nom flamand de trou d’argile.

 

Les Halluinois ont appris à nager, sans surveillance mais sans incidents, dans cette eau profonde qui possédait des propriétés bienfaisantes.

 

Aujourd’hui, le Klute-Put est devenu le lieu de détente du haut du Colbras, et ce sont les canards qui nagent dans le petit étang, au grand bonheur des enfants et des promeneurs.

 

Au début des années 90, lors d’une séance du conseil municipal, on assista à un amusant échange entre le maire de l’époque Alexandre Faidherbe, et le regretté Jean-Pierre Verschave conseiller municipal, au sujet de l’aménagement en espace vert de l’ancienne décharge de la Tuilerie, route de Linselles. Au lieu-dit « Clut-put ». Et c’est là que le bât chatouilla…

 

Le maire s’était fait « assister » de Mme Verkindère pour justifier l’appellation de « Kluit-put ». M. Verschave est revenu avec humour sur le sujet pour défendre sa thèse orthographique du « Clut » (ou « klut »).

 

« Il me suffira peut-être, pour justifier mon opinion, de vous poser une question : celle de savoir pourquoi votre nom, monsieur le maire, s’écrit « Fée-dherbe » ? De la même façon que Mme Verkindère m’a expliqué que le mot « kluit » existe en néerlandais et en flamand, ce qui est exact, vous pourrez me répondre que le mot « fée », sinon la chose existe également.


On lit, par exemple, dans le « Robert » : « Fée : être imaginaire (de forme féminine) auquel la légende attribue un pouvoir surnaturel et une influence sur la destinée des humains ».


« Mais vous pourrez aussi, et je ne doute pas que c’est là ce que, en réalité, vous ferez, me demander si je suis sûr de l’orthographe que j’attribue à votre nom ».


« Adoptant cette deuxième démarche, la première chose qu’il faut nous demander est : de quels éléments disposons-nous pour établir le nom exact de cet endroit ? La seule source d’information disponible, me semble-t-il, est la tradition orale. Or, j’ai l’impression que celle-ci parle du « clutput et non du « cluiput », signifiant par là qu’elle voit dans cet endroit une argilière et non pas une sorte de pluvier… ou un « gros morceau », disons une motte pouvant servir à « doodkluiten » (lapider, approximativement) ».

 

M. Verschave campa donc sur ses positions, et M. Faidherbe également. Ce dernier qui ne manquait pas plus d’humour non plus, en a profité pour évoquer l’étymologie de son nom « fai » étant à prendre au sens de « faix », « fardeau ». « Un de mes ancêtres, devait être porteur, j’ai donc des origines roturières, mais ne le répétez-pas ! »


Suite à ce « débat » bien sympathique concernant l’orthographe du lieu-dit « klut-put ou kluit-put », l’ancien résistant déporté Pierre Desmedt, néerlandophone distingué, faisait part, à cette époque, de ses réflexions sur le sujet.

 

Rappelant que le véritable nom de Philippe de Commynes, à savoir Philippe Van  Kleite, Pierre Desmedt souligne que « kleite », en ancien flamand, signifiait « glaise », mot devenu, depuis la réglementation de 1954, « klei » en néerlandais moderne.


Une altération du terme, sans doute en patois, aurait localement, comme dans le cas qui nous intéresse, donné « klut », ce qui renforcerait la thèse soutenue par M. Jean-Pierre Verschave.

 

D’autant le signalait Pierre Desmedt, que « kluite » défendu par Alexandre Faidherbe signifie « motte », ce qui va à l’encontre de la définition du lieu, puisqu’on y creusait pour en extraire de l’argile. « On est donc loin de la motte », explique-t-il encore. En ajoutant, pour notre information, qu’on a cassé l’exploitation de la briqueterie, car il y avait trop de coquillages marins dans l’argile, ce qui fragilisait les briques. Halluin-sur-mer, c’était il y a plusieurs dizaines de millions d’années.

 

Mais comme le précisait modestement Pierre Desmedt : « Il ne s’agit que d’une supposition, d’une interprétation qui ne s’appuie pas sur des éléments indiscutables ».

 

« Wait and see », comme ne disent pas les Flamands…

 

 

(Archives et Synthèse D.D., Presse).

Un arbre pour une naissance


Bouleau, poirier, chêne, charme ou aubépine : les essences sont nombreuses pour cette exceptionnelle plantation de 298 arbres aux abords du Kluit Put. ...


« C'est un engagement de campagne de planter un arbre pour une naissance à Halluin,
explique Jean-Luc Deroo, le maire d'Halluin. Et comme il y a de nombreuses naissances dans notre ville, nous mettons beaucoup d'arbres », se réjouit-il.



Jean-Luc Deroo a donné un coup de main symbolique, cette semaine, pour la plantation des peupliers d'Italie, mais ce sont les services municipaux qui se sont attelés à la tâche, qui doit être terminée en milieu de semaine prochaine. Quelque deux cent dix arbustes vont rejoindre leurs aînés, donnant ainsi un ensemble consistant et varié.


« Laisser un monde viable »


« Nous avons voulu mettre plusieurs essences d'arbres car une seule aurait rapidement épuisé le sol,
précise le jardinier. En cas de maladie, nous n'aurons pas de réaction en chaîne et puis les oiseaux seront différents, avec mêmes des papillons ou des lapins qui aiment certains arbustes ».


Pour l'aspect plus politique, ce geste est une façon de montrer l'engagement de la ville pour la préservation de l'environnement.


« Les défis majeurs du vingt et unième siècle, avec la modification du climat et la disparition d'espèces, doivent guider nos actions pour laisser un monde viable »,
écrit Alain Cappe, en charge de l'Agenda 21 halluinois avec Hamza El Kostiti. Un agenda qui n'est toujours pas connu à ce jour.


L'opération a coûté 3 284 euros pour les 298 arbres, auxquels il faut ajouter vingt-neuf arbres achetés grâce à la dotation annuelle de Lille Métropole Communauté urbaine.


(Archives, VdN, 13/3/2010).

 

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 06:51

 


Pendant 34 ans, « Les Aiglons » ont écrit quelques-unes des plus belles pages artistiques et sportives de l’histoire locale.

 

André Deblauw, fondateur de l’association « Les Aiglons » avec ses amis Walter Debusscher, Robert Lepoutre et Paul Houte, a publié en février 1995, aux Editions de la Lys à Lille (Nord), un livre de souvenirs racontant l’histoire de cette société.

 

A l’époque, en 1937, il n’existait que deux équipes de football et deux sociétés de gymnastique.


Décidés à agir seuls, en toute indépendance, les quatre hommes eurent quelques difficultés à faire démarrer une association sportive basée sur l’épanouissement des jeunes athlètes et non sur la recherche des performances. Même si les Aiglons remportèrent souvent de belles victoires dans des disciplines telles que la gymnastique, le tir, l’escrime… Après un bel envol, un coup d’arrêt pendant la guerre 39-45, puis le développement de numéros aux anneaux, les Aiglons connurent une certaine gloire et le succès, surtout grâce à leur section « artistique ».

 

Pendant trente-quatre ans, André Deblauw anima la société qu’il avait portée sur les fonds baptismaux, mais dût finalement interrompre ses activités suite à des problèmes de santé. Aucun de ses amis ne voulut continuer sans lui et les Aiglons arrêtèrent donc volontairement leur envol.

 

C’est cette histoire que l’on peut revivre dans les feuilles d’un livre, que je vous invite à feuilleter…

 

La société « Les Aiglons » comportait plusieurs sections : artistique, escrime, sports de combat et de défense, tir, culturisme et musculation. « Le foyer », où se réunissaient des sportifs de tous âges et conditions, fut aussi un des hauts lieux de l’histoire de l’association, et tout particulièrement pour sa section culturelle.

 

Malgré une terrible infirmité, conséquence de la poliomyélite qu’il contracta très jeune, André Deblauw son fondateur, apporta au sein du groupe un dynamisme extraordinaire. Avec la jambe gauche paralysée, il arriva à force d’énergie et de courage, à devenir un acrobate de grande classe, réalisant des numéros exceptionnels de force, celui par exemple, au cours duquel il supporta plus de 300 kilos


Les membre de la société Les Aiglons lui vouaient d’ailleurs une confiance et une affection unanimes, et ce malgré l’esprit de stricte discipline qu’il n’a cessé d’exiger de tous.

 

Les premiers entraînements de la société se déroulèrent dans des conditions qui furent tout sauf faciles : chaque samedi après-midi, les adhérents s’entraînaient sur le terrain de sports de l’Olympique rue de Lille. En cas d’intempéries, il était prévu qu’ils rejoignent des vestiaires désaffectés. Malgré leur manque de moyens, les Aiglons se distinguèrent rapidement par leur bonne humeur et leur organisation. Les adhésions se multiplièrent et la société devint vite célèbre… notamment pour ses cours d’éducation physique corrective, qui permirent de corriger maintes scolioses.

 

La société n’avait pas encore deux années d’existence quand une première réunion artistique fut organisée le 23 avril 1939 dans la salle paroissiale du Mont d’Halluin. Ce fut un important succès, auquel allait toutefois bientôt succéder la tristesse apportée par la seconde guerre mondiale. Certains Aiglons furent tués au combat (Walter Debusscher, Michel Danset), d’autres durent fuir pour échapper au travail obligatoire, ou furent envoyés en Allemagne.

 

Le jeune Walter Debusscher, Maréchal des Logis au 21ème Régiment d’Artillerie Coloniale fut tué le 9 juin 1940 ; Il allait avoir 20 ans le 18 juillet de cette même année. Membre fondateur, il était toujours resté fidèle à sa société, et à chaque permission, il venait passer de longues heures chez son ami André. Quant à Michel Danset tué dans les combats de la Libération en septembre 1944, il était le meilleur espoir de la section d’escrime catégorie jeunes, cadets, membre également des sections culturisme et musculation ; c’était aussi un étudiant brillant, et à 16 ans il était déjà développé comme un athlète adulte, mais surtout il était très dévoué et disponible pour sa société Les Aiglons.

 

Le soir du 22 juin 1941, André Deblauw était victime d’un grave accident au cours de l’essai d’un nouveau numéro très difficile et dangereux. Ce dernier fut projeté tête en avant d’une grande hauteur, et ne fut sauvé que grâce à une constitution robuste. Il n’eut aucune fracture, mais subit un traumatisme crânien. Cet accident était entièrement de sa faute, car il n’avait pris aucune précaution, et avait eu la stupidité de chahuter pendant ce nouveau numéro très dangereux.

 

Malgré toutes ces difficultés, l’association poursuivit toutefois ses activités durant ces « années noires » : Dès 1941, il y eut des séances pour les prisonniers et leurs enfants, puis pour les familles nombreuses, organisées par Gérard et André Verkindère.


Le 22 novembre 1942, un grand gala artistique fut agencé dans la salle de spectacles du cercle catholique, rue de la Gare, qui était pleine à craquer, où Les Aiglons ont obtenu un succès triomphal ; cette salle était assez haute pour produire le numéro aux anneaux, au-dessus des spectateurs.


Par la suite,Les Aiglons furent notamment sollicités par la section d’athlétisme de l’Union Halluinoise pour fournir un numéro de music-hall. Ils durent ainsi jouer trente-deux fois à Halluin, depuis 1939, sans jamais lasser le public galvanisé par de telles performances physiques. Aussi il fallait compter sur les innombrables séances produites dans toutes les villes de la région.


 
Des démonstrations d’escrime et de sports de combat étaient également organisées à cette époque.

 

A la fin de la guerre, le nombre d’adhérents rendait un déménagement indispensable. L’association loua donc une usine désaffectée qui avait précédemment été utilisée comme entrepôt de lin. Nettoyé et transformé en une superbe salle équipée de différents agrès, sans oublier un bar, une bibliothèque et des tables de ping-pong, un baby-foot pour la détente, l’endroit fut réclamé par le propriétaire un an plus tard.

 

Face à une augmentation de loyer beaucoup trop lourde pour leur budget, LesAiglons se retrouvèrent dans une situation précaire, dont les tirèrent les présidents actif et d’honneur des anciens combattants de l’UNC : Maurice Toulemonde et Henri-France Delafosse. Ces derniers leur offrirent en effet d’utiliser gracieusement la vaste et belle salle des fêtes et de réunions du « Foyer de la Paix » rue Emile Zola.

 

Cette heureuse solution présentait toutefois un sérieux inconvénient : le plafond était trop bas pour exécuter les exercices d’acrobatie et de gymnastique. Les autres sections purent néanmoins s’y entraîner pendant plusieurs années, jusqu’au moment où Les Aiglons purent louer l’ancien piqûrage des Etablissements Paul et Jean Tiberghien, à côté de l’église du Mont.


Ils utilisèrent ce bâtiment pendant sept ans, qui leur permit d’organiser de nombreuses activités – entraînement mais aussi bibliothèque, galas, bals, cinéma amateur – avant sa mise en vente et sa transformation par la suite en une école, celle de Saint-Alphonse.

 

Les adhérents de l’association durent à nouveau « travailler dur pour construire un autre local, encore dans une usine désaffectée en mauvais état » est-il rappelé dans le livre qui lui est consacré. 


Ces perpétuels déménagements n’ont cependant pas empêché Les Aiglons de former des athlètes souvent célèbres dans toute la région. La section sports de défense et de combat était particulièrement  connue, notamment pour la sévère discipline qui y régnait.

Pas question, en effet, de chercher la bagarre : le sport y était conçu comme une école de vie et non comme un moyen d’écraser les plus faibles. Une ambiance identique régnait au foyer, où les vols et les disputes étaient inconnus.

 

Quelques personnalités truculentes comme Joseph Demeyer dont le sens de l’humour était légendaire, sont venues égayer les rangs des Aiglons. La société comptait aussi un « miraculé », Joseph Cappelier qui, engagé dans l’Armée belge en 1940, avait eu le cou  traversé de part en part par une balle. Il fut recueilli par des soldats allemands et survécut, sans qu’aucun organe vital n’ait été endommagé.

 

La section « phare » des « Aiglons » fut certainement celle consacrée à l’acrobatie et aux numéros artistiques. On peut même dire que certains de ses adhérents, et adhérentes ! connurent une belle gloire.


Les représentations ou Les Aiglons effectuaient des exercices aériens à l’aide de cerceaux, échelles et cordes (numéros détaillés plus loin) ont attiré les foules pendant des années. Ainsi, pour les fêtes du centenaire de l’église Saint-Hilaire d’Halluin, en 1956, le programme dont ils étaient les vedettes a attiré un public record sur la place, devant l’édifice religieux. 

La section escrime des Aiglons en 1956 était notamment composée de : Marcel Trachet, Jacques Mahieu, Jean-Pierre Vermeersch, Jean-Pierre Meunier, Lucien Callewaert, Willy Deprez, Jacky Lossery, Adrien Vandewattine, Alain Lameire, Marcel Vancoillie.
 

Germaine Tacquet, épouse d’André Deblauw, décédée en octobre 91, fut une des grandes figures féminines de l’association. Tout comme Jacqueline Tacquet et Ginette Van Hecke, particulièrement douées pour les numéros acrobatiques les plus difficiles. Quant aux spécialistes de plongeons, c’étaient Paul Houte et Arthur Tant, qui passaient notamment à travers un cercle de feux.

 

Un petit groupe appelé « Les trois Aiglons » se distingua aussi par des numéros extrêmement dangereux. Ils furent à juste titre surnommés « Les acrobates de la mort ». Yvonne De Ridder fut la première élève de la section féminine et la première partenaire des « trois Aiglons » ; trapéziste, équilibriste et contorsionniste, elle fut rattrapée en pleine gloire par la mort, suite à une grave maladie.

 

Yoland Van Baelen lui succéda aux côtés de Paul Houte et André Deblauw, dont le nom d’artiste était André d’Avelys.

 

Les Aiglons purent, grâce à leur flatteuse réputation, participer aux tournées des Roubaisiens Gaby Verlor et Jean Davril. Ils côtoyèrent aussi Georges Milton, célèbre vedette de cinéma des années 30 à 38.

 

Disposant aussi d’un important répertoire de sketches et pièces uniques, ainsi que de plusieurs comédiens de talent, tels Joseph Demeyer, Nicadore, Jean-Pierre Quartier, Robert Lepoutre ou Joseph Losfeldt, les Aiglons étaient capables de présenter plusieurs heures de spectacle varié. Des spectacles, il est vrai, à faire frémir le public, surtout quand on sait qu’à l’époque, les files et les câbles de sécurité n’existaient pas.

 

Une simple défaillance pouvait alors se payer très cher : « Il fallait réussir ou périr » était-il rappelé dans le livre. Aujourd’hui encore, la description de certains numéros fait froid dans le dos : équilibres tête à l’envers et à grande hauteur, sur un échafaudage construit à l’aide de tables, chaises, bouteilles et échelles… Ou encore sur la rambarde du phare de Dunkerque !

 

En effet, l’halluinois André Deblauw fut le seul qui se soit risqué à faire un équilibre impeccable sur la rambarde, au,sommet du phare de Dunkerque, ceci devant de nombreux témoins, qui plus est, dans le mauvais sens en plus, comme le répétait souvent Paul Houte ; exploit très difficile à réaliser, à cause du vent du large qui souffle toujours très fort à cet endroit.

 

Si Les Aiglons arrivèrent même à créer des numéros fantastiques, art périlleux et toujours inédit ; le numéro d’équilibriste au-dessus des baïonnettes était le plus dangereux et le plus difficile à réaliser.


Ce numéro consistait à tenir en équilibre sur des échafaudages fragiles, instables, composés de tables, de quatre bouteilles, de chaises et d’échelles, en évitant la moindre secousse, et situés au-dessus d’une baïonnette, il fallait descendre en fléchissant sur les bras pour mettre la pointe de cette dernière sur la gorge ; ensuite remonter le poids d’un corps de 80 kilos, redescendre à la force des bras pour faire pénétrer l’arme profondément dans la bouche, remonter, puis redescendre une troisième fois pour placer cette pointe entre les deux yeux.


Tous les équilibristes et anciens gymnastes savent à quel point il est difficile et dur de faire l’équilibre en force, mais en plus descendre et remonter trois fois le poids du corps, c’est quelque chose ; surtout quand il y a la mort au bout, une défaillance ou une glissade et l’      arme aurait été enfoncée jusqu’à la garde, à cause du poids du corps.

 

Il fallait une foi absolue en la solidité de ses muscles pour prendre de tels risques mais parole « d’Aiglon », le public adorait cela.

 

Un autre numéro difficile et dangereux provoquait l’enthousiasme du public : Deux chaises étaient placées debout sur une table de café, siège contre siège, entre les deux, une baïonnette était solidement fixée. André Deblauw faisait l’équilibre sur les deux dossiers des chaises, ainsi écartées au-dessus de la baïonnette, tandis que son partenaire Paul Houte se lançait dans un plongeon formidable, pour passer au-dessus de la baïonnette et sous son partenaire en équilibre. Il ne pouvait toucher ni son partenaire ni la baïonnette.


Ce beau numéro obtenait toujours une ovation frénétique et prolongée. Tenir en équilibre sur deux chaises posées sur une table, avec en plus une baïonnette au milieu, était déjà d’un haut niveau, mais y exécuter un plongeon d’une extrême précision, cela devenait spectaculaire.

Il y avait ainsi une dizaine de numéros combinés d’équilibres et de plongeons, tous plus difficiles les uns que les autres.

 

De même le numéro aux anneaux avait la faveur du public, surtout s’il pouvait être exécuté à grande hauteur et au-dessus du public, dans les grandes salles ou en plein air.


C’était un travail très dur et épuisant. Il fallait grimper plusieurs mètres de corde pour atteindre ces anneaux. Au trapèze, on peut récupérer et se reposer un instant en se mettant debout ou assis sur le trapèze, mais aux anneaux il n’y a pas de répit, et il faut disposer davantage de force, d’énergie et d’agilité, surtout à cette hauteur.


André Deblauw avait réussi à créer un numéro sensationnel, unique au monde et qu’aucun champion olympique, selon lui, n’a été capable de réaliser, même à hauteur normale.

 

Après les plus beaux numéros classiques, croix de fer en équilibre, planche libre, casse-cou, etc. L’halluinois remontait les bras tendus sur les anneaux par renversement, les jambes pointées vers le haut, puis debout sur les bras tendus, il se lançait tête en avant dans le vide, pour tourner en dislocations avant, à une vitesse fantastique, pour effectuer ensuite une série de dislocations arrière.


L’effort et l’énergie, que ce numéro exige, sont indescriptibles ; il faut bloquer la respiration pour tourner le plus vite possible. La réaction du public était à chaque fois formidable, mais l’artiste, lui, est complètement ivre d’avoir tourné à cette vitesse record ; heureusement que le temps de ces longues ovations lui permettait de récupérer et de reprendre le contrôle de lui-même.

 

Le troisième numéro était un numéro aérien de toute beauté, produit par sept femmes et un homme. Les exercices de voltige étaient audacieux et spectaculaires mais trop difficiles à décrier. Dans un des derniers numéros, le partenaire tient horizontalement une lourde échelle par les dents, et deux partenaires produisent leur numéro à chaque extrémité. Lorsqu’il faisait ce numéro avec deux partenaires hommes, il soutenait un poids de 150 kilos par les dents, et pendu par les genoux qui devaient être d’un solidité à toute épreuve ; surtout dans le dernier numéro dans lequel il portait ainsi ses sept partenaires, dont le poids impressionnant était de 380 kilos, dans une telle position, suspendu par les genoux, c’était incroyable !

 

Il est dit que les meilleures choses doivent avoir une fin. Ce mot mit un terme à l’histoire des Aiglons au début des années 70, quand les adhérents décidèrent de ne pas poursuivre l’œuvre d’André Deblauw en l’absence de ce dernier. Ultime fidélité au fondateur de cette société.

 

  

Ce récit est tiré du livre « Histoire de la société artistique sportive et culturelle « Les Aiglons » (160 pages et documents) par l’halluinois André Deblauw.

 

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:52

 

 

 

Lucien Poncet (1899-1965) fut le fondateur et directeur de l’usine dite du caoutchouc, chemin de Neuville.

 

Dans les années 20 et 30, étaient fabriqués, à cet endroit, des pneus de tous calibres même des pneus d’avions. Il était ce qu’il est convenu d’appeler un patron d’avant-garde.

 

En même temps que l’usine, il fit construire une longue rangée de maisons pour les ouvriers et trois villas, pour les directeurs, qui existent encore en face du moulin d’Halluin.

 

Une distribution gratuite de lait était attribuée aux ouvriers pour neutraliser les poussières nocives du caoutchouc, ce qui était rare dans la période 1920-1930.

 

Les salaires étaient les meilleurs de la région, mais les conflits sociaux et les difficultés l’ont obligé à transférer toutes les activités de l’usine à Thionville en Moselle.

 

Lucien Poncet était aussi Président du Rotary Club, Conseiller de la Banque de France et Chevalier de la Légion d’Honneur

 

Il repose avec sa mère au cimetière d’Halluin (Entrée principale route de Neuville allée BD) 

 

 

Récit de l'Halluinois André Deblauw .

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:21

 

 

Il y a peu, le 30 avril 2007, Mathilde Brispot fêtait ses cent ans à la maison de retraite d’Halluin. Mariée deux fois, elle a eu deux filles, treize petits-enfants et dix-huit arrière-petits-enfants. Première femme de chambre chez différents industriels, notre centenaire actuelle a eu l’honneur de dresser la table et de servir le Cardinal Liénart évêque de Lille.

 

Cet anniversaire récent est un évènement important, qui nous renvoie à un autre moment de l’histoire locale que relate M. Vanoverschelde, l’anniversaire de la première centenaire halluinoise à l’automne 1939, en l’occurrence son arrière grand-mère.

 

C’était à l’automne 1939. Delphine Duvoskeld-Destailleur et tous ses proches n’ont pas laissé passer l’évènement.


La vieille dame était entourée pour la circonstance de toute sa famille, des cousins, des cousines… Bref d’une centaine de personnes.


Autant de personnes qui ont posé pour la photo officielle devant la première mairie située alors rue abbé Bonpain, en présence du maire de l’époque M. Petit.

 

A ce moment, même si la guerre était encore qualifiée de « drôle », les déplacements n’étaient pas toujours faciles et c’est un véritable cortège qui a quitté l’église Saint-Alphonse du Mont pour rejoindre la mairie.

 

La centenaire était encore très vaillante et c’est elle qui a lancé au maire, durant la réception officielle, un retentissant « y’en a plus » en regardant son verre.Elle parlait du champagne bien entendu.

 

Mme Duvoskeld a eu une longue descendance parmi laquelle figure notamment Charles Vanoverschelde qui a été élu conseiller municipal en 1946, avant de devenir maire en 1957.


Fonction qu’il occupera jusqu’en 1971, époque à laquelle il décida, en fonction de son âge, de ne plus se représenter. Il devait disparaître en septembre 1978 à l’âge de 84 ans.

 

Mme Duvoskeld devait quitter cette terre à l’âge de 102 ans.

 

Mais la municipalité voulait, à l’occasion de la cérémonie du centenaire faire un important cadeau à la dame. Ils eurent pour la circonstance une idée que l’on pourra qualifier sans crainte de se tromper de « bizarre ». Ils ont en effet envisagé un moment de lui payer un caveau et un monument funéraire.

 

Avec beaucoup de fierté, en apprenant cette idée d’un goût douteux, l’un des fils a répondu par la négative à cette proposition : « On est des ouvriers mais on a besoin de personne » a-t-il ajouté.

 

La cérémonie officielle en mairie a été suivie d’un grand banquet bien entendu. Mais un banquet où chaque famille a payé son écot. Les bons comptes font les bons amis… 


En cette année 2007, Halluin compte une seconde centenaire, il s'agit de Marie-Louise Bisbrouck, que sa communauté nomme aujourd'hui soeur Marie-Odile, née à Halluin le 5 avril 1907. Cette fête se déroula à Saint-Quentin où elle réside. Elle a reçu un cadeau de la Ville d'Halluin.

(Archives et Synthèse D.D.).
 

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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 19:12



Le plus grand nombre de jeunes Halluinois, sont nés ou naissent à Menin (Belgique).


La quasi-totalité en tout cas naissent en clinique. C’est tellement évident qu’un accouchement à domicile constitue un véritable évènement.

 

Ce qui est vrai aujourd’hui ne l’était pas, beaucoup moins en tout cas, avant la dernière guerre.


C’était alors le temps de la gloire pour les sages-femmes. C’est tellement vrai que dans presque chaque commune une ou plusieurs d’entre elles sont devenues de véritables personnages…

 

Qui, par exemple, n’a pas connu avant la dernière guerre à Halluin, « Sidonie », même si le plus souvent on ignorait que son nom de famille était Valcke... Née à Halluin, le 20 Mai 1858, fille de Pierre Valcke et de Constance Vanwalleghem.

 

Ils sont des centaines et des centaines pour ne pas dire plus à avoir été mis au monde par Sidonie. On parlait avec admiration et affection de cette femme courageuse, dévouée et aimable qui remplissait son rôle à la perfection.

 

Le docteur Louf qui l’avait très bien connue, disait qu’elle était admirable et qu’elle a rendu des services inappréciables, jour et nuit, tant aux accouchements que pour les soins aux enfants. 

C’était la première !

 

Veuve de Evariste Pattyn, Sidonie est décédée à Halluin, le 22 Août 1942, mais les plus anciens parlent souvent d’elle encore à Halluin.

 

Lors des baptêmes, Sidonie était en tenue d’apparat… portant le bébé comme c’était la coutume. Une sorte d’heure de gloire pour la sage-femme qui était aussi et dans toute l’acceptation du terme une femme sage !

(Archives D.D).

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 19:55

 


Les légendes et superstitions avaient jadis une grande importance à Halluin ; André Deblauw nous les raconte à sa manière :

 

Nombreux étaient ceux qui, la nuit venue, évitaient de passer chemin de la Grande ville, actuellement rue Dennetière, parce qu’il longeait les ruines du château du Molinel, et que la nuit venue, le fantôme d’une femme planait au-dessus de l’étang ; à cette époque, il n’y avait pas de maisons à proximité.

 

D’autres n’osaient pas passer à côté du cimetière, qui avait alors une haie comme clôture à cause des fantômes et des petites lumières. Sans doute s’agissaient-ils de feux follets à cause du phosphore des os, bien que ce phénomène soit très rare.

 

Un homme qui était pourtant très intelligent, racontait l’histoire de ces gens qui se rendaient au Mont chez des amis, ou dans la famille et qui, arrivés près du pont de la Becque, chemin de Neuville, aperçurent, au-delà du pont,  (près de ce grand arbre, un halo qui fut présent très longtemps jusqu’à ce que le marbrier Vervaecke y construisit son atelier, il n’y avait alors pas de maisons dans ce secteur) trois sœurs sans tête… bigre ! Il y a de quoi perdre la sienne.

 

Plus près de nous en 1938, des gens prétendirent avoir vu l’abbé Coulon dans le ciel, sur le côté du clocher de l’église du Mont, qu’il avait fait construire. Certains restèrent longtemps à scruter certains soirs le retour de l’abbé, alors qu’il reposait tranquillement dans le caveau des curés.

 

A cette époque, Clémence était une vieille cartomancienne, de la rue de l’abattoir, qui avait fait ce métier toute sa vie, en gagnant beaucoup d’argent. Elle avait surtout une importante clientèle belge, à qui elle prédisait l’avenir. Pourtant un jour sa maison fut cambriolée, mais elle ne l’avait pas vue dans les cartes !

 

Aussi, les gens se réunissaient souvent jadis pour passer d’agréables soirées. La télé et la radio n’existaient pas encore, mais une ambiance formidable régnait ; parfois des soirées crêpes s’organisaient, et les histoires fantastiques y avaient leurs places. Ceux qui les inventaient, y croyaient presque ;


Pourtant ces superstitions étaient parfois malfaisantes. Un vieillard nommé Charles Louis, intelligent et d’une grande bonté, qui était bossu et qui avait toujours gagné sa vie en travaillant dans le textile, offrit un jour un pain gâteau au petit garçon de ses voisins ; Dès qu’il fut parti, la mère arracha vite ce petit pain des mains de son fils, en disant que c’était peut-être un sorcier qui lui jetait un sort !! Comme quoi, à toute époque, la stupidité humaine n’a pas de limite… 



(Archives D.D.).

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 19:46



Il ne faut pas confondre le château du Molinel avec celui des Seigneurs d’Halluin qui était situé près de la Lys, à proximité du nouveau pont de la route de contournement d’Halluin Est vers Reckem Courtrai.

 

Au cours des travaux de construction de cette route et du redressement de la Lys, les ouvriers se sont heurtés à une maçonnerie impressionnante et rebelle. Même au marteau piqueur, il a fallu contourner cette masse et creuser pour la dégager. Les ouvriers ont mis ainsi à jour la base de deux tours, l’une de douze mètres de diamètre, et l’autre de neuf mètres avec des murs de trois mètres d’épaisseur ; ils ont aussi découvert un pan de mur de 1 m 75 d’épaisseur bâti de briques mesurant 30 cm sur 20.

 

L’unique vestige de ce château était encore visible en 1940. Il s’agissait d’une des tours carrées du château, jusqu’à hauteur du premier étage, le plafond qui existait encore en partie était une voûte de briques. Sur le mur extérieur qui se reflétait dans l’eau (car le château était entouré d’eau) les quatre créneaux étaient bien visibles, ils s’élargissaient à l’intérieur comme un entonnoir pour permettre de mieux tirer à droite ou à gauche à l’arc ou à l’arbalète. Du côté opposé à ce mur, on distinguait bien la porte d’entrée de l’intérieur qui se reflétait elle aussi dans l’eau et formait dans le bas un rectangle clair.

 

Le premier Seigneur connut fut Guillaume de Lichtervelde, Seigneur d’Assebroucq, Coolscamp et Molinel, car la ville d’Halluin ne fut française qu’à partir du règne de Louis XIV. Guillaume de Lichtervelde épousa Marie de Gremberghe, fille de Gérard, châtelain de Ninove. Il mourut en 1240 (le château était donc très ancien). Il eut quatre enfants Marie, Jeanne, Jean et Baudouin. Marie hérita de la seigneurie du Molinel, elle épouse Jacques de Hallewin, Seigneur de Gavre et Hamsbeke, mort en 1263.

 

Le rapport des marguillers d’Halluin nous apprend qu’en 1384,  Hugues de Hallewin était Seigneur du Molinel, et que le 18 juillet 1409 Jehan de Hallewin fonda une chapelle de la Sainte Vierge dans le château du Molinel.

 

Cette tour, qui, je le rappelle, était le dernier vestige visible du château, fut détruite par les soldats écossais pendant la guerre, afin de récupérer les grandes briques pour construire une casemate dans la pâture de l’autre côté de la route, où se trouvent maintenant les maisons et appartements de la Cense Manoir.

 

C’était le plus ancien vestige d’Halluin et de la région encore debout, les autres n’étaient plus que des fondations sous terre. Ce château fut probablement construit aux environs du dixième siècle, puisque le premier Seigneur connu est décédé en 1240.

 

Le petit pont, où venait se poser le pont levis qui servait à entrer dans le château, s’écroula, il y a une vingtaine d’années, à force d’être escaladé par les visiteurs !

 

Ce château fut pris en 1488 par les Français qui occupaient Courtrai et fut à moitié démoli par ces derniers. Reconstitué par la suite, il fut pris en 1579 par les Ecossais qui s’étaient rendus maître de Menin, et fut presque entièrement brûlé. Le château était déserté par ses défenseurs qui étaient partis au secours du château des Seigneurs de Comines. 


Robert Lepoutre et moi-même (André Deblauw) nous avons récupéré des morceaux de verre d’un vitrail, dont une extrémité avait commencé à fondre, sans doute sous l’effet de l’incendie. Nous possédions aussi des débris de poteries. Quant au château du Molinel, il fut souvent question d’un souterrain, nous avons même eu l’autorisation de faire des recherches et des fouilles, mais pour un laps de temps trop court et avec des moyens dérisoires, nous n’avons rien trouvé… Mais au fait, un souterrain pour aller où ?

 

 

Ce récit nous le devons à M. André Deblauw président-fondateur de la Société Artistique, Sportive et Culturelle « Les Aiglons ».

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 07:14
 

Une première française à Halluin (Nord)

 

 Le 2 septembre 1939, dès le premier jour de la guerre, Henri-France Delafosse, président actif de la section halluinoise de l’Union nationale des anciens combattants, convoquait sa commission et proposait la création d’une œuvre qui s’intitulerait : « Entraide aux combattants halluinois »


C’est ainsi que le 12 septembre 1939, la première du Nord et de toute la France, Halluin constitue un bureau pour venir en aide aux combattants halluinois. Cette initiative eut un très grand retentissement et marqua fortement l’histoire de la vie locale.

 
Ceci fut possible grâce à la mobilisation de toute la ville, notamment des sociétés patriotiques et au dévouement inlassable de plusieurs halluinois qui se sont dépensés généreusement pendant toute la durée de la guerre 1939-1945.

 

C’est l’historique de cet évènement local que je vous détaille ci-après :

 

 Les 2 et 12 septembre 1939 :

 

Le premier comité d’entraide aux combattants français

était créé par les halluinois.

 

En effet, le 2 septembre 1939, l’état de guerre étant déclaré entre la France et l’Allemagne, M. Henri-France Delafosse, président de la section locale de l’Union nationale des anciens combattants, convoquait, le même soir au siège « Foyer de la Paix », les membres de la commission.


Il leur expose que si les anciens combattants de 1914-1918 sont désormais trop âgés pour servir activement leur pays, ils ont néanmoins le devoir moral de venir en aide à ceux qui prendront au front la place qu’ils ont occupée vingt-cinq années auparavant. M. Delafosse propose dans ce but de créer sans tarder, dans la Ville d’Halluin, une œuvre qui s’intitulera : « Entr’aide aux Combattants Halluinois ».

 

Afin de donner à cette œuvre toute l’ampleur désirable, sur la proposition de son président, l’amicale halluinoise des anciens combattants, décide de faire appel à toutes les autres sociétés patriotiques de la ville, ainsi qu’à différentes personnalités, dont la situation ou la condition sociale, sont à même d’apporter le plus précieux concours. Le président des anciens combattants se fait alors octroyer le mandat de mener à bien, toutes les démarches utiles, mission dont il s’acquitte sans tarder.

 

Ses démarches ne tardent pas à être couronnées de succès. Il obtient immédiatement le concours du groupe halluinois des mutilés, dont il est d’ailleurs lui-même vice-président. Henri-France Delafosse s’adresse ensuite à M. Victor Hottelart, président de l’union des sociétés patriotiques et de la société de secours mutuels des anciens sous-officiers ; il reçoit de ce dernier l’accueil le plus chaleureux et le plus encourageant, M. Hottelart, acceptant non seulement la présidence d’honneur qui lui est proposée, mais aussi promet son concours financier ainsi que celui de la société qu’il préside.


C’est ensuite M. Maurice Toulemonde, président du syndicat d’initiative « Les Amis d’Halluin » qui apporte spontanément le concours et l’appui de cet organisme.

 

Messieurs : Gustave Menet président des Anciens militaires, Edouard Delattre président des Frères d’armes, Alfred Maret président des Archers, Achille Descamps président de la Concordia Harmonie, Jules Verraes président de la Philarmonie, Jean Sion président et  Pierre Defretin délégué du Cercle Industriel, assurent tous Henri-France Delafosse président des anciens combattants, de leur généreux concours et leur entier dévouement.

 

C’est ainsi que le 12 septembre 1939, la première Ville du Nord et de toute la France, HALLUIN constitue un bureau et lance un appel  à la population halluinoise, dès le 8 septembre, affichée en ces termes :

 

 « APPEL A LA POPULATION HALLUINOISE »

 

Tous les Anciens Combattants se souviennent de la détresse de leurs camarades du front, qui laissant à leur foyer, femme ou enfants nécessiteux, se trouvaient sans aucune des ressources qui pouvaient adoucir un peu, les rudes privations du soldat en campagne.

 

Aujourd’hui pour tenir la parole donnée à ses Alliés, la France, champion du droit et de la liberté des peuples, a dû appeler sous les armes, les meilleurs de ses enfants. Pour beaucoup de ceux-ci, la pénible situation de leurs aînés de la guerre de 1914-1918 va se renouveler.

Il ne faut pas que ceux de nos concitoyens du front qui seraient dans une gène profonde soient abandonnés par leurs frères d’Halluin.

 

L’Amicale Halluinoise des Anciens Combattants et le Groupe Halluinois des Mutilés ont décidé la formation d’un Comité d’entr’aide aux Combattants Halluinois ; qui sera formé des membres de la Commission de ces deux groupements, auxquels viendront se joindre certains de nos concitoyens bien connus pour leur dévouement et leur philanthropie.

 

Déjà des dons importants ont été souscrits et tous les Halluinois, surtout ceux qu’épargne la mobilisation, sont invités à donner de leur superflu, peut-être même un peu de leur nécessaire, pour alléger les privations de nos combattants, et maintenir chez eux, le moral indispensable, en ces heures pénibles.

 

Dès la semaine prochaine, une permanence, qui fonctionnera tous les jour, sera installée au FOYER DE LA PAIX, où l’on pourra faire inscrire indistinctement tous les combattants, auxquels des secours pourraient être utiles.

 

                          HAUT LES CŒURS                            VIVE HALLUIN

                                                          VIVE LA FRANCE

 

 

Cette réunion du 12 septembre s’ouvre donc sous la présidence provisoire de Monsieur Delafosse président de l’Amicale des anciens combattants. On y compte quarante présents.

 

Après avoir salué l’assistance, remercié d’avoir répondu à son appel, envoyé un émouvant hommage à tous les Halluinois ayant obéi simplement, mais courageusement à leur ordre de mobilisation, le président donne lecture des grandes lignes de l’œuvre qu’il veut mettre sur pied et fait prendre à chacun, l’engagement de servir en acceptant d’avance, les fonctions qui lui seront dévolues.


L’œuvre aura pour but de venir en aide par tous les moyens dont elle pourra disposer, à tous les mobilisés halluinois, en commençant par les plus nécessiteux et les prisonniers de guerre.

 

Elle sera placé sous la présidence d’honneur de Monsieur Victor Hottelart, président de l’Union des sociétés patriotiques et administrée par un président actif et trois vice-présidents.

 

Les trois vice-présidents seront en même temps président d’une des trois commissions composant l’œuvre :

La première sera chargée de la recherche des dons, tant en nature qu’en espèces.

La seconde, chargée de la répartition de ces dons.

La troisième chargée du contrôle, de la vérification de la caisse et des écritures.

 

Après la ratification à l’unanimité de la présidence d’honneur offerte à M. Hottelart, il est procédé à l’élection du bureau définitif. Sont élus :


Président actif : Henri-France Delafosse directeur de banque

Vice-présidents : Pierre Defretin industriel, Maurice Toulemonde négociant et Louis Péraudeau Chevalier de la légion d’honneur percepteur de la ville d’Halluin

Trésorier : Julien Verhulst comptable

Secrétaire général : Paul Parent comptable.

 

Le président énumère les premiers dons versés par les sociétés patriotiques pour un total de 17.000 francs.

 

Dès le lendemain, tous les membres du comité, observant strictement les instructions du bureau, se mettent à l’ouvrage. La composition du comité inspirant à la population halluinoise la plus entière confiance, celle-ci répond généreusement à l’appel lancé.

 

Toutes les sociétés de la ville veulent contribuer au succès, et s’inscrivent pour des sommes en rapport avec leurs disponibilités. Aucune pression, mais partout de l’élan, les industries, le commerce, les banques apportent leur tribut, mais le geste le plus beau est bien celui d’un contremaître des Ets Sion Frères, M. Nicolas Payen qui, au cours de la réunion du septembre, apporte au trésorier une somme de 1.093,45 francs montant d’une collecte entre ses camarades d’usine.


Ce geste est un signal pour toute cette population laborieuse d’Halluin, dont parfois on a dit tant de mal, et qui va prouver par sa générosité, sa solidarité, l’ardeur de son patriotisme. En effet, les collectes d’usine se répètent et se propagent. Elles se font bientôt dans plus de 15 établissements industriels de la ville et, si on ajoute les dons en nature, on évalue à quelque 200.000 francs le montant total des ressources mises à la disposition du comité.

 

Tous les chiffres sont vérifiés par la commission de contrôle, déposant son rapport à chaque assemblée général mensuelle. Son président M. Louis Péraudeau, percepteur ayant fait valoir ses droits à la retraite, quitte la ville en janvier 1940, au grand regret de tous ses collaborateurs et des membres du comité d’entraide.

 

Dans sa réunion du 27 février 1940, au siège du « Foyer de la Paix », l’assemblée générale appelle aux fonctions de vice-président et président de la commission de contrôle, M. Léon Vandewalle Officier d’académie. Après acceptation de ces fonctions, celui-ci succède à M. Péraudeau.


Concernant l’action en faveur des mobilisés, c’est à la commission présidée par l’infatigable Maurice Toulemonde, qu’échoit la tâche la plus accablante de toutes. Dès la fondation de l’œuvre, une permanence journalière est établie au siège. Elle permet le recensement de tous les mobilisés et l’établissement pour chacun d’eux d’une fiche individuelle, portant au recto, les nom, adresse civile, situation de famille et adresses militaires successives. Le verso de la fiche étant destiné à recevoir les émargements des secours accordés.

 

Ainsi en quelques jours, 1300 mobilisés sont recensés ; chiffre imposant, mais qui permettra néanmoins, au comité d’entraide, d’adresser à chacun d’eux pour Noël 1939, les douceurs d’un colis ou les bienfaits d’un mandat.

 

A Cette date, en effet, nous relevons : 953 colis représentant une dépense de 43.080,05 francs,et 362 mandats représentant une dépense de 7.270,00 francs.

 

Les colis étant réservés aux soldats en secteur postal, et les mandats sont adressés aux mobilisés de l’intérieur

 

Si chaque colis représente pour les finances de l’œuvre, une dépense de 45 francs, sa valeur marchande en est toutefois plus élevée, car il y a lieu de tenir compte des dons en nature entrant dans sa composition.


Le contenus d’un colis se décompose ainsi :


Un pain d’épices, deux boîtes de sardines, une demi livre de chocolats, une boîte de crème de gruyère, une savonnette, un mouchoir, un paquet de biscuits, une boîte de thon, une boîte de pâté, un flacon de liqueur (Vieille Cure), une paire de chaussettes, une écharpe de laine.

 

Un mot d’envoi et d’encouragement accompagne chaque colis, qui renferme en outre une carte postale permettant au destinataire d’en accuser réception et de signaler, s’il y a lieu, tout changement d’adresse.

 

Les difficultés rencontrées

 

La mise sur pied et le fonctionnement de l’Entr’aide n’a pas été sans donner à ses organisateurs, quelques démêlés, parfois même de sérieux ennuis, souvent bien des soucis.

 

Lorsque germa chez son président Henri-France Delafosse l’idée de l’entreprise, dans son ardent désir de ne rien entreprendre qui soit illicite, la tâche de ce dernier fût rude, car il fallut résoudre tous les problèmes posés vis-à-vis des autorités administratives, maire et préfet, ainsi que militaires.


Pour commencer, M. Delafosse se mit en rapport avec Monsieur le Commissaire de Police d’Halluin auquel il fit part de son projet. De cette visite, il recueillit l’assurance que rien ne pouvait s’opposer à sa réalisation.

 

Par déférence, pour la fonction de Maire, il en avisa par lettre, Monsieur Gilbert Declercq, alors Député-Maire d’Halluin. Il ne reçut de lui d’autre réponse que celle donnée verbalement au hasard d’une rencontre, et catégoriquement défavorable. Le Député-Maire de la Ville lui signifia l’inutilité complète d’entreprendre cette œuvre attendu que celle-ci ne pouvait que faire double emploi avec le « Sou du soldat » organisation à caractère essentiellement communiste.

 

L’appui de la Municipalité  d’Halluin n’étant donc pas à attendre, le bureau décide de porter la création de l’œuvre à la connaissance de Monsieur le Préfet du Nord. C’est ainsi que M. Adrien Demassiet, vice-président de l’Amicale des Combattants se charge de présenter les statuts à M. Dadent Chef de division à la Préfecture du Nord. Il rapporte de sa visite les meilleurs encouragements verbaux.

 

Des statuts, nous nous contenterons de reproduire le 17ème et dernier article ainsi rédigé :

 

Si d’autres œuvres similaires étaient fondées en notre région, et formaient une Fédération, il pourrait être décidé sur l’avis favorable du bureau d’y apporter l’adhésion de l’Entr’aide aux Combattants Halluinois.


Le présent article devait trouver plus tard son application par l’adhésion de l’œuvre au Comité central d’entr’aide aux familles de mobilisés du Nord et Œuvre du tricot du soldat, présidé par Madame Fernand Carles.

 

Une émotion bien compréhensible s’empara un jour des dirigeants, lors du retour d’un colis, adressé au front, parmi plusieurs centaines. Sur son enveloppe, le colis portait la mention suivante : « Retour à l’expéditeur, colis n’ayant pu être remis au destinataire ». L’Entr’aide aux Combattants n’étant point reconnue par l’Autorité Militaire.

 

Ce retour précéderait-il  celui de beaucoup d’autres colis. Le bureau en eut la crainte ; heureusement, il n’en fut rien. Mais il fallait aviser. Ce fut la tâche de M. Delafosse le président.


Rendant visite à Monsieur le Commandant d’armes de la garnison d’Halluin, il ne tarda pas à le persuader de l’utillité et de l’importance de son œuvre, qui devait à tout prix continuer. Un rapport très favorable de cet officier supérieur permit au président de recevoir, quelques temps après, l’autorisation d’envoyer des colis aux mobilisés.

 

De nouveaux soucis naissent parmi les organisateurs de l’œuvre, lorsqu’une circulaire adressée au président par l’Office départemental du Nord des Mutilés et Victimes de guerre, traite des questions des « œuvres de guerre ».


Elle rappelle que la loi du 30 mai 1916 concernant ces œuvres semble toujours être en vigueur, et indique en particulier que toute œuvre faisant appel à la générosité publique doit faire l’objet d’une déclaration à la Préfecture, avec dépôt des statuts et qu’il doit en être donné récépissé.


L’entr’aide au combattants a bien en effet porté son existence à la connaissance de Monsieur le Préfet du Nord mais ses statuts lui ont été rendus et l’autorisation de fonctionner n’est que purement verbale. Une correspondance avec Madame Carles apaise aussitôt les inquiétudes du bureau, attendu somme toute que l’entr’aide n’a bénéficié jusqu’alors que de générosités privées.


Mais l’avenir est incertain, et le droit de faire appel à la générosité publique peut devenir sous peu d’une nécessité vitale pour l’œuvre. En conséquence, le bureau poursuit ses démarches afin d’obtenir cette autorisation. De ces faits, on peut constater l’extrême souci du président et de ses collaborateurs, de n’agir qu’en toute légalité.

 

En mai 1940, 1600 colis ont ainsi pris la direction du front, tandis que 450 mandats étaient adressés.

 

Ces résultats n’ont pas été acquis sans peine. Et il y a lieu de rendre un hommage tout particulier au dévouement de Messieurs Maurice Toulemonde, Achille Descamps, Camille d’Halluin, Gustave Menet, Jules Descamps. Indépendamment de bien de soirées, ils consacrent tous leurs samedis, parfois même leurs dimanches, à la confection et à l’expédition des colis et mandats.

 

Aucun tableau n’est plus réconfortant que celui offert certains jours, par l’activité débordante régnant au « Foyer de la Paix ». De l’entrepôt des marchandises, méthodiquement sont sortis un à un, les articles destinés à la composition des colis. Dans une pièce voisine, une équipe d’emballeurs les reçoit, tandis qu’à côté, une vingtaine de dames ou jeunes filles s’appliquent à assurer aux colis une fermeture hermétique composée d’une toile cousue. Les colis passant ensuite au service d’expédition.

 

Bientôt la situation pénible de certaines familles de Mobilisés, attire l’attention du bureau, et sur la proposition de son président M. Delafosse, l’assemblée générale décide d’étendre son champ d’action, en votant un article additif aux statuts, permettant l’octroi de secours aux familles de mobilisés.

 

Ces secours sont accordés, après une enquête discrète, et constitués par une livraison de 100 kgs de charbon, ou 100 kgs de pommes de terre.


Les enfants des mobilisés non plus ne sont pas oubliés. La Saint Nicolas ne se passe pas sans que chacun d’eux reçoive un pavé de pain d’épices et une demi livre de chocolats. Distribution qui coûte au comité la somme de 5.000 francs. Ce geste est d’ailleurs renouvelé à l’occasion de Pâques 1940.

 

Le dévouement des membres de l’œuvre reçoit en outre une récompense toute spéciale et significative. Chaque colis insérant une carte postale accusé de réception, avec verso réservé à la correspondance, 95 % de ces cartes apportent au comité, l’impression des soldats du front et surtout l’expression de leur reconnaissance. Magnifique résultat moral qui remplit de satisfaction l’âme de tous ceux qui ont contribué à l’obtenir.

 

Il faudrait pouvoir reproduire toute la correspondance reçue à cette occasion, pour que pleinement en ressorte, tout le naturel et le charme qui en émanent. Nous nous contenterons de relever quelques phrases qui renseignent sur la façon dont on été accueillis colis et mandats. Ces expressions, pour les organisateurs, sont la plus belle récompense et le meilleur encouragement à la pour suite de leur œuvre.

 

Un mot d’abord revient dans toutes les cartes, et c’est celui que nous signalons tout d’abord « MERCI ». 

 

Certes le comité s’attendait à ce mot bien naturel de la part de celui qui reçoit, mais ce mot « MERCI » est présenté bien souvent de façon si originale, si naïve, ou même si émue. Merci où l’on trouve toutes les notes de la gamme de la reconnaissance, avec variantes de « grand plaisir » - « agréable satisfaction » - « je ne m’attendais pas » - jusqu’au « vous pouvez renouveler » et même « merci de tout mon cœur ».

 

Ensuite on félicite pour la composition du colis.

 

Citons : « A passer en revue, tout ce qui s’y trouve, on voit qu’on a à faire à des anciens qui s’y connaissent » .


" Vous avez apporté votre expérience pour savoir offrir ce qui est de première nécessité aux combattants".


« Seuls ceux qui ont connu les heures douloureuses de 1914-1918 et qui connaissent les besoins du soldat en campagne étaient capables de concevoir et d’organiser une œuvre telle que la vôtre ».


« Vous anciens vous comprenez bien les besoins du soldat ».


« Grâce à votre initiative, le petit soldat aura beaucoup de plaisir à ouvrir son colis et y puiser ce dont il a besoin ».


« Colis
(dit l’un) des mieux assortis et des plus utiles, les lainages arrivent juste à point ».

 

Puis exprimée la joie du colis reçu, c’est la fierté d’être d’une cité où l’on sait s’entraider :

 

« Votre geste a été remarqué des copains, car il est le premier de ce genre arrivé dans ma compagnie ».


« Tous mes copains ont été émerveillés de voir l’initiative des Halluinois, c’est la première société du Nord qui fait çà pour ses enfants ».


« Je suis le premier à recevoir un colis des anciens combattants ».


« J’ai pu par cette occasion faire voir aux copains, l’esprit de camaraderie qui anime les Halluinois ».


« Dans les temps difficiles, on peut toujours compter sur la générosité des Halluinois ».


« Les copains qui sont de Roubaix-Tourcoing étaient étonnés de voir que les combattants de la grande guerre se chargeaient si vite des jeunes ».


« J’ai montré le colis, on m’a dit : Eh bien, mon vieux chez toi, il y a de chics types ».

 

On trouve aussi des félicitations et d’agréables constatations.

 

"Félicitations pour la belle initiative "


« Entr’aide et solidarité ne sont pas de vains mots à Halluin ».


« Cela nous fait plaisir de savoir qu’il y a dans notre ville des gens qui s’occupent de nous, et ne nous abandonnent pas ».

 

Parlons aussi du résultat moral. On insiste à maintes reprises sur tout le réconfort apporté. On parle de :

 

« Nos généreux donateurs qui ont si hautement saisi l’immense réconfort qu’ils pourraient apporter aux troupes ».


«  Le moral est meilleur quand on sait qu’à l’arrière, nos compatriotes se chargent de vous rendre service ».


« Je n’avais jamais douté de votre fraternelle camaraderie, mais en recevoir une telle preuve procure de la joie ».

 

Maintes fois des sentiments bien fraternels sont exprimés :

 

« Je pense que ce colis fera plaisir à tous les autres soldats ».


« Je veux croire qu’un grand nombre, sinon tous, de nos camarades mobilisés en profiteront ».

 

Tout naturellement, les sentiments patriotiques s’expriment librement, mais c’est surtout l’exemple de ceux de la grande guerre, que l’on veut suivre. Citons au hasard :

 

« Nous ferons notre mieux pour être vos dignes successeurs ».


« Nous serons dignes de nos pères ».


« Etre digne de nos anciens ».


« Jeunes et vieux, unis pour être forts, etc… ».

 

Cet exposé pourrait être prolongé à l’infini, car plus de 1200 correspondances attestent du résultat obtenu.

 

 

Hélas, l’activité débordante du comité d’entraide subit un arrêt fatal du fait de l’arrivée des troupes allemandes, et de l’exode d’une grande partie de la population.

 

Le 17 mai 1940, le canon tonne à proximité de la ville. On sent l’arrivée de l’ennemi. Le magasin du comité contient encore près de 20.000 francs de marchandises diverses, menacées d’être pillées à tout moment.

 

Le président Henri-France Delafosse prend alors l’énergique résolution, en même temps que la responsabilité de liquider le plus rapidement possible ce stock, destiné primitivement à la confection des colis. Sa liquidation a lieu les 20 et 21 mai au cours d’une distribution, faite gracieusement, à toutes les familles des mobilisés halluinois.

 

Opération ratifiée par l’unanimité des membres présents à l’assemblée générale du 24 novembre 1940.

 

Mais à l’actif du comité, reste une somme de 70.923 francs que M. Pierre Defretin, vice-président et trésorier général, évacue en zone libre, avec la conviction première de poursuivre l’activité du comité, en toute liberté d’action. Les évènements, hélas, ne réussissent qu’à l’isoler complètement de ses collaborateurs, et à priver momentanément l’œuvre de l’intégralité de son disponible.

 

M ; Maurice Toulemonde, second vice-président, se trouve également écarté de toute activité, en zone non occupée.

 

Cependant, l’un et l’autre arrivent à donner de leurs nouvelles. Pierre Defretin, en particulier, écrit au président, en lui offrant de lui adresser son encaisse, si un moyen se présente à la réalisation de cette opération. Il ne tarde pas à être trouvé, et en novembre 1940, par un jeu de compensation, le président Delafosse se trouve avoir à sa disposition une somme de 65.000 francs.

 

Conformément aux instructions communiquées à M. Defretin, et en accord avec le bureau du comité, la somme de 5.923,05 francs qui lui reste, est destinée à venir en aide aux soldats halluinois, maintenus en activité en zone non occupée. Un mandat de 50 francs est adressé à chacun d’eux par les soins de Pierre Defretin.

 

Nanti à nouveau de ses disponibilités, le bureau du comité se réunit, et prend la décision d’accorder aux familles des soldats « Morts pour la France », un allocation de cent francs. M. Achille Descamps est chargé de cette délicate mission. Il s’en acquitte sans retard en apportant dans chacun des 22 foyers éprouvés par la perte cruelle d’un de leurs membres, ce léger pécule, mais surtout des paroles de consolation et de réconfort.

 

C’est ensuite vers ceux de leurs concitoyens, qui souffrent dans les camps de captivité, que le bureau de l’œuvre décide d’intervenir. Il décide l’affectation de la totalité de ses ressources, au soulagement de leurs misères.

 

Un recensement bien vite établi accuse un total de 869 prisonniers dont les familles

sollicitent les faveurs du comité.

 

L’envoi de colis ne semble plus possible. L’approvisionnement en marchandises nécessaire s’avère irréalisable. C’est en conséquence par une subvention aux familles, que le bureau de l’œuvre entend poursuivre ses bienfaits.

 

Cette subvention fixée d’abord à 50 francs par prisonnier, est ensuite porté à 55 francs, en raison d’un don correspondant à cette majoration, qu’un généreux anonyme apporte au président.

 

Une permanence portée à la connaissance du public, est donc établie, et durant toute un semaine, dans un ordre parfait selon les indications données, cette répartition se fait à la satisfaction de tous les bénéficiaires.

 

En supplément des 55 francs, un lot de 200 paires de chaussettes de laine, et un autre de 450 mouchoirs, sont répartis entre les familles de prisonniers chargés d’enfants.

 

Ces deux répartitions coûtent à l’entraide une somme de 49.995 francs, réduisant ses disponibilités à 21.827,85 francs.

 

Les choses en sont là, et le désir unanime de tous ceux qui ont contribué au succès de cette œuvre, est de pouvoir la continuer, tant que leurs concitoyens souffriront dans les camps de captivité. C’est à eux seuls que désormais, le comité entend réserver ses bienfaits.

 

A partir d’août 1940 toutefois, l’acheminement des colis pour les prisonniers est à nouveau possible. C’est le ravitaillement général qui, par les soins du comité central, pourvoie désormais à l’approvisionnement nécessaire. Le prix des divers produits est de plus en plus élevé, tandis qu’augmentent continuellement les frais généraux : transport, manutention, local, emballages, etc… mais rien n’entrave le fonctionnement d’une organisation qui envoie chaque mois un colis d’une valeur supérieure à 125 francs (pour une participation des familles de 75 francs).

 

Cette organisation exigeait un dévouement inlassable et obscur de la part de Mme Deleurence, Mlles Dervaux, Rolande D’Halluin et Messieurs Achille Descamps, Camille D’Halluin, Paul Desbuquois, Jules Descamps, Emile Lernould, Firmin Gombert, Henri-France Delafosse, Stanislas Sion, Paul Parent, Julien Verhulst, Léon Vandewalle, Paul Delangre, Edouard Penasse, Alfred Couzineau.

 

C’est par milliers de francs qu’il faut trouver chaque mois. Chacun  rivalisant de talent et de générosité, les sociétés locales organisaient des fêtes, comme les « Archers de Saint-Sébastien et « L’Union Olympique Halluinoise au Cercle Catholique de la rue de la gare, la douane avec le concours des « Madelons » où la générosité des spectateurs répondit aux talents des artistes et au dévouement des organisateurs.

 

Dans le journal municipal d'Halluin, de novembre 1943, on peut lire notamment ceci :

 


Les Halluinois prisonniers reçoivent chaque mois un superbe colis du comité d’entraide. Ce colis, si apprécié des familles qui se trouvent impuissantes à trouver ce qu’elles voudraient tant expédier à leur absent, l’est davantage encore de la part de celui, dans son kommando lointain, reçoit avec joie toujours nouvelle, ce paquet vite reconnu de loin à son empaquetage minutieux ; lourdement chargé, composé avec tant de variété, il lui rappelle, avec la tendresse des siens, l’affection de ses compatriotes : cette volonté que tous les Halluinois entretiennent fidèlement de soulager la captivité de ceux qu’ils attendent tous les jours.

 

Quand vous reviendrez parmi nous, chers prisonniers, vous vous souviendrez, n’est-ce pas, de cette affection de vos compatriotes ! Et de s’être aimés dans l’épreuve, le goût de l’union nous restera bien. Avec cette conviction que ce qui nous sépare parfois n’est vraiment rien devant ce qui toujours nous unit. Les hommes de bonne volonté n’auront jamais fini d’établir la Paix dans le monde… Halluin en compte assez pour l’espérer au moins dans sa cité ardente. Un de nos vieux flamands ne disait-il pas jadis : « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ! ».

 

Chacun trouvera justifié un hommage rendu ici aux dévouements inlassables qui se dépensent généreusement depuis plus de quatre ans.

 

En 1943, voici quelques noms d’autres membres qui formaient le comité d’entr’aide : Anna Descamps, Marie-Antoinette Danset, Jacqueline Defretin, Flore Demeestere, Geneviève Graye, Thérèse Demeestere, Thérèse Joncquiert, Célina Vuylsteke, Jean-Marie Graye, Jules Menet, Alfred Maret, Jean-Marie Vandewoestyne, Berthe Descamps, Solange Nollet, Julien Verhaeghe, Robert Verhulst, Roger Boudry, Maurice Trachez, Nestor Verhaeghe, Julien Demeestere, Maurice Gheysen, Charles Lesage, Lagrou,  Achille Meeuros, Roger Boudry,

Anaïs Menet, Degrande, Marcel Creupelandt, Julien Demeulenaere, Georges Tack, Albert Lannoy, Roger Saver.

 

 

Complètement méconnu par les Pouvoirs Publics, en but aux sarcasmes de certains esprits malveillants, mais bénie par toute une population, l’entr’aide aux combattants halluinois n’en a pas moins poursuivi sa tâche, donnant à ses dirigeants la seule, mais aussi la plus belle des satisfactions, celle du devoir accompli.

 

 

                                                                                           Daniel DELAFOSSE

 


Cet article a été rédigé grâce aux archives originales de la famille Delafosse.

LIEN :  L'Halluinois Henri-France Delafosse, un homme de "Devoir"

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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 06:59




Edouard Pierchon est né à Saint-Hilaire-sur-Helpe (Nord) le 19 mars 1845, il décède à Halluin le 2 septembre 1920.

Il repose, avec son épouse et ses trois enfants, dans la sépulture familiale de la famille Pierchon-Robaut située au cimetière d’Halluin, allée A4. Le caveau est surmonté d’un important monument de granit, où se trouve sur la croix une grande gerbe de bronze avec l’inscription : « La population d’Halluin au Docteur Pierchon reconnaissante ».


En 1877, le Docteur Edouard Pierchon s’installe à Halluin pour y exercer sa profession. C’était un homme fort et puissant, il effectuait toutes ses visites en calèche, tirée par un bon vieux cheval.

 

Il a trente-deux ans. Très vite il prend conscience de la misère qui règne dans la population ouvrière. La ville détient le record de la mortalité infantile : un enfant sur deux meurt avant l’âge de sept ans.

 

C’était lui qui criait qu’Halluin était le cimetière des enfants, des articles et des photos des tombes des jeunes enfants parurent dans les journaux parisiens et même dans la presse étrangère, mais il ne fut pas exaucé ; n’oublions pas qu’à l’époque il n’y avait pas de sécurité sociale, donc peu de moyens de payer un docteur.

 

Alors il crée la consultation des nourrissons.

 

Il fut aussi le médecin du Bureau de Bienfaisance, des hospices et des écoles.

 

Sa générosité lui faisait « oublier » de réclamer ses honoraires.

 

Souvent aussi, il glissait discrètement sous la soucoupe, la pièce de monnaie qui aiderait les familles les plus démunies.

 

Il mourut brutalement en pleine consultation en 1920.

 

Le maire de l’époque Gustave Desmettre résumait ce que pensaient tous les Halluinois : « Nous perdons un ami ».

 

Une rue de la ville a été dénommée en reconnaissance de ce médecin « au grand cœur ».

 

(Archives D.D., Presse). 

 

D’hier et d’aujourd’hui : la rue du Docteur Pierchon.


Au début des années 60, des courées, des rues étroites, composent de nombreux quartiers d'Halluin. Autant de rues qui ont évolué plus ou moins différemment.


L'exemple d'une belle requalification : la rue du docteur Pierchon.

Souvent construites au 19e siècle, les maisons de ces rues étaient adossées aux usines ou proches des bâtiments industriels où travaillaient de nombreux ouvriers. Sur le cliché ancien de la rue du docteur Pierchon qui date de 1963 et que l'on doit à Dominique Vermander (dans le cadre d'une étude sur Menin-Halluin), il est 3 heures de l'après-midi, la rue est déserte.


Coïncidence heureuse, un marchand ambulant passe, l'âne tirant la charrette. La rue présentait déjà une largeur de 7 mètres.


Les trottoirs, en mauvais état, mesuraient moins de 1 mètre. Et les maisons n'avaient pas d'étage.

Aujourd'hui, la rue du docteur Pierchon n'a plus la même physionomie même si les maisons sont restées les mêmes mais considérablement aménagées. La voirie a été entièrement refaite et les voitures abondent. Seul point commun : l'étroitesse des trottoirs qui rappelle celle d'hier. Et la population ouvrière d'hier a été remplacée par des familles au niveau de vie supérieur.


(Archives, N.E., le 3/9/2009).

 

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