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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (3) Au Labyrinthe, trois partisans tués par les Allemands.



Des évènements tragiques ont marqué la journée du 2 septembre 1944.

 

Le  calvaire érigé au lieudit « Le Labyrinthe », rue du Dronckaert, à Neuville-en-Ferrain(Nord) sortie d’Halluin, rappelle qu’à cet endroit trois résistants, Jean Fiévet, Jules Devos (deux Neuvillois) et Maurice Simono (un Halluinois), ont payé de leur vie notre liberté.

 

Les archives du commandant Arthur Malfait, chef de mission et liquidateur national du Réseau Sylvestre (Ex W.O.) font état des heures chaudes qui ont marqué la libération de Neuville-en-Ferrain (limite de la ville d’Halluin) :

 

Ce 2 septembre 1944, alors que les F.F.I. étaient mis en alerte sur le coup de midi, l’état-major du W.O. réuni chez un boulanger de la rue de Tourcoing, André Six, sous la direction du capitaine Fernand Cuvelier donnait ordre à Jean Fiévet, l’un des premiers résistants de Neuville et à Jules Devos (conducteur) de partir en mission de liaison dans les communes de la Vallée de la Lys : Comines, Wervicq, Bousbecque, Linselles et Halluin.

 

La mission accomplie, les deux Neuvillois embarquent deux Halluinois devant rallier  l’état-major général, Marcel Feys et Maurice Simono, et viennent en rendre compte au P.C. de Neuville…

 

Il est 16 h30 environ, lorsque la voiture quitte Halluin, et voici les précisions recueillies dans les archives officielles du commandant Malfait :

 

Alors qu’elle arrive par la rue du Dronckaert, elle se heurte à un barrage allemand. Jules Devos appuie à fond sur l’accélérateur et le véhicule franchit le barrage, non sans essuyer une série de coups de feu.

 

Marcel Feys est atteint par une balle explosive qui lui arrache plusieurs doigts. Par ailleurs, le pneu arrière droit de la voiture est crevé par une rafale.

 

Malgré tout, les quatre hommes poursuivent leur route, se frottent à un second barrage allemand, essuient de nouveaux coups de feu qui endommagent un peu plus la voiture.

 

Celle-ci est finalement immobilisée au Labyrinthe par un troisième barrage ennemi. Les quatre hommes quittent le véhicule à la hâte, le blessé Marcel Feys courant se réfugier dans une habitation voisine où il se fait panser.

 

Pris sous le feu d’une mitrailleuse, Maurice Simono est abattu au milieu d’un champ de betteraves, tandis que Jules Devos, atteint à son tour, s’écroule un peu plus loin, près d’une rangée de maisons.

 

Voyant que ses camarades ne se relèvent pas, et pensant que c’est à cause du tir croisé des Allemands, Jean Fiévet fait demi-tour, s’embusque dans un fossé et ouvre le feu pour faire diversion.

 

A court de munitions, il tente enfin de s’enfuir mais est capturé par les Allemands qui l’exécutent sur le champ avant d’aller lâchement achever les deux blessés.

 

C’est en vain qu’ils cherchent Marcel Feys pour lui faire subir le même sort…

 

Ignorant tout des motifs de cette fusillade, les F.F.I. hésitent sur la conduite à tenir, d’autant qu’ils n’ont ni ordres, ni armes, la plupart de celles-ci étant à Tourcoing où la lutte est engagée.

 

Vers 17 heures, un side-car sur lequel se trouvent trois soldats allemands en quête de leur unité s’arrête devant un débit de tabac. Les trois Allemands y entrent.

 

On tente de les retenir à l’intérieur, tandis que, à l’extérieur, deux deux F.F.I. Léon Hue et Germain Vanoverschelde armés de revolvers contournent le café, et qu’Edmond Decottignies et le préposé Hude entrent dans la salle.

 

L’irruption simultanée par l’arrière et l’avant du débit de tabac des F.F.I. surprend les Allemands qui se rendent immédiatement.

 

Une fois désarmés, ils sont conduits chez les Frères avant d’être enfermés au patronage des garçons sous la garde des résistants.

 

Le soir, ces derniers s’emparent sans coup férir de la mairie et du local de la police.

                                                                  

Il est aussi rappelé que Maurice Simono avait abattu deux Allemands avant que lui-même et ses deux compagnons ne soient grièvement atteints, et alors que Marcel Feys, blessé, parvenait à s’enfuir :

 

« Il ne dut la vie que grâce à l’aide courageuse d’une Neuvilloise, ses trois malheureux compagnons furent achevés à coups de bottes, de crosse de fusils, de baïonnettes qui rendirent leurs corps absolument méconnaissables ».

 

Le dimanche 3 septembre, ce sont deux motocyclistes allemands qui tombent dans les filets des F.F.I.


Egarés, ils s’étaient arrêtés sur la place pour demander leur route. Ils seront conduits sous bonne garde au sanatorium de Tourcoing.

Dès ce 3 septembre, le comité F.F.I., avec l’approbation du commandant militaire Léon Hue, et en accord avec le comité provisoire de Libération, décide de donner à Jules Devos et Jean Fiévet des funérailles officielles.

 

Le lundi 4 septembre durant l’après-midi, les premiers blindés britanniques font leur apparition dans les rues de Neuville-en-Ferrain, sous les acclamations.

 

La joie de la libération est pourtant entachée par la mort de ses trois artisans de l’ombre.

 

Le service funèbre des deux patriotes a lieu le 7 septembre à 10 h. En dépit d’un temps maussade, une foule imposante et recueillie rend un dernier hommage aux deux Neuvillois morts pour la France.

 

Entretemps, la dépouille de Maurice Simono a été ramenée à Halluin, sa commune d’origine.

 

Le 7 septembre 1947, les sections franco-belge du W.O. d’Halluin et française de Neuville-en-Ferrain inaugurent une plaque commémorative au calvaire du Labyrinthe à la mémoire du lieutenant Maurice Simono, du sous-lieutenant Jean Fiévet et de l’adjudant Jules Devos.

 

 

Depuis, à cet endroit, chaque année en septembre, les communes de Neuville-en-Ferrain et Halluin s’associent pour commémorer le souvenir des trois résistants tombés le 2 septembre 1944.

 

 
(Archives D.D., Presse).


Il y a 60 ans :

 

  Inauguration de la plaque commémorative, au Labyrinthe,

à la mémoire de trois partisans tués par les Allemands.

 

 

Il y a soixante ans, le 7 septembre 1947, les sections franco-belge du W.O. d’Halluin et française de Neuville-en-Ferrain ont donc procédé à l’inauguration d’une plaque commémorative « Au Calvaire » lieudit « Le Labyrinthe » à Neuville-en-Ferrain, à la mémoire du Lieutenant Maurice Simono d’Halluin, du Sous-Lieutenant Jean Fiévet et l’Adjudant Jules Devos de Neuville-en-Ferrain. Ce lieu rappelle que ces trois résistants ont payé de leur vie notre liberté.

 

L’épaisse plaque de marbre de Boulogne de 1 m 13 de large et 0 m 91 de hauteur, ornée de 4 Croix de Lorraine et 2 flambeaux, est posée au pied de la Croix du Calvaire.

 

Elle porte l’inscription suivante : « Près de ce Calvaire, le 2 septembre 1944, sont Morts pour la France, Maurice Simono d’Halluin, Jean Fiévet et Jules Devos de Neuville-en-Ferrain F.F.I. « . Passant ! Arrête-toi ! Prie ! Réfléchis !

 

Au croisement du Labyrinthe, une plaque émaillée indique avec flèche : « A 100 mètres, Calvaire et Plaque Commémorative ».

 

Cette journée d’inauguration se déroula de la façon suivante : A 10 heures, Messe en plein air au Calvaire même, autorisée spécialement par S.E. Monseigneur le Cardinal Liénart ;

 

Au cours de la Messe, Bénédiction de la Plaque et Sermon de circonstance par Monsieur l’abbé Louis Loridant, Curé de la paroisse St Quirin, de Neuville-en-Ferrain.

 

La clique « Pro Patria » ouvrit et ferma le ban pour la cérémonie de Bénédiction. Après la Messe, l’Harmonie Municipale interviendra de circonstance.

 

Lors de la cérémonie civile d’inauguration : Ouverture du Ban. Discours de circonstance au nom des Autorités des Chefs du Réseau Sylvestre, et des sections W.O Franco-Belge d’Halluin « Marthe Nollet-Maurice Simono » et Française de Neuville-en-Ferrain « Jean-Fiévet-Jules Devos ».

 

Au cours du discours : Dépôt de gerbes.  Fermeture du ban. Marseillaise – Brabançonne.

 

Le défilé était composé des délégations, des sociétés, la foule recueillie des participants, qui remontèrent la route Sud-Nord pour dépasser le Calvaire où le cortège se forma.

 

Puis défilé devant le Mémorial et dislocation au croisement du Labyrinthe.

 

Depuis, chaque année en septembre, les conseils municipaux de Neuville-en-Ferrain et d’Halluin, accompagnés des associations patriotiques, déposent une gerbe en souvenir des trois résistants « Mort pour la France ».

 

Rappelons pour mémoire, que Jean Fiévet était du Risquons-tout et exerçait la profession d’instituteur libre à Halluin.

 Jules Devos dont l’épouse tenait une mercerie rue de Tourcoing à Neuville-en-Ferrain était professeur de gymnastique dans les écoles et à la Pro-Patria. 


Quant à Maurice Simono domicilié 55, rue Emile Zola à Halluin, il était employé de commerce.

 

 Aussi, la ville de Neuville-en-Ferrain a donné le nom de ses deux enfants à deux rues de la cité, et celle d’Halluin a fait de même avec Maurice Simono et le neuvillois Jean Fiévet.

 

   

                                                                                        Daniel DELAFOSSE


(Archives personnelles Daniel Delafosse).

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je porte le prenom de jean walter louis.jean comme jean fievet que mon pere a voulu que je porte.walter qui etait un pilote americain caché par mon pere.et louis qui etait mon pere.mon pere a été enterré avec les photos de ses amis.walter est mort en coree dans les années 70. Si vous voulez d'autres infos, écrivez moi: jeanotv@yahoo.fr
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