Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Liste des enfants d’Halluin
tombés dans les combats pour la libération du territoire.
Arthur Dennetière 24 ans : Otage des troupes ennemies. Attaché sur un camion est tombé, frappé en pleine poitrine par une rafale de mitrailleuse le 2 septembre 1944.
Maurice Simono 43 ans : Engagé volontaire des F.F.I. en mission, est tombé fusillé sur le territoire de Neuville, le 2 septembre 1944.
Charles Windels 60 ans : Ancien combattant Français de 1914-1918. Le 2 septembre 1944 a été tué chez lui, en représailles des premiers coups de feu.
Henri Deceuninck 62 ans : Ancien combattant Belge de 14-18. Engagé volontaire des F.F.I. a été tué le 2 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B)
Marthe Nollet 32 ans : Engagée volontaire des F.F.I. en mission, a été tuée le 2 septembre 1944 à Tourcoing. A été achevée ensuite de deux balles tirées à bout portant dans les yeux.
Emile Verroye 54 ans : Tué en représailles des premiers coups de feu le 6 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B).
Polydore Delaere 22 ans : Engagé volontaire des F.F.I. fait prisonnier au combat le 5 septembre 1944, et torturé ensuite par les troupes ennemies, a été retrouvé mort le 7 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B).
Georges Vanlaere 22 ans : Engagé volontaire des F.F.I. fait prisonnier au combat le 5 septembre 1944, et torturé ensuite par les troupes ennemies, a été retrouvé mort le 7 septembre 1944 sur le territoire de Menin (B).
Michel Danset 16 ans : Engagé volontaire comme agent de liaison des F.F.I. en mission, a été grièvement blessé à Halluin le 5 septembre. Mort des suites de ses blessures le 9 septembre 1944.
Marcel Vyncke 20 ans : Massacré à Bois de Gentelle près d’Amiens le 27 août 1944.
Maurice Masurel 43 ans : Fusillé le 2 septembre 1944 à Armentières.
Walter Dumoulin 17 ans : Engagé volontaire des F.F.I. comme agent de liaison. En mission a été blessé à Tourcoing. Mort des suites de ses blessures le 12 septembre 1944.
Délivrés !
« Le Bulletin Halluinois » qui a été créé pendant la guerre 14-18, servant de lien entre nos compatriotes dispersés en France Libre et dont la publication a été reprise en 1942, malgré l’occupation de notre territoire, peut enfin élever la voix librement et crier sa joie d’être délivré du joug de l’envahisseur.
Contrairement aux prescriptions allemandes qui interdisaient toute publication sans avoir reçu au préalable le visa des occupants, il a continué courageusement de paraître, chaque mois dans la clandestinité pour donner quelques nouvelles locales à nos chers absents, et les réconforter moralement.
Hélas, de nombreux concitoyens vers qui il portait les nouvelles d’Halluin, ne pourront plus, pendant quelques temps du moins, les recevoir parce qu’ils seront séparés de nous jusqu’à l’issue victorieuse des batailles engagées qui libérera tous nos chers prisonniers et déportés en Allemagne.
Par contre, il rejoindra d’autres catégories d’absents, ceux qui appartiennent à l’Armée Française ou aux Forces Française de l’Intérieur et qui précédemment ne pouvaient être atteints parce qu’ils se trouvaient soit de l’autre côté de la barricade, soit quelque part en France où ils se tenaient volontairement séparés et ignorés de la famille halluinoise.
Enfin, il portera également le souvenir du pays à ceux et celles de nos compatriotes qui se trouvaient dans des pays lointains avec lesquels il était impossible de correspondre depuis des années.
A tous, le « Bulletin Halluinois » adresse ses vœux les meilleurs ! Que les familles si longtemps séparées de leurs êtres chers puissent goûter bien tôt le bonheur de les revoir au foyer et que ceux qui répondront à l’appel de la Patrie, pour l’ultime effort de libération des peuples opprimés et l’anéantissement de la terreur nazie, soient dès maintenant assurés de recevoir ce modeste bulletin de liaison qui leur donnera des nouvelles de chez nous et la certitude qu’on ne les oublie pas.
Joseph Declercq.
Les évènements de Septembre
30 Août* : Un drap tricolore recouvre le Monument aux Morts, rue de Lille. Les Allemands le font enlever par la Police qui, au garde à vous, observe une minute de silence avant d’opérer.
1er Septembre : Des Allemands mettent le feu à deux de leurs camions utilitaires dont les pneus endommagés par les clous, n’ont pu être réparés.
2 Septembre : Combats des F.F.I. contre les convois militaires en retraite. Incendie de la maison Vandewalle et capture de 20 prisonniers et d’un important matériel. Occupation de la Mairie et ralliement des forces de Police aux F.F.I.
3 septembre : Installation du Comité de Libération Nationale. Escarmouches avec troupes isolées.
4 Septembre : Sérieuse menace des troupes ennemies à Menin qui ont pu libérer les 200 « chemines noires » emprisonnées au Collège. Nouveaux combats, rue de la Lys et au Bois Gratry. Incendie de la maison Autem.
6 Septembre : Explosion du pont de Menin à 6 h. Arrivée des premiers chars des troupes anglaises à 8 h 45, rue de la Lys. Sonnerie des cloches à 11 h 30. Manifestation patriotique sur la Place de l’Eglise. Présentation du Comité de Libération. L’après-midi cortège des Mutilés et Combattants derrière la Philarmonie suivie d’une foule enthousiasme qui parcourt les rues de la ville où flottent partout les couleurs nationales.
Hommage aux Morts et fraternel salut aux Belges, à la frontière. Dans la soirée, toute la population se rassemble sur la route nationale où stationnent les troupes alliées. Elle leur fait un accueil inoubliable.
7 Septembre : Imposantes funérailles des victimes. Toute la ville se recueille auprès des cercueils à l’Eglise et se rend au cimetière pour accompagner les braves enfants d’Halluin, tombés pour la libération du territoire.
10 Septembre : Un « Te Deum » d’action de grâce est chanté à l’église.
17 Septembre : Une grand Messe est célébrée pour tous les Halluinois tombés pendant cette guerre et pour les Alliés tombés sur le territoire d’Halluin demandée par le Groupe Gaulliste V.D.N.
Un cortège se rend au cimetière derrière les familles en deuil.
1er Octobre : Cortège de la Libération.
Blessés dans les combats d’Halluin
Marie Bartholomeus, Henri Castro, Georges Cornette, Jules David, Robert Dekeyser, Bertha Demeulenaere, Monique Faillie, Marcel Feys, Marie Houthoof, Marcelline Nuttin, Cécile Olivier, Achille Saint-Venant, Marceau Saint-Venant, Victor Seynaeve, Paul Vandenberghe, Henri Vanhonacker, Jean-Odilon Vlieghe.
Le Comité de Libération
Le Comité Local de Libération Nationale qui s’est installé à la Mairie d’Halluin est composé comme suit :
André Bléhaut (Front National), André Deprétère (Forces unies de la Jeunesse Patriotique), Henri Dereus (Parti Communiste), Pierre Detaevernier (Confédération Générale du Travail), Monique Dujardin (Union des Femmes Françaises), Albert Myngers (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens), Gérard Verkindère (Parti Démocrate Populaire).
* Concernant la date du 30 août et le drap tricolore déposé par M. Supply sur le Monument aux morts, rue de Lille, certains documents indiquent son enlèvement lors de la journée du 30 août (comme il est indiqué sur l’original du Bulletin halluinois) et d’autres plus exactement quelques heures après son installation le 25 août (ce geste ayant été fait, suite à la Libération de Paris le 25 août 1944).
Si certains lecteurs ont des informations très précises sur ce point n’hésitez pas à me le faire savoir par l’intermédiaire de la rubrique : commentaires sur ce blog. D’avance Merci.
Daniel DELAFOSSE
(Archives Originales Daniel Delafosse).
*Dans le journal Nord Eclair du 5 septembre 1944, il est mentionné que l'enlèvement du drapeau a bien été effectué lors de la journée du 25 août 1944.