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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Guerre d'Algérie (1954 - 1962) - Halluin (3) Une stèle à la mémoire des anciens combattants d'Afrique du Nord.



Une stèle à la mémoire des anciens combattants d’Afrique du Nord a été inaugurée le dimanche 16 décembre 1990, au coin de la rue de Lille et de la rue Jean Jaurès.

 

Sur cette stèle, quatre noms : Roger D’Helft, Régis Verschae, Christian Lefebvre, Gérard Desmet. Quatre jeunes Halluinois, partis en Algérie à la fin des années 50, et qui ne sont jamais revenus.

 

La ville leur rend hommage, à eux et à leur famille. L’association des anciens combattants ne cachait pas sa satisfaction. Etrange appellation que celle-là. Les anciens combattants, pour la plupart des gens, ce sont ceux des grandes guerres, qui se sont battus dans les tranchées de 14-18, et les maintenant grands-pères qui ont vécu la guerre de 39-45.

 

Et pourtant, la France a connu d’autres guerres : elle s’est battue en Algérie, elle est intervenue dans plusieurs conflits par soldats interposés. Les anciens combattants d’Afrique du Nord revendiquent leurs droits et leur mérite. A Halluin, c’est chose faite. Un monument aux morts pour la France, tombés en Algérie, rappelle désormais le sacrifice des hommes et de leurs familles.

 

Il est vrai que la guerre d’Algérie on l’étudie rarement à l’école, les pères n’en parlent pas à leurs fils ou très peu. La plaie est loin d’être cicatrisée. Mais depuis quelques années, au fur et à mesure que le temps nous en éloigne, la mémoire se patine et les anciens combattants égrènent quelques souvenirs

 

Ils se rappellent de leurs amis, morts là-bas. Ils racontent la douleur des familles auxquelles on vient annoncer la disparition de leurs enfants. Et pour entretenir le souvenir et rendre hommage aux disparus, on leur dédie des squares ou des coins de rue avec une plaque commémorative. Ultime preuve de la reconnaissance de leur dévouement.

 

Au cours de l’allocution qui a suivi l’inauguration de la stèle, M. Bertrand Vangaeveren président des AFN et M. Alexandre Faidherbe, maire d’Halluin ont tour à tour évoqué la guerre et ses ravages.

 

 A la fin du conflit de 14-18, la « der des der » disait-on à l’époque, les soldats pensaient qu’un tel affrontement ne pourrait plus se reproduire. Ils croyaient que l’horreur de la Première Guerre mondiale guérirait définitivement les hommes de la bataille. L’histoire prouve qu’ils se sont trompés et «quel que soit le combat, le résultat est toujours le même : les individus et les familles se retrouvent désorganisés ».

 

« La cérémonie de l’inauguration de la stèle peut être interprétée de façon très différente, selon la façon dont on a vécu cette période, a déclaré M. Faidherbe. L’un des quatre jeunes dont le nom figure sur la stèle était mon ami…Ceux qui ont vécu la guerre ne doivent pas entretenir un esprit revanchard, a-t-il poursuivi. Et quelles que soient les raisons qui poussent à faire respecter les droits, la guerre doit être le dernier, l’ultime recours. Ce n’est que lorsque toutes les capacités des gouvernants ont été épuisées, que l’on peut réfléchir sur la guerre ».

 

Le président Vangaeveren après avoir remercié la municipalité, a profité de l’occasion et de la présence de M. Jean-Pierre Balduyck, député, pour rappeler les revendications de son association, notamment l’obtention de la carte d’ancien combattant, et ainsi renouvelé sa ferme intention de poursuivre le combat pour les droits des anciens combattants.

 

Depuis plusieurs décennies à Halluin, ce combat des anciens soldats était mené par M. Pierre Desprez, président d’honneur des combattants de 39-45 et des AFN.

 

M. Desprez est décédé quelques jours avant l’inauguration de la stèle. « Il avait la sagesse du jugement et il nous encourageait à combattre pour nos droits », a rappelé M. Bertrand Vangaeveren, parlant de lui comme d’ « un père spirituel ».

 

Et c’est avec beaucoup d’émotion, que touts les personnes présentes à l’inauguration, ont observé une minute de silence à sa mémoire.

 

 

P.S. : Quelques années après cette cérémonie, un cinquième nom fut gravé sur la pierre, celui de Jean Clincke, lui aussi décédé en Algérie.  

 

 

(Archives D.D., Presse).

 

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