Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
80 photos au format A4, divers livres et documents sur le village martyr d’Oradour-sur-Glane, c’est ce que propose Bernard Demet, un Halluinois passionné d’histoire, guide bénévole au Musée de la Résistance à Bondues.
Présentée aux scolaires, cette exposition est également visible par le public du 6 au 11 mai 2008 au Centre Culturel Albert Desmedt, 142, rue de Lille.
Le 10 juin 1944, à Oradour (non loin de Limoges), une division de SS a massacré 644 personnes. C’est l’histoire de ce drame et de ses conséquences que relate l’exposition : on y découvre le village avant le massacre, ce qu’il en restait juste après le départ des Allemands et l’exemplaire travail de mémoire mené sur place depuis.
Un document récapitulant ces tragiques évènements est remis aux visiteurs à qui l’on explique également ce que fut le massacre d’Ascq.
Bernard Demet est passionné d’histoire depuis son enfance et la découverte chez sa grand-mère de deux ouvrages édités par l’Illustration et récapitulant le déroulement de la première guerre mondiale.
Cette passion n’a fait que croître et embellir avec le temps. Il s’est intéressé à d’autres époques de notre histoire et l’immobilité forcée due à un accident lui a donné le loisir de lire davantage d’ouvrages et de collecter encore plus de documents.
Depuis 20 ans, la recherche historique est une passion à laquelle il consacre tous ses loisirs.
Son intérêt pour les évènements d’Oradour est né de la rencontre avec un médecin ORL originaire de ce village du Limousin, qui a échappé au massacre car parti faire ses études de médecine.
Berard Demet a passé beaucoup de temps en recherches, il s’est également rendu sur place pour réaliser le deuxième volet de son exposition qui présente Oradour à l’heure actuelle.
« Quand on va là-bas, ça bouleverse. Il n’y a pas un bruit, pas un oiseau. Même les visiteurs se taisent », témoigne-t-il.
Mais pourquoi en avoir fait une exposition ? « Je trouve qu’on parle trop de certains évènements, comme le débarquement, alors qu’on en passe d’autres sous silence. Ils risquent d’être oubliés des générations actuelles.
Je pense aussi que le massacre d’Oradour a beaucoup à dire aux jeunes d’aujourd’hui. Il s’apparente aux actes terroriste, aux bombes posées qui tuent aveuglément et qui ne mène à rien. C’est un cri d’alarme sur la violence », déclare l’historien amateur.
Les documents sont poignants. Une carte qui montre l’emplacement des barrages militaires. L’opération avait été mûrement planifiée de façon à ne laisser personne passer entre les mailles du filet.
L’affluence était grande ce jour-là. Au débit de tabac, c’était jour de distribution hebdomadaire de tabac : les gens étaient venus des hameaux environnants. A l’école enfantine, c’était jour de visite médicale : un seul enfant manquait à l’appel. Il y avait aussi la retraite de première communion.
Des 642 personnes présentes sur les lieux, seules deux survécurent : une femme qui réussit à quitter l’église en flammes par un vitrail, un homme qui a fait le mort pendant la fusillade. La liste des morts va d’un nourrisson de quelques jours à une grand-mère de 90 ans.
Une opération destinée à paralyser de terreur la population. Un terrible témoignage de la folie destructrice de la guerre, que les survivants ont voulu conserver en l’état pour les générations futures.
Si le public est au rendez-vous de cette exposition (jusqu’au dimanche 11 mai 2008 de 10 h à 12 h et de 15 h à 18 h) Bernard Demet se propose de lui présenter ultérieurement une autre exposition sur le front en 1914 dans la vallée de la Lys.
(Archives Daniel Delafosse).
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