Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Deux fois par an, les manèges reviennent sur la place d’Halluin. Ils ont enchanté des générations d’enfants et employé des générations de forains. Arlette Dailly, foraine, nous raconte ses souvenirs en ce mois de Mai 2008.
« Je suis née dans une roulotte comme les bohémiens », plaisante Arlette Dailly. Mais quand on y réfléchit bien, à cette époque, nombre de femmes accouchaient encore à domicile. Quoi de plus normal alors que d’accoucher dans la caravane qui servait de logement pendant la plus grande partie de l’année ?
En 1940, elle était donc déjà à la ducasse d’Halluin, lovée dans son berceau, bercée par la musique du manège de chevaux de bois tenu par son père. « Nous sommes déjà quatre générations de forains, proclame-t-elle fièrement. Avant moi, il y a eu ma grand-mère, puis mon père. Maintenant j’ai passé le relais à ma fille, mais je supervise encore avec mon mari ».
Dans la famille d’Arlette, il y a aussi sa sœur Jeanne, célèbre pour son nougat. A 80 ans, elle a fini par prendre sa retraite, mais l’enseigne Nougat Jeanne est toujours présente. « C’est une cousine qui a repris » précise Arlette. Car dans la famille, on a le sens de la fidélité à la cause des ducasses. « Nous avons même eu une médaille ici à Halluin, pour l’ancienneté », se remémore-t-elle.
Naturellement les choses ont beaucoup changé. « Halluin, c’était vraiment une bonne ducasse. Elle occupait la rue Marthe Nollet en plus de la place. Et elle était très fréquentée. Je l’aime toujours car l’ambiance y est bonne, même si le chiffre d’affaires a baissé, comme partout ailleurs », affirme Arlette.
Après le montage des manèges, une pause rassemble les anciens, forains depuis plusieurs générations pour la majorité. Ils évoquent les chevaux de bois, les barques et les poules. Des manèges qui ont disparu au profit d’autres plus modernes.
« Maintenant, il y a aussi beaucoup de jeux d’argent, d’adresse et de hasard. Ca marche très fort », constate Arlette. Mais une chose est sûre, pour les plus jeunes, rien ne vaut un manège du genre du sien, avec ses véhicules colorés et son pompon à décrocher.
Arlette va aider sa fille à l’astiquer pour qu’il soit étincelant : la ducasse doit être un lieu féerique qui donne envie de s’y attarder. Elle peste contre ceux de ses collègues qui n’en font pas assez à son goût dans ce domaine.
L’autre facteur de la fréquentation, c’est la météo. « Il faut qu’il fasse beau, sinon les gens ne sortent pas, mais pas trop non plus sinon ils partent à la mer », a depuis longtemps constaté cette ancienne parmi les forains. En plus cette année, on se préoccupe de 2009, année durant laquelle les travaux de réfection vont interdire la place. Les fêtes foraines auront-elles lieu ?
(Archives D.D., Mai 2008).
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