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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (36) Le Bilan et les Séquelles de la Grande Guerre.



La Grande Guerre a hélas mérité son nom. Survenue de façon quelque peu inexplicable, elle a ruiné l'Europe, qui réunissait au XIXe siècle tous les atouts de la prospérité, de la grandeur et de l'harmonie.

                                                                          André Larané

 


Le bilan de la guerre


Avec la Grande Guerre, pour la première fois dans l'Histoire de l'humanité, des peuples entiers ont été entraînés au combat par des généraux peu soucieux du sang versé.


Le conflit a connu les excès habituels à toutes les guerres : viols et assassinats de civils. Mais il s'est signalé aussi par la disparition du code de l'honneur habituel aux guerres européennes. C'est ainsi que l'on n'a pas hésité à bombarder des ambulances et achever des blessés. Il n'a plus été question de trêves comme par le passé pour ramasser les blessés.


51 mois de guerre totale se soldent par un bilan humain catastrophique pour l'Europe et en particulier la France.


La Grande Guerre aura mobilisé un total de 65 millions d'hommes et fait plus de 9 millions de morts au combat, dont :

 

Pays      

    Victimes

    Morts

    Blessés

Russie

7 650 000

    1 700 000

5 950 000

Allemagne

6 253 758

2 037 700

4 216 058

France et Empire colonial français

5 623 800

1 357 800

4 266 000

Autriche-Hongrie

4 820 000

1 200 000

3 620 000

Empire britannique*

2 998 671

908 371

2 090 300

Italie

1 597 000

650 000

947 000

Serbie

1 178 148

450 000

728 148

Empire ottoman

725 000

325 000

400 000

Roumanie

455 706

335 706

120 000

États-Unis

360 300

126 000

234 300

Bulgarie

239 890

87 500

152 390

Canada*

239 605

66 655

172 950

Australie*

218 501

59 330

159 171

Serbie-et-Monténégro

60 000

50 000

10 000

Belgique

58 402

13 716

44 686

Grèce

26 000

5 000

21 000

Portugal

20 973

7 222

13 751

Terre-Neuve**

3 565

1 251

2 314

Japon

1 207

300

907

Totaux

32 530 526

9 381 551

23 148 975



 
L’Empire britannique inclut le
Canada, l’Australie, et l’Inde.
Terre-Neuve n’intégra la
fédération canadienne qu’en 1949.


Les pertes humaines s’élèvent à 9 millions de morts et 6 millions d’invalides. La France a été le pays le plus touché, proportionnellement : 1,4 million de tués et de disparus
[72], soit 10 % de la population active masculine. Le nombre moyen de tués par jour chez les soldats français est de 900 (1500 pour l’armée allemande).


(Source : Wikipedia)


Aux morts des champs de bataille s'ajoutent plus de 23 millions de blessés et de mutilés. Parmi les grands pays, la France est celui qui paie le tribut le plus élevé (3,4 morts pour 100 habitants), d'où la profusion de monuments aux morts dans ce pays plus qu'en aucun autre...


 
Cette saignée s’accompagne d’un déficit des naissances. La stagnation démographique française se prolonge, avec un
vieillissement de la population qui ne cesse de croître qu’avec le recours à l’immigration. Cette dernière participe à la reconstruction d’un pays dont le Nord est en ruines maisons, ponts, routes, usines… On considère aussi qu’environ 500 000 soldats de tous bords sont morts après la guerre des suites de blessures de guerre ou de maladies contractées pendant la guerre.


 
Il est à signaler également le phénomène nouveau des
gueules cassées, nom donné aux mutilés de guerre qui survécurent grâce aux progrès de la médecine tout en gardant des séquelles physiques graves, lesquelles blessures étaient le plus souvent mortelles par le passé. L’intégration de ces victimes de guerre en nombre à la société dut se faire au moyen de nouvelles lois et organismes.


Des séquelles durables


La France du nord et de l'Est, où se sont déroulées les principales batailles, est ravagée et se remet difficilement de ses ruines. Beaucoup de villages, dans toutes les régions du pays, ne vont quant à eux jamais se remettre de la mort au combat de nombre de leurs garçons et de la condamnation au célibat de nombreuses jeunes filles (les «veuves blanches»).


Les populations civiles ont été relativement peu affectées dans leur chair par la guerre. Mais 4 millions de veuves de guerre et 8 millions d'orphelins ont aussi porté, pendant de longues décennies, le deuil des disparus.


Les civils comme les combattants ont été, aussi, brutalement frappées par un mal inattendu, la grippe espagnole, dont la propagation a été facilitée par les mouvements de population et l'affaiblissement physique des individus suite aux privations de toutes sortes.


Notons que si la guerre a fait progresser l'armement, avec l'apparition des chars blindés et de l'aviation de guerre, elle a aussi eu des effets plus positifs, notamment les progrès de la chirurgie réparatrice, mise au défi de soulager les «gueules cassées» (les mutilés du visage, au nombre de 15.000 en France).


L'incorporation des hommes valides a amené beaucoup de femmes à occuper les postes vacants dans les usines, favorisant de ce fait leur émancipation (dès l'époque de la guerre, on voit apparaître dans les quartiers bourgeois une nouvelle figure féminine : la «garçonne»).


Grippe espagnole


Les réjouissances consécutives à l'arrêt des combats sont, dans d'innombrables foyers, contrariées par une épidémie surprenante et très mortelle. Pendant deux ans, en 1918 et 1919, un virus mystérieux se répand en Asie d'abord puis dans le reste du monde. C'est ainsi que des poilus rescapés des tranchées sont tout d'un coup frappés par une fièvre sans raison apparente et s'alitent pour ne plus se relever. Des familles entières sont décimées...


L'épidémie provoque au total pas moins de... 21 à 30 millions de morts, soit deux fois plus que la Grande Guerre. Les trois quarts des victimes se situent en Asie. Appelé «influenza» par les Anglo-Saxons et «grippe espagnole» par les Français, le virus n'a été identifié qu'à la fin du XXe siècle comme étant une variante particulièrement agressive du virus de la grippe. Les scientifiques lui ont découvert des analogies avec la grippe aviaire qui a frappé l'Extrême-Orient au début du XXIe siècle.


La grippe espagnole s'est soldée par une addition de drames individuels sans répercussions notables sur la vie politique et sociale. L'une des victimes les plus célèbres en fut le poète Guillaume Apollinaire, mort le 9 novembre 1918, à 38 ans. Deux ans plus tôt, dans les tranchées, il avait été gravement blessé à la tempe
.


Documentation Herodote.net
 

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