Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Le terme gueules cassées était attribué aux survivants de la Première Guerre mondiale ayant subi une ou plusieurs blessures au combat et affectés par des séquelles physiques graves, notamment au niveau du visage. On peut également trouver en référence aux gueules cassées ces hommes psychologiquement profondément marqués par le conflit qui ne purent regagner complètement une vie civile ou qui durent, pour les cas les plus graves, être internés à vie.
Au retour de la guerre, le nombre total de morts s’élevait à 9 millions dont plus de 2 millions d’Allemands, 1,8 million de Russes, 750 000 Britanniques, 650 000 Italiens et presque 1,5 million de Français. Proportionnellement à sa démographie, la France est un des pays où les pertes ont été les plus importantes.
Ces morts n’étaient pas que des militaires tués sur les champs de bataille, ils étaient aussi des militaires revenus chez eux, gravement atteints par des maladies tel que la grippe espagnole, mais aussi des hommes ayant succombé aux séquelles de leur maladie. Ainsi, après la guerre, le nombre de soldats morts des suites de leurs blessures s’élève à environ 500 000 tandis que la grippe fit 200 000 morts supplémentaires en France.
26 avril 1924
Mai 1924
Trois notions de cette loi se retrouveront dans les textes qui suivront :
Salaire avec éventuel abattement.
1930
Début de l’histoire de l’emploi des personnes handicapées.
Cependant, les soldats de retour du front étaient, pour une grande part, gravement blessés : amputés, mutilés du visage (gueules cassées), aveugles, gazés, etc. Ces hommes représentaient 6 millions d’individus. En majorité, tous ces morts et blessés étaient des hommes entre 19 et 40 ans, handicapant, de ce fait, la croissance économique du fait de leur impossibilité à pratiquer une activité professionnelle et contraignant l’État à verser à chacun d’entre eux une pension. 3 millions de veuves et 5 millions d’orphelins sont laissés derrière les soldats morts.
La population est vieillissante, majoritairement féminine, les mariages prévus sont annulés, retardés, le pessimisme d’après guerre n’encourage pas les naissances : ainsi, 1,6 million de naissances auraient été annulées à cause de la guerre. La situation démographique d’avant guerre ne sera rétablie qu’en 1950.
Afin de réparer les dégâts physiques de la guerre, des centres se sont ouverts pour proposer des méthodes de camouflage ou de réparation des visages abîmés que l’on appelait les « gueules cassées », en souvenir du colonel Yves Picot (Brest 17 mars 1862 - La Valette-du-Var 19 avril 1938) qui lança cette expression le premier alors qu’on lui refusait l’entrée à un séminaire donné à la Sorbonne sur les mutilés de guerre.
Ainsi s’ouvrirent les Hospices de Lyon où de célèbres chirurgiens et médecins se penchèrent sur de nouvelles techniques diverses afin de réparer ou de cacher ces visages éclatés par les obus.
La violence des combats aggravée par l'usage intense d'armes nouvelles telles les gaz de combat provoqua chez nombre de survivants des séquelles psychologiques parfois irréversibles et impressionnantes.
Ce phénomène plus tard dénommé Syndrome de stress post-traumatique se démontrait de diverses manières :
Même si l’Armistice fut signée le 11 novembre 1918, ce n’est que le 28 juin 1919 que fut organisé le traité de Versailles auquel Clemenceau convia 5 représentants des gueules cassées issus de l’hôpital Val de Grâce de Paris. Ils témoignaient de la violence et de la brutalité de la guerre.
Le mutilé se sentait exclu de par ses longs séjours qui le coupaient de ses activités d’auparavant dans les hôpitaux, luttant avec les procédés archaïques pour sauver son visage, source de pitié, de dégoût mais aussi des fois de sympathie de la part des autres individus. Bienaimé Jourdain et Albert Jugon, deux anciens blessés soignés à Val de Grâce fondèrent une association. La présidence est confiée au colonel Yves Picot (1862-1938) et la vice présidence à Jourdain. (Photos ; Jourdain sans et avec bandeau).
Et voici Jugon laissé sur le champ de bataille à moitié mort, ayant dit à ses compagnons que s’ils avaient le temps de le sauver après les autres soldats moins blessés que lui, alors ils pouvaient venir le rechercher. Il fit partie des 5 soldats assistant au Traité de Versailles.
Les difficultés financières du début des années 20 retardèrent la mise en œuvre du projet de construction d’une maison des défigurés de face. Ce n'est qu'en 1927 que les gueules cassées purent acquérir un domaine, grâce à une souscription ouverte à la fin de 1925. Inaugurée par le Président de la République Gaston Doumergue en 1927, la Maison des Gueules cassées était un château, situé à une quarantaine de kilomètres de Paris, dans le village de Moussy-le-Vieux, en Seine-et-Marne.
Elle accueillait les pensionnaires de manière définitive, pour les plus atteints d'entre eux, ou temporaire, pour les convalescents notamment.
Cependant, ces maisons ne symbolisent pas seulement la fraternité unissant les défigurés, mais aussi une sorte d’exclusion à l’intérieur de la société ; une non-intégration d'après guerre.
Cette association fut financée par la Loterie Nationale devenue depuis la Française des jeux.
Source : Wikipédia