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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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L'Halluinoise Catherine Brazier à l'émission "Ciel mon Mardi !".



Il y aura déjà 20 ans…C’était le 23 janvier 1990, Catherine Brazier, responsable avec son mari d’un centre d’auto-école à Halluin, participait à la célèbre émission de Christophe Dechavanne « Ciel Mon Mardi ! ».

 

En voici le récit, relaté dans la presse locale le 28/1/1990 :

 

Bien sûr, il était intéressant de savoir comment Mme Brazier avait vécu son passage à l’émission de Christophe Dechavanne. Encore ne faudrait-il pas oublier la raison qui l’avait amenée sur le plateau de « Ciel mon mardi ! ». Et l’Halluinoise insiste :

 

« Ce n’est pas seulement pour parler de mon cas personnel que j’étais là, mais comme représentante des responsables d’auto-écoles de Tourcoing et des environs. C’est tous ensemble que nous avions préparé le dossier ».

 

Le problème est connu : depuis déjà pas mal de temps, les centres d’auto-écoles connaissent de grosses difficultés pour obtenir en nombre suffisant des places d’examen pour leurs élèves. Alors qu’il leur en faudrait au moins quatre par semaine, M. et Mme Brazier n’ont droit qu’à un examen hebdomadaire. Avec tous les problèmes, tout le retard que cela peut engendrer pour les candidats au permis de conduire…

 

La raison aussi est bien connue : il manque des inspecteurs-examinateurs. Tout le monde le sait, même le ministère des Transports l’admet. Sans pour autant prendre les mesures qui s’imposent.

 

C’est cela que Mme Brazier tenait à dire ce mardi 23 janvier 1990. Elle a prouvé par la même occasion que les responsables d’auto-écoles faisaient bien leur métier, avec passion, même si dans cette profession, comme partout ailleurs, il existe des brebis galeuses.

 

Aura-t-elle été entendue ? Bien sûr, M. Graff, le représentant du ministère des Transports, a annoncé la création de quarante postes d’inspecteurs. « Mais cela fait des mois qu’on nous le promet… », soupire Mme Brazier. Au moins, ce mardi soir, cette promesse aura-t-elle été faite devant quelques millions de télespectateurs.

 

« Téléphone à Christophe Dechavanne ! »

 

Dès le premier abord, on comprend que Mme Brazier n’est pas femme à s’en laisser compter. Elle avoue d’ailleurs, les yeux pétillants « Avoir son caractère ». Aussi, lorsqu’il y a quelques semaines, cette responsable d’un centre d’auto-école a téléphoné pour la xième fois au service des examens du permis de conduire pour se plaindre du peu de places réservées à ses élèves, et s’est entendue répondre pour la xième fois que « c’était comme cela et qu’il n’y avait rien à faire », Mme Brazier a vu rouge.

 

« Téléphone à Christophe Dechavanne ! », lui lança sa mère par boutade. Et elle le fit, Mme Brazier ! Elle appela la Société française de production. Qui la mit en relation avec Dan Bolender, le monsieur qui prépare les dossiers de « Ciel mon mardi ! » et qui lui apprit, ô chance ! Qu’un dossier sur les auto-écoles était justement programmé pour le 16 janvier !

 

Bolender invita notre Halluinoise à lui envoyer un dossier sur le sujet, dossier qu’elle prépara avec ses collègues du secteur, et lui demanda si elle était prête à venir témoigner sur le plateau.

 

« J’ai bien sûr répondu oui », raconte-t-elle. Entre-temps, l’émission avait été repoussée, du 16 janvier «  à un avenir proche ». « L’avenir proche, c’était en fait la semaine suivante. Et je ne l’ai appris que trois jours avant ! »

 

Week-end difficile…


Elle avoue aujourd’hui que le week-end qui précéda l’émission fut « Un peu difficile : j’étais assez énervée et nous avons passé, mon mari et moi, ces deux jours à préparer un dossier avec d’autres responsables d’auto-écoles de Tourcoing et des environs ».

 

Ici, il est utile de préciser que l’émission de Dechavanne est un authentique direct : pas de séquences enregistrées, donc pas de répétitions, et pas de droit à l’erreur. Arrivée à la SFP à 21 h 30, maquillage, et entrée sur le plateau. Sans la moindre concertation avec le meneur de jeu ou avec les autres participants :

 

« Tout ce qu’on m’a dit, c’est que je devais m’asseoir sur le fauteuil E ». Chaque invité a en effet un siège correspondant à une lettre de « Ciel mon mardi ! »…

 

Faut-il préciser que Mme Brazier avait le trac, pour ne pas dire qu’elle était complètement stressée ? « Mais à peine assise, comme par enchantement, le stress s’est totalement envolé, je ne voyais plus les caméras : j’étais là pour dire des choses, et plus rien d’autre ne comptait ».

 

Deux petits regrets, une grande satisfaction.


Pourtant, quand Dechavanne ouvrit l’émission en s’adressant immédiatement à elle, elle eut quand même un coup au cœur, Mme Brazier ; On peut la rassurer : personne ne s’en est rendu compte ! Et contrairement à ce qui se passe quelquefois dans ce genre d’émission, tous les participants étaient des personnes courtoises, et Mme Brazier comme les autres invités purent s’exprimer dans les meilleures conditions. Le public ? « Jeune, assez chahuteur, mais tout à fait stimulant ! ».

 

Et finalement, c’est rapidement que passèrent les trois quarts d’heure de l’émission consacrés aux auto-écoles : « C’est court, très court. Les invités sont nombreux, et on n’a pas le temps de dire tout ce qu’on voudrait ».

 

L’autre regret de Mme Brazier, c’est d’avoir oublié de dire, en début d’émission, qu’elle était d’Halluin : «  Au début, quand je me suis présentée, j’ai dit que j’étais d’une petite ville de province sans préciser. L’émotion… ».

 

Mais à côté de ces petits regrets, une grande satisfaction : le sentiment d’avoir pu exprimer, devant des millions de spectateurs, les problèmes que rencontrent les centres d’auto-écoles pour obtenir des places d’examen pour leurs élèves et de contribuer, peut-être, à faire « avancer le schmilblick… ».

 

Parenthèse.


Et au fait, Dechavanne, il est comment ? « A vrai dire, je n’ai pas eu tellement l’occasion de parler avec lui. D’abord, je n’ai pas voulu lui « sauter dessus » : il est déjà tellement sollicité… Ensuite, il est entré sur le plateau au dernier moment, et nous ne l’avons plus vu après l’émission.

 

Cela dit, on voit que c’est un vrai professionnel : tout sourire sur le plateau, très concentré, un peu crispé même au dehors. Et c’est un très grand animateur de débat : toujours des réparties et des questions justes. On voit qu’il avait travaillé le sujet ! ».

 

Et puis au terme de l’émission, une petite réception avec les autres invités, une (courte) nuit à l’hôtel où la SFP avait réservé une chambre pour Mme Brazier et son mari, et le retour à Halluin dans le tout petit matin du mercredi. « Ciel mon mardi ! » : une soirée-parenthèse entre deux journées de travail pour M. et Mme Brazier…

 

Une parenthèse qui s’est quelques peu prolongée pendant toute la journée de mercredi. Le téléphone a beaucoup sonné, ce jour-là, au 154, rue de Lille : amis, collègues, parents et même le petit neveu Guillaume qui a tenu à féliciter sa tante pour sa prestation télévisée. Tout en avouant que « cela lui avait fait tout drôle ».

 

(Archives D.D., N.E., 28/1/1990). 


  Les 30 ans de Brazier… 1979 – 2009.


Catherine et Patrick Brazier ont repris en octobre 1979, suite à un drame, l'auto-école de la rue E. Zola qui porte aujourd'hui leur nom. La conduite accompagnée et le 1 euro par jour sont pour eux les grandes évolutions de ces 3 dernières décennies.


A Halluin, on recense trois auto-écoles, Marc Pruvost derrière St-Hilaire, Didier Lescroart au Colbras, Catherine et Patrick Brazier rue E.Zola. Ces derniers ont pris en 1979 la succession de M.Lebouvier qui souhaitait stopper son activité.


« Mon mari et moi sommes originaires de Chauny dans l'Aisne, mon mari y enseignait déjà la conduite tout en travaillant chez Renault »
, se souvient Catherine Brazier, « un jour, on a déniché une annonce de reprise sur Halluin dans un journal professionnel. »


Mais la vie, dans sa tragédie la plus horrible, va s'en mêler. « On a repris cette auto-école parce que j'ai perdu mon frère dans un accident de karaté, lors d'une compétition », reprend Mme Brazier, « mon frère avait en effet contracté une assurance vie dont j'étais bénéficiaire ».


Ainsi, à 35 ans, le couple Brazier va dans ce coup du sort dramatique reprendre l'auto-école de la rue Zola, alors implantée au 117 de la rue de Lille, aidé également en cela par les parents de Catherine. « On a repris le fonds, pas les murs que l'on loue », poursuit-elle, « je me souviendrai toujours de l'accueil reçu à Halluin. J'étais enceinte et j'ai dû attendre des mois avant de disposer du téléphone. Spontanément, les voisins m'ont proposé d'appeler l'hôpital à n'importe quelle heure du jour et de la nuit en cas de nécessité ! ».


L'auto-école tournait déjà bien et ce nouveau couple de gérants va s'attacher à préserver la fréquentation stable, environ une centaine d'élèves issus d'Halluin et de la grande vallée de la Lys, jusqu'à Armentières.


« Notre souci a toujours été de ne pas avoir trop d'élèves mais en revanche de bien les suivre »,
assure Mme Brazier. D'ailleurs, elle le reconnait, son tarif de 38,50 euros la leçon n'est pas le moins cher mais elle garantit le résultat et la qualité du suivi. « Le budget a toujours été prépondérant pour les élèves, aujourd'hui tout le monde veut son permis et estime qu'il a le droit de l'avoir. N'oublions pas qu'il s'agit d'un diplôme d'Etat délivré de façon on ne peut plus sérieuse. ».


En trois décennies, le profil des candidats (es) au permis a bien changé. « En 1979, nous avions des élèves de 18 à 55 ans pour les plus âgés », se souvient Mme Brazier, « aujourd'hui, ils ont de 16 (en raison de la conduite accompagnée) à 30 ans, le permis de conduire étant devenue une pièce indispensable à faire figurer sur un CV. »


Elle a eu son permis
en Angleterre !


Catherine Brazier avait elle-même passé son permis de conduire en Angleterre, en 1967, alors qu'elle y était étudiante pendant 2 ans. Elle l'avait obtenu au bout de la 2e fois. « La 1e fois, j'ai failli écraser un chien ! » plaisante-t-elle. Depuis qu'elle prodigue des cours de code et de conduite routière, elle constate une baisse de la connaissance des mots, une source de confusion souvent à l'origine d'un échec au code.


« Ce qui importe dans l'apprentissage de la conduite routière, c'est le respect des élèves »,
insiste-t-elle, « on consacre plus de temps aujourd'hui aux élèves, en moyenne de 27 à 30 heures de conduite. Les voitures sont techniquement plus sophistiquées qu'avant, il y a plus de monde sur les routes, la signalisation est plus abondante et complexe. »


Catherine Brazier plaide pour la répression sur les routes et ne s'en cache pas. « C'est comme au travail, il faut respecter sa sécurité et celle d'autrui, il faut faire preuve de compétence, on a tous une responsabilité dans n'importe quel accident », se justifie-t-elle, « regardez la rue Zola à Halluin où les gens stationnent n'importe comment, roulent trop vite. Sait-on aussi que la priorité à droite n'est pas absolue ?


L'éducation et l'altruisme sont à prendre en compte aussi. En Allemagne, on peut rouler à plus de 130km/h sur autoroute mais un accident au-delà de cette vitesse n'est pas pris en compte par les assurances. 


Les deux fils de M.et Mme Brazier, Arnaud, 29 ans, et Christophe, 34 ans, ont rejoint l'auto-école en tant que salariés, l'un plus axé sur la voiture, l'autre sur la moto et les cyclos. La filiation est en marche. Tous les deux musiciens, Christophe et Arnaud partiront prochainement avec leur group Black Hole Supermass au festival de rock d'Oer dans le cadre des 40 ans du jumelage entre Halluin et ctte ville allemande.


« La conduite accompagnée c’est super ».


Alors que le permis de conduire a 110 ans, Mme Brazier applaudit des deux mains la conduite accompagnée comme le permis moyennant 1 euro par jour. Des mesures qui, pour elle, vont dans le bon sens.


Les deux grandes évolutions vécues par M. et Mme Brazier durant ces 3 dernières décennies, ce sont la conduite accompagnée et le 1 euro par jour.


« Dans le cadre de la conduite accompagnée, on forme les jeunes élèves dès 16 ans et on les laisse avec les parents. Ils ont le niveau du permis de conduire avec les accompagnateurs. Ça permet aux parents de transmettre leur expérience, c'est une démarche sécuritaire. Dans le même temps, ça renforce la communication entre parents et enfants ».


En ce qui concerne le 1 euro par jour - « dans le cadre d'un prêt bancaire à 0%, les gens remboursent 30 euros par mois pendant environ 40 mois pour atteindre le budget moyen du permis, entre 1200 et 1400 euros » - cela permet de « payer mensuellement l'équivalent d'un abonnement de téléphone portable ».


Mme Brazier se félicite par ailleurs de la formation continue assurée auprès des enseignants par l'ANPER (Association Nationale pour la Promotion de l'Education Routière).


Rappelons que le permis de conduire, créé en 1899, est aujourd'hui le 1e examen de France avec 1,3 millions de candidats chaque année. Près de 900 000 permis sont délivrés chaque année dont 700 000 permis B. Jusqu'en 2012, un plan de réforme du permis B est engagé, visant à le rendre moins cher, plus facile et moins long à obtenir.


(Archives, N.E., 11/7/2009). 
 

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