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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Noces de Palissandre Halluinoises, pour Denise et Henri Dechaene.

 

 

 

La famille et les amis se souviendront longtemps des noces de palissandre (65 ans de mariage) de Denise et Henri, qui se sont fêtées samedi dernier en mairie. Comme l'a souligné le maire : « Ce n'est pas commun ».

Henri Dechæne est né à Halluin, le 9 février 1915. Denise Vanhoutte est, elle, née à Halluin, le 7 mars 1922. Ils se sont mariés le 25 janvier 1946, à Halluin, et ont élevés trois enfants : Marcel, Lucile et Laurette. Sept petits-enfants assurent la descendance : Peggy, Céline, Julien, Fabio, Katy, David et Mattéo ; et deux arrières-petits enfants continuent la lignée : Enzo et Léa.

 

Le couple réside toujours à Halluin. Henri a débuté sa carrière professionnelle a l'âge de 15 ans comme mécanicien auto au garage des Flandres et à 18 ans, au garage Dervaux, à Tourcoing. Il va ensuite aider son épouse à la friterie jusqu'en 1984. Il est alors âgé de 69 ans.

 

En effectuant son service militaire pendant la Seconde Guerre mondiale, Henri fut fait prisonnier. Il s'évadera à pied du Luxembourg, en 1942, et sera repris à Longwy (Meurthe-et-Moselle).

 

Denise Vanhoutte a commencé à travailler en 1935, comme ouvrière aux Ets Gratry, à Halluin. De 1941 à 1945, elle sera aide ménagère chez M. et Mme Gryspeert, à Halluin, avant d'être commerçante dans un magasin de liqueurs, puis de tenir la friterie, rue Gustave-Desmettre, de 1952 à 1984.

 

Pour le couple, la belle aventure a débuté à Menin (B) : « Nous nous sommes rencontrés au bal à Menin, en avril 1945. Nous avons confirmé au mois de mai à la ducasse d'Halluin. Mon époux désirait m'épouser de suite, et cela dure encore. C'était la fin de la guerre, nous étions gourmand de tout », a confié Mme Dechane, avec un sourire coquin. Pendant la traditionnelle photo le couple à eu droit à une ola de circonstance.

 

(Archives, VdN, 8/2/2011). 

 

 

Ils fêtent leurs 65 ans de mariage et tiennent de « plus en plus l'un à l'autre ». À la veille de la St-Valentin, Denise et Henri Dechaene nous parle d'amour. Pas d'un conte.

 

De leur temps, la Saint-Valentin, ça n'existait pas. Et quand les coeurs rouges sont devenus à la Saint-Valentin, ce que les guirlandes sont à Noël, ils ne l'ont jamais fêté non plus. Par contre, ils n'ont pas raté un anniversaire de mariage. Encore moins celui de cette année.

 

En janvier, Denise et Henri Dechaene ont fêté leurs noces de palissandre - 65 ans de mariage - avec leurs trois enfants, sept petits-enfants et deux arrière-petits enfants. Ça force l'admiration. Plus encore, quand on est témoin de la tendresse et la bonne humeur de ces deux pimpants nonagénaires.

 

Elle va avoir 89 ans, il en a 96. « J'ai pris une petite jeune », plaisante Henri. À l'approche du 14 février, le couple nous parle d'amour. Du leur d'abord. Un amour né alors que la guerre s'achevait enfin. Leur première rencontre, c'était à Menin, au mois de mai 1945. À l'un des premiers bals après l'armistice.

 

Trois semaines plus tôt, Henri était revenu d'Alsace où il avait été fait prisonnier pendant cinq ans au Col de bonhomme, près d'Épinal. « Pendant la guerre, il n'y avait plus de dancings, il n'y avait plus de sorties... », se souvient Denise. Autant dire qu'une folle envie de vivre et de s'amuser soufflait sur cette jeunesse qui ce soir-là était venue danser. « La semaine suivante le bal, c'était la ducasse à Halluin. On s'est retrouvé au dancing, ça s'appelait "Les combattants". On a dansé toute la soirée. Ensuite, il m'a raccompagnée et on ne s'est plus quitté », raconte Denise.

 

Le coup de foudre ? Henri le dit plus joliment : « Vous savez ce que c'est un aimant. Et bien on a été attiré ». Et aujourd'hui encore, « Je l'adore », sourit le vieil amoureux. Elle, c'est sa gentillesse, sa serviabilité... et bien sûr son sourire, qui ont fait chavirer son coeur de jeune fille. Le mois de mai est un beau mois pour s'aimer. Et avec le temps, « On tient de plus en plus l'un à l'autre. On se complète même dans le vieillissement ». Elle est ses yeux, lui ses jambes.

 

Tous les matins, elle lui lit les nouvelles dans Nord éclair. 65 ans d'union et un amour qui ne s'est pas trompé. Forcément, on est tenté de connaître le secret qui n'a jamais fait mentir Cupidon. « Il faut de temps en temps mettre de l'eau dans son vin. C'est sûr qu'il y a des hauts et des bas », souligne Denise.

 

Même avec le coeur fidèle et sincère, 65 années durant, la vie de couple n'est pas un conte de fées. « Dans notre vie, on a travaillé. On a beaucoup voyagé. La maladie, ça se surmonte », raconte Denise. Après avoir tenu un magasin de vins et liqueurs, elle a ouvert une friterie. Henri a été mécanicien à Tourcoing, il a terminé sa carrière aux Établissements Gratry comme mécanicien d'entretien.

 

Le secret de l'amour pérenne serait l'équilibre d'une vie de couple qui connaît l'effort, la joie, l'épreuve ? La parentalité aussi. Le couple a eu trois enfants, Marcel, Lucile et Laurette, la cadette. Oui, c'est peut-être bien tous ces ingrédients qui font l'alchimie.

 

« Avant les gens travaillaient plus. il n'y avait pas de chômage. On entend les gens qui perdent leur travail. Après ils se séparent. Aujourd'hui, c'est toujours, à cause du travail et de l'argent », déplore Denise. Bien sûr, « tout le monde ne peut pas trouver la bonne personne. Mais aujourd'hui, les gens ne cherchent plus à se réconcilier. quand ça ne va pas ils s'en vont », constate cette jolie arrière grand-mère.

 

 Pas question de fermer les yeux pour autant - même si avec les années l'amour ne rend plus aussi aveugle - sur les difficultés, les infidélités. « Ça, jamais je ne l'aurais accepté ! ». L'expérience fait dire à ces deux amoureux « Il y a parfois des énervements », la sagesse les fait compléter : « Il faut avoir confiance l'un dans l'autre. Au départ il y a l'amour avec un grand A. Après, c'est comme un arbre, il faut l'aider à grandir ». Après le grand A, il n'y a plus qu'à... écrire la suite.

 

(Archives, N.E., 13/2/2011).  

 

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