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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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"La Tuilerie" d'Halluin... Historique.

 

 

En 1860, Monsieur Debayser crée les Tuileries mécaniques d’Halluin, dite la Tuilerie. Le bâtiment de stockage mesure 200 mètres de long sur 20 mètres de large et possède 2526 fenêtres, par où s’engouffre le vent pour sécher neuf cent mille tuiles en trois semaines.

 

Un petit train amène l’argile du célèbre Kluteput (réservoir à argile) à l’usine, chemin de la Grandville (rue Dennetière). Parfois, l’argile a posé des problèmes, elle contenait trop de… coquillages.

 

Beaucoup de travailleurs venaient de la Flandre belge, à pied, parfois depuis Zonnebeke. Ils ont travaillé en plein vent et jamais attrapé de rhume. Les Tuileries mécaniques d’Halluin sont absorbées en 1962 par le Comptoir tuilier du Nord.

 

L’avenue des Tuileries se situe à l’emplacement de la Tuilerie, dans un nouveau quartier près de la rue Dennetière et de la rue de Lille. L’étang de pêche de la Tuilerie et son bois de 5 hectares offrent de magnifiques promenades et des sites de pique-nique.

 

(Archives, « La vie chez nous » Avril 2010).  

 

La Tuilerie d'Halluin - Récit de Roland Verkindère :

de l'argile et des dents de requin (1)

1890-1990 - un siècle. Entre ces deux dates, en un peu plus de trois générations, la Tuilerie s'est développée, transformée avant de laisser place à une nouvelle organisation de ce quartier.

 

L'espace a changé de fonction. Tourné d'abord vers la production le site est devenu une zone d'habitat, de détente et de respiration entre la Cense-Manoir, le haut du Colbras et la ferme du Mont Saint-Jean. La Tuilerie fut créée en 1898. À proximité de la nouvelle ligne de chemin de fer Menin-Tourcoing et d'un gisement d'argile bleue, elle a belle allure.

Chance : des fentes glaciaires, datant des glaciations quaternaires, sont emplies de ces limons jaunes. Mieux encore un lit de galets marquait au sommet le cours d'une ancienne rivière coulant vers la Lys. Des dents de requins impressionnantes ont été trouvées sur ce site. Puis des argiles sur plus de 30 m d'épaisseur avant d'atteindre après les sables de la craie à 100 mètres.

 

Pas de « cotiches ». Les argiles plastiques d'un bleu noir sont extraites de la carrière à la bêche puis grâce à un excavateur à godets. Elles fournissent avec quelques matières propres à la brique, de quoi façonner tuiles à emboîtement, abouts, faîtières, réputés. Des wagonnets convoient cette terre vers l'entreprise, un réseau ferré propre à celle-ci facilite ces transports.

(Archives, N.E., 17/8/2010).

 

Un coin de baignade (2)

 

La Tuilerie  a fait place au parc du « Klute Put ». La production, après enfournement et cuisson, exige un séchage « écologique ». Cela se pratique dans un bâtiment spécialement construit à cet effet. Un bâtiment de 200 m de long, 20 m de large, 2 526 fenêtres, un courant d'air pour le séchage naturel. D'où des sécheurs spécialisés travaillant en 3x8, 24h/24 et 7j/7.

En matière de cuisson, il y a de la technique et du mystère. On raconte que l'un des responsables de la fabrication venait tôt le matin vérifier les températures des fours et avant de les refermer, précaution ultime, jetait dans le foyer une médaille susceptible d'assurer une cuisson réussie.

 

Autre anecdote : le site de À la recherche du passé d'Halluin. net montre une photo de « prisonniers allemands » en 1945 se baignant dans la carrière, jeunes gars en maillot de bain de l'époque, employés à la tuilerie la semaine et heureux de cette détente dominicale.

 

Face à la récession dans les années 1970 le comptoir Tuilier se diversifie. Briques, parpaings, granulats d'argile. La production s'empile sur des terrains au voisinage de la voie ferrée. C'était aussi le lieu privilégié des lapins et des lièvres et des braconniers d'occasion sûrs de trouver là de quoi se régaler.

 

L'usine a toujours employé une importante main d'oeuvre étrangère : Flamands surtout puis Marocains. Des logements étaient prévus. Les conditions de travail étaient à la fois difficiles, mais permettaient de vivre à l'extérieur.

 

(Archives, N.E., 23/8/2010).

 

 

Un nouveau quartier vert (3)

 

La Tuilerie d'Halluin qui, après avoir battu des records de production et employé jusqu'à 20 nationalités différentes, tire sa révérence.

 

Vingt ans de reconversion non aboutie... Le département tuilerie s'arrête en 1974 et sur une vingtaine d'années les effectifs tombent malgré des tentatives de diversification. Au début des années 1990 tout s'arrête.

Un nouveau quartier vert. C'est le début de la reconquête de ce secteur. Avec une première idée : y implanter une zone d'activités artisanales. Échec : le coût est trop élevé. Finalement c'est l'habitat et le retour à une nature maîtrisée qui s'impose. Belle Fontaine, étang, une étape que l'écharpe verte et bleue chère à la municipalité conduite notamment par Alex Faidherbe.

 

Le « Klute Put » un moment utilisé comme décharge reçoit son contingent d'arbres et devient une zone de détente, relais du Nid de mousse et du Labyrinthe. Le Colbras complète le Mont. La perte de la Tuilerie n'est peut-être plus totalement une tuile !

 

(Archives, N.E., 24/8/2010).   

 

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