Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Pour beaucoup le bistrot de quartier, c'est cet endroit où l'on vient boire un verre entre habitués. Bien souvent, il accueille aussi des associations. Une tradition chère aux « Accordéonistes », situé rue Gabriel Péri à Halluin. Joueurs de cartes, sous officiers, épargnants, et accordéonistes bien sûr, y ont leur siège, et assurent au bistrot des clients réguliers.
Aux Accordéonistes, la décoration en dit long sur l'identité du lieu. Ici, aux habitués qui se succèdent pour « boire un coup », chercher un peu de convivialité, écouter les nouvelles locales, et autres habitudes de la vie de quartier, s'ajoutent les « habitués en bande ».
Les très nombreuses coupes exposées sur des étagères ? Ce sont les trophées de la société des Accordéonistes, dont l'illustre président halluinois André Debruyne fut aussi le propriétaire du troquet, en 1930. La société a toujours son siège ici, ses membres s'y réunissent une fois par mois, pour la fête de la musique, la Sainte-Cécile. Les affiches de jeux de cartes ? La preuve de la présence du club de carte. Il y a aussi « les Milliardaires réunis ».
Dernière ce nom plein de promesses se cache une caisse d'épargne un peu particulière. « On met ce qu'on veut, même dix ou vingt euros, explique un client. Pas besoin de mettre des grosses sommes comme à la banque. » Une fois par an, au début de l'été, on récupère son épargne. En revanche, le patron gardera la date secrète : « On va quand même pas prendre de risques, quand on voit que certains cassent la gueule à des petits vieux. » La tradition aurait démarré en 1936, avec l'apparition des congés payés. Un moyen de se constituer un petit pécule pour partir en vacances. Ici on fait plus confiance au patron de bistrot qu'au banquier...
Dernière arrivée des associations, l'Amicale des anciens sous-officiers. Quand l'ancien siège, le bistrot des Vieux Amis, a fermé au mois d'octobre 2009, s'est posée la question du déménagement de l'association. Louer une salle ? Impensable. Jean-Marc Delsalle, secrétaire et porte-drapeau de l'association des sous-officiers, raconte : « On aurait pas pu aller ailleurs mais dans un café, c'est bien plus convivial. il n'y a pas l'aspect impersonnel d'une salle municipale », raconte-t-il.
Pourquoi tant d'associations au même endroit ? D'abord tout simplement par tradition. Ensuite, presque par nécessité. Pour Franck Merchier, être le siège d'associations, ça fait en quelque sorte partie de son fonds de commerce. Il y a quelques dizaines d'années, dans l a seule rue Gabriel Péri, « il y avait 27 petits cafés de quartiers », raconte Gautier Van der Vech, ancien patron de café à Halluin. Maintenant il y en a trois.
Une réalité qui laisse planer au-dessus des derniers cafés la crainte d'une fermeture. « Même si aujourd'hui ça fonctionne plutôt bien, on est jamais à l'abri », estime le patron. Et de citer l'exemple des Vieux Amis, « une institution qui a fermé du jour au lendemain ». Pour lui, dans ce contexte, les associations sont une véritable aubaine, la garantie d'une fréquentation régulière. « C'est ce qui nous permet de nous maintenir et d'avoir des chiffres corrects à la fin de l'année. » Et de conclure : « Pour moi, un café sans associations, je crois que ça n'existe plus. »
Aux accordéonistes, 14, rue Gabriel Péri, Halluin. 03 20 37 53 37.
(Archives, VdN, 20/8/2010).
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La Mémoire Halluinoise (2) Cafés, bistrots, brasseries et estaminets d'antan.
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