Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
La confection René Danset de 1937 à 1972
L’atelier de confection est fondé par M. René Danset en 1937, dans un ancien bâtiment Mestdag situé rue de Lille. L’activité des ateliers est interrompue pendant toute la durée de la guerre.
En 1945, M. Danset a l’opportunité de reprendre ses activités dans l’ancien estaminet « Le Damier » situé rue Lucien Sampaix, qui appartient à la famille Danset. Dans un premier temps le local sert à la fois d’habitation et d’atelier.
Puis le travail reprenant, des agrandissements sont nécessaires. M. et Mme René Danset achètent une à une les petites maisons attenantes à l’atelier.
Leurs clients sont, au début, les entreprises halluinoises : Glorieux, Demeestère, Loridan, Gratry , Vanhalst, puis la Redoute vers les années 60.
Le personnel est essentiellement féminin. Le travail consiste en la confection de linge de maison : draps, taies, torchons, serviette de table et serviette éponge. La matière est fournie par les entreprises clientes. Toute la coupe est faite à la main. Les ouvrières travaillent sur des machines industrielles Singer. 3 machines servent à faire les jours : échelle, Venise et bourdon. Pour les jours Venise, une machine spéciale est utilisée.
En 1970, dans le développement de l’entreprise, M. Danset achète les bâtiments du tissage Lamaire situés rue des Ateliers.
Né en 1913, René Danset décède en 1972, son épouse continue l’activité aidée par son fils Jean-Noël.
(Archives, Halluin, Images d’Autrefois).
Jean-Noël Danset et Sylvie Thiriez de 1979 à 1992
A l’époque, sont créés des pyjamas, du linge de table et de fil en aiguille des accessoires. « C’était d’abord en sous-traitance pour des marques comme Desforges, Descamps », se souvient Didier Delafosse, comptable depuis 1979 dans la maison.
Cette année-là, Jean-Noël Danset, crée officiellement sa boîte de vente par correspondance, qui porte le patronyme. Après les premiers salons professionnels, « la VPC est abandonnée pour se concentrer sur les boutiques »
En 1983, la marque Sylvie Thiriez (du nom de l’épouse de Jean-Noël Danset), est créée, la boutique halluinoise porte son nom. Alors que les stocks sont situés rue Gabriel Péri, les ateliers de confections et bureaux sont installés non loin de là rue Lucien Sampaix.
Quand la maison est rachetée par la société Vrau en 1992, l’entreprise compte 124 salariés. Deux ans après Sylvie Thiriez est en dépôt de bilan.
Jean-Noël Danset a créé le 20 avril 1999 une société de textile et de décoration sous l’appellation : Danset Deco Halluin.
1998 : Un nouveau départ avec Patrice Lefèvre…
Patrice Lefèvre reprend alors l’affaire en 1998. À l'époque, elle compte sept magasins d'usine. « Grâce à un prêt garanti par l'État, on a pu avoir un plan de relance et être recapitalisé de 2 millions de francs ».
Le nom est resté, même si Sylvie Thiriez a quitté l’entreprise. C’est ce nom qu’ont notamment acheté Marie-Claire (la styliste) et Patrice Lefèvre (le gestionnaire). En 98, ils viennent de vendre leur entreprise de confection de linge de maison à Cambrai. Mais le textile leur manque. Ils s’intéressent alors à l’entreprise halluinoise
« Elle s’était développée au sein de l’entreprise Danset et le nom Sylvie-Thiriez avait une grande notoriété régionale ». Malgré la mauvaise santé de l’entreprise, les époux Lefèvre ont l’intuition qu’elle peut avoir de l’avenir.
Quand Patrice Lefèvre se lance dans l'affaire, l'entreprise a connu des épisodes douloureux et « le marché était très encombré ». Il a donc fallu trouver « les niches pour se développer ».
Des dentelles et broderies anglaises « un peu vieillottes », Sylvie Thiriez prend un nouveau souffle avec des modèles plus modernes, notamment avec des collections thématiques contant des histoires. « Nous avons été parmi les premiers à le faire en coordonnant avec le linge de table, de nuit, le linge éponge », souligne Patrice Lefèvre.
Sylvie Thiriez présente dans cinq pays étrangers
Les thèmes chers à la marque ? La nature, les animaux, la mer, la campagne, la montagne. C'est alors que le logo de la marque devient un âne gris. Le style Sylvie Thiriez ? « Il y a ce côté rustique, cocooning, maison de campagne. Un peu BCBG... Oui, notre clientèle, c'est un peu les bobos des champs », sourit Patrice Lefèvre.
Déjà trois ans que le nouvel emblème de la marque Sylvie Thiriez est devenu un âne gris. « Pour identifier les valeurs de la nature », exprime Patrice Lefèvre, actuel président de la maison.
Depuis 1998, l'entreprise s'attache à développer les boutiques et, depuis un an, les contrats de commissions d'affiliation avec certains magasins .En 2010, Sylvie Thiriez c'est 20 magasins en France et principalement au nord de Paris qui proposent tout linge de maison, vaisselles et accessoires.
« Depuis un an, on exporte aussi en Suisse, en Belgique, en Espagne, en Allemagne et en Italie », souligne Patrice Lefèvre, aujourd'hui président d'une entreprise au capital de 10 millions d'euros (avec une augmentation annuelle estimée à 7 %). Soit un tiers de ce capital pour les « grands comptes » (dépôt vente dans des magasins type Auchan), soit un tiers résultant des boutiques et un tiers provenant des 300 détaillants multimarques.
La surface des locaux halluinois s’étend sur 3.500 mètres carrés : bureaux, stocks, ateliers de confections. A ce jour, l’entreprise compte 85 salariés (il était 40 en 1998), le nombre de salariés de Sylvie Thiriez basé à Halluin est de 15.
Si à Halluin, les salariés assurent la broderie sur textile, les matières sont importées d'Asie et d'Europe (principalement du Portugal et d'Espagne). « Le tissu est teint chez un teinturier des Vosges », souligne Patrice Lefèvre qui depuis peu a accueilli la société Re-sources dans son capital. « C'est un fonds privé qui rassemble des industriels qui investissent dans des sociétés ».
Aujourd'hui, le capital de l'entreprise est détenu pour moitié par Patrice Lefèvre, pour un tiers par des fonds de la banque CIC et le reste Re-sources.
Au petit trot, le petit âne fait donc assurément son chemin. Sylvie Thiriez, 131 rue de Lille à Halluin.
(Archives et Synthèse D.D., N.E., 12/5/2010).
Monique Masure… 42 années chez Danset-Thiriez
Monique Masure travaille dans l’entreprise de confection depuis quarante-deux ans. En décembre 2006, elle a fêté son départ à la retraite et avec elle, s’en va un peu du savoir-faire textile qui a fait la gloire de la ville.
Elle avait dix-sept ans, elle sortait de l’école ménagère où pendant trois ans, elle avait appris la couture. « Et je peux vous dire qu’avec les sœurs, on savait tout faire et j’avais envie d’être couturière ». Elle est allée frapper à la porte de la confection Danset, qui a été fondée en 1937. Embauchée !
« Il y avait plus de cent salariés et je peux vous dire que l’on faisait beaucoup d’heures, 40 à 45 heures par semaine ». Elle a commencé avec la broderie à jour de Venise.
En 1972, René Danset décède. C’est son épouse, Noëlla Vansteenkiste (décédée en 2009), qui reprend l’activité. « Elle tenait l’atelier d’une main de fer. Toutes les heures, elle observait le travail et s’il n’y avait pas assez de pièces, elle disait : « Cela sert à quoi que l’entreprise paie le fil, le tissu, les machines, l’électricité si c’est pour ne produire que ça ! » Mais je peux vous dire que les gens savaient travailler ! ».
Veuve de René Danset, Noëlla Vansteenkiste née le 25 décembre 1924 est décédée à Mouscron (B) le 4 juillet 2009 à l'âge de 84 ans.
Puis, c’est le fils, Jean-Noël Danset, qui accède à la tête de l’affaire. L’entreprise est scindée. Monique Masure travaille pour les Créations Sylvie-Thiriez. « Et on en a fait, des sets de table ! » Elle devient tour à tour piqueuse, ganseuse et aujourd’hui surjeteuse.
" Eh oui, j’ai tout fait ! " Avec la retraite, les mains alertes de Monique Masure ne vont pas rester inertes. « J’ai déjà prévu des machines chez moi. Je vais faire des vêtements pour mes petites-filles ».
(Archives, VdN, 26/12/2006).
Liens : sylviethiriezcreations.com/index.php/cgv/