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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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L'Halluinois Jean-Marie Gevaert : 55 ans au service de l'Athlétisme H.V.L.




A l’heure où de nombreuses associations sportives ou autres peinent à trouver des bénévoles, l’Halluinois Jean-Marie Gevaert est un exemple. Grand serviteur du club, Athlétisme Halluin Vallée de la Lys, depuis 55 ans, il est tombé « dans la marmite » comme Astérix, à l’adolescence.

 

Depuis il n’a jamais fait défaut à son club et reste notamment la cheville ouvrière de l’important meeting international d’athlétisme qui se déroule, depuis plusieurs années, le 14 juillet, sur les magnifiques installations du stade Hildevert Wancquet.

 

En 2003, pour ses 50 ans de service et à l’âge de 63 ans, il devait montrer l’exemple en s’alignant au départ du 2000 mètres. A cette occasion, ses amis de l’AHVL avaient tenu à le remercier en lui offrant un cadeau personnel.

 

Rappelons qu’à l’âge de 19 ans, il a remporté le championnat de France de course sur 3 000 m.

 

A la même époque, et bien avant qu’existe la MJC, il créait au Sacré-Cœur un club qui rassemblait une centaine de jeunes. Entraîneur d’athlétisme de niveau national et formateur passionné, il encadre bénévolement des jeunes depuis 55 ans. …

 

En 2001, le journal paroissial avait rencontré Jean-Marie Gevaert cette figure de la vie associative halluinoise ;  voilà ce qu’il répondait  aux questions de « La Vie chez nous » :

 

Pourriez-vous retracer votre itinéraire ?

 

« Je suis un autodidacte. A 15 ans, je suis allé travailler chez Sion, comme employé : à l’époque il y avait 1 300 ouvriers !

 

Puis 27 mois d’armée : le bataillon de Joinville, l’Algérie. A mon retour on m’a fait travailler dans un atelier de retorderie utilisant le système des équipes de matin et d’après-midi : fort gênant pour ceux qui souhaitent s’impliquer dans la vie associative !

 

C’est à cette époque que je me suis marié. Puis j’ai travaillé un an comme chevilleur. Ensuite je suis entré chez Décofrance ; je m’y occupais des salaires, du personnel, de formation continue. Je suivais tous les stages possibles pour me former au droit du travail. En 1991, l’entreprise a été mise en liquidation judiciaire. Je me suis retrouvé au chômage…

 

Après avoir rédigé un mémoire sur le moyen de développer les emplois familiaux, j’ai passé un concours me permettant, après vingt-trois mois de formation, de devenir directeur de centre social. J’ai été embauché comme chargé de mission d’insertion à Lille Sud, puis à La Bourgogne de juin 1996 jusqu’au mois de mars 2000, où j’ai pris ma retraite.

 

Parveniez-vous à des résultats encourageants ?

 

L’essentiel est que les jeunes croient eux-mêmes que l’embauche est possible ! En deux ans et demi, à La Bourgogne, l’équipe a réalisé plus de mille mises au travail.

 

Vous avez rencontré des publics bien difficiles…

 

Ah oui ! Nous avons réinséré même des sortants de prison. Mais notre équipe était tenace : les jeunes étaient très suivis… de même que les employeurs potentiels avec qui nous les mettions en relation. Et nous nous étions dotés d’outils de travail efficaces comme un terminal de l’ANPE ; nous avons créé des guides pour travailler en Belgique, pour être intérimaire, pour faire carrière dans l’armée…

 

Ceci dit notre tâche était avant tout éducative ; Il fallait « regonfler » des grands blessés de la vie. Et en même temps les socialiser, leur inculquer un minimum de règles de politesse et de savoir-vivre, les habituer à des horaires précis, leur expliquer les exigences légitimes des employeurs. Des jeunes qui nous arrivaient à 11 h en pantoufles et sans illusions, nous avons fait des compétiteurs prêts à s’engager avec ardeur !

 

A la section d’athlétisme, vous avez choisi d’entraîner les 10- 16 ans. Quelles qualités humaines souhaitez-vous développer chez eux ?

 

Leur montrer qu’ils ont des qualités qu’ils ignorent, et qu’ils sont capables de faire ce qu’au début ils croyaient impossible. Le mardi et le jeudi soir, avec l’équipe, je trouve une soixantaine d’enfants et d’adolescents. Mais l’entraînement est adapté à chacun.

 

Nous prenons beaucoup de temps pour discuter, nous mettons les parents dans le coup… Les jeunes manquent si souvent de confiance en eux ! Mais quand ils ont réussi à faire quelque chose, c’est différent…

 

Et à vous qu’est-ce que le sport vous apporte ?

 

D’abord, c’est un exutoire, un loisir pur ; j’ai envie d’être dehors, de garder la forme. Et puis c’est un plaisir de retrouver les amis : il existe une ambiance tellement sympathique dans les associations sportives… Et enfin le travail en groupe me rappelle sans cesse que personne n’est indispensable, et que ce qui compte, c’est de faire équipe !

 

Les jeunes nous donnent l’envie de continuer, c’est un contrat réciproque qui nous oblige à être présent. La famille aussi est essentielle pour les jeunes mais aussi pour les animateurs, sans une compréhension réelle, il ne serait pas facile de s’investir autant.

 

Et puis le sport est un état d’esprit, sans ça, je ne crois pas que j’aurais réussi ma réinsertion. Les échecs doivent être une préparation à la réussite ! ».

 

 

  (Archives et synthèse D.D.). 

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