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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (9) Les Grandes Batailles du Nord.




La bataille de Neuve- Chapelle (10-12 mars 1915) est la première en date des opérations offensives de l’armée britannique dans le Nord. Elle vise à s’emparer de la crête d’Aubers et d’en réduire le saillant. Elle oppose le corps de l’Armée de l’Inde et le IVème corps britannique faisant partie de la Ière Armée commandée par le général Haig au 11ème bataillon de chasseurs et au 1er bataillon du 16ème régiment d’infanterie allemands.

 

 Elle est lancée le 10 mars 1915 sur un front de 2500 mètres environ, après une intense préparation d’artillerie. Le général Haig ne réussit pas à profiter de l’effet de surprise et, après des succès initiaux (prise de Neuve-Chapelle), il doit se replier avec des pertes considérables. Les Britanniques, au prix de 12000 hommes (autant du côté allemand), ont conquis à peine 800 mètres de terrain.


    La bataille de la Côte d’Aubers débute le 9 mai 1915 afin de soulager le front de la seconde bataille d’Artois à Lorette-Souchez et d’essayer une nouvelle fois de s’emparer de la crête d’Aubers. Après un bombardement très court mais très violent afin de ménager l’effet de surprise, les Britanniques attaquent sur les flancs, à Fromelles et se heurtent aux lignes allemandes puissamment défendues. Ils se retirent au soir du 9 mai sans avoir progressé.

 

 Les pertes anglaises sont énormes : plus de 11000 morts. L’échec d’Aubers durement ressenti en Grande-Bretagne amène la venue du cabinet Asquith où figure Lloyd George comme ministre des Munitions.


    La bataille de Festubert dure du 15 au 25 mai 1915. Elle débute par un long bombardement d’artillerie qui dure près de 60 heures. Après un succès initial, elle s’interrompt le 25 par manque de munitions. Britanniques et Canadiens ont participé à l’assaut qui a permis de progresser de 500 mètres environ en profondeur sur un front de 6 kilomètres, au prix de 16000 morts du côté allié et de 5000 morts du côté allemand.


    Du 25 au 27 septembre 1915 ont lieu les attaques de diversion de Piètre et de Bois-Grenier alors que débutent la seconde bataille de Champagne et la troisième bataille d’Artois. Après de durs combats, les Britanniques réintègrent leur position de départ.


    La bataille de Fromelles des 19 et 20 juillet 1916, se présente comme une opération de diversion à l’offensive de la Somme et vise à détruire le saillant allemand puissamment défendu dénommé " Sugar loaf " par les Britanniques. Les unités engagées sont du côté anglais, 3 brigades de la 61ème division de la 1ère Armée et 3 brigades de la 5ème division australiennes ; du côté allemand, 3 régiments d’infanterie de réserve bavarois.

 

 L’attaque commence par un bombardement des positions allemandes durant 7 heures. Les Britanniques réussissent à s’emparer de tranchées allemandes mais le Sugar loaf ne peut être enlevé. Les Australiens prennent pied dans la tranchée de soutien allemande très peu aménagée où ils tentent de s’établir pour s’y retrancher. Les Allemands contre attaquent et les Australiens doivent battre en retraite et charger à travers les lignes ennemies pour briser l’encerclement. Elle se solde par un échec complet malgré de très lourdes pertes : 5600 australiens, 1300 britannique 1500 allemands.


    Après l’échec sanglant de la 3ème bataille d’Ypres de l’été 1917, l’état-major britannique décide d’attaquer vers Cambrai le front allemand par surprise, sans bombardement préalable, par une première vague d’assaut constituée d’environ 400 chars, suivis de l’infanterie. Il dispose du Mark IV, un char pesant 28 tonnes, avec un réservoir de 340 litres d’essence, qui avance à une moyenne de 3 kilomètres/heure, peut rouler pendant 7 heures et demie et est armé de 2 canons et de 4 mitrailleuses.

 

 Malheureusement, ces monstres ne sont pas équipés de radio (on correspond par signaux et drapeaux) ce qui ne permet pas de liaison avec l’infanterie. Ils sont par ailleurs extrêmement inconfortables. Le 20 novembre 1917, 381 chars Mark IV s’élancent vers Flesquières qui est libéré par les Highlanders de la 51ème division écossaise soutenus par la cavalerie arrivée en renfort après une âpre résistance des Allemands retranchés derrière de puissantes fortifications et des batteries d’artillerie.

 

 Les Allemands sont submergés et s’enfuient. Le front est percé sur une dizaine de kilomètres et à la fin de la journée du 20 novembre, les Britanniques ont avancé de 8 kilomètres, franchi l’Escaut à Marcoing et Masnières. Mais les tanks ne sont plus en état de combattre et leurs équipages sont épuisés tandis que des renforts allemands frais sont expédiés pour colmater la brèche.

 

 Le 22, Fontaine Notre-Dame est repris par les Allemands ainsi que Moeuvres et le Bois de Bourlon et le 30, les Britanniques se replient. La bataille de Cambrai se termine sur un statu quo : les Britanniques ont gagné du terrain au nord; les Allemands, au sud. Elle marque néanmoins le retour à une certaine guerre de mouvement. Elle a fait près de 100 000 morts : 45 000 Britanniques et 55 000 Allemands, sans compter les pertes civiles. Les Allemands annoncent avoir capturé 9600 hommes et 227 officiers, 172 canons, 742 mitrailleuses ... Sur les 400 tanks engagés, 78 sont restés derrière les lignes allemandes qui sont exhibés à Berlin pour fêter la " victoire " allemande de Cambrai.

 

Les protagonistes tirent de cette bataille des enseignements divergents : pour les Allemands, cette bataille a démontré l’inutilité des chars et leur vulnérabilité, ils estiment qu’ils ne peuvent briser la résistance de l’infanterie ; les Anglais gardent le principe d’une attaque massive sur un front restreint et ils mettent en chantier un nouveau char le Mark V au moteur plus puissant.

 

  Pour les Français le défaut majeur de l’opération a résidé dans l’insuffisance des relations avec l’infanterie, les chars ne doivent pas être le pivot d’une nouvelle tactique mais être répartis entre les différentes unités en complément de l’infanterie qu’ils soutiennent et accompagnent.


    Après la signature du traité de Brest-Litovsk, le 3 mars 1918, avec la Russie soviétique et avant l’arrivée des renforts américains qui ne sont attendus qu’au second semestre 1918, les Allemands pensent pouvoir disposer d’une certaine supériorité numérique sur le front Ouest et lancent leur grande offensive de printemps.

 

 Ludendorff tente de percer le front sur la Lys, là où les Britanniques sont plus faibles numériquement et où les premières lignes sont tenues par 2 divisions portugaises de faible valeur. L’attaque commence le 9 avril; le front est enfoncé et les troupes allemandes franchissent la Lys. Le 12 Merville est pris; les Bavarois du Kronprinz Rupprecht ne sont plus qu’à quelques kilomètres d’Hazebrouck et le 17, ils s’emparent du Mont-Kemmel; mais l’offensive s’essouffle pour finalement s’arrêter le 25 avril.

 

Source : Lille.fr Patrimoine.

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