Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
En novembre 2003, lorsque l’on s’aventure à l’interroger sur ses souvenirs de soldat pendant la Grande Guerre, il ne dit pas grand-chose. « Je n’ai pas de mémoire » répond Charles Durieux.
A 104 ans, il est né le 29 Mars 1899 à Gommegnies (Nord), l’homme qui vit à Douai, fait partie des trente-six Poilus, tous centenaires, encore en vie dans le pays. Le tout dernier dans la région, alors qu’ils étaient encore sept en 2000…
En a-t-il conscience ? Il ne sait pas très bien. « Peut-être », lâche-t-il simplement.
Engagé volontaire
C’était le 3 février 1918. La guerre de mouvement est de retour. Agé de 19 ans seulement,Charles Durieux s’engage dans le 101e régiment d’artillerie lourde (RAL), avant de rejoindre en avril le 121e RAL.
Le jeune homme a quitté son bourg natal de Gommegnies, près du Quesnoy, pour revêtir l’uniforme de l’armée française.
Pourtant son père, exploitant forestier, vouloir son fils unique reprendre l’affaire familiale. « Ils ne s’entendaient pas très bien, il s’est engagé volontairement », explique Madeleine, son épouse.
Nous n’en saurons pas beaucoup plus. Tout juste apprend-on que sa vie professionnelle fut bien remplie. « Il a fait trente-six métiers », confie son épouse. Charles Durieux était aussi un grand collectionneur, numismate et philatéliste passionné.
Dernier témoin de la Grande Guerre, le vieil homme vit désormais, avec son épouse, dans une maison de retraite de Douai.
Il est titulaire de la Légion d’honneur, qui lui a été remise le 11 novembre 1995.
(Archives D.D., VdN, 11/2003)
Deux mois et demi après cet entretien, M. Charles Durieux est décédé à Douai (Nord) le 5 Février 2004.
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