Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Le projet révolutionnaire il y a quinze ans est devenu un petit quartier dans la ville.
Il devait accueillir une école mais le terrain à la lisière du Mont d'Halluin et de la cité du Vieux Moulin abritera finalement un foyer pour personnes handicapées mentales.
Nous sommes en 1993, Alex Faidherbe est maire d'Halluin et les Papillons Blancs cherchent un endroit pour un projet ambitieux : construire des logements en milieu ouvert et en ville, plutôt que dans un château clos avec grand parc et isolement assuré.
« J'ai vu ma grand-mère s'occuper d'un mongolien jusqu'à son dernier souffle, confie Alex Faidherbe, le maire de l'époque, et avec mon épouse nous participions à la collecte des Papillons Blancs. Comme je voulais que ce terrain est une vocation sociale, la création du foyer Altitude est venue à point nommé ».
Opportunité mais pas vraiment consensus : « Un tout petit nombre de personnes se sont opposées de façon virulente contre l'arrivée du foyer, même si ce n'était pas l'avis général des habitants du Mont d'Halluin, se souvient le maire de l'époque. Nous avons modifié l'entrée qui se trouve vers la cité du Vieux Moulin grâce à Notre Logis qui a accepté ».
En 2003, un portail a été mis pour fermer le foyer la nuit, pour éviter les intrusions de l'extérieur.
« C'est la contre partie d'être ouvert, constate la directrice arrivée depuis un an, Brigitte Leclercq, mais il faudrait une campagne de sensibilisation dans la ville pour que les gens sachent, par exemple, que laisser des crottes de chiens peut être dramatique pour les personnes handicapées susceptibles de les ingérer. »
Mais la vie est tranquille, à part un habitant qui collectionne les papiers et parfois les courriers... Altitude est une réussite. Ses 44 habitants, dont la plupart sont présents depuis le début, vieillissent tranquillement.
Halluin, sa municipalité, ses associations, la MJC, ont créé des liens, tissés des relations pour que les personnes handicapées ne restent pas à l'écart. La formule a fonctionné, il faut maintenant qu'elle dure.
(Archives, VdN 16/5/2009).
Jour anniversaire ce 16 mai 2009
Pour les quinze ans du foyer Altitude, les résidants ont pu assister au baptême de leur géant : Patronaile le Pilote, en présence du maire, Jean-Luc Deroo, et de l'adjoint à la vie associative et aux fêtes, Jean-Claude Klimanek.
L'anniversaire du foyer pour adultes handicapés mentaux était jour de fête pour les quarante-quatre résidants permanents, ainsi que pour leurs parents.
Animations, ateliers, survol du site en avion pour deux privilégiés, et surtout le baptême du géant... Les résidants ont pu choisir le prénom de celui qui les accompagnera désormais lors des carnavals qu'ils affectionnent tellement.
Patronaile le Pilote, un aviateur : quoi de plus normal, finalement, dans le cas d'un foyer nommé Altitude... Pour beaucoup, l'anniversaire de ce foyer correspondait à leurs quinze ans de résidence au 31, cité du Vieux-Moulin.
Un parent explique : « Ma fille a vu les plans et l'on devait venir toutes les semaines pour observer l'avancée des travaux ».
Des parents tout aussi émus et fiers que leurs grands enfants, qui accompagnaient le DJ aux sons des maracas et tambourins. Et ce n'est pas la pluie qui s'était conviée à la fête qui leur a gâché ce bel anniversaire...
Rappelons, malheureusement, le manque de moyens dont souffre ce type de structures : cinq places d'accueil d'urgence sont réservées qui, face à la pénurie d'offres, sont toujours occupées.
(Archives, VdN, 21/5/2009).
H i s t o r i q u e
La première pierre du foyer-logement pour personnes handicapées a été posée le 19 juin 1993.
A l’époque, M. Gilbert Hannicot, qui était le vice-président de l’association des Papillons Blancs expliquait le choix du nom « Altitude » pour ce foyer :
« C’est un nom, un mot qui exprime beaucoup de choses. Il est le plus proche de la démarche qui caractérise notre action.
En effet, notre désir est d’essayer d’élever les handicapés vers un mieux, de tenter de leur faire surmonter leur handicap. D’ailleurs les personnes qui vivront au centre pourront y rester à vie. Nous espérons qu’un certain nombre d’entre elles voient une amélioration de leur état et puissent passer une autre étape de leur vie dans un autre lieu ».
Le foyer commença à fonctionner en avril 1994, suivie de l’inauguration officielle d’ « Altitude » qui s’est déroulée le 15 octobre 1994, et la présence de nombreuses personnalités montre bien tout l’attachement et la passion qu’a suscités le projet :
Jacques Donnay, président du Conseil Général, Guy Allouche, sénateur qui représentait le Conseil Régional, Christian Vanneste, député de la circonscription, Henri Desmettre, Conseiller Général, et Alexandre Faidherbe, Maire d’Halluin.
Il faut ajouter les partenaires techniques et financiers comme Notre Logis qui a construit les bâtiments locatifs, selon des normes très strictes permettant d’accueillir les « Papillons Blancs ».
C’est tout à l’honneur de cette association d’avoir réussi à mobiliser autour du projet les énergies des Elus locaux, départementaux et régionaux.
L’enjeu était de taille, puisqu’à cette époque le Nord Pas-de-Calais manquait cruellement de lieux d’accueil adaptés aux adultes victimes de troubles mentaux.Les résidants du foyer « Altitude » sont souvent trop atteints pour travailler dans un Centre d’Adaptation par le Travail, mais la plupart sont suffisamment autonomes pour prendre en main leur vie quotidienne.
En 1994, 32 pensionnaires occupés ce lieu de vie, où on y trouve des services adaptés : restauration, hébergement, suivi administratif, animations en atelier. Pour les soutenir, une équipe de 25 professionnels aux compétences diverses (éducateurs spécialisés, animateurs socio-éducatifs, psychologues, aides médico-psychologiques, maîtresses de maisons) travaille dans l’établissement.
(Archives et Synthèse, D.D., Magazines Municipaux).
En ce mois de Mai 2010…
La directrice de l'établissement, Brigitte Leclercq, a profité du 16e anniversaire du Foyer pour inaugurer une nouvelle salle, dédiée à l'esthétisme.
« Ce salon permettra de renforcer la dignité et de travailler l'image de soi », assure Stéphanie Dedrie, responsable de la salle. Un fauteuil, un miroir et quelques produits de beauté... Les résidants et résidantes qui souhaitent être coiffés, maquillés ou chouchoutés pourront prendre rendez-vous gratuitement.
Ce samedi après-midi, sept résidantes ont demandé à être maquillées. Elles ont ensuite exécuté plusieurs danses orientales, sous les applaudissements de leurs amis, de leur famille et du personnel du foyer. L'animatrice Edith André regarde avec tendresse ses protégées :
« Elles s'éclatent, elles s'extériorisent. » Quelques spectateurs ont même fini par rejoindre la piste. Le public pouvait également visiter l'exposition sur le conte préparée par quelques résidants du foyer. « Ils sont fiers de montrer leur travail. Certains l'expriment par des mots, pour d'autres ça se voit sur leur visage », analyse l'animatrice.
L'accompagnement proposé par le centre prend la forme de diverses activités : sport adapté, sorties et spectacles, gym douce, art plastique, percussions... Le foyer de vie est une résidence sans grille, ouverte sur l'extérieur : il forme un petit quartier dans la ville. L'établissement compte 45 salariés pour 44 résidants permanents.
« Presque du "un pour un" », souligne Brigitte Leclercq. Pourtant, la directrice souhaiterait davantage de financements du conseil général, « pour améliorer la qualité de vie des résidants et faire face aux nouveaux défis ». L'augmentation du nombre de personnes âgées fait partie de ces challenges : à Altitudes, la moyenne d'âge est de cinquante ans.
En 2005, le foyer s'est doté d'une unité pour personnes vieillissantes. Cette structure accueille sept personnes, qui bénéficient d'une surveillance accrue.
Le foyer de vie Altitude est géré par Les Papillons blancs Roubaix-Tourcoing. Cette association, créée en 1962 par des parents d'enfants handicapés, regroupe aujourd'hui cinquante établissements et services, et vient en aide à 2 500 personnes en situation de handicap mental, dans 23 communes autour de Roubaix et Tourcoing.
(Archives, N.E.,28/5/2010).
Lien : Deux Unités de Vie Alzheimer, créées à Halluin.
Un malaise éclate au Foyer Altitude…
Le personnel du foyer de vie Altitude, une structure des Papillons Blancs qui accueille des adultes déficients mentaux, a adressé une pétition à sa direction et à différentes instances. Les salariés dénoncent de la souffrance au travail et des négligences. Un malaise latent.
Sur les 40 salariés du foyer de vie Altitude, situé cité du Vieux Moulin à Halluin, 37 ont pris part à la pétition adressée à la direction générale des Papillons Blancs ainsi qu'à la Direction départementale du travail et aux services de la médecine du travail.
Du jamais vu dans cet établissement qui accueille une quarantaine de personnes souffrant de déficiences mentales et de pathologies associées. Une structure, ouverte depuis 1994, très impliquée dans la vie locale.
Les signataires dénoncent des difficultés relationnelles avec la direction du foyer en parlant notamment « d'autoritarisme », d'un « manque de confiance et d'écoute », de situations de « stress permanent ». Un ressenti qui fait également état de « manquements au fonctionnement de la structure » qui seraient liés au non-remplacement du personnel absent selon les représentants du personnel.
Un climat particulièrement sensible qui pèserait depuis de nombreux mois sur le moral des salariés selon M. Fanabella, délégué syndical CFTC : « Il y a une vraie souffrance au sein des équipes. La charge de travail devient de plus en plus importante, les horaires de plus en plus lourds. Le personnel ne sait plus faire face. Les familles peuvent en témoigner. » Des parents auraient signés la pétition.
Appelé à une polyvalence accrue, le personnel serait, selon M. Fanabella, de moins en moins disponible pour veiller sur les résidants de la structure. Des personnes vieillissantes pour certaines qui demandent un accompagnement plus poussé auquel les intervenants ne seraient pas formés.
Un médiateur extérieur pour renouer le dialogue
L'association familiale des Papillons Blancs de Roubaix-Tourcoing a pris connaissance de cette pétition et indique prendre ce malaise « très au sérieux ». La direction de l'association a répondu favorablement à la demande de médiation souhaitée par les représentants du personnel.
L'association a fait appel à un cabinet privé, COPAS, spécialisé dans le conseil en pratiques sociales comme l'explique Maurice Leduc, directeur général des Papillons Blancs. « Il s'agit de faire une photographie objective des problématiques soulevées et d'avoir des préconisations. L'ensemble du personnel pourra s'exprimer durant cet audit dans le cadre d'entretiens individuels », indique Maurice Leduc.
Une rencontre est prévue mercredi prochain entre la direction, les délégués du personnel et les membres du CHSCT (Comité d'hygiène et de sécurité et des conditions de travail). « Nous ne sommes pas en conflit avec le personnel du foyer », insiste le directeur général.
Sur les dysfonctionnements soulevés dans la pétition et les craintes exprimées autour du bien-être des résidants du foyer : « La prise en charge des personnes n'est absolument pas négligée. Le personnel a toujours fait preuve de responsabilité et accomplit un beau travail », assure Maurice Leduc qui souhaite une sortie de crise rapide dans le sens de « l'apaisement et du dialogue ».
(Archives, N.E., 11/12/2010).