Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Alors que de nombreux Halluinois se souviendront ce samedi 4 septembre 2010 de la libération d'Halluin en 1944, on a appris hier la disparition d'André Deprétère dans sa 88ème année.
Roland Verkindère, historien local, lui rend hommage : « André Deprétère nous a quittés. C'était jusqu'à aujourd'hui le dernier représentant encore en vie du Comité local de libération. Ami d'Alfred Simono il avait en 2004 rappelé avec Alfred ce qu'avaient été pour les jeunes des années 40 l'occupation et la Libération d'Halluin.
André était un instituteur de grande compétence. Son épouse a été directrice d'école à Bousbecque. Avec Pierre Desmedt, Alfred Simono et Albert Verhellen, André Deprétère avait reçu des mains de Jean-Luc Deroo, maire, la médaille de la ville en 2004».
(Archives, N.E., 2/9/2010).
Né à Halluin, le 5 mars 1923, M. André Deprétère est décédé à Lille le 1er septembre 2010. Il sera incinéré au Crématorium de Wattrelos, ce lundi 6 septembre 2010 à 15 H.
Il y a 66 ans, jour pour jour, le 6 septembre 1944, cinq chars anglais arrivent, rue de Lille, venant de Mouscron à Menin (B)... Halluin est libérée, les cloches sonnent, il est 11 H 45 !
André Deprétère se confie en 2007…
Après la disparition d’Alfred Simono, André Deprétère est (en 2007) désormais le dernier survivant du comité de libération d’Halluin en 1944. Ami intime de « Fredo », il revient sur les liens qu’il a tissés avec cette grande figure de la résistance halluinoise.
André Deprétère vit à Lille mais il n’a rien oublié des relations nouées avec Alfred Simono, disparu jeudi 9 août 2007 à l’âge de 84 ans.
« Je l’ai rencontré en 1929 – 1930 et je l’ai connu davantage en 1939, on usait les mêmes bancs du lycée Gambetta avec un ami commun, M. Kok des meubles du même nom » se souvient-il.
« Alfred Simono a intégré la Résistance durant l’été 1943 lors d’un camp de vacances à Lille où il a été recruté. Il a intégré les FTP avant de rejoindre ensuite les FFI.
Même si je n’ai pas été mêlé comme lui à la lutte armée, je me souviens l’avoir vu personnellement à la taverne Régina, à l’angle des rues Jean Jaurès et Marthe Nollet, le samedi 2 septembre 1944.
Je l’ai vu longer les murs du jardin Sion avec un autre résistant et attaquer la gendarmerie. La contre-attaque allemande les a forcés à reculer et à trouver refuge chez les sœurs rue de Lille ».
« J’ai beaucoup de chagrin et je vais garder un souvenir inoubliable d’Alfred Simono » reprend André Deprétère, « c’était un ami sur qui je pouvais compter, on a eu une jeunesse très marquée, on a eu beaucoup de chance dans notre vie, je me souviens qu’on allait danser tous les dimanches à quatre à Menin, Alfred, moi, M. Kok et le docteur Stéphane Dubled ».
Mais c’est sur le conflit mondial que revient notre témoin qui insiste sur la véracité de ses souvenirs.
« Il n’a jamais été blessé mais l’a échappé belle, il a participé à différentes actions armées. Je me souviens de l’incendie d’un dépôt de la rue de la Lys, d’une action à la gare d’Halluin où il faisait partie d’un commando qui a cisaillé toutes les commandes de frein des wagons, il a également distribué des tracts et a accompli bien d’autres actions ».
Jusqu’au jour «où un membre de son groupe a été arrêté par les Allemands à Tourcoing. Ils l’ont fait parler sous la torture. Les Allemands sont alors passés chez Alfred Simono mais il s’était réfugié chez moi, puis il a couché quelques nuits chez M. Dubled et chez un oncle à Lille.
Il a alors été contacté pour rentrer à Halluin à la veille de l’insurrection qui allait libérer la ville, le samedi 2 septembre 1944.
Tous les compagnons de son groupe ; à l’exception de quelques-uns, ont été arrêtés et déportés par le dernier train de Loos en été 44. Aucun d’entre eux n’est revenu. Des plaques ont été posées sur les maisons halluinoises de ces gens qui se sont sacrifiés, il n’en reste plus qu’une rue Joseph Hentgès, celle d’André Desreveaux ».
« Par amitié, je l’ai hébergé chez moi, je lui prêtais la clé de ma maison quand il avait une action à mener. Il était de six semaines mon aîné. J’étais résistant mais pas dans les proportions d’Alfred engagé dans la lutte armée ».
Après la guerre, Alfred Simono a été chef d’entreprise, responsable avec son épouse Denise du lavoir automatique, rue Félix Cadras.
Liens : La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (15) Le journal intime de M. André Deprétère, Membre du Comité local de Libération nationale.
La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (14) Le récit de l'Abbé Cornil.
Photos sur la Libération d'Halluin : alarecherchedupasse-halluin.net/
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog