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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Germaine et Arthur Vanhoutteghem-Berland... un Couple d'Halluinois Connu et Reconnu.

 

Le samedi 19 juin 1999, Germaine et Arthur Vanhoutteghem-Berland, anciens bouchers dans le quartier du Colbras, ont fêté leurs Noces d'or, entourés de leur nombreuse famille.

 

La mairie étant trop petite pour accueillir la foule d’amis, Le maire d’Halluin s’est donc déplacé, rue de la Lys,  au restaurant « La Bonne Franquette », tenu par l’un de leurs cinq enfants, Thierry.

 

Alexandre Faidherbe tenait à être  présent pour féliciter Arthur et Germaine pour « leur implantation exceptionnelle dans leur quartier et à Halluin ».

 

Il est vrai que les jubilaires peuvent s’enorgueillir d’un dynamisme toujours vivace. Très aimés en tant que commerçants, ils se sont aussi impliqués dans la vie de nombreuses associations dont l’association Réagir. Agés de 78 et 79 ans, ils respirent la bonne humeur et la vitalité : « Nous sommes à la retraite mais toujours occupés » s’exclame Arthur.  

 

Petit retour dans le passé…

 

Bouchers dans l’entreprise familiale de 1934 à 1948 (depuis 1936 pour Germaine), ils ont tenu la boucherie du Cobras, face à l’église N.D. des fièvres, de 1948 à 1984.

 

Après officiellement 51 ans de mariage et ensemble au Colbras, nos deux halluinois se confient à la presse locale en juin 1999 :

 

Comment se déroulent les préparatifs des Noces d’or ?

 

Germaine : « Moi je n’étais pas trop pour les célébrer ces noces d’or. Je sais que cela se fait beaucoup mais j’aurais préféré quelque chose d’intime… mais nos enfants, ils sont cinq, et nos petits-enfants, on en a dix-huit, ont insisté pour marquer le coup. Ils ont pris tout en main.

 

On fera la fête juste à côté de chez nous, chez notre fils qui tient « La Bonne Franquette ». On était réticent pour cette célébration mais ils nous ont dit que si on refusait, ils nous prendraient par surprise. Ils nous enverraient une calèche à la maison… donc on a accepté ».

 

Vous êtes tous les deux des enfants du pays ?

 

Arthur : « Moi, je suis d’Halluin, mais ma femme est de Bousbecque. Dans le temps c’était ça, on se rencontrait dans le voisinage, on se mariait tout près de chez soi.

 

Ma femme était d’une famille de bouchers qui possédait un commerce à Bousbecque, un à Comines et un autre à Halluin. Dans ma famille aussi nous étions dans la boucherie. Ma femme, enfin ma future femme à l’époque, tenait le comptoir à leur boucherie d’Halluin. C’est comme ça qu’on s’est rencontré. Elle avait 19 ans et moi 20 ».

 

Bouchers dans la même commune. Vous étiez concurrents alors ?

 

Germaine : « Oh, non, pas du tout. A l’époque, les petits commerçants fleurissaient dans leur commune un peu partout. Chaque commerce avait sa propre clientèle. Il n’y avait pas ces grandes surfaces qui concentrent toute la distribution.

 

On faisait nos courses dans le coin à la boulangerie, chez le petit épicier, notre cabas à la main et les courses étaient faites pour la journée. C’était une autre vie ».

 

Mariés. Tous les deux dans la boucherie, vous avez continué dans le métier ?

 

Arthur : « Bien sûr. Nous nous sommes mariés le vendredi 13 août 1948 et pendant plus de 40 ans nous avons travaillé ensemble à la boucherie. Ca aussi ça fait un bail. Moi je faisais beaucoup de courses à vélo. On livrait à domicile la viande qui avait été commandée la veille.

 

 Mais le plus agréable dans ce métier reste le contact. Beaucoup de gens venaient au comptoir, juste histoire de discuter, de dire un petit bonjour. U ne boucherie de village c’est ça, on y va aussi pour connaître les dernières nouvelles ».

 

Les récents évènements concernant la dioxine ou l’affaire de la vache folle vous ont faits réagir en tant que professionnels de la viande à la retraite ?

 

Arthur : « Oui, bien sûr. Nous on a eu la chance de ne pas connaître ça. Mais c’est vrai qu’à l’époque ça se passait autrement. On faisait le tour des fermes pour trouver nos porcs. On savait comment les animaux étaient nourris. C’était à base de farine de son, de pommes de terre.

 

Aujourd’hui c’est l’enfer pour ces professionnels. De toute façon, boucher est loin d’être un métier d’avenir. C’est devenu trop dur ».

 

En 1988, vous prenez votre retraite et pourtant vous n’arrêtez pas une seconde ?

 

Germaine : « Au début, moi ça m’a fait tout drôle. C’est vrai, on avait tellement de contacts tous les jours avec nos clients. Et puis à force ce n’était plus des clients. Plutôt des amis. Mais ça m’a passé. On est tous les deux très actifs. J’ai 79 ans et mon mari 80, et un emploi du temps bien chargé.

 

Faut dire que nous ne sommes pas trop télé. On s’occupe de nos petits-enfants c’est un vrai plaisir. Et il y a les associations. Nous sommes bénévoles dans une association qui lutte contre la toxicomanie. Alors le contact, l’ouverture d’esprit est toujours là ».

 

Vous n’avez jamais eu des envies de quitter le quartier ?

 

Arthur : « Que non : Nous sommes très bien dans notre quartier. C’est vrai que depuis notre installation, ça n’a pas arrêté de construire. En 48, il n’y avait pas beaucoup d’habitations, ici. En face c’était une pâture, le voisin y entreposait du bois pour le sécher.

 

L’église Notre-Dame des Fièvres n’est là que depuis 31. J’ai assisté à son inauguration. Et le quartier s’agrandit, s’agrandit. Ca devient un fameux quartier. Qui rajeunit aussi beaucoup. La plupart  de ceux de notre âge choisissent de vivre en appartement. Ils sont remplacés par des plus jeunes.

 

Mais nous, non. On est trop bien ici. Notre fils vit juste à côté. On a le jardin pour accueillir tous nos petits-enfants. Et on a le bonheur d’avoir la santé ».

 

 

Germaine et Arthur Vanhoutteghem-Berland nous ont quittés respectivement en 2008  et 2007.

 

(Archives et Synthèse D.D., Presse).

 

Souvenir d'un père …

 

Les plus anciens se souviennent d’Arthur Vanhoutteghem, dans sa boucherie au Colbras. Retraité, on l’appelait souvent « le concierge de Notre-Dame des Fièvres ».

 

Membre de l’association « Réagir », il a donné du temps et de l’énergie pour des jeunes drogués qui veulent s’en sortir. Dans le cadre de l’aumônerie de l’hôpital Dron, il fallait également réconforter les malades de son sourire et de sa présence chaleureuse.

 

Ses enfants ont retrouvé un carnet dans lequel ils ont relevé cette phrase :

 

  « Tout ce qui n’est pas donné est perdu »…

 

(Archives, La vie chez nous, Janvier 2008).  

 

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