Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Créée il y a trois ans sur la problématique des sols contaminés par les dioxines, l'association Halluin 3R vient de recruter sa chargée de mission. Annabelle Carlier, ingénieur agronome, va coordonner des recherches scientifiques visant à dépolluer les sols. Un projet inédit.
Redonner vie à des terres polluées, laisser aux générations de demain un sol vierge et des ressources saines. Et si c'était possible ? Et si le miracle se produisait à Halluin sur le désert agricole hérité de l'ancien incinérateur ? Créée sous l'impulsion du maire Jean-Luc Deroo, en lien avec Lille Métropole, la Région et les services de l'État, l'association Halluin 3R prend enfin son envol.
Grâce à l'arrivée toute récente d'Annabelle Carlier, chargée de mission développement, un poste financé par LMCU. Sa mission : coordonner un projet de recherches scientifiques visant à décontaminer les sols imprégnés de dioxines. Un projet basé sur la phytoremédiation, autrement dit la dépollution douce par les plantes. Cette méthode, utilisée sur le site Métaleurop pour éradiquer les métaux lourds, reste assez confidentielle sur le plan international. Pourtant, selon Annabelle Carlier, certaines recherches sont convaincantes.
Un laboratoire au pied du CVE
L'alliée des scientifiques pour combattre les dioxines s'appelle : la symbiose ectomycorhizienne. Elle s'opère grâce aux champignons qui vivent en symbiose avec les racines des arbres. Leurs vertus s'appliqueraient à différents polluants : les dioxines mais également les furanes et les PCB-DL.
L'association Halluin 3R va s'appuyer sur cette technique pour mener une expérimentation grandeur nature sur le site de la ferme du Noir Pot, au pied du CVE, l'usine d'incinération des déchets ménagers. Propriété de Trisélec, cette ferme fait partie du périmètre -plus de 30 hectares- condamné en 1998 suite aux révélations sur les rejets de dioxines de l'ancien incinérateur.
Les recherches, consacrées aux fameux champignons, seront confiées à Bruno Campella, chercheur à l'Université de Gembloux en Belgique. Développé sur 500 m², le projet prévoit également la mise en place d'un potager expérimental afin d'étudier le transfert des dioxines du sol vers les plantes.
On sait que l'exposition de l'homme aux dioxines se fait à plus de 90% par les aliments, principalement d'origine animale, les dioxines se concentrant majoritairement dans les aliments riches en graisse (lait, oeufs, viande, poisson...). Mais, même si les dioxines sont peu solubles dans l'eau elles peuvent passer dans les végétaux. Certes dans des quantités beaucoup plus faibles mais à l'heure actuelle aucune étude ne l'établirait clairement.
C'est tout l'objectif de ce potager expérimental. « Des analyses auraient démontré que la courgette est plus sensible aux dioxines que d'autres légumes.L'objectif de ce potager sera d'étudier le transfert des dioxines vers les végétaux et d'évaluer l'éventuel risque sanitaire », explique Annabelle Carlier.
Un projet inédit sur le plan de la recherche mondiale qui pourrait débuter avant la fin de l'année, en fonction des financements. Le budget est pour l'heure estimé à 500 000 euros. Ces investigations seront menées sur une période d'au moins trois ans. Le délai minimum pour permettre aux scientifiques de mettre en oeuvre ce chantier de biotechnologie, soumis au cycle naturel, et de recueillir des résultats probants.
La décontamination des sols par la phytoremédiation est elle aussi un processus long -10 ans au moins- mais cette méthode permet de préserver l'écosystème contrairement aux interventions mécaniques. « L'ambition d'Halluin 3R est de devenir un centre de ressources rassemblant différents chercheurs, pourquoi pas au niveau européen, autour de solutions durables. Il y a certes l'enjeu des sols à réhabiliter mais il faut également travailler à la réduction des dioxines à la source », conclut Annabelle Carlier.
Annabelle Carlier, de la Bolivie à Halluin
À 33 ans, native de Roubaix, ingénieur agronome formée à la Faculté de Gembloux en Belgique (Namur), Annabelle Carlier a trouvé une mission taillée pour elle à Halluin. Passionnée par l'agronomie, sensible à l'environnement, la jeune femme a un parcours remarquable.
Depuis l'université, Annabelle Carlier a occupé différents postes de recherche notamment sur la valorisation de produits agricoles. Des projets de coopération, encadrés par le Ministère de l'agriculture belge, qui l'ont emmenée en Bolivie -où elle a vécu enfant- ainsi qu'au Togo et au Bénin.
Elle a ensuite travaillé pour un bureau d'études français où elle était en charge de diagnostics botaniques préalables à des aménagements. La jeune femme a aussi enseigné avant d'arriver à Halluin. De la recherche de financementsà la coordination scientifique, sa mission est un vrai défi.
(Archives, N.E., 20/5/2010).
Des champignons pour vaincre les dioxines.
Un collège de scientifiques va initier un programme de recherches visant à décontaminer les sols imprégnés de dioxines autour du CVE. Une première mondiale qui s'appuie sur la phytoremédiation.
Redonner vie à des terres polluées, laisser aux générations de demain un sol vierge et des ressources saines. Et si c'était possible ? Et si le miracle se produisait à Halluin sur le désert agricole hérité de l'ancien incinérateur ? Les chercheurs en rêvaient. Halluin 3R l'a fait.
Cette association créée à l'initiative du maire, Jean-Luc Deroo, en lien avec LMCU et différents partenaires publics et privés, se lance dans une grande aventure scientifique. La phytoremédiation, autrement dit la dépollution par les plantes. Une méthode inspirée de celle utilisée sur le site Metaleurop pour venir à bout des métaux lourds...
Lien : http://www.nordeclair.fr/Locales/Halluin/2011/04/03/des-champignons-pour-vaincre-les-dioxine.shtml