Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Les premières traces de lieu de culte à Halluin remontent à 1978. Tout a commencé rue de la Pannerie à Halluin où une poignée de fidèles ont, dans un premier temps, loué une piéce de 10 m2.
La location s'est vite transformée en achat, et les fidèles ont pu faire l'acquisition du local rue de la Pannerie. Cela a permis de faire de petits travaux afin d'avoir un minimum de confort. La communauté musulmane a vite grossi, et ce lieu est devenu trop petit pour accueillir tout le monde dans de bonnes conditions.
En 2000, l'association musulmane de la rue de la Pannerie à Halluin et l'association musulmane du Foyer Sonacotra de la rue de Lille à Halluin ont décidé d'unir leurs forces afin d'acquérir un ancien entrepôt de stockage, pour en faire un endroit qui pourra réunir toute la communauté musulmane d'Halluin et de ses environs (Bousbecque, Roncq, Menin Belgique ...).
La mosquée halluinoise possède une grande salle de prières homme et femme ; elle dispose également d'un institut qui dispense des cours d'arabe. Aujourd’hui, elle accueille une douzaine de nationalités.
L'ancienne mosquée rue de la Pannerie a été rachetée par la communauté urbaine de Lille pour en faire un parking de proximité pour les riverains.
Liens : mosquee-halluin.fr/
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Le bout du tunnel…
Après plus de dix ans de travaux, la communauté musulmane d'Halluin voit enfin le bout du chantier de la mosquée financé uniquement par des dons. Visite des lieux avec Mohamed Badaoui, président de l'association musulmane d'Halluin.
Peu à peu, le parking de 60 places jouxtant la mosquée se remplit. Il est 17h40, l'heure de la prière approche. On vient en voiture, à vélo ou à pieds. Vêtu d'une djellaba et d'un tarbouche (chapeau). Ou en classique tenue de ville. Ici, chacun a ses habitudes, ses rituels. Les anciens sont souvent les premiers arrivés et les derniers partis.
La plupart sont d'origine marocaine. Mais il y aussi des Tunisiens, des Algériens ou des Pakistanais qui viennent de Menin. Pour se recueillir, se retrouver et échanger. « C'est un lieu repère, témoigne Mohamed Badaoui. Quand quelqu'un cherche à contacter une personne, c'est ici qu'il vient se renseigner ».
Chaque jour, ils sont plus d'une centaine à venir. Le vendredi, jour où l'imam prêche, ils sont parfois plus de 500. Il faut dire qu'Halluin « compte 2 000 familles musulmanes et que les mosquées les plus proches se trouvent à Tourcoing, Comines ou Courtrai ».
Bientôt, ces centaines de fidèles disposeront de deux nouvelles salles de prière. Spacieuse et lumineuse. Celle des hommes, grande de 600m² peut accueillir 1 200 croyants. Celle des femmes, de 150 m² peut en recevoir 300. « Elles sont hautes, aérées et avec de la moquette amovible, on s'y sent à l'aise, témoigne Mohamed Badaoui. Avant, on se débrouillait pour prier là où il n'y a pas de travaux ».
La crise réduit les dons
Les cours pourront eux aussi se dérouler dans de meilleures conditions. Un nouveau bâtiment dispose d'un bureau pour le directeur, d'une cuisine et de cinq classes flambant neuves. Des leçons d'arabe y sont dispensées aux jeunes. Il faut généralement six ans pour commencer à maîtriser la langue.
« C'est important de savoir parler arabe, poursuit celui qui est devenu président de l'association musulmane d'Halluin en 2001. Ils apprennent aussi quelques versets du Coran et on donne des cours de soutien pour ceux qui ont des difficultés scolaires ».
On en profite aussi pour recadrer un jeune qui ne suit pas le droit chemin. « J'en ai vu pas mal revenir à la raison, commente Mohamed Badaoui. Ils se sentent responsables ». Quand aux comportements extrémistes, Mohamed Badaoui, n'a « heureusement » jamais dû y faire face.
Entre les salles de prière et les salles de classe, le troisième bâtiment est loin d'être terminé. Il sera, entre autres, utilisé pour les ablutions. Son coût : 100 000 E. Sa construction mettra fin à un chantier entamé en 1998 et uniquement financé par des dons. Il faut aussi payer au moins 2 500 E par mois pour le chauffage et le gaz. Mais l'association peut compter sur les croyants.
En plus des 240 adhérents qui donnent 16 E par mois, les familles apportent aussi leur contribution. Et ceux qui en ont les compétences, participent bénévolement aux travaux. Mais la crise se fait sentir et limite les rentrées d'argent. Mohamed Badaoui ne sait pas « quand seront finis les travaux ». Seule certitude, quelles que soient les conditions, il ira prier avec ses frères, cinq fois par jour.
4.290 : C’est en m2, la surface totale de la mosquée, parking compris.
500 : Le nombre de familles musulmanes à Halluin.
(Archives, N.E., 25/8/2010).
Six nouvelles salles de cours…
Rue de la Lys, la mosquée poursuit ses travaux. Six nouvelles salles de cours viennent d'être finalisées et jamais autant d'élèves n'ont été accueillis... La mosquée d'Halluin ne se limite pas à ses deux salles de prières : 120 m² pour les femmes 270 m² pour les hommes. Sur les 2 800 m² du site qu'elle occupe, 500 sont consacrés à l'école.
« Les cours ont démarré il y a cinq ou six ans », explique Ahmed El Kostiti, président de l'Association pour l'éducation et l'enseignement, une des deux associations qui gère les lieux. Jusqu'à maintenant, ils étaient dispensés dans deux pièces vétustes. Mais depuis la rentrée, les élèves profitent de six nouvelles salles. Lumineuses, aménagées de neuf, « elles seront toutes bientôt équipées en matériel informatique ».
Aide aux devoirs.- L'école de la mosquée fonctionne le dimanche. D'une part, elle propose « l'aide aux devoirs aux élèves en difficulté » (trois heures), animée par une dizaine « d'étudiants volontaires, majoritairement issus des universités de Villeneuve-d'Ascq ». Ils accompagnent les 7 à 12 ans dans leurs programmes de mathématiques et de français.
« C'est un soutien scolaire individuel, poursuit A. El Kostiti, mais ça ne fonctionne pas comme l'école obligatoire. Il n'y a pas d'inscription, pas de cours magistral. Les élèves viennent quand ils en ont besoin, parfois même accompagnés. Et celui qui les suit va de table en table pour expliquer, aider... »
Une cinquantaine d'enfants d'Halluin et des environs profitent de cet accompagnement : un soutien précieux pour ceux qui ne peuvent pas être aidés à la maison « comme ceux dont les parents ne parlent pas bien le français, mais qui ont envie de voir leurs enfants réussir... »
École arabe.- Toujours le dimanche (4 heures), la mosquée propose des cours de langue arabe et de religion. Là encore, une cinquantaine d'enfants y participent. « Parmi eux, 75 % suivent les cours de religion. » Mais rien à voir avec une école coranique : « ici, ils apprennent les prières, pourquoi on fait le ramadan... »
Assurés par des étudiants volontaires arabophones, les cours de langue se répartissent en cinq niveaux avec examen de passage en fin d'année. « C'est très important pour les enfants de la troisième génération. Ça leur permet de renouer plus facilement avec les racines de leur famille. »
Des effectifs doublés.- Ces nouvelles salles, agrémentées d'une grande pièce de conférence, sont l'expression du dynamisme qui porte la mosquée (assurant également des cours d'alphabétisation à une soixantaine d'adultes).
Elle se traduit également par la fréquentation de l'école « qui a pratiquement doublé depuis la rentrée, passant d'une soixantaine à une centaine d'élèves au total. Notre chance, c'est la motivation des bénévoles. » Mais aussi la générosité des fidèles, puisque « tout est exclusivement financé par des dons », souligne A. El Kostiti, sans pouvoir préciser aucun montant.
Co-gérée par l'Association musulmane d'Halluin, la mosquée qui rassemble près de 450 fidèles des environs pour la prière du vendredi, n'arrête pas là ses projets. Reste encore à construire un local de gardiennage, à enduire l'extérieur du bâtiment, à napper la cour d'entrée... Des projets qui pourraient être finalisés d'ici la fin 2011.
(Archives, N.E., 12/11/2010).
Des vœux de tolérance
Samedi 20 novembre 2010, à la mosquée, rue de la Lys, la communauté musulmane a présenté ses voeux aux élus dans le cadre de l'Aïd al adha, la plus grande fête de l'Islam. Célébrée mardi dernier par les fidèles du monde entier, elle a vécu un prolongement fraternel à Halluin.
La soirée a rassemblé toutes les générations, samedi, sous le minaret de la rue de la Lys. Posé sur une ancienne friche industrielle, l'édifice porte à sa manière l'histoire d'une ville métissée. Une richesse dont il a été beaucoup question dans les échanges samedi soir.
L'association musulmane avait invité le maire, Jean-Luc Deroo et les élus du conseil municipal, à la présentation des voeux de l'Aïd al Adha. Cette fête, la plus importante de l'Islam, commémore le sacrifice d'Abraham et marque la fin du pèlerinage à la Mecque.
« Cette fête est le symbole de la miséricorde et de la paix », indiquait Mohamed Badaoui, le président de l'association culturelle musulmane. Le représentant de la communauté s'est félicité du climat de confiance noué avec la Ville en remerciant la municipalité pour l'aménagement du parking proche de la mosquée, la création du carré musulman au cimetière, et la mise à disposition de bennes dernièrement pour le rituel.
« Ce partenariat est gage du mieux vivre ensemble et nos portes vous seront toujours ouvertes », indiquait M. Badaoui avant de laisser la parole à Jean-Luc Deroo. Le maire a qualifié « d'exemplaire » le travail mené par l'association dans la construction de ce lieu de culte.
En dix ans, pas moins de 300 000 euros, issus des dons des fidèles, ont été investis sur ce site de 2 500 m². La mosquée compte deux salles de prières, un espace pour les conférences et une école de langue arabe et de religion qui vient de doubler ses effectifs. Elle compte six classes où des étudiants dispensent de l'aide aux devoirs aux enfants en difficulté, le dimanche.
Le maire a battu en brèche quelques rumeurs : « On dit que l'argent vient de l'Arabie Saoudite... Je sais que tout ce qui est fait ici vient de vous. La Ville ne peut intervenir que sur les espaces extérieurs et elle le fait même si elle doit se justifier auprès de certains promoteurs immobiliers. »
Jean-Luc Deroo a évoqué très ouvertement le climat d'hostilité à l'encontre des communautés religieuses ou ethniques : « Dans cette société où les tensions existent, on a tendance à se focaliser sur les minorités... Vous êtes chez vous, là où vous avez décidé de mettre votre avenir et votre intelligence. Ici même à Halluin. Ce lieu et ces rencontres sont une réponse à ceux qui veulent fabriquer de la haine et du racisme. »
La mosquée d'Halluin accueille un millier de fidèles lors des grandes fêtes. Elle rassemble environ 450 personnes, de toute la Vallée de la Lys, pour la prêche du vendredi. Une mosquée qui ne se réclame d'aucune tendance selon Mohamed Badaoui : « Nous pratiquons l'Islam du respect et de la tolérance. Adhérer à un mouvement c'est devenir l'ennemi d'un autre. »
Sur l'abandon du dialogue islamo-chrétien initié il y a quelques années par la mosquée et la paroisse, Mohamed Badaoui n'exclut pas de renouer avec ces relations : « Nous avons tellement été accaparés par les travaux que cela ne s'est pas poursuivi. Et puis cette année, nous avons beaucoup souffert des polémiques et des amalgames à l'encontre des musulmans. Mais si Dieu le veut, nous reprendrons ces échanges. » Un message dont la jeune génération pourrait être porteuse.
(Archives, N.E., 23/11/2010).