Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Lagoa, la plus célèbre discothèque du secteur change de tempo et devient E-Motion. Marie-Jeanne, sa légendaire gérante âgée de 75 ans reste, elle, la même : entière et dynamique. Brève rencontre avec la célébrité locale.
Demandez aux fêtards Meninois et Halluinois la boîte branchée du coin. Ils vous répondront « Lagoa, située route de Wervick à Menin. » Avant de rectifier : « E-Motion...depuis quelques mois ». Depuis le premier mai exactement. Un nouveau nom et un nouveau style imposés par la reine de la nuit : Marie-Jeanne, 75 ans et gérante de la célèbre discothèque. Oui, vous avez bien lu, 75 ans.
Un personnage dans le paysage local, certainement plus connu que sa boîte de nuit. Une star qui ne veut pas être photographiée et dont les minutes et les mots sont délivrés avec parcimonie. La fréquentation ? « Je n'en parle pas, c'est comme-ci je vous demandais votre salaire ». Le potentiel de la boite ? « 1500 personnes ». Ça arrive souvent ? « N'essayez pas, je n'en dirai pas plus », glisse-t-elle avant de décrocher son portable. « C'est important, je dois y aller, désolé, je ne peux pas faire autrement ».
L'interview aura duré une vingtaine de minutes. Pas plus. Un rendez-vous téléphonique est-il possible pour avoir plus d'informations ? « Oh, vous en avez assez vous pouvez broder, faire un roman... ». Pour le roman, ça va être compliqué. A moins de lancer dans la science-fiction.
On peut toutefois rappeler que Lagoa est née en 1990. Marie-Jeanne, quitte alors son métier d'infirmière et se lance dans cette aventure. « Je n'y connaissais rien, se souvient-elle. On a tout nettoyé, mis une petite annonce et ça a tout de suite marché ». On vient à Lagoa pour « s'amuser, draguer, faire des rencontres ». Marie-Jeanne assure la billetterie, discute avec les jeunes, profite de l'ambiance. Tout le monde la connaît.
Douze années après, c'est toujours elle qui dirige le navire. Le poids des années ne se fait pas sentir. « Rester tricoter chez moi, non, je veux voir du monde ». Et du monde, la septuagénaire, « première arrivée et dernière sortie de la boîte », en voit. Enfin, un peu moins depuis quelques années. Car, « ca marche moins bien ».
Fini la techno, place à la musique house
D'où le changement de style imposé par l'époque. Fini la techno, place à la musique house. Pour conquérir un nouveau public. « Depuis trois semaines, il y a plus de monde, on remonte la pente, détaille Marie-Jeanne. Mais on avait raté le lancement ». Aux grands maux, les grands remèdes, la maîtresse des lieux licencie illico presto les trois disc-jockeys recrutés il y a quelques mois pour donner un souffle à son bébé. Leur chance est passée. Motif : « Ils ne passaient que de la musique techno ».
Bon courage aux nouveaux. Le décor a lui aussi été modifié. De A à Z. Avec un « éclairage plus moderne ». Et dans le détail ? « Tout, tout a changé » insiste la gérante. Nous n'en saurons pas plus.
(Archives, N.E., 26/8/2010).
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