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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Mémoire Halluinoise (4) Souvenirs de bancs d'école...

 

 

En mars 2006, l’Estaminet de la Mémoire halluinoise était consacré aux souvenirs d’école, de 1900 à aujourd’hui. Dans une salle pleine, une demi-classe de 6ème du Sacré-Cœur était présente comme d’anciens maîtres d’ école, Roland Verkindère, ancien professeur et Michel Régnier, ancien directeur de l’école Michelet.

 

L’école gratuite laïque et obligatoire est un « fondement de notre république démocratique »,  a rappelé M. Verkindère en exergue. En 2006 près d’un quart des 20 000 Halluinois (es) vont à l’école, de la maternelle à l’université.

 

En 1906, « les écoles se répartissaient en trois groupes  : celui, privé et catholique, de la place de l’église où les garçons étaient enseignés, avec en annexe, l’Asile (la maternelle) de l’Enfant Jésus (qui est la MJC de nos jours !).

 

Il y avait celui, privé et catholique, dit du Cercle, fondé au XIXème siècle, qui est en fait le Sacré-Cœur et s’est construit en trois fois, avec une annexe au Mont d’Halluin, à la chapelle de la route de Neuville.

 

Et finalement, le groupe public de Jean Macé rue du Molinel auquel s’est adjointe l’école Jules Guesde ». A cela s’est ensuite ajouté le groupe scolaire de la Rouge Porte. Aujourd’hui encore, on retrouve cette configuration et 15 établissements scolaires enseignent sur la ville.

 

Comme le rapporte un ancien élève du Sacré Cœur, scolarisé entre 1928 et 1935, il y avait au sein même de l’école un cloisonnement : « il y avait l’école des riches et l’école des pauvres ». En effet, il y avait des écoles « à 10, 5, 2 ou 1 franc et les écoles gratuites ».

 

Idem pour le sport : c’était l’époque du sport ouvrier et du sport olympique dans cette ville où l’empreinte des Frères Maristes et du Parti Communiste se sont fait durement ressentir. Par ailleurs, explique Roland Verkindère, « 70 à 80 % des élèves catholiques étaient de parents flamands. Comme la base de l’enseignement résidait sur le Français, le niveau était abaissé et les enfants français de parents riches étaient lésés ».

 

Un jeune élève se demande pourquoi les sexes étaient séparés… L’ancien directeur Michel Régnier prend le micro : « avant 1968, ç’aurait été un scandale. Mais l’enseignement savait se montrer très dur avec les garçons et les filles en pâtissaient ».Jean-Claude Hazebrouck, ancien directeur du Sacré Cœur, rappelle toutefois que la cour d’école en 1969, séparait encore filles et garçons.

 

Devoirs et punitions

 

« Il y avait les sanctions bénéfiques, comme la médaille du samedi et les images ». D’autres étaient effectivement plus dures : «  dans notre classe, il y avait le bonnet d’âne en carton, pour ceux qui ne comprenaient rien ; puis la bavette rouge, une grande langue à mettre au cou des bavards.

 

Autrement, les garçons turbulents étaient accrochés à la grille du poêle pendant une heure ou couraient dans la cour et dans le froid ! Mais je n’ai jamais rien connu de tout ça »  se rassure une ancienne. « Il y avait aussi les lignes à copier, ou les dictionnaires dans chaque main, à genou sur des règles », ajoute une seconde. Des punitions d’un autre âge. Une dernière personne rajoute : « Autrefois, les élèves avaient de la discipline, et ils respectaient le maître qui savait se faire obéir ».

 

L’enseignement allait prioritairement « au français et au calcul mental », se souvient Roland Verkindère, « on allait à l’école jusqu’à 14 ans pour la plupart des élèves ». Michel Régnier reprend : « On enseignait en 1958-68 la morale, les calculs, l’histoire géographie et les science pour les meilleurs en français et surtout la lecture et l’écriture, avec une dictée chaque jour et des récitations obligatoires.

 

Ainsi que du chant avec les hymnes. Cela tous les jours de 8 h à 16 h, du lundi au samedi sauf le jeudi ». Et M. Verkindère de poursuivre : « Le français était une priorité pour l’Etat qui voulait effacer les langues régionales. Et apprendre des langues étrangères était difficile ». Le bac ? « En 1955, il y avait 20 bacheliers par an sur Halluin. Aujourd’hui ils sont 200 ».

 

Beaucoup apprenaient déjà le métier de leurs parents, sur le tas, avec eux. A Sainte-Marie on apprenait le ménage et la couture, la sténo-dactylographie, la comptabilité et le commerce afin d’obtenir un diplôme en trois ans », raconte une ancienne élève. Ailleurs on apprenait encore la mécanique et la maintenance des machines industrielles. Ou encore la musique !

 

Cet Estaminet de la Mémoire a aussi ses limites : « On voit bien souvent les mêmes personnes ici... Or, toute la mémoire d’Halluin n’est pas présente ! ».

 

(Archives, N.E., 19/3/2006).

 

Liens :  La Mémoire Halluinoise (1) L'Estaminet de la Mémoire Halluinoise... Historique.  

 

La Mémoire Halluinoise (2) Cafés, bistrots, brasseries et estaminets d'antan.  

 

La Mémoire Halluinoise (3) Mémoire de Frontaliers.

 

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