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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Mémoire Halluinoise (6) La Médecine Autrefois...

 

 

 

En ce mois de mai 2006, l’estaminet de la mémoire halluinoise était consacré à la santé, avec la participation des élèves de l’école du Sacré-Cœur. Les docteurs André Louf et Jean Bolvin, fils de médecins, avaient été invités à retracer, grâce à leurs souvenirs, un portrait de la médecine d’avant le téléphone, les antibiotiques et la sécurité sociale.

 

En 1914, on trouvait à Halluin 2 médecins, 2 pharmacies, une sage-femme et les sœurs-infirmières du convent de la Sagesse. En tout moins de 20 personnes pour environ 200 à ce jour, avec des métiers de la santé inconnus à l’époque : radiologue, podologue, orthophoniste…

 

Aiguillonné par les questions des auditeurs et plus particulièrement des collégiens, le docteur Bolvin brosse un portrait d’une époque révolue : « Mon père s’est installé à Halluin en 32 ou 33, après un premier essai dans un coin très rural du Pas-de-Calais, où on soignait plus volontiers les vaches que les gens.

 

A Halluin, mon père a pu se faire une clientèle, mais il a dû apprendre le flamand ». A l’époque le travail du généraliste était très différent de ce qu’il est actuellement « Il soignait les accidents de travail (petite chirurgie et fractures simples) faisait les piqûres en cas d’urgence et assurait les accouchements (à domicile). Le médecin se rendait chez ses malades (pas de cabinet de consultation), sur un secteur géographique étendu.

 

Mon père se déplaçait à Linselles, Bousbecque, Bondues et Roncq. Pour éviter les déplacements inutiles, il disposait de « relais » (cafés, fermes) où les gens signalaient leur besoin du médecin.

 

L’huile de foie de morue

 

Et l’arsenal thérapeutique ? « Il y avait surtout les tisanes et pour les enfants la purge mensuelle (contre les vers) et la vitamine D (huile de foie de morue) ». Les mauvaises conditions d’hygiène et le manque de médicaments efficaces contre les infections faisaient des ravages.

 

« L’eau au robinet et potable. On n’imagine plus de nos jours ce que ça représente. Tant de gens ne disposaient que de l’eau d’un puits jouxtant une fosse d’aisance » rappelle le docteur Louf.

 

Les gens n’avaient pas non plus les moyens de se soigner. « La Sécurité Sociale, ça a été une révolution » n’hésitent pas à dire les deux médecins. Mais avant de s’étendre à toutes les couches de la population, elle a longtemps exclu les professions libérales « Même pour un médecin, être provisoirement dans l’incapacité d’exercer sa profession, c’était vite la misère ».

 

Le réfrigérateur

 

Des sociétés de secours mutuel ont préexisté à la Sécurité Sociale. A l’instigation du docteur Albert Louf, les quatre médecins d’halluin avaient opté ce système : quand ils soignaient un client d’un confrère malade, ils lui  reversaient la moitié des honoraires. Les commerçants eux, se faisaient soigner aux baraques où le docteur Dewulf leur proposait un tarif réduit.

 

Les antibiotiques, nouvelle thérapeutique apportée pendant la guerre par nos alliés américains, bouleversent les pronostics médicaux, même s’ils ne peuvent alors être administrés qu’en piqûre, et toutes les trois heures.

 

Auparavant on pouvait mourir d’une simple sinusite. Et parmi les avancées médicales, saluons… le réfrégirateur ! « Les décès par intoxication alimentaire, très fréquents autrefois, sont devenus rarissimes ».

 

La santé et la foi…

 

Outre le rôle du médecin, l’estaminet de la mémoire a abordé d’autres aspects de la façon dont on se soignait autrefois. La sage-femme, le pharmacien et son préparateur tenaient un rôle prépondérant. Mais aussi la foi…

 

Les anciensHalluinois n’ont pas oublié Sidonie Vansteenkiste, la sage-femme qui accompagnait les Halluinoises en mal d’enfants à l’époque où l’accouchement se faisait à domicile.

 

Elle les suivait dès le début du travail, faisait venir le médecin au moment voulu, et soignait la jeune accouchée pendant une dizaine de jours, temps pendant lequel la jeune mère n’avait pas le droit de se lever, de crainte d’hémorragie ou de phlébite.

 

Pour accéder au paradis

 

Les choses ont bien changé depuis. Outre les soins à la mère et au bébé, Sidonie était chargée d’une mission délicate : conduire le bébé aux fonts baptismaux. La mortalité infantile était extrêmement élevée la première année, la première semaine de vié étant particulièrement  délicate.

 

On croyait alors que l’enfant mort sans baptême ne pourrait accéder au paradis. Mais sortir le nouveau-né pour le conduire à l’église n’était pas non plus sans risque pour sa santé. Heureusement, en l’absence de la mère alitée, Sidonie veillait. Les anciens se demandent encore comment elle arrivait à tout assumer. « Elle suivait parfois jusqu’à trois accouchements en même temps. Et elle n’avait pas de voiture ».

 

Une consultation médicale coûtant cher, les gens hésitaient à faire venir le médecin. Mais ils avaient plus facilement recours au pharmacien à qui ils allaient demander conseil. Avant 1914, il n’y avait qu’un seul pharmacien à Halluin : Emile Graye. Puis il y eut la pharmacie Poursuira, devenue depuis la pharmacie centrale.

 

A cette époque, le pharmacien devait préparer lui-même les médicaments selon les indications du médecin prescripteur. Il fallait peser avec précision les substances actives avant de les mélanger dans les proportions requises avec un excipient pour préparer un sirop, des pilules…

 

Il était aidé d’un préparateur, qui bien souvent était formé au sein de l’officine et dont l’avis était parfois aussi prisé que celui de l’homme de l’art. Ainsi en était-il à la pharmacie Graye. Quelqu’un entrouvrait la porte. « Charles n’est pas là ? Ah bon, je reviendrai quand il sera de retour ». Heureusement le pharmacien ne s’en formalisait pas.

 

Les marécages et la malaria

 

Et quand la médecine avouait son impuissance, les Halluinois « allaient servir » un saint. Notre-Dame des fièvres était invoquée pour toutes les maladies entraînant des accès de fièvre, notamment la malaria qui a longtemps sévi en raison des marécages qui bordaient la Lys et qui ont été drainés par la suite.

 

Au XIVème siècle, il est fait mention d’une statue qui lui était dédiée. Pas encore de chapelle à l’époque, la statue était installée dans un arbre. Lorsqu’un enfant tardait à marcher ou avait une mauvaise démarche, sa mère effectuait un pèlerinage à Notre-Dame des affligés, du nom donné aux personnes souffrant d’un handicap.

 

Cela n’empêchait pas les Halluinois de vouloir une médecine de qualité. En témoignent la construction du dispensaire entre les deux guerres et des démarches (qui n’ont pas abouti) pour la construction d’une maternité.

 

(Archives, D.D., Presse 2006).

 

Liens :  La Mémoire Halluinoise (5) Jardins, Parcs et Vie Agricole.

 

La Mémoire Halluinoise (4) Souvenirs de bancs d'école...

 

La Mémoire Halluinoise (3) Mémoire de Frontaliers.

 

La Mémoire Halluinoise (2) Cafés, bistrots, brasseries et estaminets d'antan.

 

La Mémoire Halluinoise (1) L'Estaminet de la Mémoire Halluinoise... Historique.   

 

Les Seniors Halluinois Filment l'Histoire de la Cité.  

 

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