Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Les anciens tissages halluinois Defretin, Demeestère et Sion font place désormais à un important ensemble immobilier. C’est l’histoire de ces trois grandes usines textiles, qui ont marqué la vie industrielle locale durant plusieurs décennies, que vous pouvez découvrir ou vous souvenir grâce aux archives de l’Association Halluinoise « A la recherche du passé d’Halluin ».
Le Tissage Demeestère à Halluin… Historique 1817 – 1980.
Il y aura 30 ans en ce début d’année 2010, le tissage Demeestère fermait ses portes définitivement en 1980.
Retrouvez l’historique de cette très ancienne industrie halluinoise telle qu’elle est décrite dans l’ouvrage « Halluin, Images d’autrefois » Tome 2, édité par l’association « A la recherche du passé d’Halluin ».
En 1817, M. Pierre Demeestère (qui fut maire d’Halluin de 1830 à 1865) décide de fonder un tissage spécialisé dans la fabrication de toile à matelas en pur fil de lin. Après une période artisanale, de grands ateliers sont construits au n° 56 rue de Lille, derrière la maison de maître.
Un grand site qui permet de bâtir plus de 20 nefs qui s’étendent en profondeur jusqu’à la rue verte et le long de l’usine Ovigneur. Une face vitrée distribue abondamment la lumière sur les métiers.
Vers 1935 de grandes transformations amènent la démolition de la maison Demeestère au 56, rue de Lille, pour faire place à une entrée principale par une double grand-porte précédant une cour.
En 1849, la société participe à une exposition universelle à Paris et y obtient une médaille d’or. En 1850, une fille de M ; Pierre : Hortense-Sophie, épouse un cousin M. Jules Demeestère. La raison sociale devient dont la Société J. Demeestère – Demeestère. Elle poursuit son développement et obtient deux autres médailles d’or en 1855 et en 1869.
La société prend la suite des Ets L. et A. Danset en 1878 et la croissance se poursuit avec la fabrication de linge de table et de maison, des toiles à draps de toutes largeurs pour grossistes et détaillants en textiles. Elle obtient cette année-là une nouvelle médaille d’or à Paris.
La clientèle se diversifie : l’Armée, l’Administration, les Cies de Chemin de Fer françaises et étrangères, les Cies de Navigation, etc… Mais la guerre de 1914-1918 stoppe l’évolution pour plus de 5 ans. Comme dans toutes les autres entreprises, les machines sont détruites, le matériel restant, brisé. Il faut attendre 1921 pour que la reprise soit complète. Les bâtiments sont réaménagés.
Peu à peu l’usine occupe plus de 200 personnes à Halluin, dont 60 % sont à la préparation et au tissage. Près de 100 personnes, en majorité des femmes, sont occupées à la confection : parures de draps et taies avec jours Venise, jour échelle ou point bourdon… De splendides parures sont ainsi réalisées, souvent avec monogrammes brodés, éventuellement en couleur, à la de mande de la clientèle.
On y fabrique aussi de l’éponge. Des grands magasins de Paris, tels Le Bon Marché, La Samaritaine sont des clients importants.
Le service commercial est très important. Il est situé dans les bureaux au 56, rue de Lille. Vers 1935, de grandes transformations sont apportées aux bâtiments. La 2e guerre mondiale n’a pas interrompu l’activité, elle l’a seulement ralentie pour redémarrer en 1946.
Une anecdote étonnante concernant la marque déposée « Petit Cheval » des Ets Demeestère-Demeestère mérite d’être racontée :
Un représentant parisien de l’entreprise est propriétaire de la jument Uranie et de son poulain Kairos. En 1928 cette jument enlève son 3e prix d’Amérique. Pour des raisons personnelles, ce représentant demande un prêt aux Ets Demeestère-Demeestère et donne en garantie le poulain Kairos. Al’échéance du prêt, ils deviennent propriétaires du poulain qu’ils vendront en 1939. En souvenir de Kairos, la société dépose la marque « Petit Cheval »
Pue à peu les fils synthétiques remplacent les fils de lin et de coton. En 1969, la société compte 530 personnes ans les 4 usines installées dans le Nord, dont une à Wervicq. Un regroupement est signé avec la société Dolfuss-Mieg et Cie.
A partir de 1970 une partie du personnel s’installe pour la manutention et l’expédition des produtis finis dans l’atelier Chamarande, espace loué aux anciens Ets Defretin, et plus tard cette activité est transférée à l’usine Demeestère de Wervicq, où une partie du personnel a suivi.
La fermeture définitive intervient en 1980. La modernisation de l’outil de travail n’a pas besoin de métiers de 50 ans d’âge et tout part à la casse.
En 1980, à 163 ans de sa fondation, le site est cédé à une société H.L.M. pour y édifier l’imposante Résidence Pompidou (rue de Lille) que nous connaissons aujourd’hui.
(Archives, L’association « A la recherche du passé d’Halluin »).
LIENS : Résultats des Elections Municipales d'Halluin (Nord) de 1789 à nos jours (1/4).
Le Tissage Defretin à Halluin... Historique 1847 - 1969.
Le Tissage Sion à Halluin... Historique 1867 - 1979.
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"La Belle Epoque" de l'Industrie Halluinoise.
La Vie Halluinoise dans les Entreprises Textiles... Témoignages.
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