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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Les Hommages de la Vallée de la Lys à Antoine de Léocour et Vincent Delory...

 

 

 

De Linselles à Halluin en passant par Bousbecque et Roncq, les premiers hommages ont été rendus hier à Antoine de Léocour et Vincent Delory, tués la veille au Niger lors d'une opération visant à neutraliser leurs ravisseurs. L'émotion a vite gagné toute la vallée de la Lys.

Hier matin, les Linsellois se sont réveillés dans une ville envahie par les journalistes. Et avec le quartier des Myosotis, où vivent les parents d'Antoine et de Vincent, protégé par les forces de police. C'est là, en début de matinée, que l'on a vu le maire Jacques Rémory et le député Christian Vanneste venir présenter leurs condoléances. Le début d'une longue et douloureuse journée.

A 10 h 30, à Bousbecque, l'abbé Gérard Bogaert célébrait pendant ce temps-là la messe du secteur qui, la veille, avait justement lieu à Linselles. « On ne savait pas encore qu'ils étaient morts. Mais il y a eu un lourd silence. » « Je propose quelques instants de prière pour leurs familles et celles et ceux qui sont tentés par la violence », annonçait hier le prêtre face aux fidèles.

Dans la matinée, il avait eu l'archevêque de Lille Laurent Ulrich au téléphone. « Il est très affecté et m'a dit qu'il se tenait à disposition des familles. » L'abbé Bogaert devrait les rencontrer aujourd'hui. Au moins l'une d'elle est impliquée dans la paroisse selon Jacques Rémory.

 

À 11 h, Jean-Luc Deroo, maire d'Halluin, présentait ses voeux aux associations à la salle du manège. Il a commencé son discours en rendant hommage à Antoine et Vincent, appelant à « continuer à condamner les actes de terrorisme » et en s'associant « à la douleur des familles ». À l'origine, il aurait dû seulement dédier sa cérémonie à cette petite Haïtienne qui est arrivée chez un couple d'Halluinois en début d'année. Deux actualités, deux émotions.

Dans le même temps, l'événement du jour à Roncq était la bourse aux collectionneurs. Un moment plus festif. Même si dans la commune, il était aussi hier question d'Antoine et de Vincent. « La grande douleur qu'éprouve Linselles est aussi la nôtre, déclarait hier matin le maire Vincent Ledoux. La proximité de territoire et de coeur avec les deux victimes vient nous saisir au plus profond de nous, dans la proximité même de la sauvagerie aveugle et lâche du terrorisme. »

 

Une marche dimanche

 

Bousbecque, Halluin, Roncq ou encore Wervik (B), où les amis d'Antoine et Vincent ont leurs habitudes dans un estaminet, la mort des deux jeunes Linsellois a endeuillé hier toute la vallée de la Lys. L'émotion sera encore très poignante dans les jours à venir. Surtout à Linselles.

 

Une marche devrait y être organisée dimanche, par des proches des deux jeunes. Et un registre de condoléances sera mis en place dès aujourd'hui en mairie, en attendant les obsèques. Il permettra sans doute de recueillir des centaines de témoignages.

 

 Car à Linselles, tout le monde connaît plus ou moins tout le monde. « Ce sont deux grands copains qui ont grandi ensemble », raconte Marie-Agnès Dhulu, conseillère municipale qui habite une maison voisine des parents d'Antoine. « Quelqu'un de très généreux, précise-t-elle. Qui adorait son travail, qui adorait l'Afrique ».

 

Même tristesse chez Fabien Spanneut, l'ancien entraîneur de football d'Antoine : « Une personne toujours présente, contente d'être là, qui ne posait pas de problème », se souvient-il. Les premiers hommages qui tombaient hier sont loin d'être les derniers.

 

(Archives, N.E., 10/1/2011).  

 

Une ville touchée au cœur.

Personnalités et anonymes se sont succédé hier toute la journée en mairie de Linselles pour déposer des mots de condoléances et de soutien aux familles d'Antoine et de Vincent. L'émotion est forte dans la commune où chacun cherche à comprendre cette tragédie.

Dans l'hôtel de ville investi tout au long de la journée par les médias nationaux, la population est venue nombreuse pour écrire des messages de soutien dans les deux cahiers de condoléances. Des mots mêlés de tristesse et d'indignation : « Ultime et inacceptable tribut au fanatisme », « Une pensée pour la famille et les amis, n'oubliez pas les autres otages », « Au nom de qui, au nom de quoi, avez-vous perdu la vie ? », pouvait-on lire parmi les innombrables témoignages.

Le maire et son conseil municipal demeurait très affecté : « Nous sommes tous effondrés par ce qui arrive. Je suis admiratif du courage et de la dignité de ces parents », exprimait Jacques Rémory qui a de nouveau rencontré les familles hier dans la soirée. Elus, personnalités du monde associatif, anonymes, tous expriment une profonde émotion face au drame qui voit la vie de deux familles basculer dans un inconsolable chagrin.

« Antoine et Vincent étaient deux jeunes garçons au parcours exemplaire. Ils attendaient tout de la vie », exprimait Ghislaine Lamblin, élue aux affaires scolaires, qui a eu les deux victimes dans sa classe à l'école Saint-Joseph.

Dans les commerces ou à la sortie des écoles, tout le monde cherche à comprendre. « Les clients nous en parlent beaucoup depuis dimanche.On n'imagine pas que cela puisse nous arriver. Et pourtant. Mais on ne peut pas empêcher nos enfants de voyager... », confiaient M. et Mme Boutry, de la boulangerie éponyme sur la place de Linselles.

 

À la librairie Dhuyser, c'était aussi l'abattement pour Claudine et Yves : « C'est difficile de s'exprimer sur un tel drame. Evidemment, cela nous touche beaucoup. Cela aurait pu être nos enfants. »

 

Hier soir, un peu avant la fermeture de l'hôtel de ville, Grégory, un père de famille bousbecquois, est venu écrire quelques mots sur les cahiers de condoléances : « Je jouais au foot avec Vincent... J'ai beaucoup de mal à réaliser ce qui lui est arrivé. J'aimerais comprendre... »

 

(Archives, N.E., 11/1/2011).  

 

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