Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Le profil frêle, presque androgyne, Maël Boucourt promène sa plume sur le papier comme son regard sur le monde. « Pour trouver l'étincelle en chaque personne, en chaque chose ».
Le casque vissé sur les oreilles, les boucles de cheveux lui tombent sur les yeux. Dans les rues d'Halluin qu'il emprunte pour venir au rendez-vous, les riffs de Lep Zepling, Deep Purple, The Doors résonnent dans sa tête. Maël Boucourt se présente, le clin d'oeil facile, l'attitude se veut posée.
Mais à 19 ans l'étudiant en lettres modernes n'a pas assez d'une bouche pour dire en même temps tout ce qui lui passe par la tête. Ni assez d'une plume pour griffer sur le papier tout ce qui l'égratigne dans la vie. « J'ai commencé à écrire quand j'étais adolescent », raconte-t-il. Sur des thèmes intarissables que ce sont l'amour, la vie, la mort, la nuit... « Quand j'écris ça ne vient pas de ma tête. Je trouve les mots à l'intérieur et ça coule comme ça ».
À ceux qui trouveraient un côté ringard à la pratique, le jeune homme glisse : « Je pense que les gens se trompent de vie. Je voudrais ouvrir des portes dans la tête des gens. Être poète c'est regarder les choses et les trouver jolies, même si c'est un lampadaire ». Le poète a toujours raison, qui voit toujours plus haut que l'horizon, chantait Ferrat. Pour Maël, il s'agit de « trouver l'étincelle qui se trouve en quelqu'un, en quelque chose ».
« La poésie n'est pas élitiste. La poésie actuelle est beaucoup moins codifiée qu'avant, elle est plus libre. Quand j'écris je n'arrive pas à m'imposer de contraintes », partage l'étudiant. Son inspiration lui vient comme un coup tête : au détour d'une rencontre, au hasard d'une rêverie dans le bus il noircit les carnets qu'il a toujours sur lui. « Mes lecteurs sont mes amis, relativement proches ».
L'avenir ? Maël projette de soumettre ses textes à un éditeur pour être publié. Mais le jeune poète préfère être patient. « J'aime l'insouciance, je vis ma vie au jour le jour... au grand dam de mes parents, sourit-il, je pense qu'il faut embrasser le fait qu'on puisse mourir demain. C'est important de se poser par rapport au monde et de prendre le temps de se poser par rapport au monde et de voir dans quel sens il va dans quel sens je vais ». De son propre aveu, le poète est aussi un électron.
(Archives, N.E., 8/1/2011).
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