Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
En août 2004, à la Paroisse Notre-Dame de la Lys d’Halluin, un seul prêtre est présent, l’abbé Paul Parent, 89 ans, pour assumer quatorze funérailles en quinze jours ! Il ne peut tout assumer : la solution est de faire appel à des laïcs.
Les sœurs Dereu, Marie-Claude et Marie-Françoise (filles du Docteur Charles Dereu ancien médecin à Halluin, de 1925 à 1969), ont raconté au journal paroissial « La vie chez nous » leur mission de laïcs :
Depuis quand êtes-vous engagés à la paroisse ?
Marie-Claude : « Avant notre retraite, la vie de prof et d’infirmière, mais aussi les soins à nos parents malades, nous prenaient. On n’allait nulle part, sauf quelquefois au cinéma.
Après le décès des parents, on a répondu à une première sollicitation. Et puis ça s’est enchaîné : chorale, catéchèse, liturgie, denier de l’église… Et ça a évolué ».
Marie-Françoise : « Aujourd’hui, on a cinq ou six activités. Il y en a une qui nous mange de plus en plus : l’accompagnement des funérailles ».
Etonnant ! Comment cet accompagnement a-t-il démarré ?
Marie-Françoise : « Il y a cinq ans, on a répondu à une nouvelle sollicitation. De l’abbé Motte. Lorsqu’une famille vit l’épreuve du deuil, il ya de moins en moins de prêtres disponibles : c’est un fait.
Alors, il faut mettre des laïcs dans le coup. En équipe. Nous sommes neuf : Annie, Arthur, Francine, Jules, l’autre Marie-Françoise, Raymond, Jeanne l’organiste et nous. L’équipe, c’est fondamental ».
Que peut-elle faire ?
Marie-Claude : « L’équipe est là pour accueillir les familles, avec leur souffrance, leur foi, leurs questions, leur besoin de ce moment-là. Elle propose des conseils pour le choix des chants, elle aide à composer une prière universelle.
Elle fait le lien avec le prêtre et l’animateur. Elle s’occupe du matériel avant et après la cérémonie… Elle s’est formée et continue de le faire pour remplir convenablement sa mission ».
On dit qu’il n’y a plus toujours de messe lors des funérailles.
Marie-Françoise : « C’est vrai. De plus en plus, c’est aussi un laïc qui préside la cérémonie. Alors, il ne peut pas y avoir de messe. Cela, des familles le comprennent plus facilement que d’autres. Moins de prêtres chez nous ?
Eh bien, l’Eglise fait autrement, mais tout aussi bien. On peut toujours prolonger la prière et communier, à Halluin ou ailleurs, après coup ».
Que cherchez-vous à dire, à faire face à la souffrance des familles ?
Marie-Claude : « On accompagne, bien sûr, des personnes qui veulent s’exprimer solennellement de manière personnalisée. Il arrive qu’on aide à préserver une ambiance digne, sereine. Mais on essaie aussi d’aider à prier pour le défunt, à cheminer vers Dieu. Car l’histoire personnelle du défunt ne s’arrête pas à tout jamais.
Elle rejoint, autrement, l’histoire de l’Eglise, et celle de tous les hommes qui sont interpellés par un Dieu envers qui ils sont, eux, le plus souvent indifférents, mais qui les aime.
(Archives, « La vie chez nous », Octobre 2004).
Liens : L'Halluinois Charles Dereu, médecin et poète.
La Libération d'Halluin - Septembre 1944 (19) Les résistants halluinois de l'ombre... (Charles Dereu)
Deux poèmes écrits pour la fête de Noël par l'halluinois Charles Dereu.
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