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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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La Guerre 1914 - 1918 - Halluin (69) Le 80ème Anniversaire de l'Armistice (1918 - 1998).



Dans le cadre des cérémonies commémoratives du 80ème anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, la Ville d’Halluin a installé des expositions au centre culturel Albert Desmedt, jusqu’au 20 novembre 1998.

 

Exposition…

 

Sous le titre « La Première Guerre mondiale », les Archives départementales du Nord présentent de grand panneaux avec des reproductions en couleur de documents : affiches, journaux, cartes stratégiques, papiers officiels, etc.

 

La bibliothèque d’Halluin, sous le titre « Images et Textes de la Grande Guerre » met à la disposition du public, différents documents.

 

L’Office du cinéma halluinois a choisi de recenser les films évoquant « 14-18 au cinéma ».

 

Des associations d’anciens combattants et des Halluinois ont apporté aussi leurs témoignages : photos, uniformes militaires, journaux, cahiers, etc.

 

Parmi tous ces documents, certains frappent plus que d’autres. Par exemple, le journaliste local a été étonné d’apprendre que l’armée allemande occupait les locaux de l’Echo du Nord à Lille, où est installé actuellement le siège de La Voix du Nord.

 

Les soldats allemands étaient employés à l’imprimerie, un romancier, un écrivain et un caricaturiste germaniques s’occupaient de rédiger et d’illustrer un journal écrit en allemand intitulé Lillerkriegzeintung (journal de guerre de Lille).

 

Il existait aussi des journaux, moins officiels, pour les réfugiés qui avaient dû quitter notre région pour s’installer derrière le front. Le siège du journal des réfugiés nordistes était à Paris, rue de Dunkerque et il fallait payer d’avance les abonnements.

 

A propos des réfugiés, on apprend aussi qu’il y avait des évacuations forcées pour la population. Puis des évacuations volontaires pour les femmes, les enfants, les malades, les personnes âgées mais dont les hommes en bonne santé étaient exclus. Ces réfugiés ne devaient emporter avec eux que le strict minimum en bagages et en argent. Au gré des mouvements du front, ils pouvaient être de nouveau déplacés et certains ont parcouru de très longs trajets via la Suisse avant d’être « rapatriés » à Lille.

 

Les familles nordistes devaient accueillir chez elles l’occupant et garder propre le logement. Si elles refusaient, elles devaient payer de fortes amendes.

 

La guerre terminée, tout le nord de la France était dévasté et il a fallu reconstruire. Les prisonniers allemands déblayaient les décombres. Des baraquements provisoires servaient de logement à ceux qui n’avaient plus rien. Dans les champs, il fallait tout remettre en état avant de semer et planter. Des vaches et juments arrivaient d’Allemagne pour reconstituer le cheptel.

 

Parmi les documents présentés, les dessins d’Adolf Hitler ne laissent pas indifférents. Jeune soldat, il servait dans un bataillon d’intellectuels. Alors qu’il était en repos à Fournes-en-Weppes, il croquait à la plume et au crayon des paysages de la région : fermes, champs de houblon et… l’église de Comines.

 

Il y a encore des tas de choses intéressantes à découvrir même si l’on croit tout savoir sur la Grande Guerre. Et peut-être aurez-vous la surprise de voir le portrait d’un arrière grand-père sur une des photos exposées…

 

 

(Archives D.D., VdN, 11/1998).

 

 

Cérémonie Commémorative du 11 Novembre

 

Peut-être était-ce le temps ensoleillé ou plus simplement le fait que cette année on célébrait le 80e anniversaire. Toujours est-il que beaucoup de monde s’était déplacé ce 11 novembre 1998 pour la commémoration de l’armistice.

 

Anciens combattants et résistants de la seconde guerre mondiale et de la guerre d’Algérie, le maire, les élus, les représentants des associations patriotiques, du conseil municipal et des corps constitués… tous étaient venus saluer la mémoire de ces poilus tombés au champ d’honneur, lors de ce conflit meurtrier et sanguinaire que fut la Grande Guerre.

 

Une nouvelle fois, le discours du 11 novembre, lu par un représentant du CMEJ, insista sur le devoir de mémoire envers ces soldats morts pour la nation et la liberté et qui, au sacrifice de leur vie sont entrés dans l’histoire. Conscient que les mots de ceux qui l’ont vécu parlent beaucoup plus qu’un discours moralisateur.

 

Le maire Alexandre Faidherbe, lors de l’assemblée à la salle du Manège où se tenait également une exposition consacrée à la première guerre mondiale, avait choisi de lire des extraits de trois ouvrages relatant ces sombres années de l’histoire.

 

Commençant par le récit de Gaston Mercier, jeune caporal nordiste, il lui emprunta quelques lignes :

 

« Homme redevenu sauvage, le poilu est un homme qui souffre, qui meurt, qui court à la mort, qui sait sa fin proche et qui ne se plaint ni de ses souffrances, ni de la courte durée de son existence… C’est celui dont personne à l’arrière ne connaît la vie véritable ».

 

Reprenant ensuite un extrait d’Erich Maria Remarque, auteur allemand de " A l’Ouest, rien de nouveau," puis un autre de Roland Dorgelès :

 

« On oubliera. Les voiles de deuils, comme des feuilles mortes tomberont… ».

 

Ainsi écrivait Dorgelès, à propos des millions de victimes de la Grande Guerre. En relisant ces mots, devant deux cents personnes recueillies, le maire et conseiller général, Alexandre Faidherbe, montre que quatre-vingts ans après, on n’a pas oublié. Les arrière-petits-enfants de ceux qui ont souffert témoignent que même si la vie a pris sa revanche, on n’oublie pas.

 

Le Maire avait choisi ces témoignages en précisant qu’Halluin ne comptait plus de Poilus. Mais les femmes, les enfants, qui ont connu ces combattants ont fait perdurer le souvenir. Témoin cette exposition très intéressante, installée salle du Manège pour l’occasion.

 

Certains anciens combattants des guerres suivantes, qui ont rejoint les associations patriotiques créées par leurs aînés, ont regardé les photos avec émotion :

 

« Voyez, c’était mon oncle, il faisait partie des mutilés… » et les souvenirs ressurgissent : « c’est d’ailleurs l’association des mutilés de guerre qui a offert la grille qui entoure le monument aux morts… ».

 

Des responsables d’associations patriotiques (certains ont disparu avec le décès de leurs membres) et des descendants des Poilus dont l’exposition retrace l’histoire ont posé près de la maquette du monument aux morts et du premier drapeau de l’UNC, conservé précieusement par Madame Henri Delafosse Danset.

 

A la demande de Daniel Delafosse, cheville ouvrière de l’exposition 14-18 à la salle du Manège, cette photo-souvenir rassemblait Alexandre Faidherbe Maire, Mme Henri-France Delafosse, et MM. Bertrand Vangaeveren, Guy Desreveaux, Adolphe Dièryck, Gaston Danset, Gabriel Vervacke, Robert Descamps.

 

 

(Archives et synthèse D.D. 11/1998).

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