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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Ceux qui ont fait "Halluin La Rouge"



Entre 1919 et 1939,  Halluin La Rouge « ville sainte du communisme » comme l’écrivait Maxence Van der Meersch, vécut au rythme des nombreux conflits sociaux et des luttes syndicales.

 

Pour l’anecdote, on retrouve des traces d’Halluin dans les archives anglaises, italiennes, allemandes et même soviétiques !

 

J’ai voulu retracer, brièvement, le parcours de quelques personnalités communistes qui ont marqué l’histoire politique et syndicale halluinoise. Elles ont pour nom : Gustave Desmettre, Gilbert Declercq, Gustave et Robert Casier, Emile Bostoen, et Fernand Grenier ancien employé de mairie halluinois devenu ministre !

 

 

Les Maires Communistes Halluinois :

 

 Gustave Desmettre  est né à Halluin le 10 mars 1882 dans une famille ouvrière de douze enfants. Il fréquente l’école primaire jusqu’à l’âge de treize ans, puis entre comme apprenti en tissage aux Ets Sion. Il adhère très vite aux Jeunesses socialistes, puis au Parti du même nom. Il est aussi membre fondateur et adhérent actif de toutes les organisations ouvrières dépendant de la « Maison du Peuple ».

 

En 1919, Gustave Desmettre échoue aux élections départementales et législatives, mais est élu, en décembre, Maire d’Halluin. Encore socialiste à l’époque, il passe au Parti communiste un an plus tard, après le congrès de Tours.

 

Fondateur de toutes les organisations communistes halluinoises aux côtés de Gilbert Declercq et d’E. Vandewattyne, Gustave Desmettre contribue à faire de sa ville la « citadelle communiste du Nord ».

 

En 1925, la préfecture le suspend des ses fonctions de maire : il faut dire qu’il avait activement et bruyamment soutenu les grèves du textile cette année-là. Cela ne l’empêche pas de se retrouver aux côtés des grévistes lors des grandes grèves de 1927-1928, et notamment de la célèbre grève dite « des dix sous ».

 

Considéré comme un « modéré » au sein du Parti communiste, Gustave Desmettre proteste vigoureusement contre l’exclusion de M. Cornette,  et c’est pour cette raison qu’il est lui-même exclu du PC en 1930. L’immense popularité dont il jouit dans sa ville lui permettra néanmoins d’être réélu maire jusqu’à son décès le 9 avril 1935.

 

 

Gustave Desmettre est remplacé à l’Hôtel de Ville par Gilbert Declercq, un fils d’ouvrier né à Halluin le 15 août 1896. Orphelin de père dès l’âge de neuf ans, il commence à travailler dès douze ans comme canneur de chaise, puis comme apprenti tisserand.

Très jeune, la lecture de la presse révolutionnaire le passionne, et à quinze ans il apporte son soutien enthousiaste à la section halluinoise des Jeunesse socialistes dont il est nommé secrétaire quelques mois plus tard.

 

Emprisonné plusieurs mois pendant la Première Guerre mondiale, il fonde, après l’Armistice, le Sport ouvrier, la société de gymnastique « l’Avant-Garde », la Symphonie, le Cercle dramatique, autant de sociétés qui font l’orgueil des ouvriers d’Halluin. Il prend une part active dans la direction de toutes les grèves du secteur, à Halluin bien sûr, mais aussi à Lille, Dunkerque et Armentières, et ses prises de position lui valent plusieurs jours de prison.

 

Elu conseiller municipal et adjoint au maire en 1925, Gilbert Declercq occupe cette charge jusqu’en 1935 date à laquelle il succède à Gustave Desmettre comme Maire.

 

En avril 1936, il est le candidat du Parti au siège de député de la 9ème circonscription dont fait partie Halluin. Il sera élu, grâce à l’unité issue du Front Populaire, par 12932 voix contre 12230 au candidat de droite Jean Bataille (dont 58 % des voix sur Halluin).

 

Plus que les évènements de politique générale, la crise économique et l’action engagée en faveur des chômeurs expliquent ce succès.

 

On notera au passage, que c’est à l’occasion de cette élection législative de 36, que le parti communiste halluinois obtient son meilleur score (de toute son histoire …) avec 2263 voix soit 58 % des suffrages exprimés ! Ce pourcentage record dépasse légèrement celui des élections municipales de l’année précédente, où il avait obtenu 2141 voix et 57 % des suffrages exprimés.

 

A la déclaration de la guerre en septembre 1939, il est l’un des cinq députés à renier le Parti, en manifestant son désaccord avec le pacte germano-soviétique. Gilbert Declercq est suspendu de tous ses mandats électifs.

 

 L’attitude hostile des militants l’obligera à fuir Halluin, et à chercher refuge en Touraine. Toutes les organisations de la « Maison du Peuple » seront alors dissoutes durant la guerre. Gilbert Declercq meurt en septembre 1944 dans la région de Nîmes.

 

Né à Halluin le 5 juillet 1896, dans une famille ouvrière de cinq enfants, Gustave Casier commence lui aussi à travailler très jeune comme apprenti tisserand puis employé de coopérative.

 

 Trop jeune pour être mobilisé en 1914, il est réquisitionné comme travailleur forcé par les troupes allemandes. Et c’est en 1923 qu’il prend sa carte au Parti communiste. Jusqu’en 1939, il occupe d’importantes fonctions dans le secteur de la Vallée de la Lys et de Tourcoing, notamment secrétaire de l’Union départementale des syndicats du nord ; membre du comité régional depuis 1924, il entra au bureau de la Fédération communiste du Nord en 1936.

 

Elu conseiller municipal d’Halluin en 1925, conseiller général du canton de Tourcoing Nord- Est en 1937, Gustave Casier est déchu de ses mandats électifs en janvier 1940. Il entre alors dans la clandestinité, mais est arrêté par la police française en septembre 1941. Interné au camp d’Ecouvres (Meurthe-et-Moselle), il s’échappe en 1943 et revient dans le Nord.

 

En avril 1945, lors de sa première élection municipale à la proportionnelle, la liste communiste l’emporte de près de huit cents voix et gagne tous les sièges, en l’absence d’une opposition au sein du conseil. Son leader Gustave Casier est élu Maire d’Halluin et le restera jusqu’aux élections municipales de 1947.

 

L’année suivante, l’ancien maire devient gérant de « Liberté », le quotidien régional du PC dans le Nord et conserve ce poste jusqu’en 1967 . Il décède le 15 novembre 1983 à Roubaix, où il s’était retiré pendant près de vingt ans.

 

Son frère Robert Casier, est né  le 3 novembre 1898 à Halluin ; Entré dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, il est nommé à la Libération secrétaire de l’Union locale CGT et responsable de la section halluinoise du Parti communiste.

 

En 1953, les élections municipales à la proportionnelle donnent le vote suivant : 13 communistes, 12 MRP et 2 socialistes, ces derniers s’abstiennent lors du vote du maire, et c’est Robert Casier, Directeur de coopérative et secrétaire de la Bourse du Travail, qui est élu Maire d’Halluin le 7 mai 1953, et le restera jusqu’en mars 1957. Il décède le 16 mai 1972 à Halluin.

 

 

Un Syndicaliste et Un Ministre :

 

 Emile Bostoen est né à Halluin le 30 mars 1900 et y décédé le 14 novembre 1939. Ouvrier textile, il est élu conseiller municipal d’Halluin en 1925, puis adjoint au maire de 1935 à 1939.

 

Il est suspendu de ses mandats, la même année, ayant refusé de dénoncer le Pacte germano-soviétique. En sa qualité de secrétaire général de la Bourse du travail d’Halluin,  ainsi que se crétaire du Syndicat textile régional, il s’est consacré à la défense des intérêts des travailleurs et à la prospérité des organisations ouvrières.

 

L’histoire d’Halluin « La Rouge » est, aussi, étroitement liée à Fernand Grenier, (voir article détaillé dans ce blog) considéré, en ce temps-là, comme le meneur des jeunesses communistes locales. Né à Tourcoing le 9 juillet 1901, d’un père camionneur et d’une mère ouvrière du textile. Orphelin à 16 ans, il adhère au Parti communiste français à la section de Neuville-en-Ferrain à l’âge de 21 ans.

 

Fernand Grenier sera ouvrier-boulanger, puis aide-comptable et employé à la mairie d’Halluin en 1926 ; c’est à cette époque que l’on a créé à Halluin, les premiers camps d’été (l’équivalent de nos centres aérés). Appelé par Maurice Thorez, il quittera la ville en 1933 pour Paris.

 

Il participe à la résistance ; arrêté en 1940, il s’évadera en Juin 1941 pour continuer la lutte comme rédacteur à « L’Humanité Clandestine ». Il sera délégué du Parti communiste en janvier 1943 auprès du Général de Gaulle à Londres, et en 1944 ministre de l’Aviation au gouvernement provisoire français à Alger. Député jusqu’en 1968, il décèdera à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) en Août 1992.

 

                                 

                                                                                   Daniel DELAFOSSE

 


Cette synthèse est réalisée d’après diverses revues et bibliographies consacrées à cette période de la vie halluinoise.


 Article publié sur ce blog depuis le 19/2/2007. 


L i e n s :

Résultats des Elections Municipales d'Halluin (Nord) de 1789 à nos jours (1/4).

Résultats des Elections Municipales d'Halluin (Nord) de 1789 à nos jours (2/4).

Résultats des Elections Municipales d'Halluin (Nord) de 1789 à nos jours (3/4).

Résultats des Elections Municipales d'Halluin (Nord) de 1789 à nos jours (4/4 suite et fin).

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