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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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L'Ancienne Ecole Jules Guesde d'Halluin, signée de l'Architecte Nordiste Gabriel Pagnerre.



La démolition de l'ancienne école Jules-Guesde, rue de la Lys à Halluin, doit démarrer en avril 2009. Au grand regret de l'association monsoise Eugénies qui y voit la disparition d'une précieuse pierre de l'héritage architectural de Gabriel-Pagnerre.


L'élégante symétrie a été effacée. De la façade de l'ancienne école Jules-Guesde, au 341 rue de la Lys, ne reste plus qu'un pan de la construction signée de l'architecte nordiste Gabriel Pagnerre.

Et ce qui est encore debout du groupe scolaire, dont la maison du gardien, est voué à disparaître d'ici quelques semaines, pour laisser place au chantier de construction d'un grand projet d'urbanisme qui comprend une Résidence sociale pour jeunes et de l'habitat.


Si la démolition de cette ancienne école laissée vacante depuis près de 20 ans est plutôt accueillie avec soulagement dans le voisinage, elle cause au contraire beaucoup d'amertume à Mons... Car c'est dans la ville où Gabriel Pagnerre a construit sa réputation d'architecte qu'a été fondée l'association Eugénies*, avec pour mission de promouvoir et de préserver le patrimoine architectural du bâtisseur.

Un précurseur


« Que les choses soient claires
, précise d'emblée la présidente, Florence Desbarbieux. Nous ne sommes pas contre ce projet de Résidence sociale pour jeunes. Ce que nous déplorons, c'est le peu d'intérêt qu'Halluin porte à son patrimoine culturel et qui a poussé les municipalités successives à laisser ce bâtiment dépérir... ».


Issue de l'association historique monsoise, Eugénies est à l'origine d'ouvrages, d'expositions et de parcours dévoilant toute la richesse de l'oeuvre de Pagnerre sur Lille et la métropole. Né en 1874, l'architecte était « un précurseur, toujours à la recherche de la nouveauté », résume Anne-Marie Delpierre, secrétaire.


De sa première période (1905-1914) reste d'élégantes maisons où se marient l'art géométrique et le style bruxellois. Des constructions éclectiques auxquelles il ajoute l'expression subtile de son avant-gardisme : des vitraux qui rappellent les ébauches de Matisse, des maisons à double garage quand l'automobile est encore rare... Suivra la période d'après-guerre avec des constructions influencées par l'Art déco « et à travers lesquelles il continue à jouer sur la profondeur, sur la dynamique des façades ».


Puis enfin une période résolument tournée vers le modernisme et ses lignes épurées, dont l'ancienne école Jules-Guesde
(inaugurée le 3 septembre 1933) porte aujourd'hui l'empreinte fatiguée.


Une rue au nom de G. Pagnerre ?


Le style de celle que l'on surnommait « l'école blanche » peut laisser indifférent par sa froideur,
« mais cela reste très innovant pour l'époque », explique Jacques Desbarbieux, trésorier d'Eugénies. Tellement innovant qu'il arrive de le confondre avec celui des années cinquante... Conscients du caractère exceptionnel de cette construction (une seule autre école de ce type existe à Saint-Pol-sur-Mer), les représentants de l'association ont donc tenté de faire entendre leurs arguments auprès de la municipalité, espérant ainsi sauver le bâtiment de la casse.


Une rencontre s'est déroulée en mairie début février. « Mais M. Deroo a avancé l'impossibilité de rénover les pans de murs réalisés en parpaings de scorie. » Déçus, les membres d'Eugénies ne baissent pourtant pas les bras. S'ils savent que l'école du Colbras ne peut être sauvée, ils espèrent que leur travail de sensibilisation au patrimoine architectural de la ville débouchera sur une prise de conscience... et d'autres issues.


 
« Peut-on au moins sauvegarder le portique d'entrée si caractéristique du bâtiment ? Ou, peut-être, baptiser la nouvelle voie qui doit être construite du nom de l'architecte ? Ou bien encore, pourquoi ne pas faire de la maison du gardien un lieu de mémoire dédié à l'oeuvre de Pagnerre ? Nous aimerions obtenir un nouveau rendez-vous avec le maire pour pouvoir en discuter. »
.


Les archives, films, documents photographiques et articles amassés par l'association constituent un fonds très intéressant. « Et puis parler de Pagnerre, c'est aussi parler de la ville où il a signé une construction, termine Anne-Marie Delpierre. Ça crée une dynamique qui la met en valeur tout autant. » Mais cette dynamique sera-t-elle assez puissante pour bousculer tout un projet d'urbanisme ? •

*Eugénie : prénom porté par la maman et l'épouse de Gabriel Pagnerre. Pour contacter l'association monsoise : eugenies2008@orange.fr


(Archives VdN 1/3/2009).

 
Plus d’école, mais une rue à la mémoire de Pagnerre


Si l'ancienne école Jules-Guesde sera belle et bien rasée pour faire place à de nouveaux logements et à la Résidence sociale des jeunes, le nom de celui qui l'a dessinée pourrait bien être attribué à la nouvelle voie qui traversera l'ensemble du projet d'urbanisme...


La machine est lancée. Au grand regret de l'association
Eugénies (qui s'est donné pour mission la défense et la promotion des oeuvres architecturales de Gabriel Pagnerre), l'ancienne école Jules-Guesde d'Halluin sera bientôt réduite en poussières.


Pour autant, l'architecte monsois, qui a signé quelques superbes constructions dans l'ensemble de la métropole lilloise, devrait aussi laisser son empreinte à Halluin. Et si ce n’est pas dans la  pierre, ce pourrait être dans une rue...


 
Déjà un parc et une salle à Mons


En effet, lors d'une récente réunion, le maire de la ville, Jean-Luc Deroo, a exprimé son souhait de donner à la nouvelle voie du site
(entre la rue de la Lys et le quartier des Fleurs) le nom de l'architecte. Une proposition qui devrait être reprise lors d'un prochain conseil municipal et qui devra donc être soumise à l'approbation de l'ensemble des élus pour être définitivement actée.


« Jusqu'à aujourd'hui, seuls un parc et une salle de Mons-en-Baroeul portent son nom
précise le président d'Eugénies, Jacques Desbarbieux. Si cette proposition est adoptée, ce sera la première rue Gabriel-Pagnerre. » Une marque de reconnaissance supplémentaire de son talent.


Quant aux bâtiments de la rue de la Lys, l'idée d'un lieu de mémoire situé dans la maison du gardien, à l'entrée du site, est totalement écartée. Seul le portique d'entrée de l'ex-école pourrait être en partie sauvé de la destruction. « Si, toutefois, il se situe sur une zone réservée aux espaces verts et ne remet pas en cause le projet d'urbanisme... », précise encore J. Desbarbieux. Un détail difficile à estimer sur plans et qu'il faudra vérifier une fois le chantier commencé, c'est-à-dire dans plusieurs semaines.


Même si ces deux projets vont dans le sens des suggestions formulées par l'association Eugénies, son président exprime des sentiments mitigés suite à leur annonce. « Nous aurions quand même souhaité que le bâtiment soit sauvé », soupire-t-il, persuadé d'un immense gâchis « qui sera, hélas, regretté bien plus tard »


(Archives VdN 10/3/2009).

 

L’école Jules Guesde a disparu du paysage halluinois aux abords de la rue de la Lys, en lisière du stade Didier Descamps.

 

Les démolisseurs ont eu raison de ce groupe scolaire inauguré le 3 septembre 1933. Il a été l’œuvre de l’architecte Gabriel Pagnerre qui avait aussi réalisé de belles demeures du Grand Boulevard, entre Lille Roubaix Tourcoing dont on fête le centenaire.

 

Il avait aussi été à l’origine de l’ancien dispensaire de la rue Gustave Desmettre à Halluin.

 

Des gravats de l’ancienne école va sortir en 2010 un Foyer pour Jeunes Travailleurs et des logements.

 

(Archives N.E., 13/7/2009).

Gabriel Pagnerre, bâtisseur de son temps.

 

Les plus grands noms de l’architecture du début du siècle se sont succédé autour de l’édification de l’habitat du Grand boulevard. Parmi eux, Gabriel Pagnerre, né à Petite-Synthe en 1874, a livré la quintessence de son savoir-faire architectural.

 

« On y trouve tous les styles de Pagnerre », rappelle Jacques Desbarbieux, de l’association Eugenies, qui se fait fort de faire reconnaître l’importance du patrimoine laissé par le bâtisseur à la métropole.

 

L’homme est d’abord, au début du siècle, un tenant des courbes de l’Art Nouveau géométrique, inspiré par les maîtres bruxellois. Une des plus belles réalisations du genre se trouve à La Madeleine au 25, rue du Docteur Legay, adjacente au Grand boulevard.

 

Naturellement,l’homme qui s’installe à Mons-en-Baroeul, va suivre les évolutions de son siècle et glisser vers l’Art déco au détour des « années folles ». On peut en voir quelques exemples le long de Barbieux, côté croisien, et également 80, rue de Flandres à Villeneuve d’Ascq.

 

L’homme acquiert alors ses lettres de noblesse, devenant secrétaire du syndicat des architectes agréés du Nord de la France en 1921. Mais Pagnerre ne se repose pas sur ce bâton de Maréchal. A l’écoute des tendances de son temps. Il fait venir Le  Corbusier à Lille en 1933 et s’inspire des travaux de celui-ci pour créer « la maison isotherme » à Marcq-en-Baroeul.

 

Gabriel Pagnerre décède en 1939, laissant derrière lui une œuvre considérable.

 

(Archives, N.E., 1/8/2009).

 

A Halluin,  on lui doit l’ancien Dispensaire de la rue Gustave Desmettre, qui fut démoli pour faire place à la construction d’appartements neufs et d’une crêche municipale. Mais aussi l’école Jules Guesde, rue de la Lys, détruite en Juin 2009, qui fera place à la construction  d’une Résidence sociale pour Jeunes et de l’Habitat.

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D
L'architecte nordiste Gabriel Pagnerre est décédé, il y a 70 ans, en 1939. On lui doit à Halluin : l'ancien Dispensaire et l'Ecole Jules Guesde. 
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