Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
En mars, 22 000 m² de toiles quittaient Neuville-en-Ferrain pour rejoindre l'île meurtrie d'Haïti. Aujourd'hui, ce sont 700 abris dans la ville de Gressier, au Sud-Ouest de la capitale Port-au-Prince, qui donnent une solution provisoire à ceux dont l'habitation fut rasée...
Le 12 janvier 2010, un séisme a provoqué la mort de 230 000 personnes, fait 300 000 blessés et privé de toit 1,2 million de rescapés. Aujourd'hui, le choléra menace la population. Ces abris, on les doit à plusieurs entreprises du secteur sous la houlette de Clubtex, spécialiste du textile innovant, aidées par l'École d'architecture de Lille.
Textile de France (ex Gratry) à Halluin a conçu la toile, avec TRP Charvet d'Armentières Cousin, à Wervicq-Sud, fabrique des joncs. La mise au point de ces tentes imperméables, ignifugées et imputrescibles (3I) a été impulsée par l'organisation non gouvernementale Architectes de l'urgence et son représentant Patrick Colombel :
« Les abris conçus avec Clubtex et l'École nationale d'architecture de Lille permettent aux familles de retrouver une vie décente en attendant de reconstruire leur logement. À ce jour, 200 abris sont en cours de construction et nous venons de réceptionner un nouveau container de matériel pour permettre d'abriter 500 familles supplémentaires. »
Ce programme de distribution d'abris s'adresse aux familles sinistrées de Gressier, une commune située à 70 kilomètres de Port-au-Prince, proche de l'épicentre. « Ces abris permettent aux réfugiés de ne pas vivre, en plus d'une catastrophe, la douleur d'abandonner les lieux où ils vivent », explique Jean-François Bracq, président de Clubtex.
Parmi les étudiants de l'école d'architecture qui ont planché un an pour mettre au point cet abri, Florine Vanhoecke et Thibault Génie se sont rendus sur place : « Nous avons été accueillis avec soulagement par la population locale. Notre mission n'était pas seulement de monter ces abris ni de résoudre d'éventuels problèmes techniques mais aussi de former les personnes sur place à l'installation de futurs autres abris. Des liens particuliers se sont créés et nous n'oublierons jamais cette expérience. »
Si, pour l'instant, les industriels fabriquent et vendent à prix coûtant ces équipements particuliers, l'objectif demeure la vente à des organismes comme la Croix Rouge internationale, en cas de catastrophe : « Nous avons besoin de financement, explique J.-F. Bracq car il nous faut six semaines pour fabriquer un abri mais les ONG, elles, en ont besoin du jour au lendemain. Il faudrait que l'État ou des collectivités mettent de l'argent pour que nous fassions des stocks ».
Architectes de l'Urgence aimerait ces abris pour le Pakistan. Les industriels attendent le feu vert pour lancer les machines.
(Archives, VdN, 4/11/2010).
Lien : Haïti... Le Séisme et un Couple d'Halluinois.
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