Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Comme nous vous l'annoncions hier, en exclusivité, la résidence Bouvier, rue de Lille sera démolie à l'horizon 2020. C'est l'une des premières résidences HLM d'Halluin, construite en 1967, elle compte 90 logements du studio au type 3. La décision de Notre Logis est motivée par la vétusté de l'immeuble. Les locataires ont le coeur gros.
Il y a eu des jours moins gris sur les marches de la résidence Bouvier. Depuis quelques jours, la nouvelle est accueillie entre désarroi et tristesse : l'immeuble est voué à la démolition. Une réunion s'est tenue récemment en mairie, à l'invitation du bailleur, et a réuni une vingtaine de locataires sur les 80 logements.
« Vous me l'apprenez ! » s'étonne Ghislain, 66 ans, qui vient d'emménager résidence Bouvier. « J'avais bien entendu parler d'une réunion mais jamais je n'aurai pensé que c'était pour annoncer une démolition. Mais j'ai refait toute la décoration pour rien alors ? » interroge-t-il sonné par cette annonce.
Sur un autre palier Élisabeth, 32 ans, l'a appris par un voisin. Pour cette maman de trois enfants, la démolition tombe presque bien. L'appartement de deux chambres se fait bien trop petit. Seule inquiétude pour la jeune femme : « Je n'ai pas de voiture, il faut absolument qu'on me reloge dans le centre. » Alice, qui vit dans son T3 depuis 17 ans, ne réalise pas : « C'est un choc. Je me plais beaucoup ici. C'est tellement tranquille et proche de tout. Beaucoup de voisins sont devenus des amis. Avec le temps on s'attache. Ce sera vraiment difficile de partir. »
Dans la famille Haese, la démolition annoncée de l'immeuble inspire bien de la colère : « C'est une honte ! » s'emporte Lucien installé à Bouvier depuis 30 ans. Son frère et lui sont très amers à l'égard de Notre Logis : « C'est une opération purement financière. Le bâtiment est largement amorti. Ils veulent reconstruire pour augmenter les loyers ! » La vétusté des logements et le manque d'accessibilité seraient selon eux « de la fumisterie. »
Ils seront prioritaires
Les champignons qui colonisent la salle de bain d'Alexandra ne trompent pourtant par leur monde : « J'ai deux enfants asthmatiques et je ne demande qu'à partir d'ici. » Un peu plus haut, Céline se passerait bien des 100 euros mensuels de chauffage les sales mois d'hiver. Côté rue, les fenêtres sont en bois et simple vitrage. De vraies passoires. Comme tous les résidants, Céline espère obtenir un logement avec un loyer identique.
Pascal Olonde, délégué des locataires pour la CLCV depuis 9 ans, fait le lien entre les locataires et Notre Logis. Un rôle de médiateur peu enviable dans ce contexte. Mais ce bénévole dévoué a appris à faire preuve de psychologie : « C'est clair, il faut absorber beaucoup de choses : écouter les gens, veiller à la bonne marche de la résidence et faire face au bailleur. » Pour Pascal Olonde, la résidence aurait pu être sauvée si des travaux de réhabilitation avaient été menés en temps voulu.
De son côté le maire Jean-Luc Deroo comprend l'appréhension des habitants mais se veut rassurant : « Nous avons dix ans pour accompagner les résidants vers des logements dédiés qui offriront bien plus de confort », explique-t-il. Il dit faire confiance à Notre Logis qui s'engage à donner la priorité aux locataires dans le cadre de ses nouvelles opérations.
(Archives, N.E., 31/10/2010).
80 logements détruits en 2020…
Les locataires de la résidence Bouvier ont reçu un coup de massue ... en ouvrant leur courrier cette semaine : après une réunion en mairie, Notre Logis leur a confirmé son intention de détruire les 80 logements de la rue de Lille en 2020. « Pour ceux qui habitent ici depuis les années soixante-dix, la pilule est dure à avaler, reconnaît Pascal Olonde, représentant des résidants. Mais quelque part, c'est un mal pour un bien... » comme le confie cette maman de 3 enfants, « soulagée » à l'idée de quitter l'immeuble.
Delannay, directeur de Notre Logis. La rénovation (isolation phonique et thermique) est estimée à près de 35 000 E par appartement. « Et même en investissant cette somme, nous n'arriverions pas à atteindre les normes du Grenelle de l'environnement. Nous resterions sur une qualité "ancienne" avec, par exemple, des foyers dont le séjour se limite à 14 m² », regrette-t-il.
Outre l'isolation, le directeur pointe également le coût de l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite (« 200 000 E rien que pour le rez-de-chaussée, sans compter l'ascenseur ! ») : autant d'arguments qui, après un an de réflexion, ont convaincu Notre Logis et la ville de renoncer à cette réhabilitation d'ampleur. « Pour autant, rassure le directeur, les travaux annoncés seront réalisés » avec : le remplacement des châssis en façade, la peinture des parties communes, la réorganisation de la collecte des déchets et l'accès aux entrées.
Soit une dépense de 260 000 E pour 2011. Une préoccupation qui, pour les locataires, est moins pressante que celle de savoir où ils vont être relogés. Onze demandes de mutation ont déjà été enregistrées « et Notre Logis nous a assuré qu'elles seront prioritaires », souligne P. Olonde.
Pour aller où ? « Dans du neuf » : l'éco-quartier rue de la Lys, place Delors, l'ancien site Match, autour de la Cense Manoir ou dans la future résidence pour personnes âgées route de Linselles.
(Archives, VdN, 31/10/2010).
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