Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Récit de Roland Verkindère Historien Local
Halluin en 1866 compte 13 673 habitants dont près de 10 000 « étrangers », en fait des Flamands venus de communes proches situées de l’autre côté de la frontière. Un an plus tard, la population retombe à moins de 13 000 habitants.
En 1806, sous le Premier empire la ville comptait 2 500 habitants, 4 500 en 1846 à la veille de la Seconde république, 8 410 habitants en 1856 dans les premières années du règne de Napoléon III.
Afflux d’hommes et de femmes, d’hommes surtout à la recherche de travail. Cet afflux s’accélère vers 1850. De 1850 à 1870 en quinze ans la population a doublé, comme si de 1985 à 2000 nous étions passés de 17 000 habitants à 35 000 aujourd’hui.
En une demi-génération à peine, sans routes pavées, sans chemins empierrés, sans chemin de fer, sans assainissement urbain, un gros bourg rural est devenu une cité industrielle avec ses fabriques, ses maisons-ateliers (70 % du textile se travaille à domicile) avant même les premiers tissages mécaniques et la concentration des usines des années 1870-1900.
L’insalubrité est manifeste dans certains quartiers : rue de terre, sans trottoirs, sans caniveaux, sans eau courante, avec fosses d’aisance communes, puits et pompes collectives.
L’épidémie de choléra frappe en septembre-octobre 1866
Elle est présente à la même date à Mouscron (Belgique) et à Wazemmes (Nord). Et là aussi dans les quartiers les plus pauvres. Ses conséquences sont plus dramatiques encore qu’en 1832 ou 1848 compte tenu de la concentration de la population la plus démunie. Ces poches de pauvreté vont en effet se révéler meurtrières. Les registres conservés en mairie donnent des indications sur les décès enregistrés durant cette période.
En 1865 on en relève 521et 404 en 1867. En 1866, 770 décès. En octobre 1866, on enregitre quatre fois plus de décès que la moyenne mensuelle. C’est dans certaines ruelles et courées du « bourg (c’est ainsi que les édiles désignent le centre pour le distinguer du Mont et du Colbras) que les décès sont les plus nombreux et les conditions d’hygiène les plus désastreuses : rues du Forage, de la Montagne, de la Paix, courées de la rue du Château (Jean Jaurès) et de la Pannerie. La rue de la Gare n’est pas encore tracée et la gare elle-même pas construite.
Lors de la visite du préfet, avec médecin et inspecteur de la salubrité, les quartiers ouvriers où l’épidémie s’est déclarée sont passés en revue.
Des mesures immédiates sont prises pour traiter les eaux fangeuses et immondices. Mais également badigeonnage à la chaux de tous les édifices publics… En 1867, la population retombe à moins de 13 000 habitants. Il faudra attendre 30 ans avant que la population n’augmente de nouveau de manière sensible (15 800 en 1896) pour 16 600 en 1901.
Elle diminuera ensuite avec le reflux des Flamands dans les communes belges voisines, dont Menin, même si Halluin continue à attirer des frontaliers qui préfèrent résider en Belgique et travailler en France.
(Archives, N.E., 28/12/2006).
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