Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Par Brandodean
Depuis sa création il y a presque un siècle, la boulangerie Masil est restée une affaire de famille. Aujourd’hui ce commerce change de mains, mais les nouveaux propriétaires veulent poursuivre ce qui fait la réputation de leur pain : travailler la pâte à la main.
Derrière le comptoir de la boulangerie, Nadine Masil offre un sourire un peu ému à ses clients. À ses côtés, Annabelle Tennier déborde d'enthousiasme. Jusqu'à jeudi, l'ancienne et la nouvelle propriétaire de la boulangerie Masil font tourner la boutique ensemble.
Entre le service des clients, Nadine expose à celle qui lui succède les ficelles du métier de gérante. Dans l'arrière boutique, près du four, les hommes aussi sont en plein travail. Les mains dans la pâte, Pierre Masil partage avec Martin les secrets de fabrication de son pain.
Depuis ce mercredi 12 mai 2010, le jeune couple Tennier a racheté la boulangerie-pâtisserie de la rue Francis-Pressencé, concrétisant un projet qu'ils portent depuis plus de trois ans.
« Cela fait des mois qu'on prépare ce moment. C'est un véritable challenge car la boulangerie Masil a une très bonne réputation. nous avons eu un très bon accueil des gens mais ils insistent pour que le pain reste le même » explique le jeune couple.
Il y a un an, les jeunes gens, à la rechercher d’une boulangerie à reprendre, ont eu un vrai « coup de coeur » pour celle des Masil. « A l'époque, nous avons entendu des rumeurs sur leur prochain départ en retraite, nous les avons rencontrés et nous avons su que c'était là que nous voulions nous installer » raconte Annabelle. La jeune femme de 23 ans a grandi à Halluin et souhaitait s'y établir pour « vendre mon pain à des gens que je connais »,
Pour Nadine et Pierre Masil c'est une nouvelle aventure aussi qui les attend. La boulangerie créée par le grand-père de Pierre a 96 ans et leur vie tourne autour d'elle depuis 30 ans.
« C'est difficile de partir, nous avons des clients fidèles depuis de début. On connaît leur vie, leurs petits soucis et ils en savent autant sur nous. Mais on va apprécier de vivre enfin ensemble ».
Le jeune couple a l'intention de proposer des nouveautés mais pas de révolutionner la boutique. « C'est une des seules boulangeries où on tourne encore le pain à la main et je veux conserver cette tradition car les gens viennent pour cela » explique Martin Tennier.
Un choix que son prédécesseur applaudit. « La pâte est une matière vivante. En allongeant à la main on permet au pain d'être plus aéré alors que la machine écrase tout » explique-t-il.
Avec 10 ans d'expérience, le jeune artisan connaît son métier, Grâce à sa triple formation en boulangerie, pâtisserie et chocolaterie, il n'est pas inquiet et compte déjà développer la pâtisserie.
(Archives, VdN, 18/5/2010).
Regard sur le passé…
La Boulangerie, située à Halluin 25 rue Francis de Pressencé, fut ouverte, pour la première fois, le 1er Août 1914 par Achille Masil. Faisant suite à la déclaration de guerre de l’Allemagne, il était mobilisé quelques jours après.
Né en 1884, Achille Masil est décédé en 1959. De son union avec Germaine Gesquière (1888- 1960) ils eurent quatre enfants.
Le combattant de 14-18 étant devenu invalide, c’est à l’âge de 14 ans que ses trois fils Arthur, Jacques et Jean ont commencé leur apprentissage au dur métier de boulanger.
En 1957, Arthur Masil reprenait à son compte le commerce familial, en compagnie de son épouse Jeanne Delafosse, tout en continuant de travailler avec son frère Jacques ; ce dernier associé à son épouse Léontine Crombez tenaient également leur propre magasin (dépôt de pain et pâtisserie) rue de la Libération.
Quant au troisième frère Jean, marié à Giselle Descamps (Décédée en 2010), il ouvrait une boulangerie pâtisserie à Roubaix. A l’âge d’une retraite bien méritée, le couple est revenu s’installer à Halluin.
Pour les deux autres frères, Jacques et Arthur, le décès de leur épouse… Léontine (plus connue sous l’appellation de Tinette) survenu en 1977 à l'âge de 49 ans, et Jeanne ou « Jeannette » en 1985 à 58 ans, fut le départ d’une nouvelle vie…
Jacques se tourne alors vers le sacré et devient prêtre le 13 février 1983 (voir lien ci-dessous).
Arthur consacre sa retraite à l’écoute des personnes âgées et des malades (Train Bleu). Ainsi durant de nombreuses années, il rend des visites régulières au sein du centre hospitalier de Tourcoing notamment, et se dévoue aussi inlassablement à la Paroisse Saint-Hilaire. De même, pendant plus de treize ans, il a dispensé le catéchisme à de nombreux jeunes halluinois, en compagnie de son inséparable ami Jean Vandeborre.
En ce mois de mai 2010, à Halluin au n° 25 rue Francis de Pressencé, la boulangerie Masil troisième génération se retire définitivement, avec le départ en retraite de Pierre (fils d’Arthur Masil et petit-fils d'Achille le fondateur).
(Archives D.D.).
Liens : Le père de famille halluinois Jacques Masil devenu prêtre...
La Boulangerie Halluinoise Dochy Ferme son "Four" le 1er Janvier 2010. (Vidéo TF1 - 13 H.)
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog