Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Les jeunes d'Halluin et l'Afrique du Nord dans les années 1950-1960 était le thème abordé lors de cette réunion organisée par les seniors halluinois à l'Estaminet du moulin, avenue de l'Abbé Lemire.
Roland Verkindère, président de l'association a présenté et animé cette réunion avec la fidèle collaboration des vidéastes de Cinélys qui ont enregistré les témoignages. Toute une génération a été marquée et reste marquée par les rapports de la France avec l'Afrique du Nord dans les années 50/60.
Le contingent a été appelé en Algérie, Maroc et Tunisie.Près de 1000 jeunes halluinois de l'époque rappelés ou appelés pour la plupart, ont connu ces contrées, leurs populations, leurs conditions et leurs milieux de vie. Pas facile à 20 ans, de se retrouver en pleine guerre, dans un pays inconnu surtout quand les enjeux vous échappent.
Roland Verkindère a proposé à l'assistance de confronter les témoignages, d'additionner les histoires personnelles, les souvenirs, les rencontres, les réflexions. Depuis 1950, la durée du service militaire était fixée à 18 mois. Peu à peu la durée est prolongée et atteindra jusqu'à 27 mois de 1955 à 1962.
Les appelés du contingent sont requis pour participer aux opérations de maintien de l'ordre.
Les hommes débarquent dans la chaleur algéroise, après 24 heures de bateau. Une traversée inconfortable, nombre de rappelés feront preuve de rogne et de grogne contre ce rappel qu'ils vivent mal, dans un pays inconnu, l'Algérie, pour une guerre dont le sens échappe à beaucoup. Si Alger la blanche ou Oran la mauresque sont là, deux villes magnifiques, c'est déjà l'embarquement en train ou en camion GMC direction le « bled ».
Jean-Marie Gevaert se souvient. Faisant partie du célèbre bataillon de Joinville, il est arrivé à Alger par le bateau « El Djezaïr » après une dizaine de jours de classe. « J'ai été rapidement mis dans un commando, ma première sortie en opération a été de la surveillance de Meehtas. J'ai effectué pas mal d'opérations dans les gorges de Blida où les rebelles étaient souvent présents ».
Un jeune arrivé sur le sol algérien le matin, souvent malade de la traversée devait se tenir prêt pour partir le soir en opération sans être aguerri, sans formation réelle aux armes, pas prêt à subir des embuscades, mal informé il ne savait pas grand-chose sur les impératifs d'une guerre d'un type particulier.
Aux difficultés techniques et psychologiques d'un combat non conventionnel dans des conditions physiques et morales parfois extrêmes disposant d'un matériel insuffisant ou inadapté.
Cependant les hommes du contingent engagés en Algérie possédaient toutes les finalités foncières de leurs anciens, courage physique, débrouillardise, esprit de corps, générosité.
(Archives, N.E., 6/11/2009).
« Nous débarquions à Alger le matin et étions envoyés en opération le soir ».
Roland Verkindère, a voulu que le thème de l'estaminet de la mémoire soit consacré aux jeunes d'Halluin qui ont fait la guerre d'Algérie. ...
Même si les souvenirs et les blessures ne sont pas totalement cicatrisés, dans un estaminet comble, la séance du vendredi 30 octobre 2009 aura rempli son rôle, par la narration et l'expérience sur le terrain de Roland Verkindère, et la dignité du débat qui s'en suivit.
« Cette après-midi est pour nous tous une expérience exceptionnelle, notre engagement était des plus complexe. Je me suis tu pendant longtemps, mais quand certaines personnes ont traité les appelés de tortionnaires, fort de mon expérience sur place, je ne pouvais plus me taire » : par ces paroles, Roland Verkindère a débuté la séance.
Les souvenirs de Jean-Marie Gevært, Régis Holvoet, Christiane et Gervais Ally ont tous été narrés dans le souci de la dignité pour les combattants des deux camps. Parmi les souvenirs les plus douloureux, ceux de Gervais qui a vu une personne torturée par le FLN : « Difficile de voir cela ». Il est vrai qu'il y eut des tortionnaires dans les deux camps...
Pour son épouse, infirmière, restée en métropole, « l'époque du conflit m'a doublement marqué : mon fiancé en Algérie et moi ici, soignant sans compter les victimes qui ne voulaient pas cotiser au FLN ». De nombreux attentats sur des personnes et des biens ont eu lieu durant cette période à Roubaix et Tourcoing.
Les durées des séjours ont également été évoquées. Comme pour Jean-Claude Leduc : « J'ai fait six mois en France et vingt-quatre mois en Algérie ». Gervais Subts, après avoir effectué son service national au Maroc, a dû retourner en Algérie après son mariage... Fut aussi évoquée l'attente du courrier, qui mettait parfois plus de trois semaines avant d'arriver à son destinataire, dans le bled ou sur les pitons.
« Heureusement qu'à cette époque, les femmes et les fiancées étaient fidèles. Nous n'avions pas la télé, mais lisions les journaux pour savoir ce qui se passait là-bas », confiait en guise de conclusion Christiane Verkindère.
(Archives, VdN, 5/11/2009).
LIENS : La Guerre d'Algérie (1954 - 1962) - Halluin (1) Histoire d'une Guerre coloniale, celle d'Algérie.
La Guerre d'Algérie (1954 - 1962) - Halluin (2) Poème dédié à un jeune soldat halluinois, Mort pour la France en Algérie.
La Guerre d'Algérie (1954 - 1962) - Halluin (3) Une stèle à la mémoire des anciens combattants d'Afrique du Nord.
La Guerre d'Algérie (1954 - 1962) - Halluin (4) Inauguration du square du 19 mars 1962.
L'U.N.C./A.F.N. d'Halluin fête son 50ème Anniversaire... 1959 - 2009.
Les Cérémonies du 50ème Anniversaire de l'UNC/AFN d'Halluin (1959 - 2009).
L'Union Nationale des Combattants (UNC)... Historique (1919 - 2009).
L'Halluinois Jean-Marie Gevaert : 55 ans au service de l'Athlétisme H.V.L.
L'Estaminet de la Mémoire Halluinoise créé en 2003.
L'Association des Seniors Halluinois - Historique.