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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Le Centre d'Accueil des Demandeurs d'Asile à Halluin.



L'émotion suscitée par la destruction de la tristement nommée «­jungle­» de Calais et l'expulsion de trois Afghans prend une dimension singulière à Halluin, qui accueille des demandeurs d'asile depuis 2002. Le CADA a été créé suite à la fermeture de Sangatte.


Rue de Lille, à quelques battements de cœur du centre-ville d’Halluin, les anciens l'appellent encore le foyer Sonacotra. Créé à l'époque de l'âge d'or industriel, il avait pour mission d'accueillir les travailleurs migrants venus principalement du Maghreb. En 2007, le foyer d'hébergement a changé de nom en entrant dans le patrimoine d'Adoma, une société anonyme d'économie mixte dont l'État est l'actionnaire majoritaire. Son activité l'insertion par le logement auprès des personnes vulnérables.

 

Depuis son ouverture en 1956, le centre d'hébergement, qui compte 150 places, s'est adapté à de nouvelles vocations. Les travailleurs migrants venus honorer les besoins de main d'œuvre dans les années 60 sont pour une majorité restés à demeure, avec des problématiques propres liées au vieillissement, à de faibles ressources Le foyer est progressivement devenu une résidence sociale où sont admises des personnes en grande précarité et exclues du parc immobilier traditionnel.

 

Des pays de l'ex-URSS à l'Afrique subsaharienne

 

En 2002, à la demande du gouvernement et suite à la fermeture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte, un accueil d'urgence pour demandeurs d'asile est ouvert au sein de la résidence. Dix chambres sont mises à disposition de candidats à l'exil venus principalement d'Irak et d'Afghanistan.

 

 En 2005, la structure a reçu l'habilitation de Centre d'accueil de demandeurs d'asile (CADA) pour une capacité de 50 places. Il en existe 9 dans le Nord, environ une cinquantaine en France, pour 20 000 places au total. Les CADA sont financés par l'État et fonctionnent sous la tutelle de la DDASS.

 

Actuellement, 50 demandeurs d'asile sont hébergés au CADA d'Halluin, dont 18 enfants. Des familles, des parents isolés ou des personnes seules. Des candidats à l'exil venus des pays de l'ex-URSS, des Arméniens, des Tchétchènes, et dans les mêmes proportions des pays de l'Afrique subsaharienne.

 

Ces personnes sont accueillies dans le cadre de l'autorisation provisoire de séjour délivrée par les services préfectoraux et préalable à la procédure de demande d'asile diligentée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) qui étudie les demandes à la lumière des récits de vie. Durant ce délai, le récépissé de droit au séjour est renouvelé tous les 3 mois jusqu'à la décision définitive de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA).

 

Outre l'accueil et l'hébergement des demandeurs d'asile, le CADA a la responsabilité du suivi administratif, social et médical des personnes. Il gère également la scolarisation des enfants. La vie quotidienne du centre d'Halluin repose sur une équipe de six personnes: un directeur, une secrétaire, et trois animatrices.

 

Du suivi médical à la scolarité des enfants


« Nous travaillons beaucoup avec les services sociaux tels que le CCAS, les associations comme les Restos du cœur ou encore des organismes de formation. Le but est d'œuvrer au maximum à l'intégration de ces personnes dans la vie locale. Nous entretenons des très bonnes relations avec les écoles qui accueillent chaque année des enfants du centre »,
explique Maurizio Sini, le directeur du CADA.

 

Il confie n'avoir jamais ressenti de défiance de la part de la population halluinoise à l'égard des résidants. « Nous avons organisé des portes ouvertes en 2008, c'était un vrai défi sur le plan humain. Ces personnes sont porteuses de lourds traumatismes et le parcours de la demande d'asile est quelque chose de très éprouvant. »

 

Les résidants passent en moyenne un an et demi au CADA en attendant la reconnaissance du statut de réfugié ou, le cas échéant, une éventuelle invitation à quitter le territoire. En moyenne, depuis la création du CADA, 60 % des demandes trouvent une issue favorable. Les moins chanceux ont un mois pour quitter le territoire français.

 

Durant le séjour en CADA les demandeurs d'asile, qui à de très rares exceptions ne peuvent pas accéder à un emploi, perçoivent une allocation de subsistance de 202­euros pour une personne isolée, 311 euros pour un couple ou un adulte avec enfant. Le strict minimum pour se nourrir et s'habiller. Dans l'attente d'une vie meilleure.

 

Menacée d'expulsion en 2003, la famille Arezki revit


En 2001, Norah et Djaffar Arezki sont contraints de fuir leur terre d'origine, l'Algérie, face aux exactions et menaces dont ils sont victimes. Depuis, leur vie s'est reconstruite à Halluin.

 

A l'époque]Norah est professeur de sciences naturelles. Djaffar est directeur d'une succursale de véhicules industriels à Alger. Le couple, d'origine kabyle, laisse tout derrière lui. Alicia et Lydia, leurs jumelles, ont tout juste deux ans.

 

Pourquoi la France? « Pour ses valeurs, répond Djaffar. Je voulais que mes enfants grandissent dans une démocratie. » Halluin, où habite un neveu de Djaffar, sera le point de chute. L'accueil est immédiat mais la famille n'est pas au bout de ses peines. Les traumatismes font place à l'incertitude des lendemains dans la réalité bien âpre des « ­sans papiers­ ». « Nos récépissés étaient renouvelés tous les trois mois. Tous les jours, on avait à l'esprit la possibilité d'une reconduite à la frontière. » .

 

Le couple, demandeur d'asile, rassemble ses forces et ses espoirs. Norah et Djaffar s'investissent dans le monde associatif. D'abord aux Restos du cœur, dont la famille est bénéficiaire, où Djaffar sert d'interprète aux demandeurs d'asile chassés de Sangatte. Le bénévolat les amène également à la MJC ainsi qu'aux ateliers-parents. « Nous sommes allés au-devant des autres car cela fait partie de notre éducation. Nous avons été bouleversés par l'extraordinaire générosité des gens du Nord. C'est une telle fierté pour nous. »

 

Le cauchemar du retour

 

Mais en avril 2003, tout s'effondre. Deux ans après son arrivée, la famille se voit notifier une obligation à quitter le territoire français. À Halluin, l'indignation est unanime. L'élan démocratique immédiat. Élus, associations et anonymes se mobilisent. La procédure d'expulsion sera finalement annulée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. La régularisation interviendra quelques mois plus tard.

 

Six années se sont écoulées, la famille Arezki file des jours heureux, sans tourner le dos au passé, mais réconciliée avec l'avenir. Norah est devenue assistante maternelle à domicile, Djaffar est formateur dans le domaine de la logistique. Il a créé avec d'autres bénévoles l'association Mosaïque, qui prodigue des cours d'alphabétisation auprès des demandeurs d'asile du CADA. Par devoir. « Ce ne sera jamais suffisant par rapport au soutien que nous avons reçu. Mais c'est un devoir pour moi d'accompagner ces personnes dans la maîtrise de la langue car sans elle on ne peut pas avancer et s'intégrer. »

 

La destruction de la jungle et l'expulsion médiatique des trois jeunes Afghans ont évidemment marqué la famille. « Ces images nous bouleversent. J'étais loin d'imaginer que c'était possible en France. C'est un drame. Ces gens-là ont mis leur vie en péril pour connaître une démocratie. Ce n'est pas par plaisir que l'on abandonne son pays. Je ne peux pas accepter que l'on renvoie des gens dans un pays en guerre. »

 

Faut-il alors donner de faux espoirs à toutes celles et ceux qui rêvent d'une vie meilleure? « Évidemment j'ai envie de dire à ces personnes que ce n'est pas si simple quand on arrive, mais ce sera toujours plus sécurisant que la détresse vécue dans leur pays. Il faudrait pouvoir bousculer certains régimes pour lesquels c'est l'omerta la plus totale. Chaque individu a le droit de vivre dignement dans son pays. J'ai foi dans les projets de co-développement. Mais, suffiront-ils? »

 

Maurizio Sini, d'Erasmus aux demandeurs d'asile

 

Maurizio Sini, 33 ans, est le directeur du CADA d'Halluin. Natif de Rome, économiste de formation, il a fait ses études en France dans le cadre du programme Erasmus. Rien ne le destinait à travailler auprès des demandeurs d'asile.

 

Son accent chante merveilleusement la Dolce vita. Né à Rome, Maurizio Sini débarque en France dans le cadre du programme universitaire Erasmus, rendu si célèbre par le film L'auberge espagnole! L'étudiant se passionne pour l'économie. Il passe une maîtrise et un DESS en ingénierie des programmes de coopération avant de traverser la Manche pour parfaire son anglais. Il s'installe à Londres pendant un an où il vivra une expérience marquante et décisive.

 

 « Je suis devenu bénévole dans une association d'aide aux réfugiés et demandeurs d'asile. Cette expérience a modifié quelque chose en moi. » Le jeune diplômé rentre en France en 2003 et se met en quête d'un emploi qui corresponde à ses aspirations. « Je suis tombé sur une annonce, la société Adoma recherchait un intervenant social dans le cadre de l'accueil d'urgence des demandeurs d'asile. C'était pour moi. » En 2005, Maurizio Sini prend la direction du CADA d'Halluin. Une mission aussi exigeante que passionnante, au chevet de destinées chahutées, de cœurs apatrides. 

 

« C'est une richesse extraordinaire. Le monde se présente à nous avec des trajectoires douloureuses mais avec tellement d'humanité » explique Maurizio Sini en songeant à la solidarité spontanée qui s'exprime entre les résidants du centre. Des élans plus forts que toutes les frontières linguistiques réunies. Depuis son arrivée au CADA, Maurizio Sini a croisé des centaines de demandeurs d'asile. Il y a eu des grands bonheurs, comme des naissances parfois, et des moments plus douloureux quand la régularisation n'a pas lieu.

 

L'expulsion récente de trois jeunes Afghans lui parle évidemment: « Il y a sans doute des méthodes discutables. Mais selon moi la France demeure un modèle de terre d'accueil par rapport à bien d'autres pays. Des moyens importants sont consacrés à l'accueil des demandeurs d'asile. La loi de finances de 2010 prévoit un budget de 318 millions d'euros dans ce domaine. Et 1 000 places supplémentaires devraient être ouvertes en CADA sur le territoire national. »

 

En 2008, on a enregistré 42 000 demandes d'asile en France, soit 20 % de plus que l'année précédente, devant l'Angleterre et l'Allemagne.

 

 EN DATES


1956
 : Le foyer Sonacotra ouvre ses portes pour les travailleurs migrants, venus principalement des pays du Maghreb.

 

2002 : Ouverture d’un accueil d’urgence pour demandeurs d’asile au sein de la résidence suite à la fermeture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte.

 

2005 : La structure reçoit l’habilitation de Centre d’accueil de demandeurs d’asile pour une capacité de 50 places d’hébergement financées par l’Etat. Elles sont ouvertes aux familles et aux personnes seules en demande d’asile et en possession d’un titre de séjour provisoire.

 

2007 : Sonacotra devient Adoma. Cette société d’économie mixte, dont l’Etat est l’actionnaire majoritaire, gère les 157 logements de la structure dont ceux du CADA. La résidence sociale accueille des personnes en situation de grande précarité.

 

(Archives, N.E., 2/11/2009).
 
LIEN :
  Le Foyer Sonacotra d'Halluin souffle ses 30 Bougies !


Les industriels du textile conçoivent un abri pour les réfugiés.



Derrière le grand mur de Textile de France (ex-Gratry)…
des hommes et des femmes se sont rassemblés 14 fois pour mettre au point un abri d'urgence pour des personnes réfugiées.


Ces apprentis étaient aussi bien patrons d'entreprise textile qu'étudiants de l'école d'architecture et de paysage de Lille, motivés par un appel d'offre de l'ONG Architectes de l'urgence visant à mettre au point un abri pour les réfugiés du Darfour.

Cette collaboration a été possible grâce au Clubtex dont la vocation est de tisser des liens entre industriels pour développer la recherche à des fins commerciaux.


La conception de ces abris répond parfaitement à cette ambition. Lors d'un Salon, Patrick Coulombel, passionné de voile mais surtout président d'Architectes de l'urgence, rencontre les responsables de Clubtex. Eux sont spécialistes des tissus en tout genre, lui commence à en avoir marre que l'installation de camp de réfugiés soit de « la débrouille », comme il l'explique.

Faisant fi de longues discussions liminaires, les industriels et l'architecte se plongent dans la technique. Les renforts arrivent de l'école d'architecture, « une première puisque d'une manière générale nous sommes déconnectés du milieu économique », se félicite Jean-Marc Zuretti, le directeur.


De mars à octobre, à Halluin, une dizaine d'essais ont été réalisés pour trouver le meilleur abri possible à poser sur un mur de sacs de sable. Le cahier des charges : accueillir 10 personnes, résister aux vents forts, aux UV, au feu, facilement transportable et d'une durée de vie de cinq ans. Sur le site de Textile de France, l'entreprise armentièroise TRP Charvet fournie les toiles, Cousin à Wervicq-Sud s'est occupé des joncs pour la structure et le groupe Faucille est intervenu pour les oeillets.


Après 14 essais, ces bénévoles de l'innovation ont donné naissance à des laizes de tissu assemblées par des ourlets pour assurer l'étanchéité avec des joncs composites pour la rigidité de l'ensemble.


Déjà Architectes de l'urgence a passé commande de plusieurs mètres linéaire pour tester ces abris au Tchad.


Le Clubtex va rapidement assurer la promotion de ce textile. Selon le rapport du Haut commissariat aux réfugiés dépendant de l'ONU, il y avait en 2008 quelque 15,2 millions de réfugiés. Les organisations leur venant en aide pourraient être intéressées par ce nouvel abri, ce qui représente un marché d'un million de mètres de tissu.


(Archives, VdN, 4/12/2009).

 

Le CADA 2010-2011…

Le Centre d'accueil des demandeurs d'asile avait invité ses résidants à un goûter de Noël hier après-midi salle Wancquet. Un moment festif pour les familles loin du traumatisme provoqué par le déracinement. Une parenthèse heureuse en attendant le dénouement des procédures.

Petits et grands se sont pris au jeu en coiffant le célèbre bonnet rouge et blanc. Accessoire indispensable à quelques jours de Noël. Côté cuisine, Hajkuhi, 28 ans, originaire d'Arménie, apporte sa dernière touche à une somptueuse pièce montée de fruits frais. Les résidants ont tous apporté leur contribution au goûter dans une jolie mosaïque sucrée. Maman d'un petit garçon, Hyra, 27 ans, a quitté le Kosovo il y a un an.

Comme tous les résidants du CADA, elle bénéficie d'une autorisation provisoire de séjour dans le cadre de la procédure de demande d'asile diligentée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). « J'ai quitté mon pays parce que je n'étais plus en sécurité », exprime la jeune femme qui rêve de devenir interprète.

Il existe 50 centres d'accueil de demandeurs d'asile en France dont 9 dans la région. Ils sont financés par l'État et fonctionnent sous le contrôle de la DDASS. Habilité depuis 2005, suite à la fermeture du centre de la Croix-Rouge de Sangatte, le CADA d'Halluin dispose de 50 places d'hébergement.

 Il accueille actuellement une vingtaine de familles et autant d'enfants. Des candidats à l'exil venus des pays du Caucase, de l'Afrique subsaharienne avec des arrivées accrues cette année en provenance de Somalie, d'Éthiopie et d'Erythrée. Les délais de séjour varient en fonction des procédures qui peuvent prendre entre un et trois ans.

En 2009, aucune procédure n'avait abouti favorablement pour les familles résidant au CADA d'Halluin qui enregistre un taux de rotation de 50 %. Cette année, trois dossiers ont bénéficié d'une réponse positive en accédant au statut de réfugié.

Au niveau national, 21 000 places sont consacrées aux demandeurs d'asile dont un millier de places supplémentaires créées cet été, une trentaine pour le Nord.
Au sein des structures, l'inquiétude est grande sur le plan des financements. Dans la loi de finances 2011, le gouvernement a prévu une réduction de 4 % du budget consacré à l'asile.

« Il y a plus de places mais les budgets restent les mêmes et seront revus à la baisse. L'accompagnement social des personnes demande des moyens humains et matériels », indique Maurizio Sini qui dirige le CADA d'Halluin depuis 2005 en s'appuyant sur un réseau de solidarité locale généreux.

Le budget de l'année s'évalue à 495 000 E. Il couvre les salaires des trois travailleurs sociaux de la structure, les redevances des logements et l'allocation de subsistance -fixée au niveau national- versée aux demandeurs d'asile (entre 200 et 300 E). Sur l'année 2009 - celle de l'évacuation de la "jungle" de Calais - 47 000 demandes d'asile ont été déposées en France, 12 % de plus que l'année précédente.Tendance qui se confirmera encore pour 2010.

 Seules 10 000 personnes avaient obtenu le statut de réfugié l'an dernier. La France reste la destination la plus demandée devant l'Allemagne et le Royaume-Uni.

(Archives, N.E., 9/12/2010).

 

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D
<br /> <br /> Le CADA 2010-2011.<br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> Décembre 2009 : Les industriels du textile conçoivent un abri pour les Réfugiés.<br /> <br /> <br />
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