Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.
Il n'y a pas que Mai 68 qui fête ses quarante ans, la MJC-centre social d'Halluin a ouvert ses portes en ce fameux mois de mai 2008. Les festivités sont au programme les 16 et 17 mai.
C'est le maire de l'époque, Charles Vanoverschelde qui décida de créer cette maison des jeunes. il confia le projet à Henri Leveugle.
« Il y avait un peu de 68 là-dessous, confiait Henri Leveugle, il y a quelques années. On sentait dans l'air du temps le besoin de s'exprimer et on a vu dans l'ouverture d'une MJC le moyen d'y répondre. »
Le conseil municipal choisit de l'installer dans une ancienne école, rue Gustave-Desmettre, devenue en 1925 la Maison des syndicats libres. À cette époque, le bâtiment comprenait un restaurant ouvrier, une mutuelle, des bureaux pour les syndicats, un café et également une salle de spectacle. Une tradition d'activités et de culture était déjà imprégnée dans ses murs.
Coûteux en entretien, cette bâtisse en front de rue devient en 1967, la propriété de la ville d'Halluin, comme le cinéma attenant.
Maison des jeunes et de la culture, Maison pour tous, Centre culturel, il faut réfléchir pour animer cette structure que l’on voudrait ouverte à tous avec des activités attendues : bibliothèque, théâtre, cinéma…
Des travaux de rénovation sont alors nécessaires. Un directeur doit être nommé et rémunéré. Après approbation du conseil municipal, la premier convention pour la gestion de la M.J.C. est signée le 13 décembre 1968 entre le maire, alors Charles Vanoverschelde, et le premier président de l’association de gestion, Henri Leveugle. La salle de cinéma (ancien Familia) ne fait pas partie des locaux concédés.
C'est alors que la MJC voit le jour. « Cette maison des jeunes et de la culture a connu un développement progressif. On l'a surnommée la maison pour tous » explique Roland Verkindère représentant de l'association senior à la MJC.
Dès son ouverture, elle s'occupait pour l'essentiel d'accueillir des clubs et d'organiser des actions ponctuelles. Henri Leveugle prend la présidence de la structure. « Le côté le plus séduisant était la prise de responsabilités des jeunes. À 20 ans, certains sont devenus "conseillers de maison" et ont siégé au conseil d'administration. Ils avaient enfin un lieu où s'exprimer. »
En 1977, les adhérents de plus de 25 ans sont majoritaires (36 %) et la MJC peine à attirer les adolescents. Le problème est posé lors de l'assemblée générale. Les adolescents réclament l'organisation de boums au grand dam de certains piliers de la MJC. Pourtant ces jeunes ont des arguments. « La culture on nous la donne en classe, à la télévision, ce qu'il faut organiser ce sont des loisirs ! ».
Au fil des années justement, ses domaines d'actions et d'intervention se sont étendus et diversifiés. À tel point qu'au début des années quatre-vingt-dix, elle s'affirmera en tant qu'association locale, proposant aux Halluinois des activités éducatives et culturelles. C'est à cette date qu'est signée une convention entre la ville et la MJC qui définit ses moyens et ses missions.
Dans son développement, quatre secteurs se sont mis en place : la jeunesse, la culture, l'enfance et le tout public.
En 1999, elle demande l'agrément de centre social. L'accord avec la CAF est signé en 2000. « L'objectif est de diminuer le pourcentage de la subvention municipale dans le budget », explique alors Marie-Paule Lambert, présidente. Cela lui permet de mettre de développer des projets et de mettre en place des actions orientées vers la solidarité collective et de soutien envers des personnes en difficulté. Aujourd'hui la subvention de la CAF représente 42 % du budget, celle de la ville s'élève à 36,32 % (la municipalité prend également en charge l'entretien et le fonctionnement des bâtiments qui sont sa propriété).
Son budget s'élève près d'un million d'euros, elle compte 17 salariés et 33 vacataires jusqu’à 50 au plus fort de ses activités. Mais elle reste dépendante des financements publics (CAF, ville, conseil général...) qui ne cessent d'être à la baisse. Mais après une période financière difficile (et un détournement de fonds découvert en 2005), le MJC-centre social d'Halluin a rétabli l'équilibre en 2007
En 2007, une estimation globale a permis d’évaluer les usagers au nombre de 1500. Les activités se sont développées au fil du temps. L’émergence d’un Point Information Jeunesse a ainsi permis à 390 jeunes et adultes de trouver rapidement en 2007 une réponse à des questions portant sur la formation, l’emploi, le sport, etc.
Les budgets de plus en plus contraints des villes risquent de peser dans les années futures dans celui de la MJC/centre social. Les questions sociales sont d’ailleurs au centre des préoccupations exprimées par la MJC « La MJC/CS est résolument déterminée à faire fonctionner l’ascenseur social en travaillant autour de la mixité sociale, de la cohésion familiale, de la solidarité intergénérationnelle, etc. » souligne le président de la structure Flori Muyongo.
Fille de Mai 68, la MJC travaille en autonomie et proclame cette indépendance... quitte à ne pas toujours plaire. Mais c'est aussi le prix de la crédibilité et comme Flori Muyongo, actuel président, l'a rappelé lors de la dernière assemblée générale, « l'éducation populaire reste une réponse adaptée parce qu'elle met en avant la solidarité entre individus, la prise de parole et de responsabilités, la démocratie participative ».
Les 16 et 17 mai 2008, toute l’équipe de la MJC est très impliquée dans cet évènement. 40 ans ça se fête, d’autant que cet anniversaire coïncide avec celui de mai 1968. Et sur le fond, rien n’a changé comme l’explique Jean-Jacques Le Gac, le directeur de la structure qui remplace Stéphanie Lewyllie actuellement en congé de maternité.
La mission reste la même depuis 40 ans, la MJC développant des services au public, quel qu’il soit. Elle regarde avec insistance du côté de la culture (théâtre, arts plastiques, musique…) en valorisant les liens entre les pratiques amateurs et professionnelles, comme par exemple au travers du salon des pratiques créatives.
D’ailleurs dès 68, la « Maison » a été très rapidement envahie par les musiciens. Le foisonnement d’idées de l’époque a laissé place à de nombreux ateliers qui découlent de demandes toujours plus importantes de la part des parents, des ados ou des jeunes. "Le secteur culturel fait un peu la synthèse des nouveautés depuis quatre décennies. On ne peut pas dissocier les secteurs culturel, familial, social… tout est imbriqué, reconnaît Jean-Jacques Le Gac, ce vendredi 16 mai, des jeunes seront derrière une buvette pour financer des projets d’été, ils seront donc à la fois sur les registres social et culturel ".
Autre volet essentiel développé par la MJC/centre social comme le souligne Margot Pacault coordinatrice du secteur culturel : l’international. « Viendront samedi 17 mai à 17 h 30 l’ensemble des jeunes qui ont participé au premier séjour Oer-Halluin en 1968 », ajoute-t-elle.
Au-delà des souvenirs partagés, les rencontres permettront de mesurer l’impact de la MJC sur des générations entières. Ce qui se pratiquait hier par le biais des jumelages se traduit aujourd’hui par d’autres formules comme la bourse locale d’aide au projet. « Depuis 68, s’est poursuivie cette filiation dans les projets, des liens s’étant noués avec d’autres partenaires comme le cinéma, le collège ou le lycée », reprend Jean-Jacques Le Gac.
Si l’heure est à la stabilisation avec notamment la reconduction de l’agrément CAF pour 4 années supplémentaires, l’avenir dépendra aussi d’arbitrages financiers quand on sait que les participations de la mairie ou de la CAF vont être contraintes dans les années à venir. Le détournement de fonds qui a ébranlé l’équipe de la MJC en 2005 a amené en contrepartie plus de rigueur. « Le spectacle vivant a encore du sens et cette MJC en est l’expression », termine J.J. Le Gac.
La MJC répand sur ses 40 bougies un souffle de 68...
Pour le premier acte de son anniversaire qu'elle jouait ce vendredi 16 mai 2008, la MJC-Centre social d'Halluin a ouvert la boîte à souvenirs...
Chansons, thèmes musicaux des films de l'époque, extraits de discours, de romans, de rapports d'assemblées générales ou de coupures de presse... la MJC a pioché dans les archives de 1968 pour replonger son (trop faible) public dans l'année de sa création.
Eclairés à la bougie et incarnés par des sketchs, les souvenirs ont refait surface accompagnés, dans le public, de sourires complices. Un peu plus tard, à l'extérieur, les Voodoo Wild et leur hommage réussi à Jimi Hendrix ont soufflé sur la scène un parfum de l'époque.
Aujourd'hui, la célébration de ce quarantième anniversaire se poursuit et devrait rassembler davantage de monde avec : dès 14 heures, des ateliers (musique, danse, langue des signes...) et défis (slam, tonik, créatif, théâtre...) ouverts à tous à 17 h 30, un retour sur le premier séjour Oer-Halluin de 1968 à 18 heures, le spectacle des enfants participant aux ateliers pour finir, à 21 heures, avec une soirée music-hall avec musique, théâtre, vidéo (réservation obligatoire).
Et un gâteau d’anniversaire légèrement amer !
La MJC gardera un souvenir légèrement amer de son quarantième anniversaire. Malgré trois temps forts au programme, très peu de public s'est joint à la fête...
Une quinzaine de personnes lors de la projection au Familia, jeudi soir. Le double, le lendemain, au plus fort de la soirée mêlant lectures et musique. Et ce samedi 17 mai 2008, au cours de l'après-midi ouverte au public, pas plus d'une toute petite centaine de participants au total...
Au lendemain d'avoir soufflé ses quarante bougies, la MJC et particulièrement ceux qui oeuvrent à la rendre vivante doivent garder un goût légèrement amer du gâteau d'anniversaire. Un gâteau qui avait été concocté bien large mais qui, finalement, a été partagé par les habitués de la structure. Pourtant, les animations de samedi visaient l'affluence avec des initiations gratuites à la musique, au slam, aux arts créatifs...
Quelques curieux ont bien tenté l'expérience, mais le plus souvent ils faisaient déjà partis d'ateliers réguliers. Seule exception : la tecktonik pour qui l'association lilloise De fil en fil a assuré l'initiation express à une poignée de jeunes dont Tom, 10 ans. « J'étais venu pour le slam mais quand j'ai vu qu'on pouvait apprendre la tecktonik, j'ai pas hésité ! » Au point même d'offrir une petite démonstration sur scène.
Peut-être le point de départ d'un nouvel atelier à la rentrée ? Fondée en 1968, la MJC a accompagné bien des jeunes à Halluin. Portée aujourd'hui encore par plus de 700 adhérents et une solide équipe de fonctionnement, elle espérait certainement célébrer le chemin parcouru avec le plus grand nombre.
Mais les enfants de 2008 ne sont pas ceux de 1968.
(Archives VdN Mai 2008)
Petit tour en arrière, en 1998, lors du 30ème anniversaire :
De gros pneus se balançant près de la porte d’entrée, des images projetées sur les murs, un somptueux rideau rouge… Tiens, la MJC a changé d’aspect. Normal ? Eh oui ! La Maison des Jeunes d’Halluin souffle ses 30 bougies.
Et pour l’occasion , elle s’est métamorphosée. Chants, musique, mystères en tous genres : le grand local de la rue Desmettre n’est plus tout à fait le même. Pas question cependant de changer de mission. Le mot d’ordre des origines reste plus que jamais d’actualité : agiter les idées, débattre, lutter et lutter encore contre toutes les exclusions…
« La MJC, c’est un peu le poil à gratter de la ville… » Ces paroles prononcées par Alexandre Faidherbe, maire d’Halluin, ne sonnent pas comme une critique. Bien au contraire ! Par cette expression, l’édile entend plutôt rendre hommage à tout ce qu’a été la Maison des jeunes depuis maintenant 30 ans : un lieu d’échanges, de luttes, de remise en cause des idées reçues.
« La MJC a traversé des hauts et des bas, mais elle ne s’est jamais laissé maîtriser. Aujourd’hui, elle est devenue incontournable, dans notre paysage associatif »,
a poursuivi le maire, en remettant à Henri Leveugle, fondateur de la MJC et ancien maire, la médaille de la ville et la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports.
Et dire qu’en 1968, nombreux étaient ceux qui pensaient qu’une MJC à Halluin, ça ne marcherait jamais. Pourtant, après 30 ans d’aventures humaines collectives, voilà le travail : non seulement la structure fonctionne, mais en plus elle mobilise.
Fiers de ce succès, les anciens comme les nouveaux membres se sont réunis pour mijoter une fête d’anniversaire qui n’a rien de poussiéreux. Au programme, du dynamisme, mais aussi et surtout une bonne dose d’étonnement.
En 1998, la MJC est une structure forte de quinze salariés, de nombreux bénévoles, de 600 adhérents, de 2.000 usagers, inscrite profondément dans la vie de la commune, engagée en partenariat avec la municipalité dans une démarche d’éducation populaire pour tous.
(Archives et synthèse D.D.).
Ghislain Berland nouveau président
Lors du conseil d'administration de la MJC/Centre social, qui s’est déroulé le mardi 14 avril 2009, Ghislain Berland est passé de vice-président à président, succédant ainsi à Flori Muyongo qui occupait le poste depuis cinq ans.
Il fait partie des sages. À 59 ans, Ghislain Berland a accepté de devenir le président de la maison des jeunes quinquagénaire. Flori Muyongo a décidé de se retirer car il va devoir s'absenter six mois d'Halluin, rendant la tâche impossible. Mais pour ces cinq années de présidence, Ghislain Berland lui rend hommage : « Il a pris les rênes à un moment très compliqué où la MJC devait se sortir d'une sale affaire. Il a surmonté tout cela en remettant la maison sur pied ».
G. Berland est aujourd'hui retraité. Ancien commerçant, il a tenu la boucherie charcuterie éponyme en bas de la rue de Lille, près de la frontière.
Depuis la cession de son activité, il est engagé aux Restos du coeur, en particulier comme cuisiner lors de la distribution de repas à la gare Saint-Sauveur à Lille. Cet engagement, il le doit à un voyage en Afrique : « Cela a modifié ma vision des choses, confie-t-il. Je me suis décidé à aider ceux qui sont en difficulté ». L'homme est également présent dans l'association Élan qui mène des actions de solidarité envers N'kong Zem au Cameroun.
Son histoire avec la MJC remonte en 1999 où il intègre le bureau. Quelques années plus tard, il siège au conseil d'administration. « Tous mes enfants ont fréquenté la MJC et à partir du moment où je me suis engagé, j'ai mis le petit doigt dans l'engrenage. » G. Berland se veut le président du rassemblement pour toujours travailler en collaboration étroite entre le bureau et le conseil d'administration.
(Archives, VdN, 16/4/2009).
Chantal Splet... Trente ans de MJC.
En trente ans d'adhésion à cette institution halluinoise, Chantal Splet est passée de la MJC patronage... à la MJC informatique !
Le premier juin 2009 Chantal Splet a fêté ses trente ans au sein de la MJC-centre social. Embauchée pour un quart-temps en 1979, elle assure actuellement à temps plein les fonctions de secrétaire, coordinatrice de secrétariat et de comptable. « Toutes les fins de mois, je produis 42 fiches de salaires. »
Accueillante, souriante Chantal Splet avait tous les atouts en mains pour ce poste. Sa carrière a débuté avec Bernard Lecoq comme directeur pour être actuellement au coté de Stéphanie Lewyllie en passant par Claude Maurien, Fadelha Méhal et François Chastaing.
« Je n'ai pas besoin de changer d'emploi, je change de directeur, confie celle, qui se dit plutôt exécutante que politique. J'ai toujours eu des liens cordiaux avec les différentes municipalités. » Figure incontournable de la MJC, Chantal est également sa mémoire vive.
Actuellement, elle en est à sa deuxième génération d'Halluinois, d'ailleurs la première porte à gauche, en entrant à la MJC (sa porte) est rarement fermée... Concernant la restructuration de locaux, elle passe d'un vieux bâtiment délabré à une MJC moderne et agréable, par respect pour le public.
« L'évolution constante de la population halluinoise demande de plus en plus un panel de multiples activités pour les enfants.
Durant toutes ces années les moyens mis en oeuvre par les directeurs et des animateurs compétents, m'ont confortée dans mon sacerdoce. Mon voeu le plus cher ? Que cette structure d'une importance capitale pour la ville continue d'évoluer pendant de nombreuses années. En tout cas l'équipe actuelle est très solide, soudée et apte à faire face aux grands coups de roulis pour tenir le cap de la maison. » En espérant la voir encore longtemps à son poste.
(Archives, VdN, 9/9/2009).
L I E N S : Charles Vanoverschelde, ancien Maire d'Halluin, bâtisseur de la ville...