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Publication relative à l'histoire de la ville d'Halluin 59250. Regard sur le passé et le présent.

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Le Tissage Defretin à Halluin... Historique 1847 - 1969.




Les anciens tissages halluinois Defretin, Demeestère et Sion  font place désormais à un important ensemble immobilier. C’est l’histoire de ces trois grandes usines textiles, qui ont marqué la vie industrielle locale durant plusieurs décennies, que vous pouvez découvrir ou vous souvenir grâce aux archives de l’Association Halluinoise « A la recherche du passé d’Halluin ».

 

Le Tissage Defretin à Halluin… Historique 1847 – 1969.

 

Aussi, En cette année 2009, il y a exactement 40 ans, le tissage Defretin fermait définitivement ses portes en 1969. Cette usine de tissage, à l’époque situé rue Marthe Nollet, était l’un des plus importants d’Halluin. Il employait plus de 1200 personnes. On y fabriquait des tapis, du tissu d’ameublement, du linge de table.

 

Voici l’historique de ce « monument »  industriel halluinois, tel qu’il est décrit dans l’ouvrage « Halluin, Images d’autrefois » Tome 2, édité par l’association « A la recherche du passé d’Halluin ».

 

Ce tissage est crée en 1847 par Edouard Defretin. Son fils Pierre le seconde dans l’entreprise avec ses fils Raymond, Georges et Pierre.

 

Sur son immense terrain, on loin de la gare, qui s’étend jusque la rue du Molinel, des ateliers abritent des métiers de toutes dimensions. On y fabrique du linge de table, du linge de maison, du coutil, du satin corset, des tapis, des carpettes, du tissu d’ameublement, du tissu de velours etc…

 

Pour répondre au besoin en personnel, la main d’œuvre halluinoise est insuffisante. Toute une population ouvrière arrive des régions flamandes de Menin et au-delà. Elle se fixe sur la commune. Elle habite dans des maisons construites par les fabricants où sont installés 1 et même 3 à 4 métiers.

 

Ainsi Pierre Defretin a construit des maisons dans la rue Jacquard, la rue Neuve (rue Arthur Houte), appelées rangées Defretin. Mais il y a également beaucoup d’autres maisons de tisserands qui sont encore aujourd’hui facilement reconnaissables : ruelle Saint-Jean, ruelle Saint-Roch, rue du Forage etc…

 

Cette population, grâce à sa connaissance des métiers du textile, fournira dès la mécanisation la main d’œuvre nécessaire au développement des grandes entreprises.

 

A tous les stades de la préparation et des fabrications, des tisserands aux mécaniciens en passant par les teinturiers, près de 1200 ouvriers, hommes, femmes et enfants travaillent dans cette usine textile. 15 à 20 minutes sont nécessaires deux fois par jour pour canaliser la sortie du personnel.  Une vraie fourmilière dont le mouvement croise celui du personnel des nombreuses autres entreprises qui se créent à cette époque.

 

L’importance et la variété des fabrications ont conduit les responsables à concevoir l’usine en trois départements. Vers 1925, les 3 fils se spécialisent et dirigent un département : Pierre : le linge de table fil et coton, le coutil et le damassé. Raymond : le satin corset, Georges : les carpettes et tapis, l’ameublement.

 

L’entreprise dès la fin du siècle acquiert une grande renommée, grâce aux dirigeants, mais aussi au savoir-faire et à la compétence de ces hommes et de ces femmes ayant peu d’instruction, mais une habilité manuelle remarquable.

 

Elle obtient les plus hautes récompenses aux expositions de Paris, Bruxelles, Londres, Saint-Louis… La qualité de leurs produits leur a apporté une importante clientèle en France, en Europe, au Moyen-Orient.

 

En septembre 1917, pendant la guerre, un violent incendie ravage les bureaux et une partie des ateliers. Pierre Defretin qui est maire depuis 1900, est pris en otage pour son attitude trop patriotique. Il perd la vue suite à ces épreuves et démissionne en 1919.

 

L’entrepreneur en bâtiments Alfred Maret assure la reconstruction de l’usine telle que nous l’avons connue. C’est la maison Bossaert qui installe le chauffage et en assume l’entretien. L’hiver l’eau chaude refroidissait en route et, par temps de gel les ouvriers ne pouvaient travailler dans les ateliers qui se trouvaient à l’extrémité de l’usine.

 

La mécanisation progressive par de nouveaux métiers favorise encore le développement de l’entreprise. Celle-ci fidélise la clientèle des grands magasins de province ou de Paris : le Printemps, la Samaritaine, les Galeries Lafayette.

 

 Après la guerre, les besoins sont immenses. Les Compagnies de Chemins de Fer équipent les wagons-restaurants et les compartiments (appui-tête) avec du linge de qualité. Les Compagnies de Navigation mettent du linge de toilette à leur marque dans toutes les cabines. Hôtels et restaurants sont de très bons clients.

 

On réalise également des tapisseries murales. Un tisserand Cyrille Tierrie, travailla au secret pendant 8 mois au tissage d’une tapisserie représentant le Sacre de Napoléon. Ce fait fut relaté dans la presse en l’honneur de ce tisserand.

 

Le paquebot « NORMANDIE » est équipé en tapis et carpettes provenant de l’usine Defretin et porte ainsi, par ses croisières, la réputation de ce tissage jusqu’en Amérique.

 

Les magasins d’exposition sont très importants. L’emballage des pièces de tissu et des tapis de grande largeur nécessite du matériel roulant. Chaque jour les messageries enlèvent des marchandises et le vendredi des envois groupés sont effectués par wagons entiers qui partent d’Halluin.

 

Les salaires ne sont pas toujours à la hauteur des compétences et du savoir-faire. Il n’y a pas de protection sociale. Ceci crée de nombreux conflits pendant lesquels, pour assurer un salaire, le personnel va se faire embaucher à Tourcoing et même à Roubaix. Beaucoup y restent définitivement. Dès lors, l’effectif passe de 800, puis à 600 personnes et même moins après la deuxième guerre.

 

Une scission a lieu en 1961 entre les fils de Raymond et Georges Defretin d’une part qui se retirent définitivement en 1967,  et Pierre Defretin d’autre part qui poursuit l’activité avec ses fils Pierre et Jean.

 

L’entreprise ferme ses portes en 1969. A la place de ce bastion du textile se sont édifiées les résidences Jacques Brel, Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Edith Piaf. 

 

(Archives, l’Association « A la recherche du passé d’Halluin »).

 


LIENS
 
  L'association "A la recherche du passé d'Halluin" (1) Si Halluin d'Autrefois m'était contée... ou la naissance de l'association.


L'association "A la recherche du passé d'Halluin" (2) "Halluin Images d'autrefois", un deuxième tome pour comprendre la Ville.  


L'Association "A la recherche du passé d'Halluin" (3) Mémoire en Images Halluin : Troisième tome.

Les Grèves de 1903 dans la Vallée de la Lys.

Un Pan d'Histoire Ouvrière Halluinoise...

"Halluin La Rouge : 1919 - 1939" - Historique par l'Halluinois Dominique Vermander en 1978.

"Halluin La Rouge : 1919 - 1939" - Une Thèse écrite en 1988, par Michel Hastings Chercheur au CNRS, et un livre en 1991.

"La Belle Epoque" de l'Industrie Halluinoise.

La Vie Halluinoise dans les Entreprises Textiles... Témoignages.

Résultats des Elections Municipales d'Halluin (Nord) de 1789 à nos jours (1/4).

Le Textile et son Evolution Halluinoise... Conférence et Exposition : Octobre 2009.

L'Industrie et l'Abattoir d'Halluin en 1970...

Halluin au temps des "Trente Glorieuses".

Halluin, capitale de la chaise... Historique.

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